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Sur les développements nouveaux en Chine et le principe de fascisation

La tendance à la surexploitation, aux monopoles, à la guerre impérialiste, est inévitable. En fait, inéluctablement, à la société libérale du capitalisme industriel succède la société fasciste du capitalisme monopolistique. C’est là une loi du mode de production capitaliste. Une loi implacable, contre laquelle les capitalistes ne peuvent rien, en admettant qu’ils le veuillent.

Lorsque le capitalisme se développe, il renforce sa dimension monopoliste. Cela est vrai tant pour un capitalisme de type impérialiste, que pour un capitalisme de type bureaucratique. Or, ce faisant, il provoque des troubles dans la superstructure étatique.

La fraction capitaliste devenue plus puissante cherche à mettre de côté les autres au niveau du pouvoir, dans l’appareil d’État. C’est le principe de la fascisation.

La Chine vient ces derniers jours de fournir un exemple de ce phénomène. Est-ce à dire que ce pays était auparavant démocratique ? Pas du tout, sa base politique était déjà fasciste.

Cependant, ce fascisme était porté par plusieurs fractions et désormais il y a moins de fractions à la tête du régime, voire qu’une seule. Cela est l’expression du renforcement d’une fraction, celle dominante, qui est d’autant plus agressive qu’elle connaît une crise de croissance, ce qui pousse à la guerre.

Xi Jinping était depuis 2012 le dirigeant du Parti Communiste de Chine, ce qui signifiait alors être le principal dirigeant chinois. Le régime, depuis la mort de Mao Zedong et le coup d’État qui s’en est suivi, s’appuie en effet sur différentes cliques plus ou moins en conflit larvé, s’entendant par contre pour maintenir un cadre bien délimité.

C’est pour avoir transgresser ce statu quo que la fraction « scientifique », avec le « printemps de Pékin » en 1989, s’est faite écraser.

Le 24 octobre dernier s’est terminé le XIXe congrès du Parti Communiste de Chine (devenu révisionniste en 1976) et Xi Jinping s’est fait nommer le responsable absolu, sa « pensée » devenant même l’idéologie guidant le régime.

Il a donné naissance à toute une série d’organismes de décision, organismes restreints dont il est le dirigeant. Le pouvoir est bien plus centralisé, dans le sens d’être en mesure de réagir de manière uniforme. La tendance derrière se révèle par les propos de Xi Jinping il y a quelques jours :

« La Commission militaire centrale doit diriger les forces armées pour qu’elles soient prêtes à combattre, remportent les guerres et entreprennent les missions et les tâches de la nouvelle ère qui leur sont confiées par le Parti et le peuple. »

Dans la continuité de cet état de chose, l’agence de presse « Chine Nouvelle » a révélé, en catimini dans la journée de dimanche, une information d’une grande importance, exprimant on ne peut plus ouvertement le renforçant de la tendance à la fascisation en même temps que la victoire de la fraction bourgeoise représentée par Xi Jinping : la limitation à deux mandats présidentiels va disparaître en Chine.

Cela signifie que Xi Jinping va pouvoir non seulement prester un troisième mandat, mais que lui-même et ses successeurs auront la possibilité de devenirs président à vie.

Après avoir exprimé quelques critiques de pure forme concernant un processus non-démocratique risquant de ramener la Chine « à l’ère de Mao », certaines fractions de la bourgeoisie belge voient finalement cette mesure comme étant susceptible d’apporter aux marchés stabilité et continuité face à un Donald Trump par trop imprévisible.

Dans un article intitulé « Chine : Le changement se poursuit. Profitons-en ! » publié dans le quotidien Le Soir de mardi, Bernard Dewit, Président de la Chambre de Commerce belgo-chinoise expliquait :

« il y à 40 ans cette années, la Chine, sous l’impulsion de Deng Xiao Ping, décidait de s’ouvrir au monde extérieur et de se moderniser après 10 ans d’une révolution culturelle qui l’avait mise en chaos. »

Il poursuit :

« Le pays est à la pointe en matière de recherche sur l’intelligence artificielle, la robotique, le numérique notamment. Des sociétés chinoise comme Huawei, Alibaba, Tencent sont maintenant connues aux quatre coins de la planète. De nombreuses grande ou moyennes entreprises investissent à l’étranger et notamment en Belgique.

Cela veut-il dire que l’Europe et notre pays en particulier seraient en voie de sous-développement et de colonisation économique ? Certainement pas.

(...)

Au moment ou Donald Trump engage les Etats-Unis sur une voie isolationniste, la Chine rappelle qu’elle reste plus que jamais ouverte sur le monde comme l’a rappelé son président lors du 19ème congrès du parti communiste au mois d’octobre dernier. Les Européens ont tout à y gagner. »

Incapable de comprendre le mouvement de fond dans la société, ce représentant de la fraction ultra-libérale de la bourgeoisie belge ne vois pas que la Chine n’est plus seulement un régime social-fasciste, privilégiant un certain retrait dans l’objectif d’accumuler des forces. Cette phase est terminée et la Chine est devenu un pays impérialiste.

La Chine impérialiste est désormais une menace ouverte pour la paix du monde, c’en est même l’une des principales menaces avec la superpuissance impérialiste américaine.

Car alors que le monde connaît toujours davantage la tendance à la surexploitation, aux monopoles, à la guerre impérialiste – avec un Donald Trump qui en rajoute –, la Chine a le projet le « le rêve chinois » : il s’agit là d’un exemple de saut qualitatif dans la modernisation, la centralisation, la volonté d’en découdre sur la scène mondiale !

Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste de Belgique
février 2018

mercredi 28 février 2018


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