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Wilchar : Une manœuvre contre les travailleurs culturels − 1968

Clarté (PCMLB) semaine du 20 au 26 septembre 1968

Très tôt, dans les rubriques culturelles de notre journal, nous avons mis en garde les travailleurs culturels contre les manœuvres du noyau révisionniste qui voulait maîtriser l’assemblée libre pour en faire un instrument de politique réformiste et d’intégration au système bourgeois.

Dans notre numéro du 28 août, nous avons dénoncé la nature douteuse des relations de la direction du Palais des Beaux-Arts-Profits de Bruxelles avec certains « chefs de file » de l’assemblée libre. Ensemble, ils imposèrent le fait accompli de la liquidation du mouvement pour le 15 septembre.

Profitant de vacances, d’autres manœuvres ont été menées. « Le Soir » du trust Rossel nous apprend : « Des représentants du P.B.A. et des délégués de l’assemblée libre » et des travailleurs culturels ont organisé une conférence de presse commune ». Voilà qui situe la collusion favorisée par la présence du citoyen Hervé Brouhon à la fois dans la direction de l’assemblée libre (à quel titre ?) et dans le conseil d’administration du P.B.A.

La conférence COMMUNE annonce « la fin de l’occupation du P.B.A. à la satisfaction de tous » (mais ce « tous » ne comprend assurément pas ceux de la « base »).

M. Daniel Olivier a parlé, bien que n’étant pas artiste. Il prétend parler au nom de la direction de l’assemblée libre et veut l’orienter « vers la participation à l’élaboration et à la gestion de la politique culturelle » de l’Etat bourgeois. Allant très vite en besogne, il assure « que du côté du ministère de la Culture française, il y a un accord de principe pour la participation la plus large possible ». Ainsi on a déjà réglé en sous-main bien des modalités.

Mais il y a plus. M. Olivier dit : « Pour pouvoir entretenir un dialogue efficace, il fallait être reconnu par l’Etat (bourgeois) et par la ville de Bruxelles. C’est pourquoi nous avons créé une ASBL intitulée « Centre d’Information, de réflexion et d’action culturelle ». On ne peut avouer plus ingénument son désir d’intégration dans le système. Quel reniement des premières affirmations de principe des premières assemblées libres ! Nous voilà loin des objectifs d’occupation et de la volonté de lutte des premiers temps de la contestation des travailleurs culturels !

Le ministre de la culture bourgeoise Parisis et la ville de Bruxelles encouragent la manœuvre en offrant une friandise aux bons apôtres. « Le Soir » relate que le « porte-parole » (sic) de l’assemblée libre M. Van Thienen a déclaré que « M. Parisis envisage d’octroyer une subvention d’encouragement (à quoi ?) à ce centre et que la ville de Bruxelles étudie les moyens de mettre un local à sa disposition ».

Nous voici en plein dans la collaboration de classe. Mais est-ce que cela mettra un terme aux revendications des travailleurs culturels ? NON ! Ce ne sont pas les semblants de « réalisations culturelles » que vont élaborer quelques maîtres et larbins qui rayer la domination culturelle de l’Etat bourgeois et les agiotages des gangsters de l’art-profit.

Il est évident que les travailleurs culturels, les véritables artistes qui ne sont pas tributaires des puissants et des maîtres de l’heure, ne toléreront pas de telles manœuvres et reprendront la lutte contre leurs ennemis qui sont ceux de tous les travailleurs.

VERMILLION