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Il y a 44 ans, le 9 mai 1976, Ulrike Meinhof était assassinée !

Il y a quarante quatre ans, le 9 mai 1976, Ulrike Meinhof, dirigeante communiste de la RAF était assassinée.

Cette affirmation est encore aujourd’hui interdite en Allemagne, parce que officiellement elle s’est « suicidée ». L’Etat ouest-allemand ne pouvait pas laisser vivre cette dirigeante communiste, chef de file de la lutte contre le révisionnisme, pour la reconstruction de la ligne rouge.

Ulrike Meinhof, c’est la bataille pour la juste ligne théorique du mouvement communiste. Issue du milieu pacifiste et intellectuel sympathisant avec les positions anti-impérialistes revendiquées par la RDA, elle était devenue la rédactrice en chef de la revue « Konkret », bastion des penseurs alternatifs d’Allemagne de l’Ouest.

Par la suite, elle et Andreas Baader lutteront pour rétablir les positions authentiquement communistes en Allemagne de l’Ouest, pour dépasser la liquidation des positions communistes et des communistes eux-mêmes par les nazis.

« Il n’y aura pas de rôle dirigeant des marxistes-léninistes dans les futurs luttes de classes si l’avant-garde ne tient pas elle-même la bannière rouge de l’internationalisme prolétarien et si l’avant-garde ne répond pas elle-même à la question de savoir comment sera érigé la dictature du prolétariat, comment le pouvoir politique du prolétariat doit être exigé, comment le pouvoir de la bourgeoisie doit être brisé, si elle n’est pas prête avec une pratique à y répondre. »
(Ulrike Meinhof dans Sur la conception de la guérilla urbaine écrite au nom de la RAF)

« Voilà la définition stratégique de la guérilla métropolitaine dans le cadre de l’internationalisme prolétarien : déclencher la guérilla, la lutte armée, la guerre populaire dans l’arrière-pays de l’impérialisme, au cours d’un processus prolongé - car la révolution mondiale n’est assurément pas une affaire de quelques jours, de semaines, de mois, elle ne se fera assurément pas par quelques soulèvements populaires, n’est assurément pas un processus court, assurément pas la prise du pouvoir de l’appareil d’Etat - comme la conçoivent les partis révisionnistes et les groupes pour la formation de partis révisionnistes, ou du moins ceux qui prétendent le concevoir, car ils ne conçoivent rien du tout. »
(Ulrike Meinhof, Déclaration au procès, 1974)

Cette bataille contre le révisionnisme, contre les positions de soumission à l’impérialisme, est au coeur de la pensée d’Ulrike Meinhof.

Il s’agit d’une bataille pour le communisme, pas de la découverte de « nouvelles formes » de lutte en dehors de l’histoire du mouvement communiste international et encore moins d’une conception formée en-dehors de la lutte du prolétariat international contre la bourgeoisie impérialiste.

Voilà pourquoi le manifeste de la RAF, écrit par Ulrike Meinhof, disait :

« La fraction armée rouge pose le lien entre lutte légale et illégale, entre lutte nationale, entre lutte politique et lutte armée, entre la définition tactique et stratégique du mouvement communiste international. »
(Sur la conception de la guérilla urbaine)

Voilà pourquoi la RAF a détruit l’ordinateur, basé en Allemagne de l’ouest, coordonnant les bombardements nord-américains au Vietnam, voilà pourquoi la RAF avait comme slogan « Victoire dans la guerre populaire ! »

Voilà aussi pourquoi, aujourd’hui, il faut condamner le plus fermement possible les tentatives d’intégration de l’expérience historique qu’a été la RAF dans la soupe anarchiste.

Une partie du mouvement anarchiste diffuse en effet des brochures avec leur propre interprétation de la RAF, dont l’histoire est réduite à une somme d’expériences individuelles.

Ces gens visent à extraire Ulrike Meinhof de son rôle de chef de file du mouvement anti-révisionniste dans son pays, un mouvement composé entre autres de Gonzalo au Pérou (qui a reconstitué le PC du Pérou), d’Ibrahim Kaypakkaya en Turquie (fondateur du TKP-ML), de Charu Mazumdar en Inde (fondateur du PCI-ML)...

Le discours de ces gens est le même que celui de la guerre psychologique, qui fait de Meinhof un individu, qui fait de la RAF un rassemblement d’expériences individuelles, qui fait de la RAF une « expérience radicale », une « exception », etc.

Ils divisent l’extrême-gauche en anarcho-désirant et en marxistes-léninistes légalistes, faisant de la RAF une « aberration », une exception confirmant leur règle petite-bourgeoise.

Ces gens sont objectivement les partisans des théories bourgeoises sur l’individu au sein du mouvement communiste ; leurs idées sont un obstacle à l’appropriation par l’avant-garde communiste de son patrimoine historique, qui mène au marxisme-léninisme-maoïsme, à la guerre populaire mondiale contre l’impérialisme.

Il faut en effet « apprendre, apprendre et encore apprendre » (Lénine). Il ne faut pas voir Meinhof comme un individu, mais comme une dirigeante, l’expression du mouvement communiste en Allemagne de l’Ouest. Il faut étudier ses conceptions, comprendre quelles erreurs ont été faite − notamment la principale qui a été de considérer que la révolution mondiale consistait en un cycle partant d’Octobre 1917, ce qui n’est pas dialectique et ne correspond à la dure lutte entre la restauration et la contre-restauration dans les pays socialistes.

Cela a amené la RAF à considérer l’URSS comme jouant un rôle positivement passif, au lieu de considérer ce pays comme un social-impérialisme.

Ulrike Meinhof voyait l’URSS comme elle voyait la RDA : les dirigeants de la RDA étaient des réformistes laquais de l’URSS, mais aussi d’anciens héros du peuple ayant affronté les nazis jusque dans leurs meetings.

Cette erreur a été fatale à la RAF dans son histoire, mais cela n’enlève rien à sa contribution à la lutte révolutionnaire pour le communisme, à sa contribution dans la lutte contre le révisionnisme, selon le principe selon lequel l’histoire progresse en spirale : la voie est sinueuse, l’avenir est lumineux !

samedi 9 mai 2020


La Fraction Armée Rouge