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Parti Communiste de Belgique : Rapport du Comité Central − 1967

PARTI COMMUNISTE DE BELGIQUE
COMITÉ CENTRAL
CONFÉRENCE NATIONALE DU 19 NOVEMBRE 1967

Le Comité Central communique le rapport consacré au Parti et à nos taches. Il a discuté et approuvé ce rapport au cours de sa séance du 8 novembre 1967.

L’édition de ce texte a pour but de faciliter la préparation de la conférence.

Le Comité Central tient à souligner que ce document doit être considéré notamment comme le début d’un effort autocritique, effort qui devra être poursuivi et approfondi tant au niveau collectif qu’au niveau individuel.

LE COMITÉ CENTRAL
H. GLINEUR - J. VANDERLINDEN – E. REMY - F. LEFEBVRE - M. GRAINDORGE

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Notre objectif : c’est la lutte toujours accrue contre l’impérialisme américain jusqu’à sa défaite totale.

C’est de mettre tout en œuvre pour aider le peuple vietnamien à se débarrasser des envahisseurs USA et leurs fantoches.

C’est de lutter contre les effets de la mainmise des USA sur notre économie, qui se manifeste par des fermetures de nombreuses entreprises, charbonnage, métallurgie, textile, etc...

Pour quitter l’OTAN, pour chasser le SHAPE.

Pour défendre les justes revendications de nos travailleurs.

Pour en fin de compte renverser le régime de valets de l’impérialisme américain pour instaurer dans notre pays le pouvoir des travailleurs par la dictature du prolétariat.

Le Camarade Mao Tsé-toung nous apprend que :

« Pour faire la Révolution il faut qu’il y ait un parti révolutionnaire. Sans un Parti révolutionnaire, sans un Parti fondé sur la théorie révolutionnaire marxiste-léniniste et le style révolutionnaire marxiste-léniniste il est impossible de conduire la classe ouvrière et les grandes masses populaires à la victoire dans leur lutte contre l’impérialisme et ses valets ».

Et par ailleurs le Camarade Mao Tsé-toung dit :

« Il faut avoir confiance dans les masses, il faut avoir confiance dans le Parti : ce sont là deux principes fondamentaux. Si nous avons le moindre doute à cet égard, nous serons incapables d’accomplir quoi que ce soit ».

C’est pourquoi, il faut nous pencher sur la conception de notre organisation. Le Parti d’un type nouveau fondé par Lénine continué et enrichi par la pensée de Mao Tsé-toung.

Le Parti est un détachement de la classe ouvrière, c’est le détachement d’avant-garde, le détachement conscient, le détachement marxiste de la classe ouvrière armé de la science marxiste-léniniste de la vie sociale, de la loi du développement social, de la loi de la lutte des classes et capable pour cette raison de guider la classe ouvrière.

Le Parti n’est pas seulement l’avant-garde, n’est pas seulement le détachement conscient de la classe ouvrière, mais aussi en est le détachement organisé.

Le Parti ne pourra effectivement diriger la lutte des travailleurs que si tous ses membres sont organisés dans un seul détachement commun, cimenté par l’unité de volonté, par l’unité dans l’action, par l’unité de la discipline, en fait être un bloc monolithe que rien ne peut effriter.

Parmi toutes les autres organisations de la classe ouvrière le Parti n’est pas seulement ou simplement un détachement organisé, il est la forme suprême de l’organisation appelée à diriger toutes les autres.

Il faut que la minorité se soumette à la majorité et les différents organismes au Centre, les organismes inférieurs aux organismes supérieurs, sans ces conditions, Parti ne saurait être un Parti véritable, il ne saurait s’acquitter de sa tâche.

Le Camarade Mao nous apprend que :

« l’une des bases de la discipline du Parti c’est la soumission de la minorité à la majorité. La minorité qui voit son point de vue repoussé, doit se rallier à la décision prise par la majorité. En cas de nécessité la question peut être posée de nouveau à la réunion suivante, mais aucune action allant à l’encontre de la décision n’est permise ».

La critique, et l’autocritique sainement comprises sont des armes de tout premier ordre pour raffermir la confiance dans le Parti. Dans le but d’améliorer toujours la cohésion du Parti, il faut partir du fait de conserver notre unité par l’application du précepte du Camarade Mao : « Unité-critique-unité ».

Le Parti doit sauvegarder l’unité de ses rangs, il doit appliquer une discipline unique, obligatoire pour tous, de la base au sommet, pas de tolérance ni pour, les uns, ni pour les autres. Sans ces conditions, ni l’intégrité du Parti, ni l’unité de ses rangs ne sauraient être sauvegardée.

L’union idéologique, à elle seule ne suffit pas, pour assurer la victoire, pour vaincre, il faut cimenter l’unité idéologique par l’unité matérielle de l’organisation, à cette condition Lénine estimait que le prolétariat peut devenir une force invincible.

Voici ce que dit le Camarade Hisny Kapo, au Ve congrès du Parti du Travail d’Albanie, concernant la nécessité de faire fonctionner l’organisation de base du Parti :

« Qu’est-ce que nous devons avoir en vue pour la trempe ultérieure du Parti et pour l’élévation de son rôle de direction ? Il nous faut consacrer une attention particulière au raffermissement continu des organisations de base du Parti. L’organisation de base du Parti, les statuts le disent, est le fondement du Parti.

C’est à partir de celles-ci que le Parti commence à être édifié, c’est à partir de celles-ci qu’il s’accroit et se forge. C’est dans l’organisation de base qu’on admet de nouveaux adhérents au Parti, c’est par son intermédiaire que le Parti se régénère de sang nouveau, qu’il se ranime et se nourrit. C’est ici, sur l’enclume du Parti que militent et se forgent les communistes, comme de véritables révolutionnaires.

L’organisation de base établit le contact du Parti avec les masses ; c’est elle qui, par l’intermédiaire des organisations de masses, transmet aux masses l’esprit du Parti, la politique, l’idéologie, l’éducation du Parti, les tâches qu’il trace aux travailleurs. C’est elle qui répond de la conduite politique et idéologique de vie dans le centres où elle a été formée.

C’est l’organisation de base qui réalise d’une façon objective les directives et les décisions du Parti, c’est là qu’a lieu l’accumulation de la grande expérience des masses dont il se nourrit, s’inspire et apprend la manière de conduire. »

C’est dans l’organisation de base que se vérifient, se contrôlent les tâches décidées par le Parti, c’est là que s’applique la ligne tracée par les organismes dirigeants, que se vérifie la justesse de la ligne du Parti.

Les organisations de haut en bas du Parti doivent établir le budget, les besoins, les frais, les dépenses etc...

Les cellules d’entreprises, les secteurs locaux, l’organisation de base, aideront le Parti à plonger ses racines toujours plus profondément dans les masses.

C’est là aussi que se discute le travail syndical spécifique à chaque industrie, et les particularités et application par nos camarades de la ligne du Parti.

L’organisation de base qui fonctionne nous permettra de prendre pied dans les entreprises, nous aidera à créer des comités d’action qui correspondront exactement aux revendications des travailleurs.

Ce sont les organisations de base, appliquant les méthodes adéquates, un style de travail rénové, qui nous permettront d’engager le dialogue avec les travailleurs de quelque tendance qu’ils soient, avec souplesse, savoir écouter les travailleurs et savoir parler leur langage, comme savaient le faire les Camarades Jacquemotte et Lahaut.

Si notre Parti, sait travailler ainsi, nous acquerreront rapidement la confiance des travailleurs, ils se tourneront vers notre Parti et celui-ci se renforcera.

Il faut des hommes qui comprennent la ligne du Parti, qui la conçoivent comme leur propre ligne et soient prêts à l’appliquer, dans les syndicats, pour la défense du Vietnam, etc..., qui sachent la mettre en pratique et soient capables de répondre d’elle, de la défendre, de lutter pour elle. Dès lors se pose pour nous la question des cadres.

LES CADRES

Le Camarade Mao nous enseigne :

« ne fondons pas notre appréciation seulement sur un fait isolé à un moment donné de la vie d’un cadre, mais considérons l’ensemble de son passé et de son travail. C’est la méthode essentielle pour juger un cadre. »

Le choix des cadres, leur promotion, leur répartition, c’est le meilleur moyen d’affermir le Parti.

Nous pourrons améliorer d’une façon radicale le travail du Parti, par le choix, la promotion, la répartition et leur vérification au cours du travail.

Les cadres du Parti, c’est le corps de commandement du Parti après que la ligne a été établie, vérifiée dans la pratique, les cadres deviennent la force décisive de la direction, du parti.

Dès lors se pose la question du choix judicieux des cadres, de leur formation, de la mise en avant d’hommes nouveaux, de la juste répartition des cadres et de leur vérification d’après le travail accompli.

Bien choisir les cadres, cela signifie :

1) Regarder les cadres comme la réserve d’or du Parti, en faire la plus grand cas, les tenir en estime ;

2) connaitre les cadres, étudier minutieuse les qualités et les défauts de chacun des militants, savoir à quel poste tel militant peut développer au mieux ses qualités ;

3) former avec sollicitude les cadres, aider chaque militant en voie de progrès à s’élever, ne pas craindre de « perdre » son temps avec ces camarades pour accélérer leur croissance ;

4) promouvoir en temps utile, de nouveau de jeunes cadres ;

5) répartition judicieuse aux différents postes, que chacun se sente à sa place, que chacun donne au maximum pour le Parti que puisse donner ses capacités personnelles.

L’orientation générale doit porter, répondre aux nécessités d’application de la ligne du Parti. Il faut en temps opportun promouvoir avec hardiesse de jeunes et nouveaux cadres.

Il ne faut pas choisir des jeunes ou des vieux cadres, la question ne se pose pas ainsi, mais fondre les vieux et les nouveaux cadres dans une seule équipe dirigeant le Parti à tous les échelons.

Les vieux cadres représentent une richesse pour le Parti, ils possèdent ce que les jeunes n’ont pas : une grande expérience du Parti, une expérience dans la direction du Parti, une formation marxiste-léniniste basée sur la pensée du Camarade Mao, la connaissance de leur travail, la force d’orientation.

1° des vieux cadres il y en aura toujours trop peu.

2° les vieux cadres sont quelques fois enclins à regarder en arrière, à rester dans le passé, à s’en tenir aux vieilles choses, à ne pas remarquer ce qu’il y a de nouveau dans la vie. C’est perdre le sens du nouveau, c’est grave et dangereux, et là les jeunes doivent les aider, surtout que les jeunes sont plus aptes à réaliser mieux que les anciens, en général, ce qu’il y a de neuf, de révolutionnaire, de passionnant dans la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, la pensée du Camarade Mao Tsé-toung et son application à nos conditions concrètes !

Pour ce qui concerne les jeunes cadres, ils n’ont pas évidemment encore cette solide formation, cette connaissance du travail, ni cette force d’orientation mais :

1° les jeunes sont la majorité ;

2° ils sont jeunes, et ne sont pas menacés de quitter nos rangs ;

3° le sentiment du nouveau est fortement développé chez eux ;

4° les jeunes grandissent et s’instruisent si vite, ils montent avec tant d’impétuosité qu’ils rattraperont très vite les vieux, se placeront à leurs côtés et seront une relève digne d’eux.

Il faut donc fondre et combiner heureusement de la base au sommet des vieux et les jeunes cadres.

Mais il ne suffit pas d’avoir maintenant une vision claire du Parti, de son développement, de l’avenir et de la montée des cadres après l’expérience de 4 ans que nous venons de vivre, nous les membres du Comité Central, nous devons encore et encore nous référer aux enseignements de la pensée Marxiste-Léniniste du Camarade Mao Tsé-toung, notamment dans l’article « Pour un style correct de travail dans le Parti »

« Tirer les leçons des erreurs passées pour en éviter le retour, et guérir la maladie pour sauver l’homme ».

Il nous sera indispensable de dénoncer toutes les erreurs commises dans le passé, en dehors de toute considération de personne, de soumettre à une analyse et à une critique scientifique tout ce qu’il y a eu de négatif dans le passé, afin d’agir mieux dans l’avenir avec plus de circonspection, et de travailler mieux.

Sauver les hommes en extirpant la maladie, en essayant tous et chacun d’améliorer notre travail sur la base de l’étude des erreurs du passé.

Tout ce qui précède nous montre que nous devons être modestes que pour être un vrai Parti Marxiste-Léniniste, nous avons encore un grand travail à faire.

Tout doit être mis en œuvre pour essayer de régler d’une façon marxiste-léniniste les contradictions au sein du peuple, avec souplesse, faire preuve de la plus grandi compréhension, mais aussi avec une fermeté inflexible sur nos principes.

Savoir comprendre les travailleurs, parler leur langage, savoir aussi rire avec eux et avec les camarades. Un communiste qui a toujours la figure aigre ou toujours trop sérieux ou trop sectaire ce n’est pas bon ! Un communiste triste est un triste communiste !

Nous devons encore discuter avec les travailleurs, dénoncer, expliquer politiquement ce que sont les Trifaux, Grippa et convaincre les quelques camarades encore trompés par ces deux caïds.

Ces deux ex-camarades se caractérisent par un individualisme et un orgueil effréné,
L’individualisme, l’orgueil, l’égoïsme tiennent à la nature même de la bourgeoisie qui en fait une qualité.

Cette conception est absolument contraire à la conception communiste du monde, à l’idéologie prolétarienne qui donne la primauté à l’intérêt du Parti, l’intérêt du prolétariat, du peuple travailleur.

L’individualisme corrode l’esprit d’équipe et les possibilités de travailler en commun, il entraîne la formation de cliques, de groupes anti-Parti.

Il engendre le manque de modestie et l’orgueil. Il amène à bafouer l’autocritique, il pousse à propager la critique destructrice de l’organisation, les critiques subjectives, les attaques sans principes, calomnies, dénigrement du Parti et de ses militants dévoués, colportant les ragots etc...

Il mène à l’arrivisme !

Trifaux et Grippa font preuve du plus bas libéralisme pour leurs groupuscule, mais développent des attaques ignobles et effrénées contre des militants dévoués du Parti. C’est pourquoi, nous devons toujours pousser plus vers un bon fonctionnement du Parti, organiser, mettre sur pied nos organisations de base, et pratiquer l’application juste du centralisme démocratique, de la critique et de l’autocritique.

Appliquer les décisions de notre conférence nationale, de notre Comité Central et contrôler de près l’exécution des tâches.

Pousser toujours plus vers la prolétarisation du parti.

Développer l’organisation du Parti, l’adapter à la condition de la Belgique, veiller au fonctionnement régulier des organisations de base.

Lutter pour que le Parti devienne de plus en plus un parti prolétarien avec une discipline de fer et une ligne de masse bien comprise qui aura alors appui des travailleurs dans la lutte pour la défense de leurs revendications contre les fermetures, les licenciements et le chômage.

Contre les capitalistes de notre pays, contre l’impérialisme américains et leur soutien fidèle, les révisionnistes modernes,

pour le soutien total au peuple vietnamien,

pour le soutien total à la Grande Révolution. Culturelle prolétarienne en Chine,

pour le soutien total à la révolutionnarisation en Albanie.

VIVE LE PARTI DE JACQUEMOTTE ET DE LAHAUT !

VIVE LE PARTI MARXISTE-LÉNINISTE DE BELGIQUE !

VIVE LA PENSÉE MARXISTE-LÉNINISTE VICTORIEUSE DU CAMARADE MAO TSE-TOUNG !

VIVE MAO TSE-TOUNG, LE LÉNINE DE NOTRE ÉPOQUE

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Pour information : une erreur a fait que le document 2.6.7 du 30 octobre 67 était signé Fernand Lefebvre.
Nous vous prions de corriger, ce document émanait du Comité Central.

11 novembre 1967

jeudi 9 novembre 2017


Parti Communiste de Belgique [Grippa]