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La seconde séquence de la grande guerre patriotique : le second échelon stratégique de l’Armée rouge

Ayant compris la nature du territoire soviétique et reprenant le principe de 1812, l’armée rouge fit tout pour faire s’enliser les armées nazies, ces dernières cherchant inversement une bataille décisive. On a d’ailleurs dès le départ l’équivalent de la bataille de Borodino, succès aux yeux des Russes en 1812, grande victoire dite de la Moskowa pour Napoléon.

La bataille de Smolensk, du 10 juillet au 10 septembre 1941, fut en effet en apparence une victoire allemande, puisque quasiment 200 000 soldats soviétiques furent tués, 300 000 faits prisonniers. Cependant, c’était une première grande expérience d’opération soviétique et les armées nazies s’enlisèrent pendant deux mois.

La situation en juin-août 1941

Un équivalent de Borodino et Smolensk fut l’opération défensive stratégique Donbass-Rostov (29 septembre – 16 novembre 1941). Si le Donbass céda largement sous les coups de boutoir nazis, la ville de Rostov-sur-le-Don fut perdue mais récupérée six jours après par l’armée rouge, dans le cadre d’une opération offensive de Rostov (17 novembre – 2 décembre 1941) qui fut un succès.

L’opération offensive stratégique de Tikhvine (10 novembre – 30 novembre 1941) brisa de son côté l’offensive nazie dans le nord.

La dynamique de l’opération Barbarossa était cassée, la ligne de l’enlisement s’avérait un succès. Même la prise de Kiev, un énorme succès allemand, avec 500 000 prisonniers soviétiques, provoqua une importante perte de temps.

Kiev martyrisée par les armées nazies

La direction des armées nazies commença précisément ici à se diviser sur les choix à effectuer, Adolf Hitler voulant assurer la conquête déjà faite, la plupart des généraux se précipiter sur Moscou. Les généraux agirent de manière autonome en allant en ce sens.

Moscou représentait en effet le point faible de la stratégie d’enlisement soviétique, car la ville ne pouvait en aucun cas être abandonné. Pour cette raison, les armées nazies mirent finalement l’accent sur la conquête de cette ville, parvenant jusqu’à 30 km de celle-ci.

Moscou se fortifia, camouflant de manière systématique pour dérouter l’aviation ennemie. L’ensemble de la population participa aux initiatives défensives. Mais cette fois le second échelon stratégique était en mesure d’agir.

Défense anti-aérienne à Moscou

L’armée rouge triompha avec tout d’abord une ligne défensive (30 septembre – 4 décembre 1941) suivie d’une contre-offensive (5 décembre 1941 – 7 janvier 1942) et même d’une offensive des troupes soviétiques (7 janvier – 30 mars 1942).

Le début de la contre-offensive, le 5 décembre, fut considéré en URSS comme un jour très important, celui annonçant la victoire. Quelques jours après, Adolf Hitler décida d’ailleurs de mobiliser de manière générale pour aider le front de l’Est.

L’armée rouge repoussa les armées nazies de 100 à 250 km. Le Blitzkrieg était totalement terminé désormais.