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Que l’agriculture prenne exemple sur Tatshai − 1972

par Jin Yanshi

Sous la conduite de sa cellule du Parti, la brigade de production de Tatshai, située dans une région montagneuse à plus de 1000 m d’altitude dans le Shanxi, en Chine du Nord, lutta contre la nature pour aménager des champs en terrasses à rendement stable et élevé, grâce à ses propres forces et à un labeur inlassable. D’un pauvre village de montagne avant la Libération, Tatshai est devenu un nouveau village socialiste florissant.

En 1964, le président Mao lança l’appel à tout le pays : « Que l’agriculture prenne exemple sur la brigade de production de Tatshai. » Depuis le début de la grande Révolution culturelle prolétarienne, un mouvement de masse fut déclenché dans ce sens à l’échelle de la nation. Le district de Siyang où se trouve cette célèbre brigade devint un district de type Tatshai.

Qu’en est­il de toute la province du Shanxi depuis que le mouvement a été généralisé ? Le présent article en donnera un aperçu. Durant ma récente visite dans plus de 30 districts du Shanxi, j’ai été enthousiasmé par les changements intervenus depuis un an, par suite dudit mouvement.

La popularisation de l’expérience de Tatshai

A Siyang, premier district de type Tatshai dans cette province, partout s’offrent au regard les champs en terrasses aménagés sur les collines. Le long de chaque cours d’eau ont été érigées des digues de pierre qui protègent les nouveaux champs établis au bord de l’eau. Les cultures poussaient dru et portaient de lourds épis.

En 1970, le district de Siyang produisait par tête d’habitant 500 kg de céréales. On remarquait encore à cette époque une différence manifeste dans la croissance entre les cultures de la plaine, et celles qui poussaient sur les versants et au sommet des collines.

Revenu là à la mi­-août 1971, j’ai constaté la disparition de cette différence, les cultures étaient partout aussi robustes dans la plaine comme sur les versants. Comment cela s’est-­il produit ? Durant l’année écoulée, le Comité du Parti du district de Siyang a continué de veiller à la révolutionnarisation des équipes dirigeantes [1].

Développant en profondeur le mouvement pour la critique du révisionnisme et la rectification du style de travail, il les a aidées à résoudre en temps opportun les problèmes surgis dans leur sein. Il en est résulté une action unifiée des directions aux échelons du district, de la commune populaire et de la brigade de production et une union solide des 200.000 habitants du district.

Cet état de choses a contribué à développer encore l’agriculture. Le camarade Zhen Yonggui, secrétaire du Comité du Parti du district, a déclaré :

« Je suis sûr que l’excédent de céréales que notre district peut vendre cette année à l’État approchera, voire dépassera la production globale de 1966. »

Quittant Siyang, je me suis dirigé vers le sud pour arriver dans la dépression du Shanxi central et méridional, puis, j’ai rebroussé chemin pour visiter la région des monts Liuliang. Durant mon voyage, j’ai vu que l’expérience de Tatshai se popularisait graduellement partout, de la brigade de production à la commune populaire et puis au district.

Il y avait eu autrefois dans cette province des unités qui s’étaient distinguées dans le mouvement pour apprendre de Tatshai, néanmoins, le changement n’était pas notable dans l’ensemble de la province. La grande Révolution culturelle a permis aux larges masses populaires d’assimiler la pensée­ Mao Zedong. Sur cette base et avec l’apparition de l’exemple de Siyang, l’expérience de Tatshai a commencé à se matérialiser dans les communes populaires et les districts. Dans le district de Bingshun, à cheval sur la chaîne des Daihang, le rendement unitaire des céréales a atteint l’année dernière la norme prévue.

Cette année, le développement de l’agriculture s’est poursuivi. Le camarade Li Shun­da, travailleur modèle et secrétaire du Comité du Parti de ce district, m’a dit :

« Cet été, notre district a souffert de trois inondations d’une gravité exceptionnelle, mais nous les avons combattues en nous inspirant de l’esprit de Tatshai, et un accroissement de la production est en perspective dans plus de 200 brigades de production de notre district. »

Un tel état de choses n’aurait été guère concevable dans le passé. Seule une équipe dirigeante comme celle de Tatshai est à même de pousser plus avant le mouvement en question.

La preuve la plus éloquente en est la métamorphose survenue dans les grandes brigades (villages). Chaque district compte un certain nombre de grandes brigades ayant de 500 à 1000 foyers.

Vu le nombre de leurs habitants, l’étendue de leurs terres et l’importance de leur production, ces brigades, bien qu’elles ne représentent que 1/3 ou 1/4 de la totalité des brigades, exercent par leur changement une influence relativement grande sur l’ensemble de leur district. Ces brigades sont en général avantagées par les conditions naturelles et sont le théâtre d’une lutte de classes complète.

La tendance au capitalisme y était grave. Pour de nombreux districts et communes populaires, l’une des causes fondamentales de leur retard réside dans l’influence négative des grandes brigades. Au cours de l’année écoulée à la lumière de l’expérience du district de Siyang, tous les districts ont intégré le développement de la lutte de classes et le travail de consolidation et d’édification du Parti au mouvement pour apprendre de Tatshai.

Après avoir consolidé et renforcé l’équipe dirigeante des grandes brigades arriérées, celles­ci, dans la plupart des cas, sont devenues des unités avancées.

Certaines ont pu même doubler leur production en une année seulement ; d’autres, au lieu de dépendre de l’État pour une partie de leurs céréales, ont pu lui vendre du surplus de grain.

La brigade de production de Tsinkia, dans le district de Touenlieou, qui pratiquait une culture extensive, a obtenu l’année dernière un rendement de 31,5 q/ha, grâce à des mesures prises pour la conservation des eaux et du sol. Dans certaines brigades de production, les paysans ont, cette année, élevé considérablement le rendement du blé et du millet, qui restait bas autrefois. Par exemple, une brigade du district de Wenchouei a obtenu en moyenne 52,5 q/ha sur ses 170 ha de champs irrigués, dont 20 hectares ont donné un rendement de 75 q/ha.

Dans les régions plus froides, la production céréalière a également augmenté dans de fortes proportions.

Des nouvelles encourageantes sont parvenues de la brigade de production de Hsiaotchouang, district de Tsintcheng, qui a réalisé en un an des transformations spectaculaires.

Située dans une région de collines, cette brigade possède 153 hectares de champs arides. Après l’établissement de la coopérative agricole, le rendement a longtemps oscillé autour de 22,5 q/ha. Depuis octobre 1970, sous la conduite de la nouvelle cellule du Parti, les paysans, à l’exemple de Tatshai, ont réalisé l’irrigation de 60 hectares. Lorsque j’y ai été, les paysans étaient engagés dans des travaux hydrauliques, et la superficie irriguée continue de s’accroître. Une forte augmentation de la production est en vue cette année. Une éducation sous le rapport de l’idéologie de la ligne politique.

Pendant ma tournée, j’ai eu de nombreux contacts avec les membres de commune populaire, les cadres à l’échelon de base ou les cadres dirigeants. La nouvelle mentalité, qui est la leur, reflète le résultat de l’éducation entreprise depuis un an sous le rapport de la ligne politique. La nature intrinsèque de l’expérience de Tatshai réside dans l’éducation de l’homme par la pensée­-maotsétoung. Autrefois, certains n’ont rien obtenu en apprenant de Tatshai, car ils n’en apprenaient que la forme sans saisir le fond du problème.

L’année dernière, le Comité du Parti communiste chinois pour la province du Shanxi et le Comité révolutionnaire provincial ont mis l’accent sur l’éducation idéologique et sur l’éducation relative à la ligne politique, ce qui a permis à tous d’être plus conscients de la nécessité d’apprendre l’expérience de Tatshai dans son essence. J’ai visité la brigade de production de Siliangpi, district de Yitcheng. A la lisière du village, j’ai vu une rangée de maisons dans un champ. Le camarade Yang Tchouan­yuan, secrétaire du Comité de la cellule du Parti, a alors commencé à me relater les détours qu’ils avaient faits dans le mouvement pour apprendre de Tatshai.

Cela remonte à 1965. Cette brigade a envoyé à six reprises des groupes d’études à Tatshai. Voyant que celui­ci bâtissait de nouvelles maisons, elle a fait de même. Cette imitation a suscité l’opposition énergique des membres de la brigade, car des terres cultivées ont été occupées et des arbres abattus. Elle a dû donc abandonner son entreprise.

Il en était de même pour plusieurs autres tentatives d’apprendre la méthode du calcul des points de travail selon Tatshai.

Une imitation purement formelle a abouti à une stagnation de la production et de ce fait le retard n’a pas pu être comblé. Mobilisant les masses pour qu’elles dégagent les leçons de ces échecs, cette brigade a sérieusement remanié son équipe dirigeante.

Les membres du nouveau Comité de la cellule du Parti se sont rendus de nouveau à Tatshai.

De retour, ils ont encouragé, mettant la politique au poste de commandement, le mouvement de masse pour l’étude des œuvres du président Mao au cours duquel les masses se sont éduquées par la pensée-maotsétoung.

Avec une conscience politique plus élevée, celles­-ci ont imprimé un nouvel élan à la production et fait de leur brigade une unité avancée. Ma visite à la commune populaire de Changyao, district de Litcheng, a été pour moi une leçon vivante concernant la ligne politique. Située sur la rive sud d’un cours d’eau dans les monts Taihang, cette commune populaire s’est résignée à voir l’eau couler dans les profonds ravins, au pied de ses champs éparpillés sur les versants. Répondant à l’appel du président Mao : « Que l’agriculture prenne exemple sur la brigade de production de Tatshai », le camarade Kao Tchang­tchouen, secrétaire du Comité du Parti de cette commune Populaire, a décidé, en hiver 1965, de conduire les paysans pauvres et moyens ­pauvres dans le creusement d’un canal.

Mais il a reçu des rebuffades lorsqu’il a soumis ce projet à un responsable de l’ancien Comité du Parti du district, qui, engagé dans la voie capitaliste, l’a empêché de le mettre en chantier. Refusant catégoriquement de se soumettre, le camarade Kao Tchang­tchouen a déclaré : « Personne n’arrivera à nous intimider ni à nous faire fléchir. » Lors d’une réunion de mobilisation, il a distribué à chacun des 350 membres de commune populaire participant à l’aménagement du canal un livre du président Mao qu’il avait acheté avec son salaire. Au terme de cinq ans d’efforts, ils ont creusé un canal de 25 km et 18 tunnels.

Cette année, la moitié des champs de cette commune populaire peuvent être irrigués, ce qui représente un mou (un quinzième d’hectare) par tête d’habitant.

Cette commune populaire avait besoin de l’État pour ravitailler ses habitants en céréales ; mais cette situation a radicalement changé et elle dispose maintenant de la base nécessaire à l’obtention de rendements stables et élevés.

Culture scientifique

En apprenant de Tatshai, beaucoup de districts se sont attelés à de vastes travaux d’hydraulique agricole afin d’améliorer fondamentalement les conditions de la production ; certains districts ont mobilisé les masses pour qu’elles développent l’industrie locale et mécanisent l’agriculture en comptant sur leurs propres forces ; d’autres ont porté leurs efforts sur la culture scientifique et la révolution technique.

Presque toutes les brigades de production que j’ai visitées possèdent des groupes de recherche scientifique et des parcelles expérimentales. Dans de nombreuses brigades du district de Hsinhsien, les groupes de recherche scientifique se sont montrés très actifs et ont entrepris divers travaux de recherche tout d’abord sur une petite parcelle et puis ils ont popularisé les résultats sur de vastes superficies.

Une bonne espèce de sorgho, déjà popularisée cette année dans la province du Shanxi, a été cultivée par la brigade de production de Lieouche. Cette sorte de sorgho peut donner en général un rendement de 75 q/ha avec un maximum de 157,5 q/ha.

Commençant son entreprise — amélioration des espèces de sorgho et de maïs — sur une parcelle de 0,4 mou, le groupe de recherche scientifique de cette brigade a étendu ses travaux à une superficie de 21 hectares, où ont été cultivées 2.000 variétés de plus de 10 céréales. Ces trois dernières années, cette brigade a fourni 1.150 tonnes de bonnes semences de maïs, de sorgho et d’autres céréales à 25 provinces et municipalités sans parler de sa propre province.

Avec l’expansion des travaux d’hydraulique agricole et la culture intensive et scientifique, on a manqué de bras et il a donc fallu accélérer la mécanisation.

Se mettant à l’ouvrage avec la transformation des outils, la brigade de Nantcheng, district de Tchangtche, a, en comptant sur ses propres forces, frayé une nouvelle voie dans ce domaine.

Là, un réseau de rigoles d’irrigation alimentées par des puits a été mis en place, de même qu’une ligne de transport d’énergie électrique. Cette brigade possède maintenant 6 tracteurs, 80 moteurs électriques, un millier d’autres machines et instruments agricoles. Elle a mis sur pied beaucoup de petits ateliers.

Ainsi a-­t-­elle réalisé pour l’essentiel la mécanisation et la semi­ mécanisation.

Elle a ouvert en outre une école secondaire agricole du « 7 Mai » où les élèves se forment sur les plans politique, culturel, scientifique et technique pour devenir des travailleurs cultivés ayant une conscience socialiste et capables de travailler comme ouvriers et paysans. Tout comme la brigade de Nantcheng, les autres brigades que j’ai visitées ont également guidé la mécanisation par la révolutionnarisation et donné par là une impulsion à la production agricole. La popularisation de l’expérience de Tatshai pour transformer le plus tôt possible tous les districts de la province du Shanxi en districts de type Tatshai ne fait que commencer. Ce qui est encourageant, c’est que le mouvement de masse pour apprendre de Tatshai déferle comme la marée, comme des vagues qui se propulsent mutuellement en avant.


[1Par équipes dirigeantes on entend les comités du Parti et les comités révolutionnaires à tous les échelons. Ces comités étant composés d’individus, la révolutionnarisation des équipes dirigeantes englobe celle de tous les membres, et consiste principalement à :

Étudier consciencieusement le marxisme, le léninisme, la pensée­-maotsétoung, et s’en tenir au principe de l’intégration de la théorie à la pratique ; Appliquer scrupuleusement la ligne, les principes et les mesures politiques du Parti, et s’en tenir à la juste orientation politique ; Pratiquer sans défaillance le centralisme démocratique et la direction collective, et réaliser une union sans faille sur la base des principes ou marxisme­-léninisme ; Persister à participer à la production collective, maintenir le bon style de travail, s’enraciner dans les masses et pénétrer dans la pratique ; S’en tenir à la vérité, corriger les erreurs, et mener courageusement la critique et l’autocritique.