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Utiliser la dialectique matérialiste pour guérir les maladies courantes − 1972

Par Kouo Chou­sou, médecin militaire de l’Hôpital 106 d’une unité de l’Armée populaire de Libération de Chine, 1972

Je pratiquais la médecine générale quand, il y a quelques années, nos dirigeants décidèrent que je devrais me spécialiser en neurologie.

J’en fus tout d’abord contrarié car je ne possédais que très peu de connaissances dans ce domaine. Je réfléchis : manquer d’une bonne base dans ce domaine était une mauvaise chose, mais aussi une bonne.

Comme nous l’enseigne le président Mao :

« Une feuille blanche offre toutes les possibilités ; on peut y écrire ou y dessiner ce qu’il y a de plus nouveau et de plus beau »

Je résolus donc de m’attaquer aux maladies du système nerveux.

Cela n’alla pas tout seul. Pour remédier à mon ignorance en neurologie, je commençai par me plonger dans les manuels étrangers. Je découvris bientôt que ces livres traitaient surtout de théories complexes et de maladies peu fréquentes.

Les maladies courantes étaient peu abordées et il y était peu question donc des cas souvent rencontrés dans la pratique ; ou bien certains livres se contentaient de les mentionner, sans plus. Aussi, plus je les parcourais et plus j’étais découragé.

C’est alors précisément que notre grand guide, le président Mao, donna cette brillante directive : « Axer le travail médical et sanitaire sur les régions rurales », orientant ainsi notre progression, en tant que travailleurs médicaux.

Conformément à la directive du président Mao, au lieu de nous confiner à l’hôpital, nous nous sommes organisés en équipes médicales ambulantes et avons fait le tour des unités de l’A.P.L. et des villages.

Mais les cas rencontrés là étaient encore des maladies courantes.

Cette situation nous fit comprendre plus clairement que l’accent devait être mis sur la guérison des maladies communes. Il est contraire à la ligne prolétarienne du président Mao en matière de travail médical et sanitaire de négliger l’étude de ces maladies et l’amélioration de leur traitement, et de consacrer un nombreux personnel et une grande quantité de matériel pour des recherches sur des maladies extrêmement complexes et rares.

Selon les enseignements du président Mao, nous avons décidé de nous attaquer aux maladies courantes et de découvrir de nouvelles méthodes de les traiter.

Saisir l’aspect principal d’une contradiction

La neurasthénie, par exemple, est une maladie couramment rencontrée en neurologie.

Tous ceux qui en souffrent présentent ces symptômes : maux de tête et insomnies − l’insomnie étant l’une des causes principales des migraines. Il existe à ce sujet un dicton : un médecin qui examine un patient se plaignant de migraines en attrape, lui aussi, la « migraine ».

Pour atténuer la douleur, le médecin prescrit habituellement des calmants ou des somnifères, lesquels ne procurent qu’un soulagement momentané et sont impuissants à guérir la maladie.

Pour vaincre la neurasthénie, j’ai étudié maintes fois De la contradiction, brillant ouvrage philosophique du président Mao, qui m’a beaucoup éclairé.

Le président Mao nous enseigne :

« Des deux aspects contradictoires, l’un est nécessairement principal, l’autre secondaire. Le principal, c’est celui qui joue le rôle dominant dans la contradiction.

Le caractère des choses et des phénomènes est surtout déterminé par cet aspect principal de la contradiction, lequel occupe la position dominante. »

Je pensai alors : Une personne est pleine d’entrain pendant la journée et s’endort le soir, voilà le phénomène normal de l’excitation et de l’inhibition du cortex cérébral.

Le problème d’un neurasthénique est que son cortex cérébral n’est pas excité comme il le devrait, le jour, et n’est pas inhibé la nuit, d’où une activité anormale du système nerveux.

L’excitation et l’inhibition sont deux aspects d’une contradiction. L’un des deux doit jouer le rôle dominant. Mais lequel ? Nous nous reposons pour bien travailler, mais pas vice versa.

L’excitation joue donc le rôle dominant, et en traitant ce genre de maladie, l’accent doit être mis sur l’aspect de l’excitation. Mais autrefois, selon les traités de médecine sur les maladies nerveuses, des fortifiants et des somnifères étaient prescrits au neurasthénique pour le calmer. En d’autres termes, l’accent était mis sur l’aspect de l’inhibition.

Mais la pratique prouve que ce genre de traitement ne peut résoudre fondamentalement le problème. Il entraîne souvent le besoin d’une quantité toujours plus grande de médicaments, tandis que le trouble persiste.

Conformément à l’enseignement du président Mao :

« Lorsque l’aspect principal de la contradiction, l’aspect dont la position est dominante, change, la qualité du phénomène subit un changement correspondant »

Je décidai donc de changer l’ancienne méthode habituelle de traitement.

Je me concentrai sur l’aspect d’excitation qui joue le rôle dominant, pour accroître l’excitation du malade pendant la journée. Une excitation suffisante provoquera naturellement une inhibition appropriée.

Avec l’aide des hôpitaux frères et des camarades, j’étudiai et adoptai une nouvelle méthode de traitement, c’est-­à-­dire l’augmentation du degré d’excitation du malade pendant la journée.

Après des expériences répétées sur des animaux et sur moi-même jusqu’à être assuré que cette méthode de traitement ne causerait aucun mal au corps humain, je l’appliquai à un patient gravement atteint de neurasthénie depuis plus de vingt ans. Je lui appliquai le traitement une fois par jour avant midi, et environ une minute chaque fois.

Trois jours après, le malade devenait somnolent le soir entre 8 et 9 heures. Depuis lors, ce camarade est plein d’entrain le jour et dort normalement la nuit. Ainsi, sans un comprimé ou une piqûre, ses troubles nerveux ont disparu.

A l’heure actuelle, nous avons déjà traité plus de cinq cents neurasthéniques qui souffraient de maux de tête et d’insomnies, et les guérisons dépassent plus de quatre-vingts pour cent des cas.

« II faut analyser le fond de chaque chose et ne considérer les manifestations extérieures que comme une avenue menant à la porte dont il faut franchir le seuil pour saisir vraiment le fond du problème. C’est là la seule méthode d’analyse, sûre et scientifique, des phénomènes. »

Ce grand enseignement du président Mao est également applicable pour le diagnostic et le traitement des maladies. Si nous sommes induits en erreur par quelque phénomène superficiel d’une maladie, nous finirons, c’est sûr, par soigner des migraines en soignant seulement la tête ou un mal de pied, en soignant seulement le pied, tout en négligeant la cause principale de la maladie. Cela ne résous pas le problème fondamental.

Une maladie que nous rencontrons fréquemment est la dermato-névrite. Pendant longtemps, les milieux médicaux avaient l’habitude de diagnostiquer l’engourdissement d’une certaine partie du corps comme dermato-névrite.

Ils essayaient toujours de concentrer le traitement sur « l’inflammation ».

De par ma pratique médicale, je commençai à avoir des doutes à ce sujet. L’engourdissement causé par la dermato-névrite est un phénomène, me disais-je, mais parfois, le phénomène ne correspond pas entièrement à l’essence, car le même phénomène peut refléter des essences différentes. Aussi ne devons-nous pas nous laisser tromper par un phénomène.

Après un examen consciencieux de l’histoire des patients souffrant de dermato-névrite, je découvris que leur maladie était causée, à différents degrés, par l’humidité et le froid. La source de leur mal était vraisemblablement due à la longue inhibition des nerfs autour de la partie affectée. Cela pouvait donc s’appeler de la paralysie locale des nerfs.

Partant de là, j’étais d’avis que la dermato-névrite n’est pas une maladie inflammatoire. Le traitement ne devait donc pas être centré sur « l’inflammation », mais devait aider les nerfs autour de la partie affectée à recouvrer leur état d’excitation.

Nous avons alors procédé à des recherches et finalement décidé d’adopter une nouvelle méthode : faire recouvrer dans une courte période l’excitation de nerfs depuis longtemps inhibés.

Le président Mao nous apprend ceci :

« Notre devoir, c’est d’être responsables envers le peuple. »

Pour ne pas causer le moindre tort aux malades, j’essayai la nouvelle méthode d’abord sur moi.

Bien qu’ayant quelque peu souffert au cours des expériences, j’étais heureux car j’avais prouvé que cette méthode pouvait exciter les nerfs sous la peau et fournir ainsi un traitement à la dermato-névrite.

Un soldat était atteint de cette maladie depuis quatre ans. Une de ses jambes était engourdie, au point de ne même plus réagir à une piqûre. Il avait consulté plusieurs hôpitaux réputés, mais sans résultat.

Avec les expériences acquises grâce aux essais pratiqués sur mon propre corps, je décidai de lui appliquer le nouveau traitement.

A la suite du premier essai, l’engourdissement de sa jambe disparut à moitié et complètement après la seconde séance. Le patient recouvra enfin la santé.

En l’espace de plus d’une année, nous avons traité une centaine de malades atteints de différentes sortes de dermato-névrite ou de polynévrite. Tous ont été guéris.

La pratique m’a fait réaliser profondément que, quoi que nous fassions, nous devons aller au-delà du phénomène superficiel et étudier l’essence des choses.

Ainsi seulement pouvons-nous saisir la loi objective d’une chose et ne pas être trompés par son phénomène ; et c’est seulement de cette manière que notre pensée peut correspondre à la réalité et que nous pouvons adopter la méthode correcte pour résoudre le problème et obtenir les résultats escomptés dans notre travail.

Faire le bilan de l’expérience et continuer à progresser

Nos tournées médicales dans les unités de l’A.P.L. et les villages nous ont mis en présence de nombreux patients se plaignant de douleurs dans les jambes et les reins. Ce fait a attiré notre attention.

Comment pouvions-nous les guérir ? C’était une question difficile à résoudre. Les douleurs dans les jambes et les reins sont fréquentes parmi les travailleurs. Autrefois, du fait de la ligne révisionniste introduite dans le travail médical et sanitaire par Liou Chao­-chi, ce renégat, agent de l’ennemi et traître à la classe ouvrière, très peu de personnes cependant se sont penchées sur cette question, personne ne savait d’ailleurs sur quelle section diriger les patients souffrant de ces maux.

En tant que combattants médicaux armés de la pensée­-maotsétoung, me dis-je, nous devons servir de tout cœur les ouvriers, paysans et soldats. Nous devons trouver le moyen de guérir ces cas et d’alléger les souffrances de nos frères de classe.

Conformément au grand enseignement du président Mao :

« II faut faire consciencieusement le bilan de l’expérience acquise »

nous avons sérieusement fait le bilan du processus de notre traitement de la neurasthénie et de la dermato-névrite. Nous avons alors profondément compris que nous avions été à même de guérir les diverses maladies courantes touchant la neurologie, non pas en nous appuyant sur les traités de médecine, non pas en plaçant une foi aveugle dans l’expérience étrangère, mais en nous appuyant sur la pensée­-maotsétoung, sur la dialectique matérialiste énoncée par le président Mao.

Ce fut là notre expérience la plus fondamentale. Par le bilan de l’expérience, nous avons été capables de reconnaître l’essence commune de quelques maladies courantes.

« Après avoir pris connaissance de l’essence commune des choses nous devons aller plus avant et étudier les choses concrètes, qui ont été insuffisamment étudiées ou qui apparaissent pour la première fois. »

Suivant cet enseignement du président Mao, nous avons étudié spécialement les douleurs aux jambes et aux reins.

Le président Mao nous apprend ceci :

« L’enquête est comparable à une longue gestation, et la solution d’un problème au jour de la délivrance. »

Nous avons abordé ce difficile problème en allant tout d’abord parmi les combattants de l’A.P.L. et les paysans pauvres et moyens-­pauvres pour y découvrir les raisons provoquant des douleurs aux jambes et aux reins. Nous avons procédé à des examens attentifs des patients se plaignant de telles douleurs.

Nous avons ainsi découvert que la grande majorité de ces patients, notamment ceux souffrant de la courbature dans la région lombaire, éprouvent une sensation de raideur dans les muscles et autres tissus à l’endroit douloureux même ou aux alentours. La raideur est signe de contraction musculaire. C’est un réflexe protecteur ou pathologique commun à tous les animaux.

La contraction et le relâchement des muscles sont deux aspects d’une contradiction. Ils ont des points communs avec les deux aspects d’une autre contradiction − excitation et inhibition nerveuses.

La neurasthénie est l’inversion du phénomène excitation-inhibition, et les douleurs aux jambes et reins sont dues semblablement au désordre du phénomène contraction-relâchement.

En conséquence, je suis parvenu à la conclusion que les douleurs aux jambes et reins surviennent lorsque les muscles et autres tissus ont longtemps subi un état de semi-contraction et de semi-fatigue.

Telle est la cause initiale.

Si cet état pouvait être éliminé et les muscles et autres tissus relâchés, les malades seraient libérés de la douleur et recouvreraient vigueur et santé.

Je pensai alors que le traitement physiothérapique des ­douleurs aux jambes et reins avait obtenu certains succès autrefois et la raison en est, en quelques mots, qu’il avait apporté aux muscles et autres tissus un certain relâchement.

Comme ce traitement ne réussissait pas à les relâcher entièrement, le patient ne pouvait donc guérir complètement. Dans ce cas, comment faire pour provoquer le relâchement complet des muscles et autres tissus ?

Le président Mao a dit :

« Chacun des deux aspects contradictoires d’un phénomène tend à se transformer, dans des conditions déterminées, en son opposé. »

Si je peux découvrir un moyen pour provoquer, pendant un bref moment, une forte contraction des muscles et autres tissus depuis longtemps en état de semi-contraction, me dis-­je, il s’ensuivra nécessairement leur relâchement complet. Avec les camarades, je procédai à des expériences minutieuses et répétées.

Le nouveau traitement amena instantanément des résultats. Un vieillard, qui, depuis de nombreuses années, ne pouvait se redresser par suite de surmenage dans l’ancienne société fut guéri après quatre séances de traitement, qui ont requis quelques minutes au total.

Employant le même principe, nous avons traité avec succès des rhumatismes, des spondylites hypertrophiques, des douleurs musculaires aiguës et des sciatiques et autres maladies courantes.

A l’heure actuelle, nous avons traité près de cinq cents patients se plaignant de douleurs dans les jambes et les reins : quatre vingt-­dix pour cent ont constaté une amélioration et plus de la moitié ont été complètement guéris.

Notre grand guide, le président Mao, nous enseigne :

« Pour que s’achève le mouvement qui conduit à une connaissance juste, il faut souvent mainte répétition du processus consistant à passer de la matière à l’esprit, puis de l’esprit à la matière, c’est-­à-­dire de la pratique à la connaissance, puis de la connaissance à la pratique. »

Je viens seulement de commencer à apprendre et à appliquer la grande dialectique matérialiste du président Mao et ces traitements nouveaux sont encore loin d’être complètement au point, aussi devons-nous encore étudier afin de les perfectionner et les développer.

A la lumière de la pensée-­maotsétoung, je suis déterminé à mieux étudier les œuvres du président Mao et servir les ouvriers, paysans et soldats et à consacrer tous mes efforts pour travailler dans leur intérêt.