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Sans contradictions, pas d’univers

Le matérialisme dialectique est l’étude de la contradiction, de l’identité des contraires. Lénine résume ainsi, dans ses « Notes sur La Science de la logique de Hegel » :

« La dialectique est la théorie qui montre comment les contraires peuvent être et sont habituellement (et deviennent) identiques - dans quelles conditions ils sont identiques en se convertissant l’un en l’autre -, pourquoi l’entendement humain ne doit pas prendre ces contraires pour morts, pétrifiés, mais pour vivants, conditionnés, mobiles, se convertissant l’un en l’autre. »

L’idéalisme ne saisit pas la contradiction, voire il ne connaît même pas en fait le principe de contradiction. Il cherche des rapports, des relations, notamment du type cause-conséquence.

Au final, ce dont parle l’idéalisme est constitué abstraitement. Ce que dit Mao Zedong sur les mythes, les contes pour enfants, est valable pour les chimères de l’idéalisme :

« Dans les mythes ou les contes pour enfants, les aspects constituant une contradiction n’ont pas une identité réelle, mais une identité imaginaire. La dialectique marxiste, en revanche, reflète scientifiquement l’identité dans les transformations réelles. »

L’idéalisme fait la même chose que les mythes ou les contes pour enfants, il recherche différents aspects, mais sans saisir l’identité réelle, le moteur, sans délimiter le phénomène. L’idéalisme pioche dans différentes choses, il invente des réalités, tout cela pour tenter d’expliquer ou de justifier les choses.

Le matérialisme dialectique fait l’inverse : il part de la substance même de la réalité générale, de l’univers. Ce qui doit marquer tout d’abord lorsqu’on étudie ce qu’est le matérialisme dialectique, c’est que c’est une thèse totale : tout ce qui existe est appelé nature, et la nature obéit à la dialectique.

Voilà pourquoi Lénine a fait remarquer que :

« La dialectique de la société bourgeoise chez Marx n’est qu’un cas particulier de la dialectique. »

La dialectique, en effet, est le principe d’absolument tout mouvement. Il n’y a pas de matière sans contradiction, sans unité des contraires, sans mouvement. Par conséquent, être scientifique, c’est rechercher le processus dialectique dans un phénomène, dans une chose.

Comme le formule Lénine :

« Ainsi, dans toute proposition on peut (et on doit), comme dans une « cellule », mettre en évidence les embryons de tous les éléments de la dialectique, montrant ainsi que la dialectique est inhérente à toute la connaissance humaine en général [qu’il est possible d’acquérir].

Et la science de la nature nous montre (et, encore une fois c’est ce qu’il faut montrer sur tout exemple le plus simple) la nature objective avec les mêmes qualités, le changement du particulier en général, du contingent en nécessaire, les sauts, les modulations en saut, la liaison mutuelle des contraires.

La dialectique est justement la théorie de la connaissance (de Hegel et) du marxisme : voilà à quel « aspect » de l’affaire (et ce n’est pas un « aspect », mais le fond de l’affaire) Plékhanov, pour ne rien dire d’autres marxistes, n’a pas prêté attention. »

Tout processus est dialectique, encore en faut-il en trouver le noyau, le moteur. Il est faux de penser pouvoir piocher, ou de se contenter de différents exemples. Faire cela, c’est tenter de décrire un phénomène avec un mouvement, sans voir que l’existence matérielle même du phénomène et le mouvement relèvent de la substance même du monde, en tant que matière éternelle en mouvement dialectique.

Comme le formule Mao Zedong, dans De la contradiction :

« Dans toutes les choses et tous les phénomènes, l’interdépendance et la lutte des aspects contradictoires qui leur sont propres déterminent leur vie et animent leur développement. Il n’est rien qui ne contienne des contradictions. Sans contradictions, pas d’univers.

La contradiction est la base des formes simples du mouvement (par exemple, le mouvement mécanique) et à plus forte raison des formes complexes du mouvement. »

Cette universalité ne concerne pas que les phénomènes d’aujourd’hui, elle est valable de manière éternelle : il n’y a pas de matière sans contradiction, et ainsi toute matière est nécessairement en mouvement, et devant se transformer, sa contradiction cédant la place à une nouvelle contradiction, dans le cadre d’un nouveau phénomène.

Mao Zedong constate ainsi :

« La contradiction est universelle, absolue ; elle existe dans tous les processus du développement des choses et des phénomènes et pénètre chaque processus, du début à la fin.

Que signifie l’apparition d’un nouveau processus ? Cela signifie que l’ancienne unité et les contraires qui la constituent font place à une nouvelle unité, à ses nouveaux contraires ; alors naît un nouveau processus qui succède à l’ancien. L’ancien processus s’achève, le nouveau surgit.

Et comme le nouveau processus contient de nouvelles contradictions, il commence l’histoire du développement de ses propres contradictions. »

Le matérialisme dialectique ne prend pas des phénomènes au hasard : il les circonscrit et en étudie le noyau interne : l’unité des contraires.

samedi 24 octobre 2015


Le matérialisme dialectique