Centre MLM de belgique

UC(ML)B : Circulaire du Ier plenum du Comité Central sur l’accomplissement des tâches de la construction du Parti − 1976

Le Ier plénum du Comité central issu de la Ière Conférence nationale de l’UC(ML)B a décidé de rectifier l’accomplissement de toutes nos tâches, sur la base de la critique-autocritique suivante.

1. La Ière Conférence nationale de l’UC(ML)B a établi la juste ligne, la ligne marxiste-léniniste qui jette les bases pour la préparation de la révolution socialiste et qui guide la classe ouvrière dans la reconstruction de son Parti.

La plate-forme politique adoptée par la Conférence souligne que :

« la situation actuelle de la classe ouvrière de Belgique est caractérisée par le retard politique, théorique et organisationnel du mouvement marxiste-léniniste sur les besoins et les désirs du prolétariat ».

La Conférence a indiqué les moyens de remédier à cet état de choses : les communistes doivent se démarquer du révisionnisme et s’unir en un seul Parti, s’assimiler le marxisme-léninisme et élaborer le programme et la tactique scientifiques, forger le cadre ouvrier du Parti, ferme sur les principes et lié aux masses, préparer sérieusement l’activité illégale. Ce sont là les tâches fondamentales de la construction du Parti, à la première étape de son existence.

La question centrale de la reconstruction du Parti est la suivante : comment garantir que le Parti Communiste sera un véritable parti révolutionnaire et ne deviendra pas un parti révisionniste, comme tous ceux qui l’ont précédé dans notre pays ?

La trahison du révisionnisme moderne constitue une leçon pour tous les communistes. En avons-nous tiré toutes les conclusions nécessaires ? Nous demandons à chacun de réfléchir à cette importante question.

Depuis 1945, la trahison révisionniste a frappé par trois fois la classe ouvrière de Belgique, et l’a par trois fois privée de son état-major, le PCB (Drapeau Rouge), le PCB (Voix du peuple) et le PCMLB (Clarté-L‘Exploité). Usurper une quatrième fois la direction du Parti serait pour la bourgeoisie chose relativement facile.

Le mouvement marxiste-léniniste authentique a commencé à déblayer le terrain, mais le Parti n’est pas encore reconstruit que déjà certains qui avaient entrepris le travail se détournent des principales tâches immédiates ou ne les accomplissent qu’à moitié. Ces opportunistes, incapables de rompre entièrement avec la petite bourgeoisie dont ils sont issus, subissent gravement l’influence du révisionnisme et s’en font les propagateurs à l’intérieur des rangs communistes, refusant de reconnaitre les exigences posées par la révolution et falsifiant le marxisme-léninisme pour échapper à leurs tâches. AMADA consacre la lamentable division de notre mouvement par de « nouvelles théories » révisionnistes et s’oppose avec acharnement à l’accomplissement de notre devoir le plus pressant ; il s’engage ainsi dans la voie dangereuse de la scission complète, voie qui conduit à la dégénérescence et aux activités antiparti.

D’autre part, les thèses défendues par le Bureau national de cette organisation devant le danger d’une troisième guerre mondiale mettent le prolétariat à la remorque de la bourgeoisie dans cette question essentielle de la révolution et font ainsi pencher plus encore AMADA vers le révisionnisme. Lutte Communiste (marxiste-léniniste) hésite entre le marxisme-léninisme et le révisionnisme et a gardé jusqu’aujourd’hui une attitude attentiste sur tous les fronts de la lutte de classes. AMADA et LC ouvrent une brèche dans nos rangs et représentent, en ordre principal, le danger du révisionnisme parmi nous. Et l’UC(ML)B, exposée à la même influence, en subit les effets jusqu’à un certain degré.

2. L’influence du révisionnisme sur notre organisation s’est manifestée principalement dans les thèses et la pratique de l’opposition, battue à la Conférence.

En menant la lutte idéologique avec le Comité régional de Bruxelles (CRB) et son « bastion », la cellule de quartier Molenbeek-Saint-Gilles, et en faisant l’analyse critique de leur activité, le Groupe de Rectification (GDR) met à jour progressivement le spontanéisme et l’activisme, le sectarisme, le nationalisme et le bureaucratisme qui inspirent les éléments opportunistes.

Le bureau de la cellule de quartier, sous la direction de son secrétaire, s’est opposé à l’adhésion des ouvriers d’avant-garde ; il a refusé de donner une éducation politique aux militants et aux sympathisants ; il a saboté la critique et la lutte idéologique ; il s’est soustrait au contrôle des organes dirigeants. Bref, il a rejeté le marxisme-léninisme pour appliquer la ligne des intellectuels bourgeois. Ce qui domine, c’est l’arrivisme, le mépris de la classe ouvrière et du communisme. Le Bureau de la cellule, sous la direction de son secrétaire, a désarmé devant le révisionnisme ; il a détourné de notre organisation des dizaines d’ouvriers ; il a nui à toute notre activité. La cellule de quartier a été dissoute par le Comité central. Cette mesure a suscité l’approbation de la plupart des militants et sympathisants ouvriers.

Le CRB porte la responsabilité politique des agissements que nous venons de rappeler. L’activité de la cellule de quartier n’est que la mise en pratique de la ligne que les délégués de cette cellule ont défendue à la Conférence à l’instigation du CRB. Une partie du CRB adhère à la « brochure verte » révisionniste et scissionniste d’AMADA intitulée Critiquons à fond la ligne menchévique et trotskiste de l’unité de l’UC(ML)B ; le CRB a développé des théories nationalistes bourgeoises à propos des ouvriers immigrés ; son travail de direction est dominé par le spontanéisme, l’empirisme, le bureaucratisme et l’ultra-démocratisme.

Tels sont les résultats les plus flagrants de l’opportunisme dans notre organisation.

Mais il serait faux de s’en tenir là et de penser que « pour le reste, cela va très bien » et que la gauche est indemne de toute déviation et de toute erreur importante. La vérité est que la gauche est aussi influencée par le spontanéisme.

Le bilan de notre activité après la Conférence en est la preuve.

Après la Conférence, l’organisation devait faire un progrès qualitatif ; elle devait franchir une étape, passer de l’activité artisanale de cercle à l’activité rationnelle, scientifique de parti. Cette étape n’a pas été franchie, parce que, dans aucun domaine, nous n’avons appliqué notre ligne. Le Comité central a « navigué à vue ».

Pour prendre une juste mesure de leurs erreurs, les communistes doivent se référer à leur tâche centrale, à la question de la prise du pouvoir par le prolétariat armé, de la révolution par le prolétariat armé, de la révolution socialiste, de la dictature du prolétariat. Toutes nos tâches particulières sont définies en fonction de cette question-là, et on ne peut dire qu’elles sont accomplies que lorsque ce but est réellement compris et poursuivi effectivement.

Si les communistes s’unissent, c’est pour réaliser l’unité de la classe ouvrière, condition fondamentale de la révolution ; s’ils élaborent le programme, la stratégie et la tactique marxistes-léninistes, c’est parce qu’il est nécessaire d’indiquer à l’avance la solution théorique des questions de la révolution ; s’ils construisent le Parti, c’est parce que la révolution, pour vaincre, a besoin d’un guide sûr et expérimenté. Aussi l’essence du révisionnisme gît elle dans l’opposition à ce but central.

« Dans l’histoire du mouvement communiste international, écrit le Parti communiste chinois, la trahison du marxisme et du prolétariat par les révisionnistes, se traduit toujours et essentiellement par l’opposition à la révolution violente, à la dictature du prolétariat et par le prêche en faveur du passage pacifique du capitalisme au socialisme. » (La révolution prolétarienne et le révisionnisme de Khrouchtchev)

Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la classe ouvrière de Belgique, privée de direction révolutionnaire, lutte dans les conditions de « stabilité pacifique » du capitalisme. Le révisionnisme en décomposition empoisonne l’atmosphère.

Ces circonstances ont favorisé l’influence du réformisme. Mais à présent, l’époque « pacifique » touche à sa fin. Nous entrons dans une période de guerres et de révolutions. La violence révolutionnaire est à l’ordre du jour, et tous les communistes doivent la considérer et l’organiser comme l’instrument de l’émancipation de la classe ouvrière.

C’est un fait que notre organisation n’est pas consolidée idéologiquement et théoriquement sur les questions fondamentales de la révolution, de la dictature du prolétariat, du socialisme et de la lutte contre le révisionnisme.

Au cours de la campagne sur l’activité illégale, il est apparu que l’UC(ML)B a, en général, une attitude défensive dans la lutte des classes. Un certain nombre de militants ont manifesté des conceptions pacifistes et légalistes. Se pourrait-il qu’une telle déviation dans une question aussi fondamentale, ne reflète pas une attitude opportuniste devant l’ensemble de nos tâches ?

Les organes dirigeants ont montré leurs insuffisances idéologiques devant l’objectif révolutionnaire, en guidant l’activité non d’après les tâches fondamentales mais d’après des tâches secondaires ; en outre, ces tâches elles-mêmes ont été dirigées de façon droitière.

La lutte contre les directions bourgeoises dans le mouvement ouvrier (révisionnistes, social-démocrates, trotskistes) est mal menée. L’économisme et le démocratisme, l’hésitation à introduire la politique révolutionnaire dans la classe ouvrière, la passivité devant l’offensive de la bourgeoisie et de ses agents, se propagent dans nos rangs. Ils ouvrent, en même temps, la porte à leur pendant habituel, le putschisme : ceux qui, d’une façon ou d’une autre (et ils furent nombreux) ont soutenu l’action « héroïque » d’AMADA à Louvain, le 8 octobre, ont remis en question des acquis de 1971 !

La question des alliances de classe du prolétariat a également été le terrain de flottements opportunistes, notamment lors de la lutte à l’Université, où l’hégémonie du prolétariat n’a pas été défendue avec constance.

Le travail de masse est, en général, inspiré par la recherche de succès rapides et faciles. Nous éludons les tâches ardues et de longue haleine. Ensuite, nous nous déclarons satisfaits des résultats, car le retard et les carences sont considérés de plus en plus comme inévitables, fatals, par-là, justifiés.

Est-ce que tout ceci ne fait pas fort penser à AMADA ? Oui, c’est exactement cela !

Le manque d’éducation et d’étude est la cause de ce que beaucoup de camarades se forment des conceptions erronées sur les questions fondamentales du marxisme-léninisme. Ainsi, les raisons d’ordre économique qui sont à la base de la tâche historique du prolétariat restent souvent inconnues. Dans ces conditions, une vue partielle, étroite, économiste ou idéaliste, de la révolution, du socialisme et du communisme est inévitable. Et le niveau de l’agitation-propagande que ces camarades sont en état de faire, est ainsi d’emblée défini.

En retour, nous devons apprendre à consulter la classe ouvrière pour chaque problème et rechercher son contrôle sur notre organisation. Les tâches internes de la reconstruction du Parti nous ont trouvés pareillement en défaut.

Pendant plusieurs mois, la directive du Comité central « Que chaque ouvrier conscient devienne un défenseur de l’unité entre AMADA, LC et l’UC(ML)B » n’a guère été appliquée. L’organisation a, pendant ce temps, abandonné AMADA à son cours scissionniste, sans mobiliser contre celui-ci les sympathisants et les ouvriers d’avant-garde. Nous perdions ainsi l’initiative dans ce que nous considérons comme notre tâche immédiate principale. Le découragement devant la nécessité de mener une lutte prolongée pour l’unité, n’est pas la forme la moins dangereuse du sectarisme.

La critique de l’opportunisme au sein de l’UC(ML)B, menée principalement par le Groupe de rectification (GDR), laisse à désirer. Le GDR lui-même, mal guidé par le Comité central, s’est laissé influencer par l’opportunisme, en délaissant la lutte idéologique pour prendre en charge la direction de la pratique du centre de Bruxelles.

Les tâches d’étude et d’éducation ont été presque généralement délaissées, à tous les niveaux.

La préparation théorique des dirigeants et des cadres, à laquelle nous disons attacher tant d’importance, n’a pas été prise en mains.

Un fonctionnement erroné du Comité central, en vertu duquel le secrétaire fut chargé de la poursuite du travail théorique, tandis que les autres membres étaient principalement responsables de la direction de l’activité générale, a eu pour résultats 1) que le secrétaire n’a pas assumé sa tâche de dirigeant principal, 2) que les autres membres du Comité central n’ont pas − ou pas assez − rempli leurs tâches théoriques.

Il est nécessaire de critiquer les carences et le fonctionnement ultra-démocratique de l’école des cadres et de l’école des secrétaires.

L’étude est considérée par la majorité des camarades comme une corvée et non comme une tâche essentielle de la reconstruction du Parti. Le « manque de temps », la « surabondance des tâches pratiques », résultats d’une conception praticiste de la politique communiste, sont l’excuse éternelle de l’activisme. L’étude des documents de la Conférence nationale a été menée de façon formaliste. Les camarades ne réfléchissent guère à la ligne politique et idéologique. Ils doivent se soucier de la développer et de la mettre correctement en pratique.

Voilà les raisons principales pour lesquelles le plénum estime que dans le bilan de l’activité de juin à novembre 1975, le négatif l’emporte sur le positif. Il n’y a pas un front de la reconstruction du Parti sur lequel nous n’ayons pas reculé en ces six mois.

Après avoir remporté la victoire à la Conférence, la gauche s’est endormie sur ses lauriers et a manqué de vigilance de classe. Mais une juste ligne n’a de valeur que pour autant qu’elle est appliquée. En soi, un vote, des résolutions ne suffisent pas à élever l’activité d’un cercle qui reconnait les tâches du Parti à l’activité effective de parti.

Les éléments opportunistes, dans leur majorité « ralliés » à la Conférence, ont en réalité rallié la gauche, et la grande paix a régné.

La sous-estimation de l’opportunisme est une faute grave, grosse de dangers. Baisser la garde devant l’opportunisme, c’est permettre de se laisser envahir par lui, progressivement, insensiblement. La période qui s’ouvre place les marxistes-léninistes devant des tâches grandioses. Les bouleversements qui s’approchent annoncent une nouvelle époque de grands conflits de classes en Europe et mettront la révolution à l’ordre du jour.

La Ière Conférence nationale de l’UC(ML)B s’est engagée à mener à terme la reconstruction du Parti et à accomplir les tâches de la première étape : se démarquer du révisionnisme, unir les communistes, élaborer le programme, la stratégie et la tactique révolutionnaires, recruter l’avant-garde ouvrière. Nous avons la volonté de remplir ces tâches jusqu’au bout, nous préparons le prolétariat à la guerre et à la révolution et nous empêcherons l’opportunisme de gangrener le mouvement marxiste-léniniste et de conduire le prolétariat à une nouvelle défaite.

3. La rectification nécessite une lutte idéologique sérieuse. Elle concerne l’accomplissement de toutes les tâches et elle doit être accomplie de façon consciente, approfondie. Il s’agit d’une bataille acharnée contre le révisionnisme et l’opportunisme. L’enjeu à terme de cette lutte est l’aboutissement de la première étape de la reconstruction du Parti. La gauche doit se consolider, s’appuyer pleinement sur la ligne marxiste-léniniste conséquente et se dresser de toutes ses forces contre le révisionnisme et l’opportunisme pour les chasser de toutes leurs positions.

La cellule Cockerill de l’UJC(ML)B donne l’exemple d’une lutte menée depuis plusieurs mois contre l’opportunisme et dans laquelle la gauche a pris le pouvoir. Si de jeunes communistes ont réussi à déloger une « autorité » opportuniste et ont commencé à la rallier ensuite, n’est-ce pas la preuve que le révisionnisme et l’opportunisme sont faibles en réalité devant les assauts répétés de la révolution ?

Les objectifs de la rectification sont les suivants :

1. Élever le niveau politique et idéologique de chaque organisation.

Chaque organisation doit faire la critique-autocritique de son activité des derniers mois, sur la base de notre ligne politique. L’opportunisme est la cible de la campagne de rectification ; la gauche doit liquider tout esprit de conciliation dans la lutte contre les courants antimarxistes (à cet égard, il est nécessaire de critiquer le Bulletin intérieur de novembre 1975, qui montre de l’indulgence pour nos erreurs). Dans la lutte ; à chaque moment, il faut distinguer les deux sortes de contradictions.

A la lumière du marxisme-léninisme et des documents de la Ière Conférence nationale de l’UC(ML)B, une offensive doit être menée contre le révisionnisme et l’opportunisme sur tous les plans. L’essence du révisionnisme et de l’opportunisme doit être dénoncée, pour armer les marxistes-léninistes et la classe ouvrière contre ce danger et pour progresser dans la reconstruction du Parti.

2. Reprendre le pouvoir dans les secteurs, CRB, direction de l’infrastructure nationale, direction de l’UJC(ML)B, dominés par l’opportunisme.

3. Développer notre ligne de construction du Parti et l’appliquer pleinement.

Chaque organisation doit contribuer activement à l’élaboration en détail du plan général des tâches de l’UC(ML)B. C’est là un travail d’une grande importance, qui engage l’activité de notre organisation pour toute la première étape de la construction du Parti. Chacune des tâches − politiques, idéologiques, théoriques, organisationnelles − doit être planifiée, pour chaque niveau. Nous demanderons ensuite à AMADA et à LC de se prononcer sur ce plan.

Le plénum demande que la campagne de rectification se fasse portes ouvertes, afin de pouvoir amener au maximum les sympathisants et les ouvriers d’avant-garde à exprimer leur opinion, à faire leurs critiques, à donner leur avis sur notre organisation.

Les documents de la Conférence doivent être largement diffusés dans la classe ouvrière.

Les textes de référence pour toute la durée de la campagne sont : la Plate-forme politique de l’UC(ML)B, le Rapport d’activité du Comité central et les Tâches de la première étape.

A l’issue de la rectification, se tiendront les Conférences régionales, qui sont chargées d’établir le bilan de l’activité du centre, d’adapter la ligne et le plan des tâches aux données locales concrètes et d’élire le Comité régional.

La vérification des cartes, qui aura lieu après les Conférences régionales, permettra de renforcer nos rangs en écartant de l’organisation les membres qui n’y ont pas leur place.

Le plénum met en avant, pour la campagne, les mots d’ordre suivants : Propager le marxisme-léninisme, critiquer le révisionnisme et le scissionnisme. Partir en toute chose des intérêts du prolétariat de Belgique et des peuples du monde.

Rechercher le contrôle des ouvriers.

Être modeste devant la classe ouvrière de notre pays, les peuples révolutionnaires et le mouvement communiste international.

Le 12 janvier 1976


Déclaration du Ier plenum du Comité central sur la lutte pour la paix et l’indépendance nationale

Nous vivons à l’époque de l’impérialisme et de la révolution socialiste. Lénine a indiqué que :

« l’impérialisme, stade suprême du capitalisme, est la veille de la révolution sociale du prolétariat ».

« A présent, a déclaré Chou En-lai dans son rapport au Xe Congrès du Parti communiste chinois, la situation est marquée par de grands, bouleversements de par le monde. » Et il a poursuivi : « Ces bouleversements sont un bien, et non un mal pour les peuples. Ils ont plongé l’ennemi dans le chaos et provoqué une division dans ses rangs ; en même temps, ils ont éveillé les peuples et les ont aguerris. Sous leur impulsion, la situation internationale évolue dans un sens encore plus favorable aux peuples et défavorable à l’impérialisme, au révisionnisme et à la réaction des différents pays. »

La situation dans le monde est excellente pour le prolétariat international et les peuples du monde. Les progrès de la construction du socialisme, et la prise de conscience des peuples du tiers monde constituent les facteurs principaux dans la lutte contre l’impérialisme, le néo-colonialisme et l’hégémonisme.

Le monde capitaliste se débat dans une crise profonde. En vertu du développement inégal du capitalisme, les contradictions entre les puissances impérialistes, et notamment les deux superpuissances, les États-Unis d’Amérique et l’Union Soviétique, s’aiguisent et font peser la menace d’une troisième guerre mondiale. Cette menace se précise de jour en jour. La rivalité des deux superpuissances mène inévitablement à la guerre : cela est indépendant de la volonté des hommes.

Les deux superpuissances rivalisent dans le but de dominer les peuples du monde entier et, en premier lieu, de l’Europe. La politique d’armement intensif, les visées agressives des pactes militaires de Varsovie et de l’OTAN, l’établissement de bases et l’envoi de flottes dans les différentes parties du monde, l’intervention impérialiste dans les conflits locaux, sont autant de preuves que l’URSS et les États-Unis préparent activement une troisième guerre mondiale.

L’URSS constitue le danger principal, parce qu’elle est une puissance impérialiste « montante » qui cherche à provoquer un nouveau partage du monde, face à l’impérialisme américain, qui décline.

Les sociaux-impérialistes soviétiques ont, au cours de l’année 1975, poussé plus loin encore leur double tactique, la tactique de la propagande pacifiste, qui a déferlé à Helsinki, avec la complicité des États-Unis et des gouvernements d’Europe occidentale, et la tactique d’intervention hégémoniste, qui a franchi une nouvelle étape en Angola, allant jusqu’à provoquer une guerre civile dans ce pays. Devant cette situation, les peuples d’Europe doivent, en unité avec les pays socialistes et les peuples du tiers monde, mobiliser toutes leurs forces pour la sauvegarde de la paix, de la sécurité et de l’indépendance nationale.

Les communistes sont les meilleurs défenseurs, les défenseurs les plus conséquents de la cause de la paix et de la sécurité dans le monde, parce que la guerre signifie pour les travailleurs des massacres et des souffrances sans nom et pour les capitalistes des surprofits monstrueux, parce que la guerre signifie la dictature militaire sur l’ensemble du pays et parce que la paix permet aux pays socialistes d’élever toujours plus le bien-être du peuple et de marcher vers la société sans classes.

Chou En-lai, au Xe Congrès du PCC, a dit :

« Dans sa déclaration du 20 mai 1970, le président Mao a signalé : "Le danger d’une nouvelle guerre mondiale demeure et les peuples du monde doivent y être préparés. Mais aujourd’hui, dans le monde, la tendance principale, c’est la révolution." Tant que les peuples du monde qui deviennent toujours plus conscients, discerneront nettement l’orientation à suivre, redoubleront de vigilance, renforceront leur solidarité et persévéreront dans la lutte, il sera possible de conjurer la guerre. Si l’impérialisme déclenchait envers et contre tout une guerre, celle-ci ne pourrait que provoquer, à l’échelle mondiale, des révolutions de plus grande envergure et accélérer ainsi sa propre ruine. »

La lutte contre les préparatifs de guerre des deux superpuissances, la lutte pour la sauvegarde de la paix et de l’indépendance nationale est actuellement notre tâche tactique centrale. Aujourd’hui, cette lutte constitue le front principal de la lutte du prolétariat de Belgique, dans sa marche vers la révolution socialiste.

Dans notre pays, l’ennemi principal est la bourgeoisie impérialiste belge, alliée à l’impérialisme américain au sein de l’Alliance atlantique et de l’OTAN et complice du social-impérialisme soviétique, en tant que signataire des accords d’Helsinki. L’impérialisme belge, comme tout impérialisme, est profondément réactionnaire.

Actuellement, il combat toute mesure radicale en faveur de la lutte anti hégémonique.

En 1914, l’impérialisme belge a participé, aux côtés des impérialistes anglais et français, au partage du monde au nom de la « défense de la patrie ». Entre 1936 et 1940, il a incité l’impérialisme allemand à envahir l’Union soviétique et n’a pris aucune mesure sérieuse pour résister à l’envahisseur nazi. Après la défaite de mai 1940, une partie des impérialistes belges ont participé à la coalition antihitlérienne.

Renverser la bourgeoisie belge est la tâche historique du prolétariat de notre pays ; c’est la tâche internationaliste principale, dont l’accomplissement fera de la Belgique un bastion révolutionnaire et qui la retirera du camp impérialiste. Par conséquent, le prolétariat de Belgique doit opposer son propre programme militaire au programme militaire de la bourgeoisie et il doit actuellement mener la lutte pour la paix, l’indépendance nationale et la sécurité en alliance avec les autres travailleurs, contre sa propre bourgeoisie en premier lieu. Ainsi le peuple se préparera à la guerre et à la révolution ; ainsi la guerre, si elle éclate, provoquera la révolution.

La lutte contre l’impérialisme et le social-impérialisme fauteurs de guerre et pour l’indépendance nationale est une lutte révolutionnaire. Dimitrov a indiqué qu’une telle lutte accroît les forces du prolétariat, aide celui-ci à devenir la classe dirigeante dans la lutte de tous les travailleurs contre le capitalisme, accélère l’effondrement du capitalisme et la victoire du socialisme.

La responsabilité des communistes devant la classe ouvrière et la révolution est considérablement accrue dans la conjoncture de la guerre. Si le Parti de la classe ouvrière applique de façon conséquente le marxisme-léninisme, la guerre est un tremplin vers la dictature du prolétariat.

C’est ce que nous enseigne l’exemple de toutes les révolutions prolétariennes victorieuses à ce jour. L’expérience montre cependant aussi qu’une ligne opportuniste suivie dans cette question est le chemin le plus rapide, le plus direct vers la trahison du prolétariat, vers le révisionnisme. Le Parti communiste chinois a indiqué :

« Depuis que le capitalisme s’est mué en impérialisme, la question de la guerre et de la paix a toujours eu une importance majeure dans la lutte entre le marxisme-léninisme et le révisionnisme. » (Deux lignes différentes dans la question de la guerre et de la paix)

La guerre fait parvenir à maturité toutes les contradictions politiques, et les fait éclater. Chaque classe, chaque parti doit choisir clairement son camp. Lors de la Première guerre mondiale, ceux qui, au sein du mouvement communiste, concilièrent avec le réformisme, se révélèrent le 4 août 1914 comme des social-chauvins et se trouvèrent, du jour au lendemain, dans le camp de la bourgeoisie impérialiste. Ce que l’économisme, le légalisme, le pacifisme avaient préparé au cours des années « pacifiques » du début du XXe siècle, le social-chauvinisme le consomma instantanément. Ce jour-là, la grande majorité des dirigeants de l’Internationale firent faillite. Soutenant la guerre impérialiste, votant les crédits de guerre, appelant le prolétariat à soutenir « la patrie », ces traîtres se lièrent entièrement et définitivement à « leur » bourgeoisie.

Dans des conditions différentes, la Seconde guerre mondiale a vu, à l’époque de sa conclusion, la trahison d’une série de partis communistes, notamment dans les pays d’Europe occidentale. Les dirigeants de ces partis vendirent les fruits de la victoire conquis par le peuple au prix de son sang et s’engagèrent dans la collaboration de classes avec la bourgeoisie ; ils firent remettre les fusils à l’État capitaliste, en échange de fonctions ministérielles, et ils devinrent ainsi des criminels dans l’Histoire. A eux s’appliquent les paroles du camarade Mao Tsé-toung :

« Les armes du peuple, fut-ce un fusil ou une cartouche, il faut les garder toutes, il ne faut pas les livrer. » « Les droits conquis par le peuple ne doivent jamais être abandonnés à la légère, il faut se battre pour les défendre. »

Mais les traîtres révisionnistes livrèrent les armes et s’engagèrent dans la voie parlementaire.

Aujourd’hui, dans le mouvement marxiste-léniniste de Belgique, le même processus est entamé. La ligne de Clarté-L’Exploité qui, dans la « défense » de l’indépendance nationale, rejette toute politique prolétarienne autonome, n’a rien qui doive nous surprendre : il s’agit là d’une constante chez les comploteurs grippistes, comme dans le révisionnisme en général. Mais l’évolution amorcée par AMADA, qui s’oriente dans la même direction, doit éveiller toute notre vigilance.

La récente Déclaration du Bureau national d’AMADA-TPO sur la lutte contre les deux superpuissances annonce le développement d’une ligne opportuniste de droite qui représente un grand, danger pour la cause de l’indépendance nationale et du socialisme. D’autre part, le pacifisme qui imprègne les positions politiques et l’idéologie de Lutte Communiste (marxiste-léniniste) doit également être critiqué.

L’approche de grands bouleversements en Europe et dans le monde doit inciter tous les communistes à accomplir sans tarder leurs tâches d’unification, ainsi que les tâches théoriques − l’élaboration d’une juste stratégie et tactique − et pratiques − la préparation de l’activité révolutionnaire illégale − qu’impose la nouvelle situation.

Le 12 janvier 1976

lundi 12 janvier 1976


Union des Communistes (Marxistes-Léninistes) de Belgique (UCMLB)