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Qui rééduque qui ? − 1969

A propos du traité de N.A. KAIROV : Pédagogie

Par le Groupe rédactionnel de révolutionnaire de Changhaï - 1969

Critique

La « Décision du Comité central du Parti communiste de Chine sur la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne » élaborée sous la direction personnelle du président Mao, dit : « Réformer l’ancien système d’éducation ainsi que les anciens principes et méthodes d’enseignement est une tâche extrêmement importante pour la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne en cours. » A l’heure actuelle, nous devons poursuivre cette « tâche extrêmement importante » formulée par le président Mao. Une expérience majeure de la révolution prolétarienne dans l’enseignement est qu’il faut persister dans la critique révolutionnaire de masses au moyen de la pensée­mao­tsétoung, pour liquider l’influence pernicieuse de la ligne révisionniste contre­révolutionnaire introduite dans l’enseignement par Liou Chao­chi, ce renégat, agent de l’ennemi et traître à la classe ouvrière.

Cette ligne a des fondements « théoriques » qui ne sont autres quele traité : Pédagogie dû à N.A. Kairov, une « sommité » de l’enseignement révisionniste en Union soviétique. Le premier chapitre de l’édition de 1956 nous montre que ce traité contribue à la réalisation des « nouvelles tâches dans le domaine de l’éducation définies par le Xxè Congrès » des révisionnistes soviétiques et qui visent toutes le même objectif : la restauration du capitalisme.

Peu après le début de la révolution socialiste en Chine, Liou Chao­ chi et ses agents dans le domaine de la culture et de l’éducation – Lou Ting­yi et ses suppôts – désignaient l’ouvrage de Kairov comme manuel d’enseignement pour les écoles normales supérieures du pays.

Ils cherchaient ainsi à s’opposer à la ligne prolétarienne du président Mao dans l’enseignement. En 1957, ils invitèrent même Kairov à Pékin et à Changhaï notamment pour lui permettre d’y répandre son absurde théorie.

A cette occasion, Liou Chao­chi le reçut personnellement et eut un « entretien à cœur ouvert » avec lui.

En 1958, nos enseignants et étudiants révolutionnaires, à la lumière de la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao, imprimèrent un essor à la révolution dans l’enseignement et critiquèrent impitoyablement Kairov et sa pédagogie. Venant à sa rescousse, Lou Ting­yi chercha à étouffer ce puissant mouvement révolutionnaire en affirmant bruyamment que Pédagogie était un « livre socialiste ».

Expliquant la loi de la lutte des classes au cours de la période socialiste, le président Mao a indiqué : « Le prolétariat cherche à transformer le monde selon sa conception du monde, et la bourgeoisie, selon la sienne. A cet égard, la question de savoir qui l’emportera, du socialisme ou du capitalisme, n’est pas encore véritablement résolue. »

Qui rééduque qui ?

Tranformer les anciennes écoles bourgeoises selon le concept du président Mao sur l’éducation prolétarienne ou permettre au système pédagogique de Kairov de régner sur nos écoles ? C’est là une lutte acharnée entre le prolétariat et la bourgeoisie sur le front de l’éducation. Aussi est-­il indispensable d’analyser et de critiquer Pédagogie de Kairov, à l’aide du marxisme, du léninisme, de la pensée­-maotsétoung, pour développer en profondeur la révolution dans l’enseignement.

 1. Deux points de vue diamétralement opposés sur l’éducation

Qu’est­ ce que l’éducation ?

Dans le premier chapitre de son traité, Kairov y répond nettement : « L’éducation est purement un phénomène de l’humanité. » Cette définition efface complètement une réalité fondamentale, à savoir que dans la société de classes, l’éducation est un phénomène de la lutte des classes.

Il ne s’agit nullement de « recevoir une éducation appropriée pour être un homme ».

L’éducation répond toujours aux besoins d’une classe pour le maintien de sa domination.

Elle est une nécessité de la lutte de classes et non un besoin de l’« homme », en tant que notion abstraite.

Une classe, quelle qu’elle soit, éduque toujours la jeune génération suivant la conception du monde et la ligne politique qui lui sont propres, en vue de former ses successeurs et de consolider sa domination.

Après avoir arraché le pouvoir, le prolétariat doit donc transformer l’éducation, instrument de domination de la bourgeoisie, en un instrument pour briser cette domination et éliminer, une fois pour toutes, la bourgeoisie et les autres classes exploiteuses, et la transformer en une position importante, où « le prolétariat doit exercer, dans tous les domaines, sa dictature sur la bourgeoisie au niveau de la superstructure, y compris les divers secteurs de la culture ».

Nous devons, par l’éducation prolétarienne, former, parmi les ouvriers, les paysans pauvres et moyens pauvres, et lescombattants de l’Armée populaire de Libération, des travailleurs instruits ayant une conscience socialiste, afin de consolider la dictature du prolétariat et mener jusqu’au bout la révolution et l’édification socialiste.

Nous ne permettrons à personne d’effacer, sous quelque prétexte que ce soit, le net caractère de classe de cette éducation. Kairov, porté aux nues par Lou Ting­li, qui le qualifiait de pédagogue « socialiste », a ainsi défini l’essence de l’éducation : c’est la « génération adulte qui transmet ses connaissances et son expérience à la jeune génération ».

Par conséquent, les écoles socialistes « ont pour tâche primordiale d’enseigner aux élèves des connaissances générales, profondes et exactes, sur la nature, la société et le développement de la pensée humaine ».

En bon perroquet, Lou Ting­yi répétait : « La définition de l’éducation est très claire : transmettre des connaissances et assimiler des connaissances. Voilà ce qu’on entend par éducation. »

Est­-ce vraiment cela ?

La connaissance et l’enseignement des connaissances ne peuvent être dissociés des classes ni de la politique.

Il n’est pas vrai non plus que « tous les enfants sont égaux » à cetégard, comme le prétend Kairov. La connaissance et la culture sont le reflet de l’être social. Le président Mao nous enseigne : « Depuis qu’existe la société de classe, il n’y a au monde que deux sortes de connaissances : l’une provient de la lutte pour la production et l’autre de la lutte des classes. »

L’éducation, étant un instrument de la lutte et de la dictature de classe, les connaissances qu’elle transmet sont de toute évidence imprégnées d’un profond caractère de classe.

Dans les écoles fondées par les propriétaires d’esclaves à destination de leurs enfants, on apprenait aux élèves à tirer et à tuer, en prenant des esclaves comme « cibles ».

C’était là transmettre une sorte de « connaissance », les « connaissances » des propriétaires d’esclaves.

Hitler proclamait bien haut : « Nous formerons » des fascistes « qui feront trembler le monde ».

Cela aussi était une transmission de « connaissances », de « connaissances » fascistes.

Le social-­impérialisme s’est vanté récemment de ce qu’il formerait des « jeunes cadres » capables de « prendre des décisions sans sourciller » et d’accomplir leur tâche d’agression « sans aucune hésitation ». Il s’agit là de « connaissances » social­impérialistes. Dans Pédagogie, Kairov parle beaucoup des « explorateurs et voyageurs » de l’époque tsariste, et essaie d’« encourager les étudiants à développer leur esprit d’aventure ».

Ne voit­-on pas clairement par là quelles « connaissances » Kairov cherche à leur transmettre ?

Comme l’a indiqué Lénine : « L’ancienne école déclarait vouloir former un homme ayant une culture générale complète et enseigner les sciences en général. Nous savons que c’était entièrement faux ».

« Chaque mot (de toute l’ancienne école) était adapté aux intérêts de la bourgeoisie. »

Est­-il exact que « tous les enfants sont égaux » quand il s’agit d’ « acquérir des connaissances » ?

Cette absurdité opportuniste du genre : « L’éducation nationale égale pour tous », prônée par Lassalle, a été réfutée depuis longtemps par Marx.

Après l’apparition des classes, toutes les classes exploiteuses au pouvoir ont monopolisé la connaissance à leur profit, privant les classes exploitées de leur droit à l’instruction.

Dans ce pays esclavagiste d’Orient qu’était l’Inde antique, les lois prévoyaient la peine de mort pour quiconque laissait la classe méprisée des Soudras accéder à l’instruction.

Dans la Chine antique, Confucius, représentant de l’aristocratie décadente des propriétaires d’esclaves, recommandait de maintenir le peuple dans l’ignorance.

Il disait : « On peut laisser agir le peuple, mai sans le laisser comprendre ».

Cette politique fut appliquée pendant plus de 2000 ans par les propriétaires fonciers féodaux.

L’éducation bourgeoise, née avec l’apparition des rapports capitalistes de production, est entièrement soumise aux lois du profit, qui sont le reflet de la nature réactionnaire de la bourgeoisie.

Son « système à deux cycles » a un caractère de classe encore plus prononcé : asservissement et exploitation.

Aux enfants de la bourgeoisie, on enseignera des « connaissances » leur permettant d’exploiter et d’opprimer les travailleurs, et de devenir de futurs gouvernants.

En ce qui concerne les enfants issus de familles travailleuses, ou on les repoussera ou on les éduquera dans le seul but de former « des serviteurs utiles » de la bourgeoisie, « susceptibles de lui rapporter des bénéfices, sans troubler sa quiétude et son oisiveté » (Lénine) Toutes les théories visant à effacer le caractère de classe de l’éducation sont donc une tromperie politique pure et simple. Pédagogie de Kairov, ce livre imprégné du caractère de classe de la bourgeoisie, est ne réalité une attaque de la bourgeoisie contre le prolétariat.

C’est ce même Kairov qui, vantant le « principe directeur » de sa Pédagogie, a dit en 1957 : « A l’heure actuelle, les écoles ont une double tâche : former les élèves, d’une part, pour les établissements de l’enseignement supérieur et de l’autre, pour le travail productif. »

La « double tâche » prêchée par Kairov est l’équivalent des « deux sortes de système d’éducation » que prônait Liou Chao­chi ; elle est également synonyme de la course vers le sommet de la « pyramide », invention de Lou Ting­yi : une minorité seule peut en atteindre le sommet et devient de nouveaux éléments bourgeois, tandis que la grande majorité est rejetée à la base.

En cas de restauration capitaliste, c’est à celle­-ci que reviendra le travail productif.

Bien que Kairov, Liou Chao­chi et Lou Ting­yi donnent diverses dénominations à leurs absurdités, telles que « l’éducation accessible à tous », « la double tâche », « deux sortes de systèmes d’éducation » et la course vers le sommet de la « pyramide »,l’objectif reste le même : transformer le prolétariat à l’image de la bourgeoisie et restaurer le capitalisme.

Kairov déclare ouvertement que les théories sur l’éducation avancées par Coménius, pédagogue bourgeois tchèque du XIVe siècle, et Ushinsky, pédagogue bourgeois russe du XIXe siècle, sont « contraires aux principes dominants du système social de l’époque », et qu’elles constituent pour nous « la plus précieuse expérience en matière d’éducation ».

Les théories bourgeoises sur l’éducation formées sur la base de l’économie capitaliste « s’opposaient » non seulement au système social du capitalisme, mais elles sont encore glorifiées comme « la plus précieuse expérience en matière d’éducation » pour le système socialiste !

Cela montre simplement que, dans son essence, la théorie de Kairov ne diffère ne rien de l’éducation bourgeoise traditionnelle.

Ce à quoi s’oppose cette éducation, c’est au système du socialisme et non à celui du capitalisme.

« Sans destruction, pas de construction ; sans barrage, pas de courant, sans repos, pas de mouvement ».

Kairov, professeur par l’exemple négatif, nous a fait comprendre que le prolétariat ne peut établir son propre système d’éducation qu’en critiquant à fond le système d’éducation bourgeois, sesthéories et ses idées. « L’éducation doit être au service de la politique du prolétariat et être combinée avec le travail productif.

Notre politique dans le domaine de l’éducation doit permettre à ceux qui la reçoivent de se former sur le plan moral, intellectuel et physique pour devenir des travailleurs cultivés, ayant une conscience socialiste. »

Sur ces problèmes fondamentaux, une nette ligne de démarcation doit être tracée entre l’éducation prolétarienne et l’éducation telle que la conçoivent la bourgeoisie et les autres classes exploiteuses.

 2. Deux théories de la connaissance diamétralement opposées

Partant de la conception pédagogique réactionnaire mentionnée plus haut, Kairov a annexé les principes d’enseignement de Comenius, la théorie de l’éducation morale d’Ushinsky, et même « la méthode d’enseignement en quatre degrés » du pédagogue réactionnaire allemand Herbart, les incorporant à son pompeux « système » d’enseignement où il est question de choses telles que les « cinq principes d’enseignement », les « six phases d’une leçon », le « système de notation sur cinq », ainsi que tout un tas de « doctrines », « structures », « programmes », « règles », « moyens » et « méthodes ».

Ce système est vraiment un modèle de philosophie scolastique. Pourtant, Liou Ting­yi et ses émules n’ont eu que louanges pour son caractère « scientifique », et ont ordonné à tous les enseignants du pays de l’appliquer à la lettre.

Est-­il vrai que ce système soit à ce point scientifique ? Non. Il s’agit en réalité d’un système pseudo­scientifique, aux antipodes de la science.

Le président Mao a dit : « Dans les écoles, toute activité vise à transformer l’idéologie des élèves. »

Le processus de l’enseignement, c’est celui de la connaissance, il n’existe aucune connaissance qui ne porte une empreinte de classe. Par conséquent ce processus est celui de la lutte entre les deux idéologies, celui de la victoire des idées prolétariennes sur les idées non prolétariennes, celui de l’établissement progressif de la conception prolétarienne du monde chez les élèves, au cours de l’étude et de l’application vivantes du marxisme, du léninisme, de la pensée-mao­tsétoung, et au cours des trois grandes pratiques révolutionnaires – la lutte des classes, la lutte pour la production et l’expérimentation scientifique.

Pour que le processus de l’enseignement puisse se dérouler correctement, cela suppose une juste théorie de la connaissance. Le prolétariat dispose de la théorie matérialiste dialectique de la connaissance, et la bourgeoisie, de la théorie métaphysique et idéaliste de la connaissance. Quelle est celle qui a été utilisée par Kairov pour aboutir à ses innombrables « principes » et « méthodes » ?

Après avoir cité une directive de Lénine sur la théorie de la connaissance, il affirme délibérément : « Le processus de l’enseignement n’est pas et ne peut pas être parfaitement identique à celui de la connaissance scientifique. »

Cela revient à déclarer que la théorie marxiste-léniniste de la connaissance n’est pas valable dans le processus de l’enseignement.

Ayant catégoriquement rejeté la théorie marxiste de la connaissance, Kairov avance la sienne : tout irait bien si les élèves pouvaient « assimiler ce qui est déjà connu », « les connaissances existantes » « accumulées par les hommes depuis des siècles », car elles constituent « un trésor, solide et sûr, une vérité absolue et immuable.

Par l’emploi d’expressions telles que : « accumulées », « existantes » , « solide et sûr », Kairov se révèle digne du nom de « capitaliste des connaissances » !

Mais ce « capitaliste » là ne comprend rien à la connaissance matérialiste historique de la lutte des classes.

Etant donnée la conception réactionnaire du monde qui est celle des classes exploiteuses, les « connaissances » accumulées par ces dernières comportent d’innombrables erreurs qui déforment la réalité objective.

Prenons, par exemple, l’Histoire.

Celle qui est due aux classes exploiteuses est une inversion : les paysans qui firent progresser l’Histoire par leurs insurrections dans la société féodale sont qualifiés ignominieusement de « brigands » et de « bandits ».

Par contre, les empereurs, rois, généraux et ministres sont présentés comme les maîtres de l’Histoire, laquelle a su progresser grâce à leur « politique de concessions ». sans critiquer ce point de vue réactionnaire, il est impossible d’acquérir la moindre connaissance historique « existante » et scientifique. Comment pourrions-­nous considérer toutes ces absurdités réactionnaires, prêchées pendant « des siècles » par les propriétaires fonciers et la bourgeoisie, comme un « trésor » « existant » et « solide et sûr » qu’il nous suffirait d’accepter ? N’est­-ce pas là encourager ouvertement les élèves à « assimiler » docilement n’importe quel poison spirituel ?

N’est-­ce pas là former des laquais de la bourgeoisie, réfractaires à toute vérité révolutionnaire ?

N’est­-ce pas là une théorie typique de la restauration culturelle ?Le président Mao nous enseigne : « Dans le processus général, absolu, du développement de l’univers, le développement de chaque processus particulier est relatif et (...) par conséquent, dans le flot infini de la vérité absolue, la connaissance qu’ont les hommes d’un processus particulier à chaque degré de son développement n’est qu’une vérité relative. De la somme d’innombrables vérités relatives se constitue la vérité absolue. » Les « connaissances » qui renferment une part de vérité relative, elles-mêmes, doivent être examinées, transformées et développées à la lumière de la pratique révolutionnaire actuelle du prolétariat ; elles ne doivent pas être considérées comme immuables. Quand on veut maîtriser rapidement les connaissances les plus récentes dans le domaine des sciences de la nature, c’est­-à­-dire les vérités relatives découvertes à une nouvelle étape du développement, il n’est pas toujours nécessaire d’en examiner l’évolution sur des « siècles ».

D’emblée, on n’a qu’à parler des dernières découvertes et des créations les plus nouvelles de la classe ouvrière.

Il est à noter que si les anciens manuels se caractérisent par la répétition et la complication inutiles de leur contenu, l’une des raisons en est l’influence néfaste du « trésor, solide et sûr » de Kairov.

Le fait que Kairov a pétrifié les connaissances n’est pas seulement dû à son ignorance, mais surtout à sa nature réactionnairebourgeoise. La bourgeoisie, qui depuis longtemps décline comme le soleil couchant derrière les montagnes de l’ouest, n’ose regarder en face la lutte ardente du prolétariat et des peuples révolutionnaires, ni la situation révolutionnaire caractérisée par le développement rapide de la lutte de classes, de la lutte pour la production et de l’expérimentation scientifique.

Elle ne peut que tourner le dos à notre époque et vivre en fonction du passé.

Considérant l’idéologie traditionnelle des propriétaires de serfs, des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie, réactionnaires et corrompus, comme des connaissances « solides et sûres », elle interdit de les révolutionner, de les critiquer et de les développer. Cela, dans le vain espoir de s’opposer à la diffusion fulgurante du marxisme, du léninisme, de la pensée-mao­tsétoung dans le monde. Lou Ting­yi n’a­t­il pas proclamé tant et plus : « Il y a de nombreuses universités qui se sont engagées dans le réforme de l’enseignement ; moi, je les regarde faire » ?

Le vrai but poursuivi par la bourgeoisie, en « consolidant » les connaissances, était de « consolider » sa position dominante et de perpétuer son exploitation des travailleurs ; c’était en d’autres termes « consolider » son « trésor ».

Les lois de la théorie marxiste de la connaissance sont les suivantes : « La pratique, la connaissance, puis de nouveau la pratique et la connaissance », « le point de vue de la pratique, c’est le point de vue premier, fondamental de la théorie matérialiste­ dialectique de la connaissance. »

Kairov déclare qu’il a trouvé le « chemin le plus court », c’est­-à­-dire passer directement directement des livres des professeurs à ceux des élèves.

Selon ses propres termes : « Ce qui détermine la qualité des connaissances chez les élèves », c’est « l’enseignement en classes », tandis que « la source des connaissances, ce sont les faits concrets, la description des objets, phénomènes, processus et événements, ainsi que la chose imprimée (les manuels en premier lieu) et la parole des professeurs, etc. »

Enseigner en classe, dans le cadre restreint des « cinq principes » et des « six phases » de Kairov, les quelques « matières imprimées », équivaut tout au plus à bourrer le crâne des élèves avec tous les manuels « classiques » et matériaux d’enseignement rédigés par la bourgeoisie.

Jetons un coup d’œil sur ceux édités par Lou Ting­yi et ses semblables conformément aux exigences de Kairov et de sa Pédagogie.

La conception de monde y est anti­marxiste ; le contenu politique répond aux besoins de la bourgeoisie et non à ceux de la révolution et de l’édification socialiste en cours. Les dispositions prises pour l’enseignement sont complètement métaphysiques, les cours nombreux, compliqués et détachés les uns des autres, de sorte que le monde objectif, vivant et dynamique, est comme fragmenté.

Enfermés tout au long de l’année dans la salle de classe, conçue par Kairov, comme dans une boîte hermétiquement close, les élèves sont forcés d’avaler des choses indigestes, datant des XVIIIe et XIXe siècles.

Pendant 16 ou 17 ans, ils n’ont pas l’occasion de voir du riz, du sorgho, du millet, du blé et du maïs, de voir comment les ouvriers travaillent, comment les paysans cultivent et comment se fait l’échange des marchandises.

N’est­-ce pas là les transformer délibérément en êtres stupides ? Il convient de souligner que nous ne nous opposons pas à ce que les élèves acquièrent des connaissances indirectes en classe et dans les livres.

L’enseignement est composé en partie de connaissances indirectes. Comme dit le président Mao : « Toutes les connaissances authentiques sont issues de l’expérience immédiate. Toutefois, on ne peut avoir de toutes choses une expérience directe ; en fait, la majeure partie de nos connaissances sont le produit d’une connaissance indirecte, par exemple toutes les connaissances que nous tenons des siècles passés et des pays étrangers. » Si on veut que les élèves assimilent des connaissances indirectes, on doit intégrer celles-­ci à la pratique révolutionnaire. Et c’est ainsi seulement qu’elles peuvent se transformer en « savoir authentique ».

« Que l’ancien serve l’actuel, que ce qui est étranger serve ce qui est national » et « qu’en rejetant ce qui est révolu on crée le nouveau », signifie en fait que pour répondre aux besoins de la révolution en cours, nous devons créer le nouveau en rejetant ce qui est révolu.

Le président Mao nous enseigne : « Il y a beaucoup de choses qu’on n’apprend pas dans les livres seuls, il faut les apprendre auprès des producteurs ­ des ouvriers et des paysans. » Par conséquent, les élèves doivent sortir de leurs écoles pour se lancer dans la lutte réelle et prendre pour maîtres les ouvriers, paysans et soldats ; « ils se consacreront principalement à leurs études, tout en s’efforçant d’acquérir une formation dans d’autres domaines, c’est­-à­-dire non seulement sur le plan culturel, mais également sur les plans industriel, agricole et militaire ; ils doivent aussi critiquer la bourgeoisie. »

Dans les facultés des sciences et de la technique, il faut créer des usines, tandis que les facultés des lettres doivent prendre la société entière comme usine. Certaines personnes demandent : les enfants en bas âge doivent-­ils aussi s’instruire selon cette loi ?

N’est-­ce pas par des livres d’images qu’ils apprennent à distinguer les « bons » des « mauvais » ?

Pour avoir le concept d’une certaine catégorie de choses, de phénomènes, il est évident que les jeunes enfants doivent aussi connaître tout d’abord des choses, des phénomènes particuliers, concrets.

Le bétail constitue un concept général, tandis que le bœuf et le buffle sont des concepts limités. Le bœuf que voit l’enfant est une chose concrète.

Avant d’entrer à l’école, les enfants prennent la société pour leur école et imitent les adultes travaillant ou faisant la guerre. De cette manière, ils reçoivent une éducation vivante. Mais, dans le passé, par suite de l’interférence de la ligne révisionniste en matière d’éducation, l’horizon des enfants était borné et là aussi une réforme s’avère indispensable. Par sa théorie antimarxiste de la connaissance, Kairov veut maintenir le règne d’une poignée de « sommités » réactionnaires bourgeoises en pédagogie et des intellectuels bourgeois dans les écoles. Afin de favoriser la restauration du capitalisme, il tente encore de transformer les jeunes en éléments bourgeois qui craignent la révolution et les masses, et résistent aux choses nouvelles, socialistes.

C’est dans ce but qu’il déclare avec encore plus d’arrogance : « Chaque parole, chaque directive du professeur revêt le caractère de la loi », « tout ce qui est discutable ou demande encore à être confirmé dans le domaine de la science doit être exclu des cours . » A quelle classe appartient cette loi ?!

Si les élèves s’y conforment, ils deviendront tous des esclaves de l’éducation bourgeoise, et leur cerveau ne servira qu’à retenir par cœur les paroles des professeurs.

Les élèves révolutionnaires doivent s’unir aux enseignants révolutionnaires pour abattre la « dignité du professeur » prêchée par les propriétaires fonciers et la bourgeoisie, pour s’opposer à ce que les élèves soient traités comme des ennemis.

Il faut en même temps discréditer la prétendue « éducation par l’affection » et ne pas tolérer que les élèves soient empoisonnés par la théorie bourgeoise de la nature humaine.

L’éducation révolutionnaire est une œuvre glorieuse, de même que le travail des enseignants révolutionnaires. Il est erroné de dire que « les enseignants sont malchanceux ». Sous l’impulsion de la révolution prolétarienne dans l’enseignement, des rapports absolument nouveaux entre enseignants et étudiants se dessinent dans de nombreuses écoles. Ce sont des rapports de camarades, de compagnons d’armes révolutionnaires, et non des rapports entre dirigeants et dirigés. Les enseignants doivent aimer et aider les élèves, se servir de la pensée-mao­tsétoung pour élever leur conscience politique, mettre pleinement en jeu leur esprit d’initiative, leur enthousiasme et leur esprit créateur, et faire en sorte qu’ils soient à même d’analyser et de résoudre les problèmes.

De leur côté, les élèves doivent respecter leurs professeurs, observer strictement la discipline et l’ordre révolutionnaire, étudier assidûment et avec dynamisme pour la révolution, et avoir un esprit révolutionnaire prolétarien.

La vérité a un caractère de classe.

Dans le domaine des sciences sociales, il n’a jamais existé de vérité reconnue comme « indiscutable » par toutes les classes. « En fin de compte, le régime socialiste se substituera au régime capitaliste. »

Cette vérité objective « indiscutable » pour le prolétariat et le peuple révolutionnaire l’est-­elle aussi pour la bourgeoisie ?

Le marxisme­-léninisme ­pensée-mao­tsé­toung s’est développé dans la lutte, et c’est seulement dans la lutte qu’on peut l’assimiler. S’opposer aux débats révolutionnaires dans les écoles, c’est s’opposer à l’esprit révolutionnaire du prolétariat, à l’utilisation du marxisme­-léninisme ­pensée-mao­tsétoung pour critiquer et occuper les positions contrôlées par la bourgeoisie. Par là, on peut comprendre que le véritable but de Kairov est de permettre uniquement aux herbes vénéneuses de la bourgeoisie de pousser partout, mais de ne pas tolérer l’existence de la vérité prolétarienne.

« Notre tâche essentielle consiste, entre autres, à opposer notre vérité et à l’imposer comme contre­poids à la « vérité » bourgeoise. » (Lénine)

Les élèves et enseignants révolutionnaires doivent utiliser le marxisme­-léninisme pensée­-maotsétoung pour occuper toutes les positions et lutter pour consolider la dictature du prolétariat et réaliser la grande vérité du prolétariat : « L’abolition sur le globe du système d’exploitation de l’homme par l’homme, qui apportera l’émancipation à toute l’humanité. »

 3. Tout tourne autour de l’« égoïsme » bourgeois

Liou chao­chi n’a­t­il pas inventé la théorie tristement célèbre de« la fusion entre intérêt public et intérêt privé » ?

Cette théorie a sa réplique chez Kairov : « la transformation de l’intérêt public en intérêt privé », autrement dit, « l’intérêt public bien compris, c’est mon intérêt personnel. »

Bien qu’énoncées différemment, ces deux théories poursuivent le même but – « la transformation » de l’intérêt public en intérêt privé, du socialisme en capitalisme.

Les théories et la pratiques préconisées par Kairov dans sa Pédagogie ont pour point de départ la théorie de « la transformation de l’intérêt public en intérêt privé ». Lou Ting­yi et ses semblables ont utilisé également cette sinistre théorie comme appât en colportant l’ouvrage de Kairov. Ce dernier affirme notamment que parmi les innombrables principes qu’il a énoncés, il en est un seul qui « peut être étendu à tous les stades et à toutes les phases du processus de l’enseignement », et ce principe majeur, c’est « la conscience et l’initiative des élèves ».

Mais quel est le caractère de cette conscience et de cette initiative ? Comment les aiguillonner ?

« L’obtention de bonnes notes, c’est cela le moteur dans la vie des élèves » et « le stimulant dans leurs études ». Voilà ce que répond Kairov. Comment faire pour les encourager dans cette voie ? Lorsque « des hommes de science et des artistes réputés, ainsi que des personnages historiques (...) deviennent l’idéal des élèves », ceux­ci « trouveront en eux un encouragement spirituel ». Telle est l’explication de Kairov. La pointe du poignard sort de la manche.

Par ce qu’il appelle « conscience et initiative », il veut au fond amener les élèves à étudier avec acharnement selon le « critère » incarné par les représentants de la bourgeoisie et des propriétaires fonciers.

Il va sans dire que le prolétariat doit assimiler les connaissances scientifiques. Lénine a dit : « Les travailleurs aspirent à la connaissance parce qu’elle leur est indispensable pour vaincre. » Le prolétariat réalise, d’autre part, que la victoire dont parle Lénine, et qui comprend la nécessité de maîtriser réellement les connaissances, s’appuie tout d’abord sur la puissante dictature du prolétariat.

En conséquence, comme l’a indiqué le président Mao : « Les jeunes doivent accorder la première place à une orientation politique juste et inébranlable ». Si l’on étudie, c’est pour la révolution, la consolidation de la dictature du prolétariat et la continuation de la révolution sous cette dictature.

Kairov n’épargne aucun effort pour encourager les étudiants à considérer leurs connaissances comme un « trésor », c’est­à­dire en faire un capital personnel leur permettant d’acquérir la richesse et la célébrité, en tirer de l’orgueil et pratiquer le donnant donnant. Les classes féodales disent : « La compétence dans les lettres et l’art militaire apportera une fortune comparable à celle des empereurs et des rois » ; la bourgeoisie pour sa part affirme : « On n’a pas à redouter de rester sans emploi si l’on étudie bien les mathématiques, la physique et la chimie. »

Combien de jeunes gens ont été empoisonnés par cette camelote ! En convertissant les connaissances en bien personnel, les élèves peuvent­ils, comme le prêche Kairov, se façonner « une conception du monde et une conception morale sublimes » ?

C’est absolument impossible !

Deux mille trois cents ans avant Kairov, Socrate, pédagogue des maîtres d’esclaves de Grèce, avait déjà répandu à tous les vents cette absurdité : « La connaissance, c’est la vertu. » Plus tard, les philosophes bourgeois lancèrent l’ineptie : « La connaissance, c’est la force. » Mais, il n’y a au monde ni « conception du monde » ni « conception morale », ni « force », qui soient au­dessus des classes.

A quelle classe appartiennent « la conception du monde et la conception morale » que Kairov recommande aux élèves ? Pour quelle classe prépare­t­il des « forces » de réserve ? Jetons un coup d’œil sur le processus de formation qu’il préconise, c’est­à­dire le système d’enseignement dit en « ligne droite » : dès son entrée à l’école, un élève vise à s’élever. En terminant l’école primaire, il espère être admis à l’école secondaire ; en terminant l’école secondaire, il espère entrer à l’université et ensuite dans un institut académique et passer les examens de doctorat.

Alors que seule une minorité de gens ayant obtenu le titre de licencié ou de docteur, sont qualifiés pour accéder au « paradis » de la couche privilégiée, de la bourgeoisie, la plupart, après avoir terminé l’école primaire ou secondaire, vont travailler comme ouvriers ou paysans et doivent subir l’exploitation et l’oppression de la bourgeoisie.

Passons maintenant au critère le plus élevé qu’il a établi : « perfectionnement intérieur » ­ « perfectionnement extérieur » ­ « développement général » . Ce qui signifie qu’il faut passer du « perfectionnement intérieur » ­ « s’assurer une position dans la société » et « satisfaire ses besoins personnels » ­ au « perfectionnement extérieur » ­ « élégance vestimentaire », « coiffure soignée » et « belles manières » ­ et ainsi « se développer de façon générale » pour devenir une « force » à « conception morale » bourgeoise, pour devenir des hypocrites, politiciens et aristocrates de l’esprit, de la bourgeoisie. Dans le pays du social­impérialisme, les responsables engagés dans la voie capitaliste, qui « se sont développés de façon générale » en passant du « perfectionnement intérieur » au « perfectionnement extérieur », ne dominent­ils pas les travailleurs et ne font­ils pas partout la loi ?

Quelle est donc cette « ligne droite » ?

C’est une ligne qui crée la différenciation de classes en vue de la restauration du capitalisme !

Quel développement général est­ce là ?

C’est une « évolution générale » vers le capitalisme ! La révolution prolétarienne dans l’enseignement vise précisément à briser cette sinistre ligne contre­révolutionnaire en matière d’éducation et à faire échec à cette « évolution pacifique » tentée par la bourgeoisie. Nous devons, conformément aux directives du président Mao, emprunter la voie suivie par l’Usine de machines­outils de Changhaï, afin de former des travailleurs instruits ayant une conscience socialiste, des hommes nouveaux, communistes, tels que le grand combattant communiste Lei Feng et Kin Hsiun­houa, ce modèle pour les jeunes révolutionnaires.

Kairov ne souligne­t­il pas à maintes reprises que « l’étude des nombreux problèmes de la pédagogie » implique « la nécessité » de choisir certains « stimulants » pour « stimuler » tant les élèves que les enseignants ?

Pour les élèves, ces « stimulants » ce sont les personnalités « célèbres » et « remarquables » des classes exploiteuses. Il les utilise pour « stimuler » les élèves dans la recherche de la célébrité, de la richesse et de la haute position des aristocrates de l’esprit.

Aux professeurs, il affirme que « le professeur est l’incarnation de tout ce qui est beau et l’exemple à suivre », afin de les « stimuler » dans leur enthousiasme à former des aristocrates de la bourgeoisie, de les enfermer solidement dans cette maison sans issue qu’est le système d’éducation bourgeois, et de les rendre réfractaires à toute transformation idéologique.

En recourant à ce « moyen de stimulation », Liou Chao­chi, Lou Ting­yi et consorts ont pu recruter des « sommités » réactionnaires bourgeoises des milieux de l’enseignement et des intellectuels bourgeois, et corrompre une partie des jeunes enseignants et étudiants, ce qui a garanti sur le plan organisationnel l’application de leur ligne pédagogique et de leur ligne politique, révisionnistes et contre­révolutionnaires.

La brillante victoire de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne a proclamé l’échec total du « moyen de stimulation » de Kairov aux yeux des intellectuels révolutionnaires. Au cours de l’actuelle révolution prolétarienne dans l’enseignement, les enseignants et élèves révolutionnaires doivent tous rompre avec le « moyen de stimulation » réactionnaire des classes exploiteuses et « lutter contre l’égoïsme et critiquer le révisionnisme » : ils doivent se transformer, à l’image de la classe ouvrière, en combattants qui continuent à faire la révolution sous la dictature du prolétariat sans craindre ni les épreuves ni la mort et luttent toute leur vie pour consolider cette dictature et prévenir la restauration du capitalisme.

 4. Une expérience historique qui mérite attention

Je suis opposé à l’« éducation moderne » bourgeoise. Tel est l’atout de Kairov.

Certes, se posant en continuateur de l’école bourgeoise de l’« éducation traditionnelle », il « s’oppose » naturellement, mais en apparence, à Dewey, représentant de l’école bourgeoise de l’« éducation moderne » et intellectuel à la solde de l’impérialisme américain. L’« éducation traditionnelle » met l’accent sur la transmission des connaissances tandis que l’« éducation moderne » insiste sur la « formation professionnelle », cela reflète seulement une querelle au sein de la bourgeoisie.

En dernière analyse, ces deux écoles servent toutes à former des continuateurs de la bourgeoisie, à protéger le capitalisme ou à le restaurer.

En réalité, au fur et à mesure que le marxisme-­léninisme ­pensée­-maotsétoung se propage à l’échelle mondiale, les différents courants pédagogiques réactionnaires au sein de la bourgeoisie tendent à s’allier pour résister conjointement au prolétariat. Examinons bien s’il y a vraiment une différence entre, d’une part, les deux thèses de Kairov – celle des « germes de connaissances chez l’enfant » et celle qui dit que l’éducation, c’est « organiser la vie des enfants », et d’autre part l’éducation pragmatique de Dewey où il est question de placer « les enfants au centre » et où « l’éducation, c’est la vie ».

En une phrase, Lou Ting­yi a révélé le « secret » : la Pédagogie de Kairov a « le mérite de se substituer à celle de Dewey ». C’est précisément pour cette raison qu’à l’époque, la poignée des disciples chinois de Dewey, protégés par la ligne révisionniste contre­révolutionnaire de Liou Chao­chi en matière d’éducation, sesont successivement métamorphosés en « experts » de la soi­-disant Pédagogie de Kairov.

Certains d’entre eux ont usurpé des postes de direction dans les départements de l’enseignement, et d’autres, dispersés dans tous les coins du pays, se livraient à l’imposture.

C’est là une manifestation de la lutte des classes qui doit inciter à la réflexion.

Ce qui mérite particulièrement notre attention, c’est qu’au début des années 60, Kennedy, chef de file des impérialistes américains, constatant que l’éducation pragmatique de Dewey ne pouvait plus, depuis longtemps, duper les jeunes progressistes américains, s’est empressé de mettre en avant « le critère sublime » des connaissances.

Ainsi a-­t­-il officiellement appelé l’« éducation traditionnelle » à son secours.

A l’époque, Kairov et consorts, sous prétexte de « resserrer les liens entre l’école et la vie », se sont rapprochés davantage de l’éducation pragmatique de Dewey.

Même la presse bourgeoise occidentale estimait que ces deux écoles « fusionnaient » et « marchaient dans la même voie ». Il ne fait pas de doute que le révisionnisme finira par former une alliance réactionnaire avec l’impérialisme, tant sur le planpolitique que sur le plan idéologique et culturel. Le prétendu « système » de Kairov est une absurdité. Mais il nous a permis de découvrir un problème sérieux : la bourgeoisie, après la prise du pouvoir par le prolétariat, cherche, grâce au domaine culturel et notamment à l’enseignement, à reprendre le pouvoir au prolétariat, afin de soumettre de nouveau ce dernier à la répression et à la domination.

Cette expérience historique de la lutte engagée entre la bourgeoisie, qui tente d’opérer un retour, et le prolétariat, qui s’y oppose, mérite toute notre attention.

Au cours de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne de ces trois dernière années, sous la direction du quartier général prolétarien, ayant le président Mao comme chef, nous avons brandi ce bâton magique qu’est la pensée-­maotsétoung et abattu Liou Chao­chi, ce renégat, agent de l’ennemi et traître à la classe ouvrière, ainsi que ses agents dans le domaine de l’enseignement. A l’étape de la lutte-­critique­réforme, le président Mao a donné en temps utile l’instruction directrice suivante : « ... il faut réduire la scolarité, mener la révolution dans l’enseignement, placer la politique prolétarienne au poste de commandement et emprunter la voie suivie par l’Usine de machines-­outils de Changhaï qui forme son personnel technique à partir des rangs de ses ouvriers. Les étudiants doivent être choisis parmi les ouvriers et le paysans,qui ont de l’expérience pratique : après quelques années d’études, ils retourneront à la pratique de la production. »

Encouragée par cette brillante directive, la révolution prolétarienne dans l’enseignement a pris son essor dans tout le pays. On voit s’établir progressivement un système d’enseignement au service de la politique prolétarienne, étroitement lié à la pratique des trois grands mouvements révolutionnaires (la lutte des classes, la lutte pour la production et l’expérimentation scientifique) et une armée d’enseignants déterminés à lutter pour la réalisation de la révolution prolétarienne dans l’enseignement est en train de se former.

Mais la lutte des classes sur le front de l’éducation n’a pas cessé, et la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie pour gagner les jeunes non plus.

Il faut être lucide : nous avons encore beaucoup à faire pour la vaste critique révolutionnaire dans l’enseignement. C’est seulement en stigmatisant à fond la conception bourgeoise du monde qu’il nous est possible de transformer radicalement les anciens systèmes, principes et méthodes d’enseignement, et d’établir solidement un nouveau système prolétarien fondé sur la pensée­-maotsétoung.

Saluons le nouvel essor de la révolution prolétarienne dans l’enseignement en levant encore plus haut le grand drapeau rouge de la pensée-­maotsétoung !