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Sur le « tiers-mondisme » et la description des « trois mondes » : Annexe 5 : Fraction Armée Rouge – Septembre Noir

La différence entre la ligne rouge de Mao Zedong et la ligne noire de Deng Xiaoping (ou Lin Biao) ne fut pas comprise dans des pays comme la France et l’Allemagne de l’Ouest. Par conséquent, dans ces pays, la position chinoise a été prise en tant que telle comme une ligne « anti-impérialiste » voyant en le « tiers-monde » comme le nouveau protagoniste de l’histoire mondiale.

La « métropole » impérialiste ne posséderait plus, suivant cette ligne, de contradiction révolutionnaire ; les révolutionnaires authentiques auraient à suivre le « tiers-monde ». C’était une position qui fut très forte dans le mouvement étudiant en France et en Allemagne de l’Ouest ; dans ce dernier cas apparut même une organisation armée fondant sa ligne là-dessus.

Voici la conception de la Fraction Armée Rouge, dans une déclaration faite le 1er novembre 1972, à la suite de l’enlèvement et de l’exécution de onze athlètes et officiels israéliens par l’organisation palestinienne « Septembre Noir » lors des jeux olympiques d’été à Munich.

« La stratégie de Septembre Noir est la stratégie révolutionnaire pour la lutte anti-impérialiste, à la fois dans le tiers-monde et dans la métropole, étant donné les conditions impérialistes créés par les multinationales (...).

L’attentat à la bombe sur la multinationale Strüver à Hambourg était une attaque contre l’un des fournisseurs militaires d’Israël.

Avec leur action dans le village olympique, ils ont apporté le conflit entre la métropole impérialiste d’Israël et les Palestiniens depuis la périphérie du système dans son centre - ils ont arraché le masque « constitutionnel » de la RFA et révélé la vraie nature objective de la façade de l’impérialisme : qu’ils sont en guerre contre les mouvements de libération du tiers-monde et que leur objectif final est l’extermination stratégique et le fascisme (...).

Le problème avec l’opportunisme est que, en en faisant usage, Negt révèle des choses sur lui-même, mais rien sur le monde. Après avoir analysé le système, le sujet révolutionnaire fonde son identité sur la connaissance que les peuples du tiers-monde sont l’avant-garde, et sur l’acceptation que le concept de Lénine de « l’aristocratie ouvrière » concernant les masses dans la métropole ne peut être écarté ou rejeté. Au contraire : tout commence à partir de ce point.

L’exploitation des masses dans la métropole n’a rien à voir avec le concept de Marx des travailleurs salariés dont la plus-value est extraite.

C’est un fait qu’avec la division croissante du travail, il y a eu une énorme intensification et la propagation de l’exploitation dans le domaine de la production, et le travail est devenu un fardeau plus lourd, à la fois physiquement et psychologiquement.

Il est également un fait que, avec l’introduction de la journée de travail de 8 heures - la condition préalable pour augmenter l’intensité de travail - le système a usurpé tout le temps libre que les gens avaient. A l’exploitation physique dans l’usine a été ajoutée l’exploitation de leurs sentiments et de leurs pensées, de leurs souhaits, et de leurs rêves utopiques – au despotisme capitaliste dans l’usine a été ajouté le despotisme capitaliste dans tous les domaines de la vie, à travers la consommation de masse et les médias de masse.

Avec l’introduction de la journée de travail de 8 heures, le 24 heures par jour de la domination de la classe ouvrière par le système a commencé sa marche triomphale- avec la création de pouvoir d’achat de masse et du « revenu de pointe » le système a commencé sa marche triomphale sur les plans, les désirs, les alternatives, les fantasmes, et la spontanéité du peuple ; en bref, sur les gens eux-mêmes !

Le système de la métropole a réussi à glisser les masses si loin dans leur propre saleté qu’elles semblent avoir largement perdu tout sens de la nature oppressive et exploiteuse de leur situation, de leur situation comme des objets du système impérialiste.

Ainsi pour une voiture, une paire de jeans, une assurance-vie, et un prêt, elles accepteront facilement un outrage de la part du système. En fait, elles ne peuvent plus imaginer ou souhaiter quelque chose au-delà d’une voiture, des vacances, et d’une salle de bains carrelée.

Il en résulte, cependant, que le sujet révolutionnaire est quelqu’un qui se libère de ces contraintes et refuse de prendre part aux crimes de ce système. Tous ceux qui trouvent leur identité dans les luttes de libération des peuples du tiers-monde, tous ceux qui refusent, tous ceux qui ne participent plus ; ce sont tous des sujets révolutionnaires – des camarades (...).

Si les peuples du tiers-monde sont l’avant-garde de la révolution anti-impérialiste, alors cela signifie qu’ils représentent objectivement le plus grand espoir pour les gens dans la métropole pour atteindre leur propre liberté.

Si tel est le cas, alors il est de notre devoir d’établir un lien entre la lutte de libération des peuples du tiers-monde et l’aspiration à la liberté dans la métropole où que ce soit qu’elle émerge. Cela signifie dans les écoles diplômantes, dans les écoles secondaires, dans les usines, dans les familles, dans les prisons, dans les bureaux, dans les hôpitaux, dans les administrations, dans les partis politiques, les syndicats – partout.

Contre tout ce qui nie ouvertement ce lien ouvertement, le supprime et le détruit : le consumérisme, les médias, la cogestion, l’opportunisme, le dogmatisme, la domination, le paternalisme, la brutalité et l’aliénation.

« C’est nous qui sommes concernés ! » - le sujet révolutionnaire c’est nous.

Quiconque commence à lutter et à mener la résistance est l’un d’entre nous. »

mardi 27 octobre 2015


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