Centre MLM de belgique

UC(ML)B : AMADA et la question du Chili – 1974

Introduction

Le débat avec AMADA sur le Chili est un aspect de la lutte menée entre les deux tendances du mouvement marxiste-léniniste authentique en vue de leur unité.

Prenant prétexte de la faiblesse actuelle du mouvement marxiste-léniniste, certains camarades penseront peut-être que ce débat ne concerne qu’un petit nombre et qu’il disperse les efforts. Mais cette vue des choses serait de la myopie politique. Le Parti qui se construit est appelé aux plus grandes tâches historiques. Faisons en sorte qu’il les accomplisse avec succès en évitant les marais de l’opportunisme et du révisionnisme. La lutte idéologique à l’intérieur du mouvement marxiste-léniniste a une grande importance. A travers la lutte idéologique, les idées marxistes-léninistes finissent inévitablement par l’emporter sur les idées bourgeoises, et garantissent que la pratique révolutionnaire suive la voie marxiste-léniniste.

Dans la question du Chili s’affrontent au fond deux conceptions du soutien internationaliste et deux conceptions de l’alliance de classe.

Dans notre texte de septembre 1973, la position marxiste-léniniste au sujet des luttes anti-impérialistes est affirmée ; la réponse d’AMADA éclaire les divergences et développe son point de vue, disons théorique, sur les luttes anti-impérialistes.

Le texte que nous publions ici, rappelle d’abord les principes élaborés à partir des deux grandes révolutions de notre époque, la Révolution russe d’octobre 1917, et la Révolution chinoise, et réfute ensuite les positions d’AMADA.

AMADA et la question du Chili

Mouvement marxiste-léniniste (organisation d’étudiants d’AMADA) : Tract pour la manifestation d’AMADA du 15 septembre 1973

Allende désarmait les ouvriers et paysans et les livrait aux fascistes !

La lutte armée est le seul moyen à la libération du travail !

Soutenons la résistance armée du peuple chilien contre le fascisme !

Participez à la manifestation organisée par AMADA et l’UC(ML)B [1]

Rassemblement : Place Gaucheret – Bruxelles, samedi 15/9 à 15 H.
Autobus : Ladeuzeplein, Louvain à 13H45

Allende et les leaders du faux parti communiste sont entièrement responsables du massacre de centaines d’ouvriers et de travailleurs révolutionnaires, et de l’institution de la terreur fasciste contre les ouvriers du Chili. Allende et le faux parti communiste ont scandaleusement trahi le peuple en suivant « le chemin légal vers le socialisme ».

Se résigner aux lois capitalistes existantes voulait dire : le peuple est désarmé, les troupes d’assaut fascistes et les fascistes de l’armée et de la gendarmerie sont protégés. Les ouvriers doivent de nouveau payer de leur sang et pour la trahison des leaders du parti socialiste et du faux PC.

Allende a été élu par les larges masses populaires ; ceci exprimait le désir profond du peuple des changements radicaux. Allende avait le choix entre deux chemins : le premier est celui du vrai communisme, comptant sur les ouvriers et les paysans, en encouragent leurs actions. Allende avait le devoir d’armer le peuple. Le peuple avait besoin d’armes pour se préparer contre la réaction inévitable du capital américain. Il fallait épurer tous les éléments bourgeois de l’armée, de la police et de la gendarmerie, et les remplacer par les ouvriers et les paysans révolutionnaires. Il fallait faire des lois pour protéger les intérêts des ouvriers et des paysans.

Allende et le faux PC ont pourtant choisi la trahison du communisme et de la classe ouvrière. Ils voulaient s’appuyer sur les lois capitalistes, faites par et pour le capital américain. Ils voulaient s’appuyer sur l’armée, la gendarmerie et la police capitalistes instruites par le capital américain.

Cette loi et cette armée sont faites par la bourgeoisie et peuvent seulement servir la bourgeoisie. Lénine a répété des centaines de fois : la première, la plus importante et la plus profonde tâche de chaque révolution populaire est d’entièrement supprimer les lois existantes et les forces armées ; elles doivent être remplacées par des nouvelles lois révolutionnaires et par des forces populaires armées.

C’est une loi de l’histoire qui maintenant une fois de plus est payée par le sang de centaines d’ouvriers. La démocratie chrétienne qui avait la majorité parlementaire s’orientait vers le renversement d’Allende. Cette politique a été dirigée par l’ambassade américaine. L’aile droite a soutenu ouvertement les fascistes ; l’aile gauche « dialoguait » avec Allende pour le paralyser, donnant ainsi carte blanche aux fascistes. Le faux PC du Chili déclarait énergiquement qu’Allende devait « collaborer » avec « les progressistes » de la démocratie chrétienne. La démocratie chrétienne forçait Allende à prendre des généraux dans son gouvernement. Le faux PC disait que ces généraux étaient « neutres » et « fidèles à la loi ».

L’admission des généraux dans le gouvernement devait prévenir l’extension des groupes armés d’ouvriers et de paysans. L’armée protégeait les propriétaires du transport routier en grève et les fascistes armés de « Patrie et Liberté ». En même temps cette armée attaquait une usine à Punta Arenas, à la recherche d’armes. Un ouvrier a été tué. Cette armée a arrêté dix marxistes-léninistes (entre autres du MIR) qui avaient ou fabriquaient des armes. Cette armée arrêtait des soldats de la marine qui se révoltaient et les torturait parce qu’elle les soupçonnait d’être des marxistes-léninistes. Allende et la faux PC laissaient passer ; l’armée était « fidèle au pouvoir légal », n’est-ce pas ? …

Allende et les faux communistes reculaient petit à petit … et propageaient « l’élargissement du front progressiste » et « le respect de la loi ». Allende déclarait : « Nous défendons le Chili contre les fascistes et tous ceux qui veulent la guerre civile » (c’est-à-dire les vrais communistes). Allende combattait les vrais communistes qui préparaient le peuple à la résistance armée au coup d’Etat fasciste.

Mais Allende n’était pas du tout en mesure de lutter contre les fascistes, car ceux-ci se trouvaient parmi les chefs de l’armée « fidèle à la loi ». Le leader du faux parti communiste français Fajon rentrait du Chili le 2 septembre et déclarait : « La grande force du gouvernement d’Allende est la légalité ; Allende doit compter sur l’opposition de la grande majorité du peuple contre la guerre civile ».

Le leader du faux PC fermait résolument les yeux devant la terreur fasciste et le complot fasciste de l’armée. Il sabotait ouvertement la préparation des ouvriers et paysans à la guerre civile. Les fascistes avaient déjà commencé cette guerre civile. Le devoir de tous les travailleurs était : s’opposer avec les armes contre la terreur fasciste. Le leader du PCF a condamné l’occupation des usines par les ouvriers et la rébellion des soldats de la marine contre l’amiral Tori Binni Medina, contre les fascistes qui une semaine plus tard organiseraient le coup d’Etat. Le leader du faux PC exige le désarmement complet et la passivité du peuple.

Seule la guerre populaire, à laquelle participent tous les ouvriers, paysans et travailleurs, peut briser le fascisme et chasser les impérialistes américains.

Vive les marxistes-léninistes du Chili !

Vive la résistance armée du peuple chilien contre les bourgeois fascistes !

La guerre populaire prolongée chassera les dominateurs américains !

Vive la lutte pour l’indépendance nationale et la démocratie du peuple chilien !

UC(ML)B : Critique de la position ultra-gauche d’AMADA dans la question du Chili (septembre 1973)

Depuis novembre 1970, le peuple chilien mène une courageuse lutte contre l’impérialisme américain. Il a aidé le gouvernement Allende d’Union populaire à arracher aux griffes impérialistes la plus grande partie des ressources naturelles du pays. En nationalisant l’industrie du cuivre et d’autres industries, le peuple chilien a remporté une grande victoire. Le Chili a pris une part importante dans le front des peuples unis contre l’impérialisme. Sa lutte a été un encouragement pour toute l’Amérique du Sud. A l’intérieur du pays, le gouvernement d’Union populaire a permis aux révolutionnaires de s’organiser et de développer leur activité parmi les masses ouvrières et paysannes. La politique antiféodale et antimonopoliste de réforme sociale a amélioré les conditions de vie et les libertés démocratiques du peuple.

Mais la politique d’Unité populaire fut une politique inconséquente. Tout en portant à l’impérialisme des coups sensibles, l’Unité populaire refusa d’armer le peuple et de le préparer à la lutte armée pour l’indépendance nationale. Elle favorisa ainsi le coup d’Etat fasciste et impérialiste. La classe ouvrière n’eut pas la force de prendre la direction du front anti-impérialiste. L’illusion du « passage pacifique au socialisme » au Chili fut pour le révisionnisme international l’occasion de présenter sa camelote sous un nouveau jour et de tromper de plus belle les peuples du monde.

AMADA a trouvé dans l’échec de l’Union populaire l’occasion de développer contre celle-ci une attaque à outrance, faisant procès de « la trahison par Allende du communisme et de la classe ouvrière », et passant complètement sous silence le rôle positif que l’Union populaire a joué pendant trois ans dans sa lutte contre l’impérialisme américain. Dans son tract du 14 septembre 1973, AMADA met en avant trois mots d’ordre :

- Soutenez la résistance armée du peuple chilien contre les fascistes,

- Allende a désarmé les ouvriers et les paysans et les a livrés aux fascistes,

- La lutte armée est l’unique voie qui mène à la libération du travail.

Seul le second de ces trois mots d’ordre est développé. AMADA affirme qu’Allende se trouvait devant deux voies : la voie du communisme (armement du peuple, épuration des forces armées bourgeoises, nouvelle législation ouvrière et paysanne) et la voie de la trahison du communisme et de la classe ouvrière (maintien de la législation de la bourgeoisie). Ensuite, le tract met arbitrairement en évidence toutes les reculades d’Allende et des révisionnistes devant les attaques fascistes et des réactionnaires. Il conclut :

« Allende combattait les vrais communistes qui préparaient le peuple à la résistance armée au coup d’Etat fasciste ».

Il est exact qu’Allende et l’Unité populaire ont hésité entre deux voies, mais non pas celles qu’AMADA indique. Allende et l’Unité populaire ont mené la lutte contre l’impérialisme américain et ils imposèrent à la réaction intérieure une politique de réformes sociales. Mais ils ne suivirent pas cette voie jusqu’au bout en s’appuyant fermement sur le prolétariat et en préparant la prise révolutionnaire du pouvoir ; par là ils désarmèrent le peuple.

Comment les communistes analysent-ils cette contradiction et quelle position doivent-ils prendre devant elle ?

« Les pays nationalistes qui ont récemment conquis leur indépendance politique ont encore devant eux les tâches ardues de la consolidation de l’indépendance politique, de la liquidation complète des forces impérialistes et de la réaction intérieure, de la réalisation de la réforme agraire et d’autres réformes sociales, et du développement de l’économie et de la culture nationales.

Il est d’une importance pratique vitale pour ces pays de rester vigilants et de combattre la politique néo-colonialiste adoptée par les vieux colonialistes pour préserver leurs intérêts, et plus particulièrement ils doivent se montrer vigilants et combattre le néo-colonialisme des Etats-Unis.

Dans certains pays nouvellement indépendants, la bourgeoisie nationale patriote demeure aux côtés du peuple dans la lutte contre l’impérialisme et le colonialisme et elle introduit certaines mesures favorables au progrès social. Le parti du prolétariat doit alors prendre pleinement en considération le rôle progressiste de la bourgeoisie nationale patriote et renforcer l’union avec elle (souligné par l’UC(ML)B).

Dans d’autres pays nouvellement indépendants, à mesure que s’aggravent les contradictions sociales à l’intérieur du pays et que s’intensifie la lutte de classe sur le plan international, la bourgeoisie, et surtout la grande bourgeoisie, s’appuie de plus en plus sur l’impérialisme et poursuit une politique antipopulaire, anticommuniste et contre-révolutionnaire.

Généralement, la bourgeoisie de ces pays a un double caractère. Lorsque le parti du prolétariat forme un front uni avec la bourgeoisie, il doit adopter une politique d’union et de lutte : politique d’union vis-à-vis de la tendance progressiste anti-impérialiste et antiféodale de la bourgeoisie, et politique de lutte vis-à-vis de sa tendance réactionnaire au compromis et à la collusion avec l’impérialisme et les forces féodales (souligné par l’UC(ML)B).

Pour ce qui est de la question nationale, le parti prolétarien a l’internationalisme pour conception du monde et non le nationalisme. Dans la lutte révolutionnaire, il soutient le nationalisme progressiste et s’oppose au nationalisme réactionnaire. Il doit, dans tous les cas, tracer une ligne de démarcation bien nette entre lui-même et le nationalisme bourgeois et ne doit jamais devenir prisonnier de ce dernier ». (Parti communiste chinois, Propositions concernant la ligne générale du mouvement communiste international).

Les communistes s’uniront activement aux anti-impérialistes sur la base du soutien à la lutte armée du peuple chilien pour l’indépendance nationale et les droits démocratiques. D’autre part, ils dénonceront la ligne révisionniste de révolution pacifique, ils rabattront le caquet du P« C »B et des social-démocrates qui ont utilisé le Chili pour essayer de prouver leurs « théories » de trahison.

Il est clair qu’en niant l’aspect progressiste de la politique d’Allende, et en traitant celui-ci en ennemi, AMADA s’écarte des principes du marxisme-léninisme et adopte une position infantile « de gauche ». Cette position rompt l’unité du front anti-impérialiste international.

Alors que le peuple chilien a engagé une lutte héroïque pour sa liberté et alors que toutes les forces anti-impérialistes doivent s’unir dans un soutien commun à cette lutte, AMADA fait le silence le plus complet sur cette réalité, réservant toute son énergie à dénoncer Allende. En ce moment, des milliers d’ouvriers chiliens, tirant la leçon de l’expérience, combattent le fascisme, les armes à la main. Dans les usines, des ouvriers armés retranchés résistent aux assauts des putschistes. Allende de même ne faillit pas à sa tâche. « Il est mort en martyr à son poste au palais présidentiel, après avoir opposé un combat déterminé et vaillant aux putschistes », a déclaré l’agence Chine Nouvelle. Mais AMADA ne veut voir en lui qu’un « traître » « entièrement responsable du massacre de centaines d’ouvriers et de travailleurs révolutionnaires et de l’institution de la terreur fasciste contre les ouvriers du Chili ».

Nous avons critiqué la position d’AMADA dès que nous l’avons connue et avant qu’elle ne soit rendue publique. Mais AMADA rejeta notre critique, et le maintien de sa position rendit impossible l’unité d’action des organisations marxistes-léninistes de Belgique. AMADA fit seul sa manifestation, à Bruxelles, le 15 septembre.

La position erronée sur la lutte d’indépendance du peuple chilien est déterminée par la ligne générale opportuniste « de gauche » d’AMADA, construite sur la base de conceptions particularistes de cette organisation. Elle n’en est pas la première application.

Lors de la manifestation Vietnam du 19 novembre 1972, sur les mots d’ordre du FNL, AMADA refusa de participer en tirant prétexte de manœuvres scissionnistes que les trotskistes avaient opposées quinze jours auparavant pour saboter la manifestation d’AMADA.

AMADA boycotta de même la manifestation des lycéens contre le plan Vanden Boeynants, le 31 janvier 1973 à Bruxelles, parce que les trotskistes y jouaient un rôle prépondérant. Un dirigeant d’AMADA alla même jusqu’à qualifier cette manifestation de dix mille lycéens, la plus importante de la lutte anti-Vanden Boeynants, de « scissionniste » !

Au sein du mouvement marxiste-léniniste, c’est une fois de plus la même attitude ultra-sectaire qui prévaut. Les communistes conséquents et un nombre grandissant d’ouvriers avancés critiquent le grave préjudice que cause la ligne de division d’AMADA au mouvement marxiste-léniniste et à la création du parti de la classe ouvrière. Ceux qui s’opposent à l’unification organisationnelle des communistes ne sauraient avoir une conception correcte de l’internationalisme et de l’unité indestructible des peuples du monde en lutte contre l’impérialisme. Ce qu’ils appellent « éducation » du prolétariat et des militants, n’est, dans ces circonstances, que la mise en avant de leurs propres idées sectaires. Pour eux, la classe ouvrière ne doit pas être éduquée sur ses devoirs internationalistes, et les militants sont incités à entretenir avec leurs camarades des autres organisations des relations marquées par la méfiance et la suspicion.

L’UC(ML)B continuera à critiquer les camarades d’AMADA jusqu’à ce qu’ils renoncent à leur ligne de division des forces révolutionnaires en Belgique et dans le monde. Nous sommes certains que le marxisme-léninisme prendra le dessus sur l’opportunisme et qu’AMADA finira par rectifier le cours erroné dans lequel il s’est engagé.

Vive la lutte armée du peuple chilien contre le fascisme et l’impérialisme !

Vive l’unité du front anti-impérialiste mondial !

Vive l’unité des marxistes-léninistes !

A bas le sectarisme !

16 septembre 1973

AMADA : Pour une position marxiste-léniniste dans le soutien à la révolution nationale du Chili (novembre 1973)

Dans l’analyse des bulletins 1, 2 et 3 de l’Union des Communistes (marxistes-léninistes) de Belgique (UCMLB), AMADA a montré que cette organisation développait une ligne intellectualiste ultra-gauche en apparence mais opportuniste de droite en réalité.

La politique de l’UCMLE sur la question du Chili en apporte une nouvelle preuve.

La lutte de classe au Chili

Quelle est la leçon la plus importante que les communistes tirent du coup d’Etat ?

La leçon qu’en tire l’UCMLB est bâtie sur le principe de la collaboration de classe.

« Les communistes doivent mettre l’accent sur l’unité du front anti-impérialiste, dont le Chili a été dès 1970 une part constitutive. » (Critique de la position ultra-gauche d’AMADA… UCMLB).

La leçon qu’AMADA tire du coup d’Etat est bâtie sur le principe de la lutte de classe.
Quand c’est la bourgeoisie nationale qui dirige le front anti-impérialiste, cela entraîne inévitablement le désarmement des ouvriers et des paysans, la protection des fascistes et, en fin de compte, la défaite des ouvriers et des paysans révolutionnaires.

L’UCMLB essaye de camoufler la démarcation de classe entre prolétariat et bourgeoisie, entre la voie réformiste bourgeoise et la voie de la révolution prolétarienne.

Elle y parvient sous le prétexte de soutenir le « front uni » et la « lutte anti-impérialiste ». La démarcation entre prolétariat et la bourgeoisie devient uniquement une démarcation quantitative.

« AMADA affirme qu’Allende se trouvaient entre deux voies : la voie du communisme (armement du peuple, épuration des forces armées bourgeoises, nouvelle législation ouvrière et paysanne) et la voie de la trahison au communisme et de la classe ouvrière (maintien de la législation de la bourgeoisie) …

Il est exact qu’Allende et l’Unité Populaire ont hésité entre deux voies, mais non pas celle qu’AMADA indique. Allende et l’Unité Populaire ont mené la lutte contre l’impérialisme américain et ils imposèrent à la réaction intérieure une politique de réformes sociales. Mais ils ne suivirent pas cette voie jusqu’au bout en s’appuyant fermement sur le prolétariat et en préparant la prise révolutionnaire du Pouvoir ; par-là, ils désarmèrent le peuple ».

De cette façon, l’UCMLB tente de faire passer la question : direction de la bourgeoisie ou du prolétariat au sein du front uni pour une différence quantitative.

Les marxistes-léninistes doivent mettre l’accent sur le fait qu’il s’agit d’une différence radicale, qualitative, autant en ce qui concerne le but que les moyens utilisés.

Les réformistes bourgeois ne veulent pas d’un transfert total et inconditionnel de la grande propriété terrienne et du grand Capital. Ils ne veulent pas de la destruction de l’appareil d’Etat bourgeois. Ils veulent atteindre leur but par des moyens bureaucratiques et ils rejettent la voie prolétarienne de la libération de toutes les forces des ouvriers et paysans, la voie de l’armement général des ouvriers et paysans.

Allende et Corvalan se présentaient comme « marxistes » ; tous deux sont en fait des démocrates bourgeois.

Leur ligne ne se distingue en rien de la ligne du « marxiste » Tchen Tou-Sieou.

« Tchen Tou-Sieou, secrétaire général du Parti communiste chinois à cette époque, était en fait un démocrate radical de la bourgeoisie. Il ne comprenait rien au Marxisme-Léninisme. Puisque la révolution chinoise était alors, par son caractère, une révolution démocratique bourgeoise, estimait-il, elle ne pouvait aboutir qu’à la fondation d’une république bourgeoise et ne pouvait être dirigée que par la bourgeoisie. Il clamait que le prolétariat chinois n’était pas une « force révolutionnaire indépendante » et ne pouvait donc devenir une classe dirigeante ; il calomniait les paysans en les accusant d’être « indisciplinés », « conservateurs », et « peu enclins à la révolution ».

Faisant la sourde oreille aux justes opinions du camarade Mao Tsétoung, il abandonna la direction de la paysannerie, de la petite bourgeoisie urbaine, de la moyenne bourgeoisie et, en particulier, des forces armées. Dans le front uni, il voulait l’union sans la lutte. Et quand les masses ouvrières passèrent à l’action, son seul sujet d’inquiétude fut la terreur que cela pouvait inspirer à la bourgeoisie. Tchen Tou-Sieou et son adepte Liou Chao-chi allèrent jusqu’à ordonner aux piquets d’ouvriers de Wouhan de remettre leurs armes au Kuomintang. Et lorsque Tchiang Kaî-chek et Wang Tsing-wei, représentant des gros propriétaires fonciers et de la grande bourgeoisie, trahissant l’un après l’autre la révolution, se mirent à massacrer les ouvriers et les paysans, les masses populaires avaient les mains nues et la grande révolution qui avait fait preuve d’un bel élan connut la défaite » (Célébrons le 50ème anniversaire du Parti communiste chinois, p. 7).

L’UC(ML)B méconnaît le caractère de classe du front anti-impérialiste et, en conséquence, rejoint le point de vue de la collaboration de classe.

« Les communistes doivent mettre l’accent sur l’unité du front anti-impérialiste, dont le Chili a été dès 1970 une part constitutive ». (Critique de la position d’AMADA, p. 2).

« La politique anti-impérialiste de l’Unité Populaire plaçait le gouvernement Allende dans le camp de la révolution mondiale. Cependant, dans le front anti-impérialiste, il existe deux voies : la voie de la classe ouvrière et la voie de la bourgeoisie progressiste.

La voie de la classe ouvrière … est la voie de la victoire totale … Quand la bourgeoise progressiste dirige le front anti-impérialiste, la lutte pour les réformes sociales et la lutte anti-impérialiste ne peuvent aboutir complètement ». (La lutte du peuple chilien…, p. 7, 9).

L’UC tente de cette manière d’escamoter qu’il y a deux sortes de front de nature complètement opposée dans la lutte anti-impérialiste.

Un front basé sur la lutte révolutionnaire des ouvriers et paysans a un tout autre caractère de classe qu’un front bâti sur le réformisme bourgeois. Concilier les deux, mettre l’accent sur l’unité du front anti-impérialiste », signifie pratiquer la collaboration de classe.

« Le prolétariat soutient à juste titre l’Unité Populaire, mais il ne put donner impulsion à une politique anti-impérialiste conséquente. Il n’eut pas la force de prendre la direction du front » (La lutte du peuple chilien…, p. 9).

Le prolétariat ne pouvait en aucune façon prendre la direction du front réformiste au Chili : un front à direction prolétarienne devra être construit sur une base totalement différente.

Il ne peut être question d’un front avec la bourgeoisie nationale, si la base d’un front révolutionnaire n’est pas posée dans la lutte, une base qui consiste en une solide alliance entre les ouvriers et les paysans.

Quand le Parti n’est pas encore bâti solidement, il est suicidaire de travailler à un front avec la bourgeoisie nationale.

« A notre époque, un mouvement de libération nationale ne peut prendre un caractère véritablement révolutionnaire que si les ouvriers et les paysans en constituent les forces essentielles, ce mouvement déployant avec toute la force du bloc d’alliance des ouvriers et des paysans et sous la direction de la classe ouvrière. Si la révolution doit être l’œuvre des masses, dans un pays comme le nôtre un mouvement véritablement révolutionnaire doit constituer ses forces principalement avec deux éléments : les ouvriers et les paysans.

Ce n’est qu’après avoir réalisé l’alliance ouvrière-paysanne, ce n’est qu’en s’appuyant solidement sur ces forces fondamentales que le Parti de la classe ouvrière a la possibilité d’élargir les rangs révolutionnaires jusqu’aux autres classes et couches sociales de tendance nationale et démocratique. Il ne peut y avoir de Front national unifié sans alliance ouvrière,-paysanne. Sans la base solide de l’alliance ouvrière-paysanne, il ne peut y avoir de front national démocratique véritable, ni élargissement du front » (La révolution vietnamienne, Le Duan, p. 30, 34).

« Gagner les forces intermédiaires, cela signifie gagner la moyenne bourgeoisie… Par moyenne bourgeoisie, on entend la bourgeoisie nationale … La conquête des forces intermédiaires est pour nous une tâche des plus importantes dans la période du front uni antijaponais, mais qui ne peut être remplie qu’à certaines conditions, à savoir : a) la présence chez nous de forces suffisantes… » (Mao Tsetoung, t. 2, p. 45).

« La présence chez nous de forces suffisante » signifie avoir un Parti solide, une réelle alliance entre ouvriers et paysans sous la direction du Parti et disposer de forces populaires armées. Ceci est une condition pour envisager le ralliement de la bourgeoisie nationale à une politique révolutionnaire.

Au lieu de mettre l’accent sur « l’unité du front anti-impérialiste », Mao nous enseigne qu’il existe des fronts anti-impérialistes où le prolétariat est tiré en arrière « jusqu’au niveau d’une dictature des grands propriétaires et de la bourgeoisie ». Le prolétariat doit se battre de toutes ses forces pour ne pas se laisser opprimer par un tel front qui l’affaiblit, puis le brise.

« Est-ce le prolétariat qui dirigea la bourgeoisie au sein du front uni, ou la bourgeoisie le prolétariat ? Est-ce le Kuomintang qui entraînera avec lui le Parti communiste, ou le Parti communiste le Kuomintang ? Si l’on considère la tâche politique concrète qui se pose actuellement, cette question revient à ceci : faut-il élever le Kuomintang au niveau du programme en dix points pour la résistance générale, comme préconisé par le Parti communiste, ou faut-il abaisser le Parti communiste au niveau de la dictature des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie exercée par le Kuomintang, au niveau de la résistance partielle ? …

En 1927, le capitulationnisme de Tchen Tou-sieou a conduit la révolution à la défaite. Aucun membre de notre Parti ne doit oublier cette leçon historique payée de notre sang…

Nous avons parlé plus haut de l’esprit de capitulation de classe. Sous son effet, le prolétariat finirait par pactiser avec le réformisme bourgeois et l’inconséquence de la bourgeoisie. Si nous ne surmontons pas cette tendance, il nous sera impossible de mener avec succès la guerre révolutionnaire nationale contre le Japon. » (Mao Tsetoung, t. 2, p. 62, 61, 66).

« Nous ne devons pas tolérer que renaisse le suivisme de Tchen Tou-Sieou, reflet du réformisme bourgeois dans les rangs du prolétariat. Altérer la position de classe du Parti, estomper son visage, sacrifier les intérêts des ouvriers et des paysans pour répondre aux besoins du réformisme bourgeois, c’est conduire inévitablement le Parti à la défaite » (Mao Tsetoung, t. 1, p. 308).

Après le coup d’Etat en Indonésie, le Parti communiste Indonésien a fait une analyse serrée du « front anti-impérialiste » formé par Soukarno et Aïdit.

Elle indique que la signification de ce front était « radicalement » faussée, qu’il n’était en rien révolutionnaire », et qu’il était bâti sur la collaboration de classe.

« Ce n’était pas le programme du PKI qui était accepté par la bourgeoisie, mais, au contraire, celui de la bourgeoisie nationale qui était accepté par le PKI, et pour être substitué au programme de celui-ci.

Cette prétendue « ligne générale de la révolution indonésienne » n’avait rien de révolutionnaire.

Car des trois préconditions de la révolution – un puissant Parti marxiste-léniniste, la lutte armée populaire sous la direction du Parti et le front uni national – seul le front uni était retenu.

De surcroît, ce n’était pas un front uni révolutionnaire parce qu’il n’avait pas pour base l’alliance des ouvriers et des paysans dirigée par la classe ouvrière.

Cela changeait radicalement la signification du front uni national révolutionnaire, le transformant en une alliance de la classe ouvrière avec toutes les autres classes du pays, y compris les classes réactionnaires, ou en collaboration de classe ». (Autocritique du PKI, p. 41, 42).

« Le front uni, c’est un front pour mener la lutte armée » ((Mao Tsetoung, t.2, p. 315).

C’est seulement en démasquant radicalement le « front uni » réformiste qu’on peut bâtir un front uni national révolutionnaire anti-impérialiste totalement différent. La ligne est déterminante en tout.

Le front uni par Allende servait à faire passer la ligne bourgeoise réformiste au sein de la lutte anti-impérialiste. Il n’y a pas de compromis possible sur la ligne. Les marxistes-léninistes doivent combattre sans relâche la ligne imposée au peuple par la bourgeoisie nationale.

Toute autre est la tâche d’un front révolutionnaire s’appuyant sur les ouvriers et les paysans et qui cherche à gagner la bourgeoisie nationale au camp de la révolution. La base est alors une ligne marxiste-léniniste de renforcement de la puissance des ouvriers et paysans, de lutte armée et de démocratie populaire. Dans cette lutte, on considère la bourgeoisie nationale comme une force susceptible de renforcer autant que possible le mouvement de masse.

L’unité a pour but de développer le mouvement de masse et la lutte a pour but d’empêcher la bourgeoisie nationale d’introduire sa ligne dans le front.

La lutte de classe en Belgique

Pendant trois ans, les révisionnistes et les dirigeants syndicaux ont bombardé les ouvriers avec leur propagande bourgeoise : la révolution armée n’est pas nécessaire pour conquérir la libération nationale et prendre le chemin du socialisme.

Tous les ouvriers voient que la voie du réformisme bourgeois débouche sur l’oppression nationale et la défaite des révolutionnaires. Les communistes doivent immédiatement mettre au clair cette vérité-là devant tous les ouvriers alors que ceux-ci ont les preuves sous les yeux : dès le moment où la lutte de libération se trouve dans les mains des légalistes et réformistes bourgeois, le peuple se trouve désarmé et bâillonné, et les paysans sont immanquablement conduits à la défaite et à l’oppression fasciste.

Ceci est une leçon essentielle de la lutte de classe internationale, déjà payée des dizaines de fois avec le sang des ouvriers. Les communistes sont les seuls à défendre les vrais intérêts du peuple, à être capables et prêts à convaincre les ouvriers belges de cette leçon-ci.

La ligne de l’UCMLB est une ligne droite de capitulation devant les directions syndicales et les révisionnistes, car elle escamote le point central sur lequel les dirigeants syndicaux et les révisionnistes ne cèderont jamais.

« Le peuple chilien a engagé une lutte héroïque pour sa liberté … Toutes les forces anti-impérialistes doivent s’unir dans un soutien commun à cette lutte … Allende ne faillit pas à sa tâche. Il est mort à son poste en martyr ». (UC(ML)B)

Ceci est une ligne qui atténue la démarcation entre révisionnisme et marxisme-léninisme, entre réformisme et marxisme-léninisme.

Les dirigeants syndicaux et les révisionnistes ont mortellement peur du soutien des ouvriers belges à la lutte anti-impérialiste révolutionnaire au Chili.

« Le peuple du Chili rejette la ligne réformiste bourgeoise dans la lutte contre l’impérialisme. Cette ligne a désarmé les ouvriers et les paysans, a protégé les fascistes, a maintenu l’appareil d’Etat et les exploiteurs.

Cette ligne a entraîné une défaite sanglante de la lutte anti-impérialiste. Le peuple du Chili tire de ces faits une leçon payée du sang de milliers d’ouvriers. Il faut suivre une ligne radicalement différente, la ligne de l’alliance combative entre ouvriers et paysans, la ligne de la lutte armée et de construction d’un nouvel Etat de démocratie populaire ».

Pour les marxistes-léninistes, la lutte contre l’impérialisme est indissolublement liée à la lutte contre l’opportunisme. L’UCMLB nie cette position dans les faits.

Des cadres de l’UC ont expliqué à des militants d’AMADA avec sérieux qu’il faut mettre l’accent sur le fait que, « dans le tiers-monde, les réformistes appartiennent aussi au camp de la révolution ».

Introduire cette « vérité » dans la classe ouvrière serait notre « devoir internationaliste » !

Et ceux qui, au contraire, développent auprès des ouvriers l’idée que le réformisme bourgeois conduit au désarmement et à la défaite des ouvriers et paysans, répandraient des « idées sectaires » !

« Ce qu’ils (AMADA) appellent « éducation » du prolétariat et des militants, n’est, dans ces circonstances, que la mise en avant de leurs propres idées sectaires. Pour eux, la classe ouvrière ne doit pas être éduquée sur ses devoirs internationalistes… »

UC(ML)B : Pour un soutien véritable marxiste-léniniste à la révolution nationale du Chili (mars 1974)

I. LA TACTIQUE DES COMMUNISTES CHINOIS DANS LA GUERRE CONTRE LE JAPON

Introduction

Aux environs de 1900, le capitalisme se transforme en son stade pourrissant, l’impérialisme. Ayant conquis tous les marchés mondiaux, le capital de la libre concurrence devient le capital monopoleur. Le capitalisme ne change pas de nature. Loin de là. Il devient encore plus intolérable, n’hésite pas à provoquer des guerres mondiales, véritables boucheries de peuples, pour opérer de nouveaux partages du monde.

Si l’impérialisme impose aux peuples colonisés l’exploitation féroce, le pillage systématique, l’oppression la plus cruelle, il les met en rapport avec la société moderne et leur donne ainsi des armes pour se libérer.

La Révolution d’Octobre 1917 fut un véritable coup de tonnerre pour les peuples du monde parce qu’elle leur indique la voie de la libération complète de l’exploitation. Depuis ce moment, les luttes nationales des peuples colonisés connaissent un essor formidable et donnent des coups terribles à l’impérialisme. En affaiblissant l’ennemi des peuples du monde, ces luttes prennent place dans la révolution mondiale prolétarienne.

Le prolétariat a donc le devoir de soutenir totalement ces luttes révolutionnaires.

« Nous savons qu’après 1905, des révolutions ont éclaté en Turquie, en Perse et en Chine, qu’un mouvement révolutionnaire s’est développé dans l’Inde. La guerre impérialiste a aussi contribué à la montée du mouvement révolutionnaire, car il a fallu faire participer des régiments coloniaux tout entiers à la lutte des impérialistes d’Europe. La guerre impérialiste a aussi tiré de sa torpeur l’Orient, dont elle a entraîné les peuples dans la politique internationale. L’Angleterre et la France ont armé les peuples coloniaux, les ont aidés à se familiariser avec le matériel de guerre et les machines perfectionnées. Ils se serviront de ces connaissances contre messieurs les impérialistes. A la phase où l’Orient s’éveille succède, dans la révolution actuelle, la phase où tous les peuples d’Orient contribuent à régler les destinées du monde, afin de n’être plus qu’une source d’enrichissement.
Les peuples d’Orient s’éveillent pour l’action pratique, pour que chaque peuple décide du sort de l’humanité ». (Lénine, Rapport présenté au IIème Congrès de Russie des organisations communistes des peuples d’Orient, 22 novembre 1919, t. 30, p. 158).

Lénine a situé exactement la place de ces révolutions dans le cadre de la révolution mondiale :

« la guerre civile des travailleurs contre les impérialistes et les exploiteurs commence à se fondre avec la guerre nationale contre l’impérialisme international » (Ibidem, p. 158).

Staline indique l’apport de Lénine en résumant simplement :

« Ce qu’il y a de nouveau chez Lénine dans ce domaine, c’est que :

a) il a réuni des idées en un tout, en un système harmonieux de conceptions sur les révolutions nationales et coloniales à l’époque de l’impérialisme ;

b) il a rattaché la question nationale et coloniale au problème du renversement de l’impérialisme ;

c) il a proclamé la question nationale et coloniale partie intégrante du problème général de la révolution prolétarienne internationale » (Staline, Entretien avec la première délégation des ouvriers américains).

Adoptant une juste position, Staline trace une ligne de démarcation radicale entre les représentants de la bourgeoisie nationale des pays opprimés et les représentants de la bourgeoisie impérialiste, entre les anti-impérialistes et les impérialistes :

« Dans les conditions de l’oppression impérialiste, le caractère révolutionnaire du mouvement national n’implique pas nécessairement l’existence d’éléments prolétariens dans le mouvement, l’existence d’une base démocratique du mouvement. La lutte de l’émir afghan pour l’indépendance de l’Afghanistan est objectivement une lutte révolutionnaire, malgré le tour monarchiste des conceptions de l’émir et de ses partisans ; car elle affaiblit, désagrège et sape l’impérialisme. Cependant que la lutte des démocrates et « socialistes » « à tous crins », des « révolutionnaires » et des républicains tels que, par exemple, Kérenski et Tsérétéli, Renaudel et Scheidemann, Tchernov et Dan, Henderson et Clynes pendant la guerre impérialiste, était une lutte réactionnaire, car elle avait pour résultat de maquiller, de consolider, de faire triompher l’impérialisme ». (Staline, Des principes du léninisme, p. 76-7).

Il n’y a aucune comparaison possible entre la bourgeoisie nationale des pays opprimés qui peut mener une lutte révolutionnaire contre l’impérialisme, et la bourgeoisie impérialiste des pays oppresseurs, qui est la cible de la révolution. Les représentants politiques de la bourgeoisie impérialiste, les réformistes des pays capitalistes en tête, sont des traîtres avérés de la révolution. En revanche les représentants politiques de la bourgeoisie nationale, quels que soient leur parti politique, font partie du camp de la révolution. C’est la tâche du prolétariat des pays capitalistes envers les luttes anti-impérialistes de les soutenir entièrement :
« Sans une telle lutte (contre le chauvinisme des nations dominantes), on ne saurait concevoir l’éducation de la classe ouvrière des nations dominantes dans l’esprit du véritable internationalisme, dans l’esprit d’un rapprochement avec les masses laborieuses des pays dépendants et des colonies, dans l’esprit d’une véritable préparation de la révolution prolétarienne » (Ibidem, p. 80).

1. La position du Parti communiste chinois dans la révolution démocratique

En Chine, la révolution nationale et démocratique fut commencée par la bourgeoisie. Son parti, le Kuomintang, et son grand dirigeant, Sun Yat-sen, luttaient pour instaurer la République. A son programme se trouvaient les « Trois principes du peuple » que trois mots d’ordre synthétisent : 1) nationalisme ; 2) démocratie ; 3) bien-être.

Lorsque le Kuomintang fut pris en main par Tchang Kaï-chek, il trahit complètement les objectifs de la révolution nationale et démocratique, et se retourna contre le Parti communiste chinois. Il appartint dès lors à ce dernier de reprendre les traditions révolutionnaires de Sun Yat-sen et de diriger jusqu’au bout la révolution nationale et démocratique.

a) Le Parti communiste chinois considéra que la révolution nationale et démocratique de la Chine faisait partie de la révolution prolétarienne mondiale :

« … un changement se produisit dans la révolution démocratique bourgeoise en Chine après qu’eut éclaté en 1914 la première guerre mondiale impérialiste et que la Révolution d’Octobre en Russie eut fondé en 1917 un Etat socialiste sur un sixième du globe.

Avant ces événements, la révolution démocratique bourgeoise chinoise relevait de l’ancienne catégorie, celle de la révolution démocratique bourgeoise mondiale, dont elle constituait une partie.

Depuis ces événements, elle est entrée dans une nouvelle catégorie de révolution démocratique bourgeoise, et, par rapport à l’ensemble du front de la révolution, elle fait partie de la révolution socialiste prolétarienne mondiale ». (Mao Tsétoung, La démocratie nouvelle, t. 2, p. 367).

b) Le Parti communiste chinois reprit d’ailleurs l’essentiel du programme bourgeois de Sun Yat-sen :

« La révolution de démocratie nouvelle est, pour l’essentiel, conforme à la révolution selon les trois principes du peuple, préconisée par Sun Yat-sen en 1924 (…). Ces trois principes du peuple impliquent les trois thèses politiques fondamentales de Sun Yat-sen : alliance avec la Russie, alliance avec le Parti communiste et soutien aux paysans et aux ouvriers ». (Mao Tsétoung, La révolution chinoise et le Parti communiste chinois, t. 2, p. 349-350).

2. La tactique du Parti communiste chinois dans la révolution démocratique

a) La Chine étant un pays semi-colonial et semi-féodal, le Parti communiste chinois définit la révolution en deux étapes :

« Du fait que la société chinoise actuelle est de caractère colonial, semi-colonial et semi-féodal, il est évident que la révolution doit s’accomplir en deux phases : la première consiste à transformer cette société indépendante et démocratique ; la seconde, à développer plus avant la révolution et à édifier une société socialiste. La révolution chinoise en est à sa première phase ». (Mao Tsétoung, La démocratie nouvelle, t. 2, p. 366-367).

b) Dès 1926, Mao Tsétoung analysa les classes en Chine et approfondit sans cesse sa connaissance de la réalité pour guider la révolution chinoise en soudant les alliances de classe sous la direction de la classe ouvrière.

« 1. La classe des propriétaires fonciers.

… les propriétaires fonciers, en tant que classe, sont (…) la cible et non une des forces motrices de la révolution (…).

2. La bourgeoisie.

Dans la bourgeoisie, on distingue la grande bourgeoisie compradore et la bourgeoisie nationale.

La grande bourgeoisie compradore est une classe directement au service des capitalistes des pays impérialistes et entretenue par eux ; elle a des attaches innombrables avec les forces féodales de la campagne. C’est pourquoi elle est une cible de la révolution et n’a jamais été dans l’histoire de la révolution chinoise une force motrice.

La bourgeoisie nationale est une classe à double caractère.

D’une part, elle subit l’oppression de l’impérialisme et est entravée par le féodalisme ; aussi se trouve-t-elle en contradiction avec eux. A cet égard, elle est une des forces de la révolution. Au cours de la révolution chinoise, elle a déployé une certaine activité dans la lutte contre l’impérialisme et les gouvernements des bureaucrates et des seigneurs de guerre. D’autre part, en raison de sa faiblesse économique et politique et du fait qu’elle n’a pas rompu complètement ses liens économiques avec l’impérialisme et le féodalisme, elle n’a pas le courage de les combattre jusqu’au bout. Cela devient particulièrement évident dans les périodes d’essor des forces révolutionnaires populaires.

De ce double caractère de la bourgeoisie nationale, il découle que, à certains moments et dans une certaine mesure, elle peut participer à la révolution contre l’impérialisme et les gouvernements des bureaucrates et des seigneurs de guerre et devenir une force révolutionnaire mais, qu’à d’autres moments, on risque de la voir emboîter le pas à la grande bourgeoisie compradore et agir en auxiliaire de la contre-révolution. (…)

3. Les diverses fractions de la petite bourgeoisie autres que la paysannerie.

La petite bourgeoisie comprend, outre la paysannerie, la masse des intellectuels, des petits commerçants, des artisans et des membres des professions libérales.

La situation de toutes ces fractions ressemble plus ou moins à celle des paysans moyens. Elles subissent l’oppression de l’impérialisme, du féodalisme et de la grande bourgeoisie et s’acheminent de plus en plus vers la ruine et la déchéance.
Elles constituent donc une des forces motrices de la révolution, une alliée sûre du prolétariat ; elles ne pourront se libérer que sous la direction du prolétariat.
(…)

4. La paysannerie

Premièrement, les paysans riches. Ils constituent environ 5 % de la population rurale (avec les propriétaires fonciers, ce pourcentage s’élèverait à environ 10 %) ; on leur donne le nom de bourgeoisie rurale (…). D’une façon générale ils peuvent apporter une certaine contribution à la lutte anti-impérialiste des masses paysannes et rester neutres dans la révolution agraire dirigée contre les propriétaires fonciers. (…)

Deuxièmement, les paysans moyens. Ils représentent environ 20 % de la population rurale du pays. Economiquement, ils se suffisent à eux-mêmes (…), en général, ils n’exploitent pas les autres, mais sont exploités par l’impérialisme, la classe des propriétaires fonciers et la bourgeoisie. Ils ne jouissent d’aucun droit politique. Une partie d’entre eux manquent de terre, et certains seulement (les paysans moyens aisés) possèdent un peu de terre en excédent. Les paysans moyens sont non seulement capables de participer à la révolution anti-impérialiste et à la révolution agraire, mais aussi d’accepter le socialisme. (…)

Troisièmement, les paysans pauvres. Ils constituent avec les salariés agricoles, environ 70 % de la population rurale. Ils forment cette énorme masse paysanne sans terre ou qui n’en possède pas suffisamment. C’est le semi-prolétariat rural qui, par son effectif, est la force motrice la plus importante de la révolution chinoise ; il est l’allié naturel et le plus sûr du prolétariat, l’armée principale de la révolution chinoise. (…)

5. Le prolétariat. (…)

… bien qu’il ait quelques faiblesses inévitables, comme le fait d’être peu nombreux (par rapport à la paysannerie), d’être jeune (par rapport au prolétariat des pays capitalistes) et d’avoir un niveau culturel bas (par rapport à celui de la bourgeoisie), il est devenu la force motrice essentielle de la révolution chinoise. Sans la direction du prolétariat, la révolution chinoise ne peut assurément pas triompher. (…)

6. Le lumpenprolétariat (…)

Cette couche sociale est instable ; alors qu’une partie est susceptible de se laisser acheter par la réaction, l’autre peut participer à la révolution (…). (Mao Tsétoung, La révolution chinoise et le Parti communiste chinois, t. 2, p. 340-347).

c) Il n’existe donc que deux camps : le camp impérialiste et le camp anti-impérialiste.

« Dans la situation internationale d’aujourd’hui, tout « héros », dans les colonies et semi-colonies, doit se mettre soit du côté du front impérialiste, et alors il fera partie des forces de la contre-révolution mondiale, soit du côté du front anti-impérialiste, et alors il fera partie des forces de la révolution mondiale. Il doit choisir l’une de ces deux voies, il n’y en a pas de troisième » (Mao Tsétoung, La démocratie nouvelle, t. 2, p. 381).

Le front anti-impérialiste comprenait : le prolétariat, la paysannerie, la petite bourgeoisie et la bourgeoisie nationale.

Pour qu’il soit dirigé de façon conséquente, le prolétariat doit en prendre la tête et s’allier solidement avec la paysannerie.

Le front impérialiste comprenait l’impérialisme, la bourgeoisie compradore et les propriétaires fonciers.

d) Arrêtons-nous un instant à l’attitude des communistes envers la bourgeoisie nationale. Elle a un rôle essentiel dans le front uni, et détermine d’ailleurs les deux voies à l’intérieur du front.

Mao Tsétoung a combattu fermement les opportunistes de « gauche » qui rejettent la bourgeoisie nationale du front uni, et les opportunistes de droite qui s’inclinent devant elle.

« … sur la question du front uni avec la bourgeoisie (surtout avec la grande bourgeoisie), le parti du prolétariat doit engager une lutte résolue, rigoureuse, sur deux fronts. D’une part, il combattra l’erreur de ceux qui méconnaissent la possibilité de voir la bourgeoisie, au cours de certaines périodes et dans une certaine mesure, participer à la lutte révolutionnaire, erreur gauchiste de la « porte close », qui confond la bourgeoisie chinoise avec celle des pays capitalistes et néglige de ce fait la politique d’un front uni avec la bourgeoisie, front à maintenir aussi longtemps que possible. D’autre part, il dit lutter contre l’erreur de confondre le programme, la politique, l’idéologie, la pratique, etc. du prolétariat avec ceux de la bourgeoisie et de négliger les différences de principe qui les séparent (…). C’est (…) oublier que la bourgeoisie (surtout la grande bourgeoisie) trahit la révolution dès que celle-ci va à l’encontre de ses intérêts égoïstes ou de ceux de son parti. Négliger cet aspect de la question, c’est tomber dans l’opportunisme de droite » (Mao Tsétoung, Pour la parution de la revue ’Le Communiste’, t. 2, p. 310).

La Parti du prolétariat doit en tout cas conserver son indépendance pour diriger la révolution de façon conséquente et pour pouvoir passer ensuite à l’étape de la révolution socialiste.

Dans la lutte pour unir tout ce qui peut être uni contre l’ennemi principal, Mao Tsétoung n’hésite pas à utiliser les contradictions au sein même de la bourgeoisie compradore :

« … La grande bourgeoisie chinoise, de caractère compradore, est une classe directement au service de l’impérialisme qui l’entretient. Aussi a-t-elle toujours été une des cibles de la révolution. Toutefois, ses divers groupes sont soutenus par différentes puissances impérialistes ; par conséquent, lorsque les contradictions s’aggravent entre ces dernières et que la révolution est principalement dirigée contre l’une d’entre elles, il se peut que les groupes dépendant des autres puissances participent jusqu’à un certain point et pendant un certain temps à la lutte contre cette puissance. Alors, pour affaiblir l’ennemi et accroître ses propres forces de réserve, le prolétariat chinois peut établir un front uni avec ces groupes, et il le maintiendra dans la mesure du possible, à condition qu’il soit utile à la révolution. » (Mao Tsétoung, Pour la parution de la revue ’Le Communiste’, t. 2, p. 309).

II. LA LIGNE DU MOUVEMENT COMMUNISTE (MARXISTE-LENINISTE) INTERNATIONAL CONCERNANT LA LUTTE ANTI-IMPERIALISTE

Le Parti communiste chinois a systématisé le point de vue des communistes sur la question.

A. SUR LE CARACTÈRE DE LA RÉVOLUTION NATIONALE ET DÉMOCRATIQUE

« Le mouvement révolutionnaire national et démocratique de ces régions (Asie, Afrique et Amérique latine) et le mouvement révolutionnaire socialiste dans le monde sont les deux grands courants historiques de notre époque.

Les révolutions nationales et démocratiques de ces régions constituent une partie intégrante importante de la révolution mondiale prolétarienne de notre époque.
La lutte révolutionnaire anti-impérialiste des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine frappe et mine sérieusement les bases de la domination de l’impérialisme, du colonialisme et du néo-colonialisme, elle est une force puissante dans la défense de la paix mondiale de notre temps.

C’est pourquoi, dans un certain sens, l’ensemble de la cause révolutionnaire du prolétariat international dépend en définitive de l’issue de la lutte révolutionnaire menée par les peuples de ces régions, qui constituent l’écrasante majorité de la population mondiale.

C’est pourquoi la lutte révolutionnaire des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine contre l’impérialisme n’est pas du tout une question à caractère régional, mais une question qui concerne l’ensemble de la cause de la révolution mondiale du prolétariat » (Parti communiste chinois, Proposition concernant la ligne générale du mouvement communiste international, p. 13-14, point 8).

B. SUR LE RÔLE DE LA BOURGEOISIE NATIONALE.

D’un côté, sa participation (de la bourgeoisie) possible à la révolution, de l’autre, sa disposition au compromis avec les ennemis de la révolution, voilà ce qui témoigne de son double caractère : elle « joue deux rôles à elle seule ». De même la bourgeoisie d’Europe et d’Amérique a eu, dans le passé, ce double caractère ; quand elle se heurtait à un ennemi puissant, elle s’alliait avec les ouvriers et les paysans pour le combattre, mais quand la conscience politique s’éveillait chez ces derniers, elle s’alliait avec l’ennemi pour lutter contre eux. C’est une loi générale qui s’applique à la bourgeoisie de tous les pays du monde ; mais ce trait est encore plus prononcé chez la bourgeoisie chinoise » (Mao Tsétoung, La démocratie nouvelle, t. 2, p. 374).

C. SUR LES TACHES DU PROLÉTARIAT DES PAYS OPPRIMES

« Le prolétariat et son parti doivent avoir confiance dans la force des masses populaires, ils doivent avant tout s’unir aux paysans pour établir une solide alliance entre la classe ouvrière et la paysannerie (…).

Sur la base de l’alliance des ouvriers et des paysans, le prolétariat et son parti doivent unir toutes les couches pouvant être unies et organiser un large front uni contre l’impérialisme et ses laquais. La consolidation et le développement de ce front uni exigent du parti prolétarien qu’il maintienne son indépendance dans les domaines idéologique, politique et d’organisation, et qu’il tienne fermement la direction de la révolution en main.

Le parti prolétarien et le peuple révolutionnaire doivent savoir mener la lutte sous toutes ses formes, y compris la lutte armée (…).

Dans certains pays nouvellement indépendants, la bourgeoisie nationale patriote demeure aux côtés du peuple dans la lutte contre l’impérialisme et le colonialisme et elle introduit certaines mesures favorables au progrès social. Le parti du prolétariat doit alors prendre pleinement en considération le rôle progressiste de la bourgeoisie nationale patriote et renforcer l’union avec elle.

Dans d’autres pays nouvellement indépendants, à mesure que s’aggravent les contradictions sociales à l’intérieur du pays et que s’intensifie la lutte de classe sur le plan international, la bourgeoisie, et surtout la grande bourgeoisie, s’appuie de plus en plus sur l’impérialisme et poursuit une politique antipopulaire, anticommuniste et contre-révolutionnaire. Là le parti du prolétariat doit combattre fermement cette politique réactionnaire.

Généralement, la bourgeoisie de ces pays a un double caractère. Lorsque le parti du prolétariat forme un front uni avec la bourgeoisie, il doit adopter une politique d’union et de lutte : politique d’union vis-à-vis de la tendance progressiste anti-impérialiste et antiféodale de la bourgeoisie, et politique de lutte vis-à-vis de sa tendance réactionnaire au compromis et à la collusion avec l’impérialisme et les forces féodales » (Parti communiste chinois, Propositions concernant la ligne générale du mouvement communiste international, p. 15-17, point 9).

D. SUR LES TÂCHES DU PROLETARIAT DES PAYS SOCIALISTES ET DES PAYS CAPITALISTES

« La classe ouvrière de chaque pays socialiste et de chaque pays capitaliste doit mettre réellement en application les mots d’ordre de combat de « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » et « Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous ! » ; elle doit étudier l’expérience révolutionnaire des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, soutenir fermement leur action révolutionnaire, et considérer la cause de leur libération comme le soutien le plus sûr pour elle-même, comme son intérêt direct. » (…)

Sans l’union, avec les nations opprimées, sans la libération de celles-ci, la classe ouvrière des pays capitalistes d’Europe et d’Amérique n’aura jamais sa libération. Lénine a fort bien dit : ‘Le mouvement révolutionnaire des pays avancés ne serait, en fait, qu’une simple duperie sans l’union complète la plus étroite dans la lutte des ouvriers d’Europe et en Amérique contre le capital et des centaines et des centaines de millions d’esclaves ‘coloniaux’ opprimés par ce capital.’ » (Lénine, le IIème Congrès de l’Internationale communiste, p. 31), (Parti communiste chinois, Propositions concernant la ligne générale du mouvement communiste international, p. 14-15, point 8).

III. AMADA NIE LES ENSEIGNEMENTS DU MARXISME-LENINISME A PROPOS DU CHILI ET A REFUSE SON SOUTIEN A LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE DE CE PAYS

1. Sous Allende, le Chili était un pays anti-impérialiste

En septembre 1970, Salvador Allende, dirigeant du Parti socialiste chilien et candidat de l’Unité populaire, remporta la victoire aux élections présidentielles, grâce au soutien des masses ouvrières et paysannes.

Quelle était la situation du pays avant ces élections ?

Le Chili était complètement sous la domination de l’impérialisme américain et de la bourgeoisie pro-impérialiste. Les mines de cuivre sont la plus importante richesse du pays. Elles lui apportent 80 % de ses devises. Le cuivre chilien représente près d’un tiers des réserves mondiales ; elles étaient d’une énorme importance pour les grands trusts américains qui contrôlaient 85 % de la production. Ces immenses richesses ne profitaient qu’aux trusts yankees. Pour chaque dollar investi au Chili le Capital étranger en retirait 3 et il réinvestissait alors un dollar à titre de « nouveau capital » !

Les vastes ressources agricoles du pays n’étaient pas exploitées, parce que les grands propriétaires fonciers préféraient élever du bétail sur des terres en friche plutôt que développer les cultures. Voilà pourquoi le Chili devait importer près de 10 milliards de francs par an de denrées agricoles, alors qu’il avait la capacité de nourrir trois fois sa population.

L’impérialisme exerçait sa domination sur le Chili avant tout grâce à l’appareil d’Etat pro-impérialiste et des partis au pouvoir (Démocratie chrétienne et Parti national).

Avant 1970, c’était la démocratie chrétienne d’Edouardo Frei qui se trouvait au gouvernement. Elle parlait beaucoup de « réformes », de « chilianisation », mais c’était une immense comédie. La récupération des mines de cuivre autour desquelles elle fit tant de bruit, s’est trouvée réduite aux rachats de quelques actions par l’Etat. Entretemps, le monopole américain Kenecott triplait ses bénéfices.

La misère du peuple s’aggravait : 5 % de possédants accaparaient un tiers du revenu national, 20 % de la nation ne recevaient que 4 %. A Santiago, la capitale, il y avait 232.000 chômeurs. Les libertés démocratiques étaient supprimées, les organisations révolutionnaires comme le MIR interdites, les luttes populaires sauvagement réprimées, les prisonniers politiques torturés.

La « réforme agraire » proclamée par Frei resta sur le papier, mais les bandes armées au service des grands propriétaires se multipliaient. Tel était le vrai visage de la « révolution dans la liberté » de Frei !

C’était la même chose pour la politique internationale : le Chili s’alignait fidèlement sur l’impérialisme américain. Il participait au blocus du Cuba, il refusait de reconnaître la Chine.

Contre la domination américaine et ses instruments de la bourgeoisie chilienne, les masses ouvrières et paysannes se dressaient avec toujours plus de vigueur.

C’est la lutte des masses qui a permis la victoire électorale d’Allende et la formation du gouvernement d’Unité populaire.

Quel était le programme de l’Unité populaire ?

- Indépendance en politique étrangère.

- Nationalisation des mines et de toutes les grandes entreprises américaines
ainsi que des grandes banques.

- Justice sociale.

- Réforme agraire.

Ce programme fut immédiatement appliqué, grâce au mouvement des masses : manifestations, occupations des usines et des grands domaines. La nouvelle orientation prise par le gouvernement Allende a porté des coups durs à l’impérialisme.

Le Chili a nationalisé les mines de cuivre et n’a pas indemnisé dans les faits les monopoles américains, car ceux-ci refusaient de restituer les bénéfices exorbitants et les dommages financiers et techniques causés par leur mauvaise gestion. Cela a permis à l’Etat chilien de récupérer 700 millions de dollars qu’avaient volés les Yankees. Les nationalisations ont permis à l’Etat de contrôler les secteurs vitaux de l’économie nationale et d’en réinvestir les bénéfices dans le pays.

La réforme agraire a contribué à libérer le peuple de l’oppression des grands propriétaires fonciers. Dès 1971, le gouvernement Allende avait exproprié, en quatre mois, 650.000 ha (alors que le gouvernement précédent de Frei n’avait exproprié que 3.500.000 ha en six ans).

Un fait très important est que les masses ouvrières et paysannes ont accéléré les processus de nationalisations et de réforme agraire, en occupant les usines et les terres et en exigeant l’extension des mesures du programme de l’Unité populaire ; souvent les travailleurs constituaient des milices d’auto-défense.

De nombreuses réformes sociales ont été accomplies. Tous les bas salaires furent augmentés de 40 % ; les prix ont été bloqués pour résister aux tentatives des réactionnaires qui voulaient augmenter leurs profits. Le nombre d’élèves dans les écoles a presque doublé.

En politique internationale, le Chili a établi des relations diplomatiques et commerciales avec Cuba et la République populaire de Chine, la Corée, le Nord-Vietnam et le gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud-Vietnam, malgré le chantage des impérialistes américains.

Enfin, le nouveau programme avait fait libérer les prisonniers politiques et avait dissous les forces spéciales de police.

Le gouvernement de l’Unité populaire a permis aux organisations révolutionnaires d’organiser et d’éduquer la classe ouvrière, et de la préparer à l’accomplissement de ses tâches révolutionnaires.

Ces mesures ont porté de durs coups à l’impérialisme américain ! Elles l’ont privé de milliards de dollars de bénéfices. Elles ont encouragé tous les peuples et tous les pays opprimés par l’impérialisme.

2. Les communistes (marxistes-léninistes) soutiennent-ils la révolution chilienne ou s’y opposent-ils ?

Dans son tract du 15 septembre, AMADA attaque violemment le gouvernement Allende et le traite en ennemi de la révolution nationale démocratique :

« Allende et les leaders du faux parti communiste sont entièrement responsables du massacre de centaines d’ouvriers et de travailleurs révolutionnaires, et de l’institution de la terreur fasciste contre les ouvriers du Chili. »

« Allende et le faux PC ont choisi la trahison du communisme et de la classe ouvrière »

.

Dans son texte de polémique contre l’UC(ML)B, AMADA donne le fondement « théorique » de cette position :

« Dès le moment où la lutte de libération se trouve dans les mains des légalistes et des réformistes bourgeois, le peuple se trouve désarmé et baillonné, et les fascistes sont en mesure de se développer ».

AMADA veut y trouver la raison de refuser son soutien au front de l’Unité populaire et même de le dénoncer et de le rejeter dans le camp de l’ennemi. Le front, dirigé par la bourgeoisie nationale, avait « trahi le communisme et la classe ouvrière ».

Cette analyse est-elle correcte ?

Non, absolument pas.

L’Unité populaire était dirigée par la bourgeoisie nationale. Mais est-ce là le critère qui décide du caractère de la lutte nationale dans le tiers-monde ?

Ainsi que nous l’avons déjà rappelé, le marxisme-léninisme enseigne que, dans la période historique actuelle de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne, toute lutte entreprise contre l’impérialisme, quelles que soient les classes qui la mènent, appartient à la révolution mondiale socialiste.

« Peu importe, chez les peuples opprimés, quelles classes, quels partis ou individus participent à la révolution, et peu importe qu’ils soient conscients ou non (de l’analyse marxiste), qu’ils (la) comprennent ou non, il suffit qu’ils s’opposent à l’impérialisme pour que leur révolution devienne une partie de la révolution mondiale socialiste prolétarienne et qu’ils en soient les alliés ». (Mao Tsétoung, La démocratie nouvelle, t. 2, p. 371).

Dès lors, même s’il est vrai que la bourgeoisie nationale et opposée au communisme, il est faux d’affirmer qu’elle trahit la lutte anti-impérialiste de la classe ouvrière, et il est contre-révolutionnaire de la traiter en ennemie. C’est là la doctrine constante du léninisme, qu’AMADA voudrait réviser.

Dans le journal consacré au Chili, AMADA a par la suite pris une position centriste en continuant d’une part à dénoncer Allende et l’Unité populaire et, d’autre part, en reconnaissant que ceux-ci avaient lutté contre l’impérialisme. Cette position est intenable ; en tant qu’organisation marxiste-léniniste, AMADA se devait de soutenir la lutte révolutionnaire du front anti-impérialiste en son entier.

Les « justifications » défaitistes qu’AMADA donne à sa position sont-elles confirmées par le marxisme-léninisme et la réalité ?

« Quand c’est la bourgeoisie nationale qui dirige le front anti-impérialiste, cela entraîne inévitablement le désarmement des ouvriers et des paysans, la protection des fascistes et, en fin de compte, la défaite des ouvriers et paysans révolutionnaires. »

« Dès le moment où la lutte de libération se trouve dans les mains des légalistes et réformistes bourgeois… les ouvriers et les paysans sont immanquablement conduits à la défaite et à l’oppression fasciste ».

La direction de la bourgeoisie nationale mènerait le peuple « inévitablement » au « fascisme » ?

Que dit la théorie marxiste-léniniste sur ce point ?

« Si le prolétariat se met à la remorque des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie dans la révolution, il lui sera impossible de remporter une victoire véritable et complète dans la révolution nationale et démocratique, et si même une certaine victoire est obtenue, il lui sera impossible de la consolider ». (Parti communiste chinois, Propositions concernant la ligne générale du mouvement communiste international, point 9).

La victoire du peuple algérien, sous la conduite du FLN, montre que, dans certaines circonstances, le front dirigé par la bourgeoisie nationale est capable de mener la lutte armée et de chasser le colonialisme du pays.

Si AMADA devait développer de façon « conséquente » sa ligne sectaire, il serait inévitablement amené à rejeter toute lutte anti-impérialiste que le prolétariat ne dirige pas encore.

Que pense AMADA de la lutte héroïque du patriote Lumumba, leader du MNC, parti de la bourgeoisie nationale congolaise en 1960 ?

Sur quelle base AMADA compte-t-il soutenir la lutte armée du peuple palestinien et des peuples des colonies portugaises d’Afrique ?

Quelle position AMADA, sera-t-il amené à prendre sur la lutte des pays arabes anti-impérialistes tels que l’Algérie, la Lybie, la Syrie, l’Iran, l’Egypte ?

3. Comment le parti du prolétariat doit-il se délimiter de la bourgeoisie nationale ?

a. La politique marxiste-léniniste

Dans les pays dominés, la contradiction principale est entre l’impérialisme et les classes révolutionnaires (ouvriers, paysans, bourgeoisie nationale…). Par conséquent, la tâche principale du parti du prolétariat est d’unir tout ce qui peut être uni contre l’ennemi commun, l’impérialisme.

« Le prolétariat et son parti doivent avoir confiance dans la force des masses populaires, ils doivent avant tout s’unir aux paysans pour établir une solide alliance entre la classe ouvrière et la paysannerie. (…)

Sur la base de l’alliance des ouvriers et des paysans, le prolétariat et son parti doivent unir toutes les couches pouvant être unies et organiser un large front uni contre l’impérialisme et ses laquais. La consolidation et le développement de ce front uni exigent du parti prolétarien qu’il maintienne son indépendance dans les domaines idéologique, politique et d’organisation, et qu’il tienne fermement la direction de la révolution en main » (Parti communiste chinois, Propositions concernant la ligne générale du mouvement communiste international, point 9).

Qu’en est-il de la bourgeoisie nationale ? Elle possède un double caractère :

« D’un côté, sa participation possible à la révolution, de l’autre, sa disposition au compromis avec les ennemis de la révolution, voilà ce qui témoigne de son double caractère : elle « joue deux rôles à elle seule ». » (Mao Tsétoung, La révolution chinoise et le parti communiste chinois, t. 2, p. 342).

C’est pourquoi le prolétariat mènera à l’égard de la bourgeoisie une politique d’union et de lutte :

« Lorsque le parti du prolétariat forme un front uni avec la bourgeoisie, il doit adopter une politique et d’union et de lutte : politique d’union vis-à-vis de la tendance progressiste anti-impérialiste et antiféodale de la bourgeoisie, et politique de lutte vis-à-vis de sa tendance réactionnaire au compromis et à la collusion avec l’impérialisme et les forces féodales ». (Parti communiste chinois, Propositions concernant la ligne générale du mouvement communiste international, point 9, p. 17)

b. Les positions d’AMADA

AMADA fait passer la ligne de démarcation principale entre la « bourgeoisie » d’une part, « le prolétariat et la paysannerie » d’autre part.

« Des cadres de l’UC(ML)B ont expliqué à AMADA avec sérieux qu’il faut mettre l’accent sur le fait que, « dans le tiers-monde, les réformistes appartiennent aussi au camp de la révolution ».

Dès lors, AMADA nous accuse de prôner la « collaboration de classes », c’est-à-dire, selon sa conception, une politique de trahison, parce que nous soutenons l’alliance du prolétariat, de la paysannerie et de la bourgeoisie nationale, même dans les cas où cette alliance est dirigée par la bourgeoisie nationale.

Devrions-nous mettre, comme AMADA, bourgeoisie nationale et bourgeoisie impérialiste ou pro-impérialiste dans le même sac ?

Voici la réponse du marxisme-léninisme : dans sa politique de front uni, le prolétariat doit se garder de confondre le programme, la politique, l’idéologie, la pratique, etc. du prolétariat avec ceux de la bourgeoisie ; d’autre part – et voici le passage qui s’adresse à nos gauchistes – :

« … (le parti) combattra l’erreur de ceux qui méconnaissent la possibilité de voir la bourgeoisie, au cours de certaines périodes et dans une certaine mesure, participer à la lutte révolutionnaire, erreur gauchiste de la « porte close », qui confond la bourgeoisie chinoise avec celle des pays capitalistes et de ce fait la politique d’un front uni avec la bourgeoisie, front à maintenir aussi longtemps que possible » (Mao Tsétoung, Pour la parution de la revue ’Le Communiste’, t. 2, p. 310).

AMADA se sert de la question posée par Mao Tsétoung : « Est-ce le prolétariat qui dirigera la bourgeoisie au sein du front uni, ou la bourgeoisie le prolétariat ? » pour opposer les deux termes de façon antagoniste, en oubliant un seul mot : « uni ». La lutte dont il s’agit a pour but de renforcer l’unité sous la conduite du prolétariat. Mais AMADA préfère dénoncer la bourgeoisie nationale comme ennemie de la révolution au risque de la jeter dans le camp de l’impérialisme.

Logique avec sa ligne, AMADA préconise la construction d’un front « totalement différent » de celui qui se forma au Chili.

« … Il y a deux sortes de front de nature complètement opposée dans la lutte anti-impérialiste. Un front basé sur la lutte révolutionnaire des ouvriers et des paysans a un tout autre caractère de classe qu’un front bâti sur le réformisme bourgeois. Concilier les deux, mettre l’accent sur « l’unité du front anti-impérialiste » signifie pratiquer la collaboration de classe. »

Contre le front dirigé par la bourgeoisie nationale, « le prolétariat doit se battre de toutes ses forces pour ne pas se laisser opprimer par un tel front qui l’affaiblit puis le brise ». « C’est seulement en démasquant radicalement le « front uni » réformiste qu’on peut bâtir un front uni révolutionnaire anti-impérialiste totalement différent ».

Cette position découle du sectarisme exacerbé d’AMADA envers la bourgeoisie nationale et est « radicalement » contraire aux principes marxistes-léninistes. La « politique d’union vis-à-vis de la tendance progressiste anti-impérialiste et antiféodale de la bourgeoisie » (Propositions concernant la ligne générale du mouvement communiste international) est complètement rejetée par AMADA.

A partir de la constatation faite par Mao Tsétoung selon laquelle sans « la présence chez nous de forces suffisantes », nous ne pourrions faire la conquête de forces intermédiaires, AMADA tire la conclusion que la faiblesse du prolétariat l’empêchera d’« envisager le ralliement de la bourgeoisie nationale à une politique révolutionnaire ». Il est vrai que la faiblesse du prolétariat rendra impossible de prendre dès le début la direction du front révolutionnaire et de donner impulsion à une lutte anti-impérialiste ferme et conséquente.

Mais est-ce là une raison pour refuser toute collaboration avec le front, comme le préconise AMADA aux communistes chiliens ?

Derrière ces phrases de « gauche » se cache le défaitisme, l’abandon du terrain devant les difficultés.

« Le prolétariat ne pouvait en aucune façon prendre la direction du front réformiste au Chili… », écrit AMADA.

Il est difficile de prendre la direction d’un front dirigé par la bourgeoisie nationale ; il est difficile de lutter lorsque les limites de la bourgeoisie nationale favorisent l’avènement du fascisme, ou lorsqu’une partie de la bourgeoisie trahit. Mieux vaut, pense AMADA, construire son front à soi [2], au risque de rejeter de grandes forces révolutionnaires dans les bras de l’impérialisme, au risque (certain) de hâter encore plus la victoire de l’impérialisme sur un front divisé, déchiré par les contradictions internes. La ligne sectaire, ligne de division de la révolution cache le défaitisme, la fuite devant les difficultés.

Le Parti selon AMADA sera « pur », n’en doutons pas : ce sera un parti de trotskistes, de contre-révolutionnaires.

AMADA a une politique de vision, de scission du front anti-impérialiste.
Attaquer violemment la bourgeoisie nationale patriote du Chili, appeler le prolétariat à « se battre de toutes ses forces » contre elle, c’est de la trahison si cette ligne est mise en application. C’est la meilleure façon d’épargner l’impérialisme, d’abandonner le front contre lui, de diviser les forces révolutionnaires et de les opposer entre elles.

Pourtant la réalité avait déjà répondu avant qu’AMADA ne prenne position : l’impérialisme et le fascisme ont assassiné Allende et ont imposé la terreur à tout le peuple, tous les patriotes.

Il est inadmissible, indécent même, de la part d’AMADA, d’attaquer les patriotes chiliens, au moment où les forces réactionnaires emprisonnent, torturent, massacrent les révolutionnaires de l’Union populaire et des autres organisations anti-impérialistes.

Ce que l’ennemi attaque, nous défendons ; ce que l’ennemi défend, nous condamnons.

Pour avoir oublié ce principe, aveuglé par la prétention et le sectarisme, AMADA fait objectivement le jeu de l’impérialisme en l’aidant dans ses assauts contre l’Union populaire.

Cédons la parole au grand écrivain révolutionnaire Lou Sin répondant aux trotskistes (voir lettre complète en annexe).

Les trotskistes à Lou Sin :

« … les communistes chinois qui suivent aveuglément les ordres des bureaucrates de Moscou viennent d’adopter une ‘politique nouvelle’. Ils ont opéré une volte-face, abandonné leur position de classe, lancé de nouvelles déclarations et envoyé des délégués négocier avec les bureaucrates, les politiciens et les seigneurs de la guerre, y compris ceux qui ont massacré les masses, afin de former un « ’front uni’ avec ceux-ci. (…) Le résultat inévitable est que les masses révolutionnaires seront livrées aux mains de ces bourreaux en vue de massacres ultérieurs. (…) Nous n’avons jamais cessé de réunir des cadres révolutionnaires pour étudier la théorie révolutionnaire, de tirer les leçons de la défaite pour éduquer les travailleurs révolutionnaires, afin de donner des fermes fondements à la prochaine phase de la révolution en cours de la période contre-révolutionnaire, qui sera difficile ».

Réponse de Lou Sin :

« Vous calomniez M. Staline et ses collègues en les taxant de bureaucrates, ainsi que M. Mao Tsé-toung et d’autres qui proposent ‘Que tous les partis s’unissent pour combattre le japon’ en les qualifiant de traîtres à la cause révolutionnaire. (…)

Votre ‘théorie’ est certainement plus sublime que celle de M. Mao Tsé-toung et d’autres : la vôtre plane haut dans le ciel, la leur est terre à terre. Mais tout admirable que soit cette sublimité, elle est malheureusement la chose même à laquelle les agresseurs japonais feront bon accueil. Partant, je crains que lorsqu’elle tombera du haut du ciel, elle n’atterrisse à l’endroit le plus répugnant du globe ».

Le gouvernement Allende a mené la lutte anti-impérialiste. Le Chili faisait alors partie du camp de la révolution mondiale socialiste.

Allende était un représentant de la bourgeoisie nationale patriote, un allié de la révolution mondiale socialiste. Pour la lutte anti-impérialiste qu’il a menée et qu’AMADA ne peut nier, il restera un homme politique éminent. Naturellement, les communistes doivent aussi montrer que la bourgeoisie nationale est une alliée inconséquente. Ils doivent critiquer toutes les théories et toutes les mesures légalistes, pacifistes, réformistes qui constituent un obstacle à la lutte anti-impérialiste et à la révolution socialiste.

Le sort de la révolution est, en définitive, toujours entre les mains du prolétariat et de son parti. Celui-ci doit conserver son autonomie, dénoncer les falsifications du marxisme-léninisme et prendre la direction de la révolution.

4. Quelles sont les causes véritables de la défaite du peuple chilien ?

A un moment, AMADA compare Allende et Tchen Tou-sieou, opportuniste infiltré dans le Parti communiste chinois au début de son existence.

Or, il existe une différence fondamentale entre Allende et Tchen Tou-sieou.

Allende était un réformiste bourgeois qui a entraîné toute une fraction de la bourgeoisie dans le camp anti-impérialiste et qui, dans les limites de sa classe, a accompli un oeuvre historique. Allende restera dans les mémoires aux côtés des Sun Yat-sen de Chine, Nasser d’Egypte, Lumumba du Zaïre et de bien d’autres anti-impérialistes.

Tchen Tou-sieou prônait dans le Parti le suivisme à l’égard des réformistes bourgeois, « reflet du réformisme bourgeois dans les rangs du prolétariat » (Mao Tsé-toung cité par AMADA). Tchen Tou-sieou minait le Parti de l’intérieur et voulait priver le prolétariat de son guide sûr pour le mener à la victoire dans les deux étapes de la révolution.

Mao Tsé-toung n’attribue pas les responsabilités des défaites à la bourgeoisie nationale dont nous savons, par avance, qu’elle est inconséquente, qu’elle a tendance capituler. Mao Tsé-toung critique ceux qui prétendent se placer sur les positions du prolétariat, ceux qui s’introduisent dans le Parti communiste et qui diffusent l’idéologie bourgeoisie : les opportunistes. C’est le sens de la position que nous avons déjà citée plus haut :

« ... sur la question du front uni avec la bourgeoisie (surtout avec la grande bourgeoisie), le parti du prolétariat doit engager une lutte résolue, rigoureuse, sur deux fronts. D’une part, il combatra l’erreur de ceux qui méconnaissent la possibilité de voir la bourgeoisie, au cours de certaines périodes et dans une certaine mesure, participer à la lutte révolutionnaire, erreur gauchiste de la ‘porte close’, qui confond la bourgeoisie chinoise avec celle des pays capitalistes et néglige de ce fait la politique d’un front uni avec la bourgeoisie, front à maintenir aussi longtemps que possible. D’autre part, il doit lutter contre l’erreur de confondre le programme, la politique, l’idéologie, la pratique, etc. du prolétariat avec ceux de la bourgeoisie et de négliger les différences de principe qui les séparent. … c’est … oublier que la bourgeoisie (surtout la grande bourgeoisie) trahit la révolution dès que celle-ci va à l’encontre de ses intérêts égoïstes ou de ceux de son parti. Négliger cet aspect de la question, c’est tomber dans l’opportunisme de droite » (Mao Tsétoung, Pour la parution de la revue ’Le Communiste’, t. 2, p. 310).

De même Lénine pendant la préparation de la première étape de la révolution russe. Il ne se faisait pas d’illusions sur la bourgeoisie libérale et il savait à quel point elle flancherait dans la lutte contre le tsarisme avant de devenir la cible principale. C’est pourquoi, le danger vient principalement des opportunistes qui se mettent à la remorque de la bourgeoisie et qui voudraient y entraîner la classe ouvrière.

« Nous arrivons … à cette conclusion indéniable : c’est précisément la tactique de la nouvelle Iskra qui, par sa signification objective, fait le jeu de la démocratie bourgeoise. Quand … on défigure les conditions de la ‘victoire décisive de la révolution sur le tsarisme’, on aboutit précisément à la politique du suivisme qui, à l’heure de la révolution, désoriente le prolétariat, le désorganise et sème la confusion dans son esprit, qui rabaisse la tactique de la social-démocratie, au lieu de montrer le seul chemin conduisant à la victoire et de rallier au mot d’ordre du prolétariat tous les éléments révolutionnaires et républicains du peuple » (Lénine, Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, t. 9, p ; 56).

Appliquons ces principes à la situation du Chili.

Il est certain que le Parti « communiste » chilien défendant la théorie révisionniste de la voie parlementaire porte la principale responsabilité de la faiblesse du prolétariat dans la révolution. Le prolétariat était trop faible pour diriger le front et le conduire à la victoire, parce que les révisionnistes ont trahi les idéaux socialistes et ont formé un Parti de la bourgeoisie nationale. Le prolétariat commença à suivre la voie révolutionnaire conséquente en prenant les armes contre le fascisme et l’impérialisme, mais il n’était pas encore capable d’organiser la lutte armée du peuple pour contrer la réaction.

Les partis « communiste » et « socialiste », représentants de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie nationale chiliennes, faisaient partie du front uni anti-impérialiste. A ce titre, ils étaient des alliés de la révolution.

Mais leur réformisme, leur rejet du marxisme-léninisme et des idéaux de la révolution prolétarienne les empêchent radicalement de mener la classe ouvrière et le peuple à une victoire complète et définitive. Dans la lutte anti-impérialiste, ils sont des alliés inconséquents.

C’est pourquoi, pour libérer le peuple chilien, le prolétariat du Chili sous la direction de son Parti communiste authentique devra se débarrasser des illusions révisionnistes et réformistes, prendre la direction du front uni et organiser la lutte armée.

Il ne fait aucun doute que l’avenir appartient au peuple chilien et que les impérialistes et les fascistes auront le châtiment qu’ils méritent !

5. Conclusion

A) AMADA n’accomplit pas ses devoirs internationalistes en refusant de soutenir la lutte anti-impérialiste du peuple chilien.

« La classe ouvrière de chaque pays socialiste et de chaque pays capitaliste doit mettre réellement en application les mots d’ordre de combat de « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! et « Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous » ! ; elle doit étudier l’expérience révolutionnaire des peuples d’Asie, d’Afrique et de d’Amérique latine, soutenir fermement leur action révolutionnaire, et considérer la cause de leur libération comme le soutien le plus sûr pour elle-même, comme son intérêt direct. (…)

Sans l’union avec les nations opprimées, sans la libération de celles-ci, la classe ouvrière des pays capitalistes d’Europe et d’Amérique n’aura jamais sa libération.
Lénine a fort bien dit : ‘Le mouvement révolutionnaire des pays avancés ne serait, en fait, qu’une simple duperie sans l’union complète et la plus étroite dans la lutte des ouvriers en Europe et en Amérique contre le capital et des centaines et des centaines de millions d’esclaves ‘coloniaux’ opprimés par ce capital’. » (Lénine, Le IIe Congrès de l’Internationale communiste). (Parti communiste chinois, Propositions concernant la ligne générale du mouvement communiste international, point 8, p. 14-15).

Le sectarisme d’AMADA, sa prétention à l’égard des marxistes-communistes-léninistes belges, se prolonge dans le refus de soutenir le front uni contre l’impérialisme au Chili. Nous espérons qu’AMADA reviendra sur ces erreurs graves.

B) AMADA qui affirme avoir réponse dès à présent à toutes les questions de tactique et de stratégie, montre que sa prétention théorique n’a aucun fondement.
En être encore à confondre la bourgeoise nationale des pays dominés par l’impérialisme avec la bourgeoisie des pays capitalistes, c’est en vérité ignorer l’ABC du marxisme-léninisme.

Cet exemple montre que, pour adopter une juste tactique dans la révolution, il est nécessaire de faire l’analyse des classes, d’acquérir une connaissance scientifique de son pays à la lumière de la théorie marxiste-léniniste.
La modestie et la rigueur scientifique sont des qualités indispensables pour atteindre ce but.
Nous espérons qu’AMADA abandonnera sa prétention et ses recettes pour reconnaître à la théorie marxiste-léniniste la place qui lui revient.

IV. LES TROTSKISTES ET LES REVISIONNISTES BELGES ATTAQUENT LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE AU CHILI

1. Les trotskistes de la « Ligue révolutionnaire des Travailleurs »

La ligne LRT est dans son essence une ligne réformiste. Cependant les trotskistes belges veulent posséder une façade révolutionnaire pour tromper les intellectuels révolutionnaires et certains ouvriers. Aussi prennent-ils des positions ultra-« gauche » dans les questions internationales.

Alors qu’en Belgique, ils pactisent avec les socialistes et les révisionnistes modernes, ils deviennent « ultra-révolutionnaires » dans leurs positions sur le Chili.

Lorsque survient la contre-révolution au Chili : « La Gauche » titre en grand « CHILI : FAILLITE DU REFORMISME ».

Prenant prétexte des inconséquences de l’Unité populaire, les trotskistes la dénoncent, en « oubliant » l’impérialisme. Les trotskistes taisent les réalisations du front et dirigent contre lui le fer de lance de son attaque :

« Quiconque se contente dans ces conditions de lutter pour le ‘progrès social’, les augmentations de salaire, l’essor de la production, voire la nationalisation de telle entreprise supplémentaire, tout en espérant, que le moment venu, les travailleurs riposteraient spontanément, ou pis encore, en affirmant sa confiance dans les ‘forces armées patriotiques respectueuses de la Constitution’, creuse sa propre tombe. C’est ce qu’ont fait les dirigeants du PC et du PS chiliens ». (La Gauche, 14/09/73).

Ceci ne les empêche pas, fidèles à leur « théorie » de la « révolution permanente » de faire croire que la bourgeoisie nationale aurait pu mener la lutte jusqu’au socialisme !

« Alors, qui sont les irresponsables et les aventuriers ? Ceux qui appelèrent les travailleurs à s’armer en vue du coup d’Etat parfaitement prévisible, ou ceux qui s’en remettaient à la protection d’une armée bourgeoise de métier structurellement ( ?) liée à la classe possédante ? Ceux qui appelaient à renverser l’appareil d’Etat bourgeois en y substituant le pouvoir populaire ou ceux qui s’accrochaient à l’ombre du pouvoir détenu dans une légalité paralysante ? Le peuple chilien et avec lui le mouvement mondial a payé durement aujourd’hui le crétinisme parlementaire de ses dirigeants ouvriers et l’œcuménisme franc-maçon ( !) d’Allende.

La leçon du Chili et celle du Brésil, de la Bolivie, du Soudan, de l’Indonésie et de quantité d’autres pays : on ne marche pas vers le socialisme en faisant l’économie d’une révolution (La Gauche, 21/09/73).

Les trotskistes sont opposés au front uni anti-impérialiste. Ils nient la nécessité de faire la révolution en deux étapes dans les pays soumis à l’impérialisme, et n’hésitent pas dès lors à briser tout front uni, à scissionner, à détourner la révolution dans la lutte contre l’impérialisme pour la diriger contre d’autres cibles.

En dénonçant la bourgeoisie nationale du Chili, les trotskistes appliquent leur ligne traîtresse aidant directement l’impérialisme.

Traitant les dirigeants de l’Union populaire de « dirigeants ouvriers », ils les dénoncent pour leur « crétinisme parlementaire ».

Mais la réalité était complètement différente. L’Union populaire, représentant la bourgeoisie nationale, a commencé la lutte anti-impérialiste. C’est de ce point de vue qu’il faut juger son action et son échec. L’Union populaire a commencé une grande tâche favorable à la révolution mondiale. Pour la mener à bien, il fallait que le prolétariat se débarrasse de ses illusions réformistes et prennent la tête du front en suivant une politique conséquente. La bourgeoisie nationale a donc accompli une œuvre positive, même si son influence dans le prolétariat a eu des résultats néfastes : elle faisait partie du front uni anti-impérialiste. Les trotskistes sont des saboteurs de la révolution et cachent leur activité sous une phraséologie révolutionnaire. Leur position ultra-« gauche » sur le Chili en est une nouvelle preuve.

2. Les révisionnistes de Clarté-L’exploité

C’est dans Clarté-L’Exploité que l’opposition contre-révolutionnaire au front anti-impérialiste s’est exprimée avec le plus de haine.

Immédiatement après le coup d’Etat fasciste, Clarté-L’Exploité taisant absolument tout l’aspect positif d’Allende et de l’Unité populaire, écrivait contre eux :

« … ces brillants stratèges de la nouvelle révolution n’ont eu d’autres soucis que de casser la lutte du peuple, que d’empêcher les paysans de s’emparer des terres des grands propriétaires, que d’expulser les ouvriers des usines qu’ils occupaient, que de briser la grève des mineurs du cuivre, que d’empêcher l’armement prolétarien, que d’offrir des postes de ministres aux généraux factieux. Bien mieux, les derniers jours, ils faisaient la chasse aux révolutionnaires qui, conscients de l’imminence du coup d’Etat, constituaient des réserves d’armes. »

La raison en aurait été que :

« … Allende et les révisionnistes chiliens, comme leurs pareils dans le monde, ne sont pas des révolutionnaires, ne veulent pas la dictature du prolétariat.
Objectivement, ils sont dans le camp de l’ennemi de classe, dans le camp de la contre-révolution » (Clarté-L’Exploité, n° 11-1973).

Le Parti du Travail d’Albanie ayant publié peu après une analyse marxiste-léniniste sur la question, diamétralement opposée aux insultes de Clarté-L’Exploité, celui-ci fit une « auto-critique » dans le genre hypocrite qui lui est habituel :

« Dans une première partie, l’article montre les mérites du gouvernement Allende, ce que pour notre part nous n’avons pas fait assez. Ceux-ci sont réels en ce qui concerne des réformes sociales et surtout une politique courageuse d’indépendance nationale et d’anti-impérialisme. Mais d’une façon inconséquente, etc. « (Clarté-L’Exploité, n° 16-1973).

Clarté-L’Exploité voudrait ainsi faire oublier sa position trotskiste au moyen de quelques paroles doucereuses !

3. Le P’C’B révisionniste

1) Les révisionnistes modernes du P’C’B se sont servis du Chili pour imposer leur camelote du « passage pacifique au socialisme ». Ils protègent l’impérialisme belge en répandant des illusions réformistes dans la classe ouvrière. Avec les réformistes du PSB, ils sont de fidèles piliers du capitalisme. Celui-ci se maintient en place parce que des renégats du socialisme camouflent la nécessité pour la classe ouvrière de faire la révolution socialiste armée. Ce sont des agents de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier, des cibles de la révolution prolétarienne.

S’ils ont soutenu l’Union populaire, c’est uniquement pour répandre les idées de collaboration de classe, de pacifisme bourgeois.

Les leçons qu’ils prétendent tirer du coup d’Etat servent toujours leurs intérêts contre-révolutionnaires :

a) « En démasquent devant l’opinion mondiale indignée les véritables ennemis de la liberté et de la démocratie, la dénonciation internationale des auteurs, des inspirateurs et des complices du coup d’Etat militaire au Chili contribuera aussi à prémunir les autres peuples contre le complot permanent dont le putsch du 11 septembre vient à nouveau de révéler la réalité »

b) « Sans doute, une bourgeoisie aux abois peut tenter de faire appel à l’armée même dans un pays capitaliste développé. Mais le tout est de savoir si on lui en laissera la possibilité. Or, lorsqu’ils envisagent la perspective d’une victoire électorale de la gauche pouvant ouvrir la voie à une transition pacifique vers le socialisme, les communistes ne la conçoivent jamais sans l’existence d’une large union de toutes les couches de la population qui sont victimes des monopoles capitalistes, de façon à isoler ces derniers et à les empêcher de recouvrir à la force ». (Drapeau Rouge, 21/09/73).

Bref, d’après les révisionnistes, « pour se prémunir des complots, il suffit de dénoncer les ennemis et de s’unir aux victimes des monopoles capitalistes ». Fort bien, mais devant la gendarmerie, l’armée et la police, et devant les tribunaux comment se produira la « transition pacifique vers le socialisme » ? Jamais la bourgeoisie impérialiste ne partira d’elle-même, il faudra la chasser par la force des armes. Telle est la leçon du Chili et telle est la leçon des révolutions triomphantes. Les illusions propagées par les révisionnistes portent la principale responsabilité de la faiblesse du peuple chilien et ont précipité sa défaite.

2) Les révisionnistes se servent également des positions gauchistes contre la révolution. Le faux P’C’B utilise son apparent soutien à Allende et le gauchisme de la LRT pour salir les positions révolutionnaires :

« Le Comité (de la Fédération bruxelloise) … condamne l’attitude indigne des représentants de la LRT qui … ont tenté de transformer une manifestation de solidarité avec l’Unité populaire chilienne en plate-forme de combat contre celle-ci, n’hésitant pas à insulter grossièrement la mémoire du président Allende ».

Et le faux P’C’B met ainsi dans le même sac les trotskistes et les marxistes-léninistes. C’est un excellent exemple pour comprendre comment la droite et l’ultra-« gauche » se soutiennent mutuellement pour camoufler la juste ligne.

Il est regrettable qu’AMADA se soit prêté à la démagogie du faux P’C’B : celui-ci prétend défendre la mémoire d’Allende contre les « gauchistes » après avoir contribué, avec ses maîtres soviétiques, au désarmement de la classe ouvrière chilienne, à l’échec de la révolution chilienne.

En conclusion, les révisionnistes sont les pires ennemis de la révolution socialiste. Ils essaient par tous les moyens de prôner la collaboration de classe, de défendre « le passage pacifique au socialisme », pour empêcher la libération de la classe ouvrière. S’étant servi du Chili comme exemple positif de leurs « théories », ils n’hésitent pas, lorsque les événements en démontrent la fausseté, à poursuivre de plus belle leur entreprise criminelle. Ils utilisent la thèse gauchiste des trotskistes pour écarter la classe ouvrière de la voie révolutionnaire et jeter la confusion sur leur nature réelle. Rejetons leurs illusions réformistes et pacifistes !


[1En fait l’UC(ML)B, en désaccord depuis le début avec la position ultra-gauche d’AMADA, n’a pas participé à la manifestation du 15 septembre (note de l’UC(ML)B).

[2Nous retrouvons la même déviation idéologique dans la conception qu’AMADA se fait de l’édification du Parti communiste (marxiste-léniniste) de Belgique : d’abord renforcer son propre cercle, avant d’envisager l’unification des communistes.

mercredi 11 septembre 1974


Union des Communistes (Marxistes-Léninistes) de Belgique (UCMLB)