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Y a-t-il une pensée Charu Mazumdar ?

C’est l’une des questions les plus importantes dans le monde aujourd’hui. Y a-t-il une pensée Charu Mazumdar ? La révolution indienne, dans les années 1960, a-t-elle produit une pensée guide, par un dirigeant révolutionnaire ayant compris la nature de la société indienne ?

De nos jours, les révolutionnaires indiens disent que non, étant donné qu’ils rejettent le principe lui-même de pensée guide. Est-ce correct ? Regardons cela, comme c’est, ce 21 septembre, le dixième anniversaire de la fondation du Parti Communiste d’Inde (Maoïste).

Mazumdar et le PCI (ML)

La date choisie pour la fondation du Parti Communiste d’Inde (Marxiste-Léniniste) – PCI (ML) fut le 22 avril 1969, parce que Lénine était né le 22 avril 1870.

Le PCI (ML) était pratiquement né directement de la lutte de Mazumdar dans le Parti Communiste d’Inde (Marxiste), donnant naissance à la « Comité pan-indien de coordination des révolutionnaires communistes » et ensuite au PCI (ML).

Dans cette lutte, Mazumdar écrivit de nombreux documents pour proposer une ligne révolutionnaire, dont l’expression fut principalement l’organe révolutionnaire « Liberation ».

Comment une pensée guide doit-elle être définie ?

Pour comprendre s’il y a une Pensée Mazumdar, nous devons définir le critère d’une telle pensée guide.

Une pensée guide est produite par un dirigeant révolutionnaire comprenant la situation sociale de son pays et promouvant une lutte authentiquement révolutionnaire – par un Parti -, sur une base scientifique et sans compromis avec le révisionnisme.

Cela signifie qu’un révolutionnaire, dans un pays donné, participe à la lutte des classes et par les travaux scientifiques, comprend les contradictions sociales, qu’il explique, organisant l’avant-garde sur ces conceptions, pavant la voie pour la guerre populaire.

L’Inde en lutte et Mazumdar

Comme le révolutionnaire formant la pensée guide participe à la lutte de classe, nous devons voir quelles luttes Mazumdar connaissait. De fait, nous le trouvons dans le mouvement paysan Tebhaga en 1946 et bien entendu de manière plus connue la révolte paysanne de Naxalbari en 1967.

Parlant au sujet du mouvement Tebhaga, Mazumdar nous dit, alors qu’il était un témoin actif depuis la clandestinité :

« Les paysans participant à ce mouvement étaient au nombre d’environ six millions. Il faut se souvenir ici que pour l’ensemble du mouvement paysan c’était l’âge d’or. Dans le caractère massif du mouvement, dans l’intensité des émotions, dans l’expression de la haine de classe, ce mouvement était le plus haut niveau de la lutte de classes. »

Parlant au sujet du mouvement Naxalbari, Mazumdar explique :

« Si la lutte paysanne de Naxalbari a une leçon quelconque pour nous, c’est : les luttes militantes doivent être menées non pas pour la terre, pour les récoltes, etc., mais pour la prise du pouvoir d’Etat. C’est précisément cela qui donne son caractère unique à la lutte de Naxalbari. »

Les « naxals » et les huit documents historiques

La participation a conduit Mazumdar à former l’arrière-plan théorique de ce qui sera connu comme le mouvement « naxalite ». Il a organisé la rupture avec le Parti Communiste d’Inde (Marxiste) qui était devenu révisionniste.

Ainsi, Mazumdar a théorisé ce qu’il a pensé comme étant la voie nécessaire pour la révolution indienne, notamment ce qui est connu comme les « huit documents historiques » : « Nos tâches dans la situation actuelle », « Faire de la Révolution Démocratique Populaire un succès en luttant contre le révisionnisme », « Quelle est la source de l’éruption révolutionnaire spontanée en Inde », « Continuer la lutte contre le révisionnisme moderne », « Quelle possibilité indique l’année 1965 ? » ; « La tâche principale aujourd’hui est la lutte pour construire le Parti vraiment révolutionnaire à travers la lutte sans compromis contre le révisionnisme », « Prendre cette opportunité », « Continuer en avant la lutte paysanne en combattant le révisionnisme ».

La nature des écrits de Mazumdar

Le contenu des écrits de Mazumdar à analyser doit être divisé en quatre types :

* d’un côté :

- ceux traitant de la lutte armée, dans l’esprit de la révolte de Naxalbari, et

- ceux traitant de la construction du Parti ;

* de l’autre côté :

- ceux traitant de la société indienne, et

- ceux traitant de l’idéologie comme guide révolutionnaire.

Le premier aspect est lié à la forme de la lutte, le second à l’infrastructure du pays.

L’Inde comme pays semi-féodal semi-colonial

Mazumdar défend le point de vue du matérialisme dialectique au sujet de l’Inde. Selon lui :

« Le système social qui existe en Inde est semi-féodal et semi-colonial. Ainsi, la révolution démocratique dans ce pays signifie la révolution agraire. Tous les problèmes de l’Inde sont liés à cette tâche. »

C’est la position correcte expliquant que l’Inde a besoin d’une Révolution de Nouvelle Démocratie.

« Venez, camarades, que tous les travailleurs se préparent de manière unie pour la lutte armée contre ce gouvernement, sous la direction de la classe ouvrière, sur la base du programme de la révolution agraire. D’autre part, posons la fondation de l’Inde de nouvelle démocratie populaire en construisant des zones paysannes libérées par des révoltes paysannes. »

La révolution agraire

La question est ici : est-ce que Mazumdar a formulé la voie pour la révolution agraire ? Oui, il l’a fait. Il a analysé la société indienne et proposé une voie à suivre. Voici comment il l’explique :

« La révolution agraire est la tâche de ce moment précis ; cette tâche ne peut pas être laissée non réalisée, et sans la réaliser, rien de bien ne peut être fait pour les paysans.

Mais avant de mener la révolution agraire, la destruction du pouvoir d’État est nécessaire. Faire des efforts pour la révolution agraire sans la destruction du pouvoir d’Etat, cela revient à un révisionnisme complet. Par conséquent, la destruction du pouvoir d’Etat est aujourd’hui la première et principale tâche du mouvement paysan.

Si cela ne peut pas être fait sur une base à l’échelle de tout le pays, de tout l’Etat, les paysans attendront-ils silencieusement ? Non, le marxisme-léninisme Pensée Mao Zedong nous a enseigné que si dans une zone les paysans peuvent être soulevés politiquement, alors on doit aller de l’avant avec la tâche de détruire le pouvoir d’État dans cette zone. C’est ce qui est appelé comme une zone libérée de paysans.

La lutte pour construire cette zone libérée est la tâche la plus urgente du mouvement paysan aujourd’hui, un tâche du moment. Que devons-nous appeler une zone libérée ? Nous devons appeler cette zone paysanne libérée là où nous avons été capable de renverser les ennemis de classe. Pour construire cette zone libérée, nous avons besoin de la force armée des paysans. Lorsque nous parlons de force armée, nous avons à l’esprit les armes faites par les paysans. Ainsi, nous voulons également des armes. »

La lutte armée comme tâche centrale

Comme la révolution agraire nécessite la destruction de l’Etat, alors la position de Mazumdar est, en elle-même, celle de la lutte armée. Pour lui, il est clair que :

« Nous sommes encore incapable de réaliser dans que dans l’époque présente, nous ne pouvons pas construire des mouvements de masse pacifiquement. Car la classe dominante ne nous donnera pas et ne nous pas donne non plus une telle opportunité. »

Et malgré cela :

« Il y a quelques camarades qui prennent peur lorsque les luttes armées sont mentionnées, et continuent d’y voir le spectre de l’aventurisme. »

Selon Mazumdar, la seule conséquence logique de tout cela est que :

« Si nous prenons conscience de la vérité comme quoi la révolution indienne prendra invariablement la forme de la guerre civile, alors la tactique de la prise du pouvoir par zone est la seule tactique. La tactique de la prise du pouvoir en Chine est la seule tactique. La tactique qui a été adopté par le grand dirigeant de la Chine Mao Zedong – la même tactique doit être adoptée par les marxistes indiens. »

L’anéantissement

Ce n’est pas tout. La position clef de Mazumdar dans son affirmation de la lutte armée est la politique de l’anéantissement. Cela lui est très particulier ; au début des années 1970, la politique de l’anéantissement était la pensée de Mazumdar en elle-même.

Voici comment il explique sa conception :

« Tous les types de mouvement doivent être portés à toutes les époques, mais la forme du mouvement principal dépend de la classe dominante.

La caractéristique présente de notre époque est que le gouvernement combat tout mouvement par de violentes attaques. Ainsi, pour le peuple, le mouvement de résistance armée est apparu comme la nécessité la plus importante.

Ainsi, dans l’intérêt des mouvements de masse, l’appel doit être donné à la classe ouvrière, la paysannerie combattante et chaque personne combattante : (1) prendre les armes ; (2) former des unités armées pour la confrontation ; (3) éduquer politiquement chaque unité armée.

Ne pas donner cet appel signifie pousser sans considération les masses désarmées à la mort. La classe dominante veut cela, car de cette manière ils peuvent briser la force de l’esprit des masses combattantes. Les masses agitées aujourd’hui attaquent des stations de train, des commissariats, etc. D’innombrables agitations éclatent contre les bâtiments gouvernementaux, ou les bus, les trams et les trains.

C’est comme l’agitation des Luddites contre les machines. Les révolutionnaires doivent apporter la direction consciente, frapper les bureaucrates haïs, les employés de la police, les officiers militaires ; le peuple doit se voir enseigner que la répression n’est pas faite par les commissariats, mais par les officiers en charge de ceux-ci, les attaques ne visent pas les bâtiments gouvernementaux ou les transports, mais les hommes de la machine répressive du gouvernement, et c’est contre ceux-ci que nos attaques sont dirigées.

La classe ouvrière et les masses révolutionnaires doivent se voir enseigner qu’elles ne doivent pas attaquer simplement pour attaquer, mais doivent finir la personne qu’elles attaquent. Car, si elles attaquent seulement, la machinerie réactionnaire se vengera. Mais si elles anéantissent, chaque élément de la machinerie répressive basculera dans la panique. »

La bataille de l’anéantissement

L’anéantissement n’est pas seulement une tactique décisive, c’est la stratégie, la pensée de Mazumdar en elle-même. L’anéantissement est considérée comme le principe en lui-même de la lutte de classe. Mazumdar dit :

« Sans la lutte de classe – la bataille de l’anéantissement – l’initiative des masses paysannes pauvres ne peut pas être lancée, la conscience politique des combattants ne peut pas être élevée, l’humain nouveau ne peut pas émerger, l’armée du peuple ne peut pas être créé.

Ce n’est qu’en menant la lutte de classe – la bataille de l’anéantissement – que l’humain nouveau sera créé, l’humain nouveau qui défiera la mort et sera libre de toutes les pensées d’intérêt personnel.

Et avec cet esprit défiant la mort, il se rapprochera de l’ennemi, volera son fusil, vengera les martyrs et l’armée du peuple émergera.

Se rapprocher de l’ennemi est nécessaire pour conquérir toute pensée de soi. Et cela ne peut être achevé que par le sang des martyrs. Qui inspire et crée des humains nouveaux à partir des combattants, les remplit avec la haine de classe et les fait aller proche de l’ennemi et lui arracher à mains nues son fusil. »

Et c’est universel :

« L’anéantissement de la classe ennemie – cette arme dans nos mains – est le plus grand danger des réactionnaires et des révisionnistes dans le monde entier. »

Le Parti militarisé

La conséquence de la conception de Mazumdar est que le PCI (ML) fut un Parti militarisé opérant depuis la clandestinité. La tâche primaire des cadres était la lutte armée.

Mazumdar explique ici :

« La signification des Groupes Activistes du Parti aujourd’hui est qu’ils seront des « unités combattantes ». Leur devoir principal sera la campagne de propagande politique et de frapper les forces contre-révolutionnaires.

Nous devons toujours garder à l’esprit que l’enseignement de Mao Zedong - « les attaques ne sont pas menées dans l’intention d’attaquer simplement, les attaques sont seulement pour l’anéantissement ». Ceux qui doivent être attaqués sont principalement : (1) les représentants de la machinerie d’Etat comme la police, les officiers militaires ; (2) la bureaucratie haïe ; (3) les ennemis de classe.

L’objectif de ces attaques doit également être l’obtention d’armes. A l’époque présente, ces attaques peuvent être menées partout, dans les villes et dans les campagnes. Notre attention particulière doit être donnée spécialement dans les zones paysannes. »

Le volontarisme

Pour Mazumdar, l’époque entière était marquée par la lutte armée ; il parle de « l’époque de la lutte armée », il dit : « Aujourd’hui, dans l’époque du soulèvement révolutionnaire ». En raison de cela, il appelle au volontarisme, à l’esprit de sacrifice :

« Encore et encore, l’agitation parmi les paysans a éclaté. Ils sont de manière répétée recherchée une orientation de la part du Parti Communiste. Nous ne leur avons pas dit que la politique de la lutte armée et de la campagne de collecte des armes constituent la seule voie. Cette voie est la voie de la classe ouvrière, la voie de la libération, la voie de l’établissement d’une société libre de l’exploitation.

Dans chaque État de l’Inde, les paysans sont aujourd’hui dans un état d’agitation, les communistes doivent leur montrer la voie. La voie est celle de la politique de la lutte armée et de la campagne de collecte d’armes. Nous devons porter de manière ferme cette seule et unique voie de la libération.

La grande révolution culturelle de la Chine a déclaré la guerre à tous les types d’égoïsme, de mentalité de groupe, de révisionnisme, de suivisme de la bourgeoisie, d’éloge de l’idéologie bourgeoise – l’impact étincelant de cette révolution a également atteint l’Inde.

L’appel de cette révolution est : « Sois préparé à faire de manière résolue toutes les sortes de sacrifice, à balayer tous les obstacles le long de la voie, un par un, la victoire sera à nous. »

Aussi terrible que soit l’apparence de l’impérialisme, aussi horrible que soit le piège posé par le révisionnisme, les jours des forces réactionnaires sont comptés, les brillants rayons du soleil du marxisme-léninisme Pensée Mao Zedong effaceront toute obscurité. »

La lutte armée comme ligne de démarcation

La conséquence de la position de Mazumdar fut le rejet du révisionnisme du PCI (Marxiste), parce que ce parti prétendait lancer la révolution un jour, mais ne s’engageait pas dans la lutte armée.

Ainsi, la lutte armée devint le critère, la ligne de démarcation :

« Il faut toujours rappeler que si les mots « Prise du Pouvoir Politique » sont abandonnés, le Parti ne reste plus un Parti révolutionnaire. Bien qu’il reste un Parti révolutionnaire sur le plan du nom, il sera réduit en fait en un parti réformiste de la bourgeoisie.

Lorsqu’ils parlent de la prise du pouvoir politique, certains pensent au centre [du pouvoir]. Ils pensent qu’avec l’expansion graduelle des limites du mouvement, notre seul objectif est de capturer le pouvoir centralement. Cette pensée n’est pas seulement fausse ; cette pensée détruit la pensée révolutionnaire correcte au sein du parti et le réduit à un parti réformiste. »

L’aide idéologique de la Chine

La position de Mazumdar était bien connue par la Chine Rouge, qui la soutenait. C’est ce que veut dire Mazumdar quand il dit :

« C’est pourquoi la direction internationale nous a encore et encore rappelé de l’importance de construire un Parti. »

De fait, le Parti Communiste de Chine a salué fraternellement à la fois le PCI (ML) et Mazumdar. Construire le Parti était une tâche devant arriver rapidement ; Mazumdar dit :

« Nous devons immédiatement prendre en main la tâche de construire un tel parti. Ce n’est peut-être pas possible, juste maintenant, de construire un tel Parti sur une base pan-indienne, mais cela ne doit pas nous décourager.

Nous devons commencer notre travail où que ce soit où nous pouvons construire un tel parti, quelle que soit la petitesse d’une zone. Nous devons mettre de côté les peurs d’être une minorité, et avancer avec une foi inébranlable dans la pensée du Président [Mao Zedong]. »

Le Parti comme condition d’une étape supérieure de la révolution

La révolution indienne a de fait réalisé un grand saut avec la naissance du PCI (ML), parce que sans cela, les luttes auraient été isolées. D’un manière correcte, dans une position qui est celle de la social-démocratie historiquement, lorsqu’elle était révolutionnaire, le Parti est nécessaire pour amener le mouvement à une étape supérieure :

« L’autorité révolutionnaire ne peut pas grandir si nous dépendons seulement des initiatives locales pour développer toutes ces luttes sur la même voie et à une étape supérieure. Comme résultat, ces luttes échoueront à aller à une étape supérieure.

Pour amener ces luttes plus avant, il est nécessaire de construire un Parti dans toute l’Inde et un centre reconnu par tous les révolutionnaires. La discipline auto-imposée est essentielle pour construire ce centre. »

Et ainsi, toutes les tâches étaient inter-reliées :

« La tâche principale de notre politique sera d’établir consciemment cette lutte armée sur une base de masse. Les trois points élémentaires sont : (1) l’unité ouvrière-paysanne sous la direction de la classe ouvrière, (2) l’établissement conscient de la lutte armée sur une base de masse et (3) le ferme établissement de la direction du Parti Communiste.

Il est impératif de ne pas mettre de côté une seule de ces trois tâches. »

La construction du Parti comme clef

La conclusion de l’interconnexion de ces tâches est que la construction du Parti est l’aspect principal pour évaluer le niveau de la révolution indienne.

« Le futur de la révolution dépend d’à quelle vitesse nous pouvons construire durant cette période les organisations du Parti parmi les classes. De cela dépendra si nous sommes capables de diriger ce soulèvement révolutionnaire ou pas.

Il est possible que ce soulèvement prendra place durant la lutte arrivant pour saisir les récoltes. Faisons que les intellectuels révolutionnaires aillent de l’avant et aident à construire le parti révolutionnaire en répandant et en propageant la pensée du Président Mao parmi les ouvriers et les paysans. »

Et :

« Nos tâches cardinales, ainsi, sont de construire le Parti et de l’avoir enraciné par mi les sans-terres et les paysans pauvres. La construction du Parti signifie le développement de la lutte de classe armée. Et sans lutte de classe armée, le Parti ne peut pas être développé et ne peut pas s’enraciner dans les masses. »

La pensée de Mazumdar considéré comme reflet de la Pensée Mao Zedong

Quand il expliquait tout cela, Mazumdar considérait seulement qu’il était en train de re-dire la conception de Mao Zedong. Mazumdar essaie d’être l’activiste le plus discipliné et il met en avant la pensée Mao Zedong comme pensée à suivre :

« Nous devons sans cesse propager la politique de la révolution agraire et la pensée du président Mao parmi la classe ouvrière. »

« Les citations de la Guerre Populaire publiées par les Comité Central du grand Parti Communiste de Chine sont maintenant disponibles pour nous, une traduction en bangla ayant déjà été publiée. Ce libre est fait à l’intention des ouvriers et paysans révolutionnaires. Nous devons faire de celles-ci notre propagande et notre matériel d’agitation.

Si un ouvrier est révolutionnaire ou non sera jugé sur la base du nombre d’ouvriers et de paysans à qui il a lu et expliqué ce livre. »

« L’organisation politique de la jeunesse et des étudiants doit nécessairement être une organisation Garde Rouge, et ils doivent entreprendre la tâche de répandre les citations du Président Mao de manière aussi large que possible dans différentes zones. »

Reconnaissance du maoïsme

Ici, nous trouvons la clef. Mazumdar reconnaissait l’aspect universel des contributions de Mao Zedong. Il était en fait à la fois faisant cela, et formant une pensée – une pensée qu’il pensait était celle de Mao Zedong, et non pas la sienne.

C’est pourquoi il peut dire :

« La Révolution Démocratique du Peuple dans notre pays peut être amenée à une fin victorieuse seulement sur la base de la pensée du Président Mao. La mesure dans laquelle quelqu’un assimile et applique la pensée du Président détermine si c’est un révolutionnaire ou pas.

Qui plus est, la mesure du soulèvement révolutionnaire dépendra d’à quel point nous pouvons diffuser et propager la pensée du Président parmi les paysans et les ouvriers. Cela, parce que la pensée du Président n’est pas simplement le marxisme-léninisme de notre époque présente : le Président a fait progresser le marxisme-léninisme lui-même jusqu’à une étape complètement nouvelle.

C’est pourquoi l’époque présente est devenu l’époque de la pensée du Président. »

Les pensées Mazumdar et Mao Zedong – unies de manière abstraite

La conséquence de la non-compréhension par Mazumdar des deux côtés de la question – sa pensée comme expression nationale indienne et en tant qu’application du maoïsme universel, a amené une confusion idéologique, tous ces aspects étant mélangés.

Cela est clair quand Mazumdar dit :

« Dans l’époque présente, la pensée du Président Mao est le plus haut développement du marxisme-léninisme. Le président Mao n’a pas seulement appliqué créativement le marxisme-léninisme, mais a enrichi le marxisme-léninisme et l’a développé jusqu’à une nouvelle étape. La pensée de Mao Zedong peut être appelé le marxisme-léninisme de notre époque où l’impérialisme va à son effondrement complet et où le socialisme avance vers la victoire à l’échelle mondiale.

Le Président Mao nous a enseigné que dans un pays semi-féodal, semi-colonial, les paysans constituent la majorité de la population et que la paysannerie est exploitée et gouverné par trois montagnes, à savoir l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique.

C’est pourquoi les paysans sont extrêmement désireux de faire la révolution. Ainsi, le prolétariat doit s’appuyer sur les paysans, afin d’achever la victoire par la Guerre Populaire.

Le Président Mao nous a enseigné que les paysans sont la principale force de la révolution, et la victoire de la révolution dépend de l’éveil et de l’armement des masses paysannes. C’est le devoir du parti révolutionnaire du prolétariat d’aller aux masses paysannes et d’assidûment travailler parmi elles pour une longue période, avec en perspective la construction de zones de lutte armée dans les campagnes.

Le manque à réaliser l’importance de cette question paysanne aboutit à la formation au sein du parti de déviations de « gauche » et de droite. Et la révolution démocratique est de manière primaire une révolution agraire. Par conséquent, c’est la responsabilité du prolétariat de fournir la direction à cette révolution agraire. »

C’est à la fois universel et indien.

La Pensée Mazumdar existe : la synthèse

Par conséquent, nous devons dire qu’il y a une pensée Mazumdar, synthétisée dans la position suivante :

« En Inde, qui est maintenant comme un volcan, la révolte des masses paysannes peut être victorieuse seulement en appliquant avec succès la pensée du Président Mao, c’est-à-dire en enthousiasmant les masses paysannes avec la politique de la prise du pouvoir et ainsi leur rendant possible, sous la direction des ouvriers et des paysans pauvres et sans-terres, de participer activement à mener plus avant la révolution agraire ; en chassant les ennemis de classe des campagnes au moyen de la lutte de guérilla, en étendant de telles zones et en établissant des zones libérées, en construisant une armée du peuple à partir des groupes armés de guérilla et en encerclant les villes parles campagnes pour finalement les capturer.

Ce n’est qu’ainsi que l’Inde peut être libérée. Par conséquent, les masses rebelles de chaque zone doivent suivre cette voie pour réaliser la victoire. »

Les manques de la Pensée de Mazumdar

Il y a bien entendu une conséquences mauvaise dans la non-compréhension du double aspect de Mazumdar, qui était d’un côté Plékhanov apportant le marxisme et Lénine le formulant dans un pays donné.

Il était facile, de fait, pour le gauchisme de bouger dans le sens d’appliquer un modèle chinois, s’éloignant de la société indienne. C’est ce qui est en partie arrivé, l’Inde étant considéré comme la Chine d’avant de 1949 et puis voilà.

Nous devons noter ici que, malheureusement, il n’y a pas de documents de Mazumdar en tant que tel traitant de la superstructure du pays.

Nous ne trouvons pas, dans les documents de Mazumdar, d’explication matérialiste de l’hindouisme, de la littérature et des films indiens, ou de la poésie, dont l’histoire est si riche, etc.

Cela provient d’une non-compréhension des deux aspects de sa pensée, et malheureusement la confusion a amené le militarisme, un gigantesque mouvement de masse de la jeunesse bengalie tentant d’être des « gardes rouges » avant d’être écrasée par la violence à une échelle massive, et enfin l’effondrement entier du PCI (ML).

L’héritage de Mazumdar

Mazumdar lui-même fut arrêté le 16 juillet 1972, torturé pendant dix jours, isolé du monde, avant de mourir le 28 juillet 1972. Le PCI (ML) s’effondra bientôt après, avec de nombreux groupes scissionnistes apparaissant.

La question de l’héritage de Mazumdar fut bien entendu centrale, avec le principe de l’anéantissement comme débat principal. Dans les années 1960-1970, être pour l’anéantissement signifiait être avec Mazumdar, le rejeter signifiait le rejeter lui, soit comme dirigeant du PCI (ML), soit, en étant en-dehors de ce dernier, en rejetant à la fois le PCI (ML) et Mazumdar.

Depuis les années 1970 et jusqu’à aujourd’hui, il y a de nombreux courants prétendant soutenir le PCI (ML) des années 1970 d’une manière ou d’une autre, mais rejetant la ligne de Mazumdar comme « gauchiste ». Ces gens disent que la lutte armée était séparée du mouvement de masse, que c’était militariste, gauchiste, une copie aveugle de la révolution démocratique chinoise, etc.

Déjà à l’époque de Mazumdar, certaines personnes autour de Kanhai Chatterji formèrent le Centre Communiste Maoïste, rejetant l’anéantissement sous le même prétexte de séparation de la lutte paysanne.

Aujourd’hui, le Parti Communiste d’Inde (Maoïste) soutient à la fois Mazumdar et Chatterji.

La pensée de Mazumdar et l’Inde

Mais il n’est pas possible de mettre en avant à la fois Mazumdar et Chatterji, sur le même plan. Si à leur époque, deux partis existaient, c’était pour une bonne raison, il n’est pas possible d’évacuer cette question. Cependant, le Parti Communiste d’Inde (Maoïste) n’a pas de position à ce sujet.

La raison de cela est que la conclusion logique censée se produire est de reconnaître la pensée Mazumdar et de séparer l’aspect universel des aspects indiens.

Cela permettrait de comprendre le processus réel de la naissance du PCI (ML), pour voir comment Mazumdar a réactivé le matérialisme dialectique en Inde.

Au lieu de cela, le « gauchisme » de Mazumdar est oublié, comme son exigence d’avoir une perspective depuis en haut, et par conséquent les aspects nationaux sont effacés : aussi ahurissant que cela puisse sembler, les maoïstes indiens n’ont pas d’études sur l’hindouisme, l’Islam et Bollywood. La culture indienne n’est pas un thème – et c’est l’aspect manquant qui a permis à la propagande fasciste de Modi d’avoir un tel terrible succès en Inde.

dimanche 21 septembre 2014


Documents en français sur l’Inde révolutionnaire