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Sur le « tiers-mondisme » et la description des « trois mondes » : Annexe 9 : Le Parti Communiste du Pérou au sujet des trois mondes

Au Pérou, le Parti Communiste a compris les choses de manière très différente : Mao Zedong a utilisé le concept de « trois mondes », mais d’une manière qui était évidemment très différente de Deng Xiaoping. Ici, ce qu’il dit à ce sujet, dans « La ligne internationale » du Parti Communiste du Pérou, publié en 1988.

« Dans la situation actuelle et en perspective, nous sommes passé à l’offensive stratégique de la révolution mondiale des "50 à 100 années" à venir, au cours desquelles l’impérialisme s’écroulera ainsi que la réaction mondiale, tandis que le prolétariat s’installera définitivement au pouvoir et établira sa dictature.

A partir de ce moment, dans la marche vers le communisme, la contradiction se situera entre socialisme et capitalisme.

Le fait que se soient produites les restaurations en U.R.S.S. et en Chine, n’entrave pas l’intense processus de développement du prolétariat international, mais démontre comment se déroule la lutte entre restauration et contrerestauration dont nous, les communistes, nous tirons des leçons pour conjurer la restauration et établir définitivement la dictature du prolétariat.

Nous réaffirmons la thèse du Président Mao Tsé-toung que s’est ouverte une période de lutte contre l’impérialisme américain et le social-impérialisme russe.

Ainsi sont définis, au niveau mondial, les deux ennemis principaux tant de ceux qui font une révolution démocratique ou une révolution socialiste, que de ceux qui réalisent des mouvements nationalistes et il est nécessaire que chaque révolution ou mouvement spécifie quel est son ennemi principal et conjure la domination de l’autre superpuissance, ou d’autres puissances.

Au Pérou c’est l’impérialisme yankee qui nous domine en collusion avec la grande bourgeoisie et les propriétaires terriens.

Pourtant, au niveau mondial, les deux superpuissances luttent pour l’hégémonie mondiale.

Nous, nous luttons contre l’impérialisme américain, contre la féodalité et contre le capitalisme bureaucratique, mais nous ne pouvons permettre que le social-impérialisme ou une autre puissance les remplacent.

En Afghanistan, l’agression directe est le fait du social-impérialisme russe qui lutte pour l’hégémonie contre l’impérialisme yankee, d’autres puissances occidentales et contre la Chine.

Là-bas, il faut lutter contre le social-impérialisme, l’ennemi principal et ne pas permettre que pénètre la domination impérialiste américaine, ni celle d’autres puissances.

Le problème est qu’en Afghanistan, la lutte ne se déroule pas correctement par manque de la direction politique d’un Parti Communiste.

En synthétisant, il existe deux superpuissances qui sont les ennemis principaux, l’une des deux étant l’ennemi principal dans chaque cas et nous n’excluons pas l’action des puissances.

Nous considérons que la thèse du Président Mao Tsé-toung qui distingue trois mondes est juste et correcte et qu’elle rejoint celle de Lénine sur la distribution des forces dans le monde qui se base sur l’analyse de classes et sur les contradictions.

Nous rejetons la déformation opportuniste et révisionniste de Teng Siao-Ping au sujet des trois mondes qui pousse à se mettre à la remorque des États-Unis et à vendre la révolution. A partir de cela le Président Gonzalo analyse la situation des trois mondes qui se dessine actuellement et démontre que c’est une réalité.

Le premier monde est constitué par les deux superpuissances : les États-Unis et l’U.R.S.S. qui luttent pour l’hégémonie mondiale et peuvent déchaîner une guerre impérialiste.

Ce sont des superpuissances parce qu’elles sont plus puissantes économiquement, politiquement et militairement que les autres puissances.

Les États-Unis ont une économie centrée sur le monopole de la propriété qui n’appartient pas au secteur de l’état ; politiquement ils pratiquent une démocratie bourgeoise avec une croissante restriction des droits ; c’est un libéralisme réactionnaire ; militairement, c’est la nation la plus puissante de l’Occident avec un processus de développement plus prolongé.

L’U.R.S.S. est économiquement axée sur le monopole d’état ; politiquement c’est la dictature fasciste d’une bourgeoisie bureaucratique ; militairement c’est une puissance de haut niveau, bien que son processus de développement soit plus court.

Les États-Unis essaient de conserver leurs domaines et aussi de les étendre.

L’U.R.S.S. vise plutôt l’expansion parce que c’est une superpuissance nouvelle et, d’un point de vue économique, elle a intérêt à tenter de capturer l’Europe pour se trouver en une meilleure situation.

En synthétisant, ce sont deux superpuissances qui ne constituent pas un bloc mais qui ont des contradictions, des différences marquées entre elles et qui évoluent dans le cadre de la loi de la collusion et de la lutte pour la répartition du monde.

Le deuxième monde est constitué par des puissances impérialistes qui ne sont pas des superpuissances, c’est-à-dire qu’elles sont moins puissantes économiquement, politiquement et militairement, comme le Japon, l’Allemagne, la France et l’Italie etc.

Elles ont des contradictions avec les superpuissances parce qu’elles souffrent -par exemple- de la dévaluation du dollar, des restrictions militaires et de contraintes politiques.

Ces puissances impérialistes veulent mettre à profit la lutte entre les superpuissances pour surgir à leur tour comme de nouvelles puissances.

Elles déchaînent également des guerres d’agression contre les nations opprimées et il existe aussi entre elles des contradictions exacerbées.

Le troisième monde est constitué par les nation opprimées d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine ; se sont des colonies, ou des semi-colonies où la féodalité n’a pas été détruite et sur cette base se développe un capitalisme bureaucratique.

Ces nations sont assujetties à l’une ou l’autre des superpuissances, ou à une puissance impérialiste.

Il existe des contradictions entre elles et l’impérialisme, en plus des luttes qu’elles soutiennent contre leurs propres grandes bourgeoisies et contre les propriétaires terriens, les deux au service et en collusion avec l’impérialisme, spécialement avec les superpuissances.

Tout ceci nous donne, à nous les communistes, les bases sur lesquelles établir la stratégie et la tactique de la révolution mondiale.

Le Président Mao Tsé-toung a élaboré la stratégie et la tactique de le révolution mondiale, mais les révisionnistes chinois les dissimulent ; c’est pourquoi c’est à nous de tirer des idées du Président Mao Tsé-toung la stratégie et la tactique de la révolution mondiale. Surtout face à de nouvelles situations, spécialement en perspective.

Notre Parti soutient que dans le monde actuel il existe trois contradictions fondamentales :

1) La contradiction entre les nations opprimées d’une part et les superpuissances impérialistes et puissances impérialistes de l’autre ; c’est ce que renferme la thèse des trois mondes se dessinent ; cette contradiction se dessine - et nous la formulons ainsi-, car l’essence de cette contradiction est avec les superpuissances impérialistes, mais il y a aussi contradiction avec les puissances impérialistes. c’est la contradiction principale ; le développement et le triomphe des révolutions de démocratie nouvelle représentent sa solution.

2) La contradiction prolétariat-bourgeoisie ; sa solution : la révolution socialiste et, en perspective, la révolution culturelle prolétarienne.

3) La contradiction interimpérialiste : entre les superpuissances ; entre superpuissances et puissances impérialistes et puissances impérialistes entre elles, ce qui mène à la guerre pour l’hégémonie mondiale et aux guerres impérialistes de rapine ; le prolétariat doit leur opposer la guerre populaire et, en perspective, la guerre populaire mondiale.

Nous ne mentionnons pas, aujourd’hui, la contradiction socialisme-capitalisme, elle n’existe qu’au niveau idéologique et politique car il n’y a pas, actuellement, de système socialiste, il n’existe pas en tant qu’Etat. Il a existé et soutenir qu’aujourd’hui il existe un système socialiste c’est affirmer en essence, que l’URSS est socialiste, ce qui est du révisionnisme. »

mardi 27 octobre 2015


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