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Sur la chute du régime fasciste des khmers rouges, soutenu par les impérialistes

Il y a 35 ans tombait le régime des khmers rouges, ultra chauvin, violemment raciste et anti-communiste, en un mot fasciste.

Il importe de rappeler ces quelques vérités car, aujourd’hui encore, la bourgeoisie des puissances impérialistes se sert des khmers rouges, présentés comme des communistes, pour alimenter la contre-révolution préventive et la haine du communisme.

Il appartient donc aux communistes de bien connaître l’histoire des khmers rouges pour briser les manipulations calomnieuses de la bourgeoisie qui dissimule sous des tonnes de mensonges ses propres crimes.

En fait, les khmers rouges, de leur propre aveu, ne sont pas des communistes.

Ainsi, Ieng Sary, une des principales figures des khmers rouges, dira on ne peut plus clairement : « nous ne sommes pas des communistes... nous sommes des révolutionnaires » (cité par Michael Vickery, Cambodia 1975-1982). Il s’agit là d’une phraséologie volontairement ambiguë typique des fascistes.

Mais même sans cela, il suffit d’analyser l’histoire sereinement pour démonter sans peine la supercherie que constitue le soi-disant communisme des khmers rouges.

Tout d’abord, il convient de se pencher sur ce que recouvre exactement la dénomination « khmer rouge ».

A l’origine, cette appellation désignait les paysans révolutionnaires qui avaient rejoint les rangs du PCK (Parti communiste du Kampuchea, ancien nom du Cambodge) dans les années 1950. Le PCK s’était bâti puis renforcé dans la lutte contre l’impérialisme, principalement français (puissance coloniale de la région) et américain.

En effet, les bombardements criminels de l’impérialisme yankee dans le nord-est du Cambodge pendant la guerre du Vietnam (avec notamment un quart de millions de tonnes de bombes sur le Cambodge de manière ininterrompue durant 140 jours), ont tué des centaines de milliers (on avance le chiffre de 600 000 à 1 million) de paysans cambodgiens et contraint les survivants à se réfugier en masse dans les villes, en particulier Phnom-Penh, qui connut rapidement des problèmes de surpopulation (le nombre d’habitants passa en très peu de temps de 600 000 à deux millions !).

C’est cette situation qui prévaut quand Phnom Penh tombe aux mains du PCK le 17 avril 1975 ; la ville n’a alors quasiment plus d’électricité, quasiment plus d’eau courante non plus, aucune réserve d’essence, des stocks de nourriture pour seulement quelques jours, aucun médicament et aucun hopital capable de fonctionner, etc.

La ville devint ainsi menacée par la famine car les approvisionnements US (en soutien au régime de Lon Nol) cessèrent bien entendu immédiatement, l’impérialisme américain ayant justement oeuvré pour que la survie des villes cambodgiennes dépende uniquement de son « aide » alimentaire, en écrasant une grande partie des terres cultivables du pays sous les bombes, sans compter que les bombardements US continuent alors au Vietnam voisin.

Face au spectre de la famine, l’évacuation de Phnom Penh était une nécessité vitale, une réalité que certains intellectuels bourgeois sont eux-mêmes obligés de reconnaître.

Par ailleurs, l’anti-communisme primaire des khmers rouges de Pol Pot apparaît clairement à la lumière de leur idéologie marquée par les principes bourgeois et petits-bourgeois.

Ainsi, en plus du ressentiment nationaliste envers le vietnamiens, les partisans de la politique chauvine des khmers rouges adhéraient à une vision romantique du rôle du paysan dans une conception historiquement idéaliste, donc fasciste, de la révolution nationale conçue comme un « retour aux sources » (sur le plan historique, la Chine social-fasciste n’agit aujourd’hui pas autrement en générant une vision fantasmée et sinisée de l’« âge d’or » de la dynastie des Tang).

Les khmers rouges entendaient revenir à un Cambodge prétendument « pur ». Il devint interdit de parler chinois et la minorité chinoise (400.000 personnes sur huit millions) était considérée comme ennemi.

Sous le régime pro-américain de Lon Nol précédant la victoire khmer rouge, 150.000 paysans d’origine vietnamienne avaient été expulsé dans une hystérie raciste. Sous la domination khmère rouge, 150.000 autres furent également expulsés.

La minorité musulmane des Chams fut également persécutée. En fait, le régime mettait en avant les Khmers ethniquement « purs », à la peau foncée, par opposition à ceux à la peau claire (censés être alors proches des Chinois et des Vietnamiens).

L’objectif du régime n’était pas non plus la libération des masses, mais au contraire la modernisation, devant s’obtenir par le doublement de la production agricole, son exportation et l’achat de matérial moderne grâce aux dollars américains obtenus par les exportations !

Cette ligne de l’industrialisation moderne au dépens des paysans est l’exact contraire de la ligne communiste chinoise qui elle se fonde sur un développement auto-centré et équilibré !

Pareillement, alors qu’en Chine le Parti Communiste et ses organisations étaient présents en tant que tel dans les masses populaires, au Cambodge le peuple ne savait pas qui dirigeait.

Les Khmers Rouges contrôlaient le pays par l’intermédiaire de l’Angkar, c’est-à-dire de « l’organisation », mais il s’agissait d’une grande société secrète, nullement d’une organisation communiste, se présentant en tant que tel, présentant ses conceptions aux masses, appelant aux critiques populaires et prolétariennes pour progresser, etc.

L’Angkar ne disposait d’ailleurs que de 14.000 membres, et pendant tout le régime khmer rouge « l’organisation » était fermée, on ne pouvait pas la rejoindre.

Les khmers rouges de Pol Pot ont ainsi toujours défendu une ligne obscurantiste qui niait la lutte de classe et le rôle d’avant-garde de la classe ouvrière, afin à l’opposé d’entériner la prédominance de l’ancien sur le nouveau, un ancien idéalisé en un passé khmer « pur ».

Le régime khmer rouge était un régime fasciste, dirigé par une clique tentant de construire le pays au dépens des paysans, par une production vendue sur le marché mondial, production dont elle aurait la gestion (l’abolition de l’argent ne concerne que le papier monnaie : en pratique c’est le régime qui gérait qui avait quoi).

La clique khmer rouge était une bourgeoisie bureaucratique tentant de survivre en apportant quelque chose à l’impérialisme sur le marché mondial. Cette bourgeoisie bureaucratique est issue de la petite-bourgeoisie khmère, qui a réussi à prendre le pouvoir dans des conditions exceptionnelles dûes à l’intervention de l’impérialisme US.

La nature du régime khmer rouge est très similaire au régime nord-coréen, ou encore d’une certaine manière à la république islamique d’Iran, la Turquie kémaliste, la Yougoslavie titiste, le Hamas ou le Hezbollah : la bourgeoisie bureaucratique, issue de la petite-bourgeoisie s’imaginant devenir bourgeoisie, se vend indirectement (et non pas directement) aux impérialistes, dues aux conditions concrètes du pays.

mardi 7 janvier 2014


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