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Wilchar : Les leçons d’un assaut − 1968

Clarté (PCMLB) semaine du 25 au 31 octobre 1968.

La réaction est toujours à l’affût pour « émousser le tranchant révolutionnaire » des travailleurs qui luttent contre son joug.

L’Etat bourgeois est attentif à la moindre révolte des créateurs d’art parce qu’il attache une importance (réelle) à son hégémonie culturelle qui reste un des moyens les plus raffinés de son oppression de classe.

Les artistes qui se laissent mettre la muselière recevront des os à ronger, les autres connaîtront les affres de l’éteignoir et des « ennuis » s’ils s’engagent dans la voie révolutionnaire.

Nous venons de voir comment l’Etat bourgeois a manœuvré l’assemblée libre des travailleurs culturels.

L’assemblée libre est issue du ghetto de ceux qui traînent leur talent abîmé aux barrières de l’art-profit.

Situation extrêmement dangereuse pour le prestige « culturel » du monde capitaliste. Cette révolte pourrait déboucher sur une action structurée révolutionnaire de première importance.

En de telles circonstances l’Etat bourgeois a recours aux hommes de main qu’il tient en réserve et qui, consciemment ou inconsciemment, l’aident à rétablir son « ordre ».

Les travailleurs connaissent depuis belle lurette le rôle joué par les « jaunes », ils les reniflent à cent lieues. Les travailleurs culturels n’ont pas cette expérience prolétarienne. Ils se laissent encore berner par des manœuvriers. Ils se laissent trop facilement mener vers des compromissions aux lendemains qui déchantent.

Ainsi des camarades artistes, quine manquent pourtant pas d’expérience de lutte, se laissent embarquer, sans vérification, dans des impasses obscures… et obscurantistes.

Nous leur disons : casse-cou !

Dans quelque temps, ils s’apercevront qu’ils se sont fourvoyés, et qu’ils ont détruit une seule arme efficace contre l’art-profit.

A la première commission de travail de l’assemblée libre des travailleurs culturels – cela se passait encore dans les locaux occupés du Palais des Beaux-Arts-profit, un artiste-peintre dénonçait l’opération de mise en sommeil du Conseil National Belge des Arts Plastiques. Depuis 1957 cette énorme farce « émoussa le tranchant révolutionnaire » des artistes à la grande satisfaction du gang de l’art-profit.

Les chefs de file qui viennent de fonder l’A.S.B.L « Centre d’information, de réflexion et d’action culturelle » (ouf) reprennent le même rôle en engageant l’assemblée libre dans la voie de la collaboration de classe. Ils croient naïvement ou feignent de croire et veulent nous faire croire que l’Etat bourgeois va céder ses positions de classe au profit d’une culture démocratique. C’est se faire de dangereuses illusions. C’est nier que l’existence même d’un Etat bourgeois implique que les contradictions de classes sont inconciliables et que toute collaboration se traduit finalement par un renforcement du joug capitaliste.

Il nous paraît opportun de rappeler à certains camarades le rôle de l’Etat défini par Engels « Comme l’Etat est né du besoin de refréner des oppositions de classes, mais comme il est né, en même temps, au milieu du conflit de ces classes, il est, en règle générale, l’Etat de la classe la plus puissante, de celle qui domine au point de vue économique et qui, grâce à lui, devient aussi classe politiquement dominante et acquiert ainsi de nouveaux moyens pour mater et exploiter la classe opprimée, l’Etat représentatif moderne est l’instrument de l’exploitation du travail salarié par le capital ».

Notre gouvernement bourgeois ne dissimule pas sa préoccupation de maintenir la vie culturelle sous la domination capitaliste.

Dans le « Plan quinquennal de politique Culturelle » élaboré par le politicien bourgeois Pierre Wigny, alors qu’il était ministre de la Culture, il est recommandé, en parlant des musées, « de veiller à avoir au sein de ces associations des représentants d’organisations telles que les clubs de Rotary, Lions, Tables rondes, etc… »

La culture doit rester aux mains des play-boys de la culture capitaliste, c’est clair.

Pas un mot sur la représentativité des classes laborieuses dans la gestion du « patrimoine artistique » et pour cause !

Le caractère de classe s’étale sans équivoque possible, et c’est par la collaboration avec ces rapaces que des camarades s’imaginent faire triompher les thèses de la base des assemblées libres. Allons donc !

Ceux qui parmi eux s’obstinent dans cette voie se trompent lourdement et font le jeu de la pire réaction. Ils ne représenteront bientôt plus qu’eux-mêmes parce que la majorité des artistes ne veulent plus être dupés. Ils ont compris la trahison des intentions originelles de l’assemblée libre qui était « le développement de la lutte contre le bastion de l’art-profit ».

Grâce aux illusions réformistes de certains et à la trahison de quelques autres, la bourgeoisie a réussi partiellement et momentanément à désamorcer le premier assaut des artistes révolutionnaires.

Les manœuvres des Parisis et autres valets du pouvoir capitaliste ne pourront jamais résoudre les contradictions culturelles du régime.

Toutes les conséquences de l’art-profit vont éclater à bref délai – Et alors ?

La lutte recommencera et se développera jusqu’à l’anéantissement d’un pouvoir qui est, et reste, la seule cause de tous nos malheurs.

Les forces saines de l’assemblée libre se regroupent déjà pour dégager la leçon des événements.

L’enrichissement révolutionnaire des travailleurs culturels s’affirme. De nouveaux assauts se préparent.

Notre parti avait prévu et dénoncé les dangers déviationnistes de la tendance révisionniste au sein de l’assemblée des travailleurs culturels.

La seule voir réaliste reste celle de la lutte classe contre classe sur tous les fronts, y compris celui de la création artistique.

L’analyse marxiste-léniniste aidera les artistes à trouver les formes et les moyens qui feront triompher leur juste combat.

Notre parti invite les travailleurs culturels qui cherchent à organiser leurs luttes à prendre contact avec son secrétariat 32, chaussée d’Alsemberg – Bruxelles 6 – Téléphone (02) 37.76.06.

VERMILLION