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Wilhelm Pieck : Résolution sur le rapport d’activité du Comité exécutif de l’IC – 1935

RÉSOLUTION SUR LE RAPPORT D’ACTIVITÉ DU COMITÉ EXÉCUTIF DE L’INTERNATIONALE COMMUNISTE

Adoptée le 1er août 1935 sur le rapport du camarade Pieck.

Wilhelm Pieck en 1930

1. Le VIIe Congrès mondial de l’I.C. approuve la ligne politique et l’activité pratique du C.E. de l’I.C.

2. Le VIIe Congrès mondial de l’I.C. approuve les propositions faites par le C.E. de l’I.C. en mars 1933, en octobre 1934 et en avril 1935, aux différentes sections nationales et à la direction de la IIe Internationale, en vue de former l’unité d’action dans la lutte contre le fascisme, l’offensive du capital et la guerre. Le VIIe Congrès mondial de l’I.C. exprime ses regrets que toutes ces propositions, au grand détriment de la classe ouvrière, aient été repoussées par le Comité exécutif de la IIe Internationale et par la majorité de ses sections.

Il constate l’importance historique de fait que des ouvriers social-démocrates, ainsi qu’un grand nombre d’organisations social-démocrates, luttent en collaboration avec les communistes contre le fascisme et pour les intérêts des masses travailleuses, et demande au C.E. de l’I.C. et à toutes les partis adhérent à l’I.C. de continuer à travailler à l’établissement du front unique, tant dans le cadre national que dans le cadre international.

3. Le VIIe Congrès mondial de l’I.C. constate l’influence révolutionnaire croissante de l’activité ainsi que des mots d’ordre des partis communistes, sur les larges masses ouvrières, entre autres sur les adhérents du parti social-démocrate. En conséquence, le congrès demande à toutes les sections de l’I.C. de surmonter le plus rapidement possible les survivances des traditions sectaires, qui les empêchaient de trouver accès auprès des ouvriers social-démocrates, de changer les méthodes d’agitation et de propagande qui avaient jusqu’ici trop souvent un caractère abstrait et peu compréhensible pour les masses, et de leur donner un contenu nettement concret, conforme aux besoins et aux intérêts quotidiens des masses.

4. Le VIIe Congrès mondial de l’I.C. constate que le travail d’un certain nombre de sections de l’I.C. manifeste des faiblesses sérieuses : application tardive de la tactique du front unique, incapacité de mobiliser les masses pour la défense de leurs revendications partielles tant politiques qu’économiques, incompréhension de la nécessité de la lutte pour le défense des restes de la démocratie bourgeoise, incompréhension de la nécessité de la création d’un front populaire anti-impérialiste dans les colonies et les pays semi-coloniaux, sous-estimation du travail dans les syndicats réformistes et fascistes et dans les organisations de masse des travailleurs créées par les partis bourgeois, sous-estimation de l’importance du travail parmi les paysans et parmi les masses de la petite bourgeoisie citadine, ainsi qu’une aide politique tardive ces sections de la part du Comité exécutif. Étant donné le rôle croissant ainsi que la responsabilité des partis communistes, qui sont appelés à se placer à la tête du mouvement des masses de plus en plus pénétrées par l’esprit révolutionnaire, étant donnée la nécessité de la concentration de la direction opérative dans les sections mêmes, le VIIe Congrès mondial de l’I.C. demande au Comité exécutif de l’I.C.

a) De transporter le principal poids de son activité vers l’élaboration des directives politiques et tactiques générales du mouvement ouvrier international, de partir, en vue de la solution de toutes les questions, des conditions et particularités concrètes de chaque pays, et, d’une façon générale, d’éviter d’intervenir directement dans les affaires d’organisation intérieure des partis communistes.

b) D’aider systématiquement à la création et à la formation de cadres, ainsi que de chefs vraiment bolchéviks, dans les partis communistes, afin que ces derniers soient en mesure, sur la base des décisions des Congrès de l’I.C. et des sessions plénières du C.E. de l’I.C., de trouver rapidement et d’une façon indépendante, en cas de changements brusques des événements, la juste solution des tâches politiques et tactiques du mouvement communiste ;

c) D’accorder une aide efficace aux partis communistes dans leur lutte idéologique avec leurs adversaires politiques ;

d) D’aider les partis communistes à mettre à profit, tant leurs propres expériences que celles du mouvement communiste international, en évitant toutefois de transporter mécaniquement les expériences d’un pays à un autre et de remplacer l’analyse marxiste concrète par des clichés mécaniques et des formules générales ;

e) De veiller à établir une liaison étroite des instances dirigeantes de l’I.C. avec ses différentes sections au moyen d’une participation encore plus active des représentants qualifiés des principales sections de l’I.C. au travail quotidien du C.E. de l’I.C.

5. Le VIIe Congrès mondial de l’I.C. attire l’attention sur la sous-estimation de l’importance du travail de masse parmi les jeunes dont se sont rendus coupables, tant les fédérations des jeunesses communistes que les partis communistes, et sur l’insuffisance de ce travail dans toute une série de pays ; demande au C.E. de l’I.C. et au C.E. de l’I.C.J. de prendre des mesures efficaces en vue de surmonter l’isolement sectaire de toute une série d’organisations de Jeunesses communistes, de faire un devoir aux membres des Jeunesses communistes d’adhérer à tous les partis bourgeois démocratiques, réformistes et fascistes, ainsi qu’aux organisations de masse de la jeunesse travailleuse (organisations syndicales, culturelles et sportives) et de lutter systématiquement dans ces organisations pour soumettre à leur influence les larges masses des jeunes, de mobiliser la jeunesse en vue de la lutte contre la militarisation et les camps de travail, pour l’amélioration de sa situation matérielle, pour les droits de la jeune génération travailleuse, en s’efforçant, dans ce but, d’établir un large front unique de toutes les organisations de masses non fascistes de la jeunesse.

6. Le VIIe Congrès mondial de l’I.C. constate qu’au cours des dernières années, sous l’influence de la victoire du socialisme en Union soviétique, de la crise dans les pays capitalistes, des cruautés commises par le fascisme allemand et du danger d’une nouvelle guerre, on a assisté dans le monde entier au passage des larges masses ouvrières et des masses travailleuses, du réformisme à la lutte révolutionnaire, de la scission et de la dispersion au front unique. Étant donné que l’aspiration des travailleurs à l’unité d’action ne fera que croître, malgré la résistance de certains leaders de la social-démocratie, le VIIe Congrès mondial de l’I.C. propose à toutes les sections de l’I.C., de concentrer leur attention dans le procès de la lutte pour le front unique du prolétariat et le front populaire de tous les travailleurs contre l’offensive du capital et du fascisme et le danger d’une nouvelle guerre, sur la nécessité du renforcement de leurs rangs et de la conquête de la majorité de la classe ouvrière.

7. Le VIIe Congrès mondial de l’I.C. indique qu’il dépend uniquement de la force des partis communistes et de leur influence sur les larges masses du prolétariat, de l’énergie et de l’abnégation du communisme, que la crise politique qui mûrit se transforme en une révolution prolétarienne victorieuse.

Aujourd’hui, où la crise politique mûrit dans toute une série de pays capitalistes, la principale tâche des communistes consiste à ne pas se satisfaire des succès obtenus, mais à aller de l’avant vers de nouveaux succès, à élargir les liaisons avec la classe ouvrière, à gagner la confiance de millions de travailleurs, à transformer les sections de l’I.C. en partis de masse, à soumettre la majorité de la classe ouvrière à l’influence des partis communistes et à créer ainsi les conditions nécessaires à la révolution prolétarienne.

jeudi 1er août 1935


L’Internationale Communiste : le septième congrès − 1935