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Sinistra Proletaria : La Gauche Prolétarienne et la crise politique actuelle − 1970

Dans un document apparu en janvier 1970 de la part du Collectif Politique Métropolitain (Lutte sociale et organisation dans la métropole), le projet social-capitaliste était ainsi schématisé brièvement de la manière suivante :

« Cette nouvelle phase de l’organisation sociale capitaliste tend à réaliser une vieille utopie de la bourgeoisie : la possibilité de planifier le comportement des prolétaires tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’usine, au moment de la production comme dans celui de la consommation et dans toutes les expressions de la vie sociale et des rapports humains.

Dans la phase actuelle de développement, la vieille combinaison de réforme et de répression, composée à l’intérieur de la démocratie formelle bourgeoise, ne suffit plus.

La centralisation du pouvoir nécessaire à la gestion du capitalisme avancé réduit toujours davantage les espaces de pouvoir réel à « concéder » aux cadres dirigeants subordonnés, le dynamisme vertical élimine les couches intermédiaires et le choc de classe tend à se produire sur un mode net et radical entre une bourgeoisie qui a épuisé toute possibilité d’expression sociale globale (c’est-à-dire ne plus plus se présenter comme « porteuse » des idéaux démocratiques, nationaux, de valeurs éthiques ou culturelles) et un prolétariat urbain qui s’étend à la majorité de la population active.

Sur ce point il est nécessaire pour le système que la contestation sociale soit organisée et canalisée, préparant une solution qui sauvegarde les présupposés non renonciables de la société de l’exploitation et accueille en même temps les exigences populaires de mutation du cadre institutionnel général.

Cela signifie d’un côté la reconnaissance ouverte de la dynamique de classe, et de l’autre l’institutionnalisation de la lutte de classe, la réduction des intérêts antagoniques dans le cadre d’une logique de conflictualité interne.

Il est assez facile de voir comment c’est sur une telle base que s’est construite une convergence objective des intérêts syndicaux et patronaux, comme deux contributeurs – d’une manière relativement autonome et par moments conflictuelle – à une profonde restructuration économique, politique et culturelle de la société capitaliste qui a pour objectif le maintien et le perfectionnement de l’exploitation économique, politique et culturel du prolétariat moderne, dans un rapport mutuel de pouvoir entre les forces institutionnelles existant aujourd’hui.

Le conflit entre les patrons et le mouvement ouvrier bourgeois ne regarde pas la nature du pouvoir, ni la structure salariale, mais un équilibre divers de pouvoir à l’intérieur du système (…).

Le contrôle du salaire n’est pas un pas en direction de la réfutation du système salarial ; au contraire : c’est un pas gigantesque en direction de la consolidation du système capitaliste salaires-profit.

Le syndicat, tirant partie des intérêts vivants et immédiats du prolétariat (l’habitation, la santé, etc.), a conçu la propre conquête du pouvoir à travers le contrôle du cycle entier de la force de travail, en utilisant le salaire, gérant les retraites et proposant une structure organisationnelle politique nouvelle, réellement enracinée dans la base ouvrière, capable de garantir la direction et le contrôle de toutes les luttes : les délégués représentatifs des départements productifs (..).

Le « Conseil des délégués » n’est pas, par conséquent, le terrain le plus favorable pour une « bataille politique tournée vers la construction d’une organisation de masse capable d’exprimer l’autonomie de la classe ouvrière, la poussée combative des travailleurs, l’affermissement des valeurs prolétaires, comme le disent les néo-révisionnistes de luxe comme Pino Ferraris et comme les « idéologues » du « Manifesto » (…).

Le caractère inconciliable des deux moments moments « d’attaque aux structures politiques du salaire » et de « médiation et marchandage légal de cette attaque » est un fait que seules les idéologues néo-révisionnistes les plus consommés peuvent prétendre ne pas voir (…).

La question des « groupes ouvriers homogènes » doit être uniquement compris dans le sens des indispensables prémisses au discours qui tend à configurer la recomposition du mouvement de classe, non sur une base stratégique de lutte (et d’organisation), mais sur des configurations objectivistes infondés qui donne aux formes d’organisation le caractère décisionnaire des discriminants entre une ligne révolutionnaire et les autres lignes.

L’unité de la classe ouvrière ne vient ainsi pas comme unité sur la ligne prolétaire émergée et émergente de la pratique générale du conflit mondial entre prolétariat et capital, et l’organisation n’est pas conforme au contenu général de lutte implicite à une telle stratégie, mais se retrouve comme miroir inversé de la pyramide social étatique, régional, d’usine, de département productif.