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Symbolisme et surréalisme - 10e partie : entre kitsch et posture esthétisante belle époque

La peinture symboliste est surtout affligeante ; elle reflète surtout un état d’esprit belle époque et haute bourgeoisie, avec des peintres puisant ouvertement dans « Joris-Karl » Huysmans et Stéphane Mallarmé, mais sans aucune profondeur intellectuelle ne serait-ce que mystique ou philosophique idéaliste. Tout est très esthétisant et cela l’est même toujours plus au fur et à mesure que la fin du XIXe siècle montre qu’elle n’a fait que préparé le règne de la bourgeoisie moderne à la veille de la guerre de 1914-1918.

On a ici ainsi les pires travers français, consistant à se fonder sur l’intuition en picorant des idées ou des styles à l’international, sans aucun recul et juste par panache esthétisante.

Ami de Gustave Moreau, le peintre Gaston Bussière (1862-1928) était par exemple très proche de Joséphin Peladan, exposant au salon Rose-Croix. Sa peinture est une sorte de caricature de la peinture russe et finlandaise, ou bien de germanisme à la Richard Wagner ou encore d’orientalisme, avec cette particularité française d’un faible niveau technique et d’une mise en valeur des femmes dans un esprit érotique propre au romantisme noir, prolongement de l’influence massive des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire.











Autre peintre proche de Joséphin Peladan, Edgard Maxence (1871-1954) oscille entre esthétisme néo-catholique et esthétique préraphaélite.




Alphonse Osbert (1857-1939) fut également proche de Joséphin Peladan, exposant à son salon, et obtenant une très grande reconnaissance sociale, avec des commandes publiques. On atteint ici le comble de la kitscherie ne prenant vraiment plus le mysticisme que comme prétexte à une ambiance absolument neutre, voire nulle, sans aucune contradictions, répondant parfaitement aux besoins de la bourgeoisie française de la belle époque, cherchant à nier la réalité et ses contradictions justement.






Le peintre Henri Martin (1860-1943) a joué un rôle important, dans la mesure où il est passé de l’impressionnisme au symbolisme (pour très peu de temps), en disposant d’une grande reconnaissance sociale, avec de nombreuses commandes institutionnelles. Cela montre le lien profond entre la logique subjectiviste des impressions et celle des impressions se voulant surnaturelles propre au décadentisme - symbolisme.


Une foule d’autres peintres français « symbolistes » existèrent, mais leur rapport avec un symbolisme véritable est pratiquement nul. On est déjà très clairement dans la logique de l’art moderne, de l’inspiration subjective, avec dans le cadre de la colonisation des éléments d’orientalisme parfois très forts.

Voici des tableaux de Gustav-Adolf Mossa (1883-1971), qui abandonna le symbolisme et travailla pour le carnaval de nice ; on reconnaît déjà ce que va donner la peinture par la suite, suivant une esthétique uniquement subjectiviste.



Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953) fut un peintre juif d’Algérie, dont l’œuvre pareillement s’éloigne du symbolisme pour passer dans le subjectivisme.






Le décadentisme - symbolisme en peinture a en France très vite sombré dans le kitsch, ou bien dans la posture esthétisante belle époque. Une fois cette dernière période clairement terminée, par la terrible rupture de la première guerre mondiale impérialiste, le subjectivisme ne pouvait se prolonger qu’en faisant l’acquisition d’un nouveau justificatif : ce sera le surréalisme, qui posséde clairement la même base que le décadentisme - symbolisme.

vendredi 30 décembre 2016


Symbolisme et surréalisme