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Parti Communiste d’Inde Marxiste-Léniniste / Naxalbari : Le MLM et la pensée Mao Zedong ne sont pas la même chose - 2011

Les dernières décennies ont vu les maoïstes remporter des succès significatifs dans la lutte idéologique et dans la pratique révolutionnaire, établissant le marxisme-léninisme-maoïsme comme commandant et guide de la révolution prolétarienne mondiale.

Cela est visible dans deux aspects reliés entre eux.

Plus que jamais auparavant, mener la Guerre Populaire ou s’activer à la préparation de son déclenchement est considéré comme la tâche centrale d’un parti maoïste.

Sous ce rapport, la polarisation à l’intérieur du mouvement marxiste-léniniste au sens large qui a émergé dans les années 1960, entre les communistes authentiques et les diverses formes d’opportunisme de droite, s’est donc aiguisée.

L’opportunisme de droite, le centrisme et le dogmato-révisionnisme sont de plus en plus forcés de dévoiler leur essence contre-révolutionnaire.

La possibilité de concilier les deux contraires sous la bannière de la pensée mao zedong est en train de disparaître.

Autrefois, les variétés de l’opportunisme de droite ont cherché à empêcher l’adoption du MLM en agitant le spectre du lin piaoisme et en soulevant un nuage de fumée sur les problèmes de l’heure.

Cette tentative a échoué.

Ceux qui ont joué ce jeu ont désormais été forcé de montrer leurs vraies couleurs en déviant du MLM et de la voie révolutionnaire encore plus explicitement.

Cependant, les opportunistes de droite n’ont pas abandonné la partie.

Certains d’entre eux ont feint d’accepter le maoïsme sans faire aucune rupture décisive avec leur passé. Pour ces gens, le MLM n’est rien d’autre qu’un nouveau cheval à enfourcher, puisque les leurs sont à l’agonie.

C’est une loi de la révolution que le révisionnisme et d’autres variétés étrangères au communisme sont vouées à adopter de nouvelles formes à chaque avancée de la lutte des classes.

Par conséquent, une telle adoption du MLM n’est pas surprenante.

En revanche, les maoïstes ont évidemment à contrer ces tactiques opportunistes de droite. Malheureusement, une idée erronée persiste dans les rangs maoïstes, devient un obstacle dans cette lutte.

Elle fournit aussi un espace à cette tactique opportuniste de droite. Quelle est cette idée erronée ?

C’est l’idée que le MLM et la pensée mao zedong soient une seule et même chose.

Ce qui est vrai, c’est que le passage du terme de pensée mao zedong au terme de MLM représente le passage à une explication plus précise et plus scientifique des contributions de Mao.

Ce changement terminologique est également nécessaire pour tracer une ligne de démarcation plus nette face au révisionnisme moderne.

Mais, si l’on ne parvient pas à clarifier la différence entre MLM et pensée mao zedong, l’adoption du MLM ne reviendra justement qu’à un changement terminologique. La porte sera donc ouverte aux variétés d’opportunisme de droite que nous avons mentionnées.

Quelle est l’origine de cette idée erronée ? Elle provient d’une vue formaliste de la situation.

Comme nous l’avions expliqué dans un article passé : « Il est vrai qu’un catalogue formel comparant la pensée mao zedong et le maoïsme ne révélera rien de nouveau.

Mais là n’est pas la question, et nous devons prendre garde à ne pas tomber dans ce piège formaliste tendu par les adversaires du maoïsme. »

La pensée mao zedong et le maoïsme ne sont pas la même chose. Ce dernier apporte quelque chose de nouveau. Quelque chose d’une grande importance idéologique est conquis avec l’adoption du maoïsme.

Cette nouveauté ne réside pas dans le mot lui-même.

Elle réside dans la rupture avec la compréhension incomplète ou mutilée de l’universalité des conceptions de Mao prises comme un tout, et dans le saut qualitatif qu’elles permettent de faire pour mieux s’emparer de notre idéologie, de façon plus élevée et plus profonde.

Evidemment, tout raisonnement qui ne ferait qu’insister sur l’absence de nouveauté, ferait échouer la tâche de mobiliser tout le Parti et de le mener à cette rupture.

La tâche de donner corps à ce grand potentiel, dans une rectification idéologique vigoureuse pour s’emparer au mieux du marxisme-léninisme-maoïsme serait accomplie partiellement.

Ou pire, elle serait abandonnée à la spontanéité.

Les dirigeants fondateurs des nouveaux partis marxistes-léninistes dans les années 1960 avaient fait de l’adoption de la pensée mao zedong en tant que nouvelle, troisième et supérieure étape du marxisme-léninisme la pierre de touche de la rupture avec le révisionnisme.

Ils ont appliqué cette idéologie pour construire la ligne révolutionnaire et guider la pratique.

Tous les partis maoïstes actuels tirent leur origine de tels sauts qualitatifs.

Mais de là à aujourd’hui, l’adoption du MLM n’ a pas été en ligne droite.

Nous n’avons pas besoin ici de détailler tout le processus, mais il est clair que cette avancée a été gagnée dans la lutte contre les tendances qui oeuvraient contre la ferme saisie de l’universalité des contributions de Mao.

Cette lutte est encore en cours et doit être complétée.

Examinons une question spécifique, la théorie de la Guerre Populaire.

Lorsque la pensée mao zedong était arborée, pendant une longue période, la tendance dominante était de la voir comme quelque chose de spécifique, justifiée et applicable seulement dans les pays semi-coloniaux semi-féodaux.

Des échos de cette tendance continuent d’exister, dans les partis maoïstes, encore aujourd’hui.

Toutefois, les dirigeants fondateurs des nouveaux partis marxistes-léninistes des années 1960 étaient tout à fait clairs au sujet de l’universalité de la guerre populaire. Les écrits de Charu Mazumdar en sont un exemple.

Dans ces conditions, comment expliquer l’émergence de la vue erronée qui limite la Guerre Populaire aux pays opprimés ? Cela a été une déviation.

Pour la combattre, Il a fallu attendre l’explication puissante du maoïsme en tant que nouvelle étape du marxisme-léninisme et de l’universalité de la Guerre Populaire par le Parti Communiste du Pérou.

Le Mouvement Révolutionnaire Internationaliste (MRI) et les partis qui y participent acceptent l’idée que « Mao Zedong a développé la compréhension de la science militaire du prolétariat par sa théorie et sa pratique de la Guerre Populaire » et que celle-ci est « applicable universellement dans tous les pays, bien qu’elle doive être appliquée aux conditions concrètes de chaque pays... »

Evidemment, c’est un des points où la compréhension encore incomplète de la nouvelle étape atteinte grâce aux contributions de Mao a été rectifiée par l’adoption du maoïsme.

Est-ce que cela n’était qu’une simple répétition de ce qui a été dit dans les années 1960 ? Non, cela reflétait une compréhension plus profonde et complète.

Compréhension basée, à l’époque, sur les leçons des expériences avancées gagnées par la guerre populaire au Pérou, laquelle était guidée par une compréhension avancée des contributions de Mao, et en particulier de la théorie de la Guerre Populaire.

Cette compréhension a été enrichie par la suite avec la guerre populaire au Népal, en particulier avec l’intégration des tactiques d’insurrections armées, de l’intervention politique au niveau des centres urbains dans le cadre de la guerre populaire prolongée.

Aujourd’hui, accepter en paroles l’universalité de la guerre populaire tout en refusant de reconnaître et de tirer des leçons de ces exemples avancés n’aurait aucun sens.

Adopter le maoïsme tout en niant les contributions théoriques faites par ces guerres populaires serait comprendre de façon incomplète l’universalité du maoïsme.

Pourquoi cela est-il arrivé ?

Dans les années 60, le camarade Charu Mazumdar écrivait : « Aujourd’hui que nous possédons la brillante pensée du président Mao Zedong, le stade le plus haut du développement du marxisme-léninisme, pour nous guider, il est impératif pour nous de juger toutes choses à nouveau à la lumière de la pensée mao zedong et de construire une voie entièrement nouvelle pour aller de l’avant. »

L’adoption du maoïsme réclame justement de nous exactement cet impératif de « tout reprendre à neuf ».

Il exige un regard renouvelé sur toute la question de l’idéologie, de son développement en général et en particulier sur les apports de Mao.

Pour qu’elle ait un sens concret et directement compréhensible, il faut relier cette adoption à un examen approfondi de la ligne et de la pratique du parti.

Et cette adoption doit apprendre des toutes dernières expériences les plus avancées du prolétariat international.

Pour certains partis, il s’agira de mener une rupture décisive avec ses déviations élémentaires et rejoindre la voie révolutionnaire.

Pour d’autres, déjà engagés dans la pratique révolutionnaire, il s’agira de rectifier des aspects spécifiques.

Le point commun, c’est la nécessité d’une rectification idéologico-politique.

C’est le point essentiel de cette « reprise à neuf ».

Ce point essentiel passe à la trappe lorsque le maoïsme et la pensée mao zedong sont déclarés identiques et qu’il ne s’agit donc que d’adopter une meilleure dénomination.

L’adoption de la pensée mao zedong dans les années 60 avait signifié : rompre avec le révisionnisme et construire un nouveau parti sur de nouveaux fondements.

Maintenant que cette tâche est consommée, d’autant plus que la rupture avec le révisionnisme est allée en se consolidant et s’aiguisant pendant ces décennies de lutte armée révolutionnaire, y a-t-il encore besoin d’appeler à la rectification idéologico-politique au moment d’adopter le maoïsme ?

Les expériences du mouvement communiste international et national nous donnent clairement la réponse.

Persister dans la voie de la Guerre Populaire donne certainement une base puissante pour identifier et corriger les erreurs.

Mais la question de savoir si cette rectification va jusqu’aux racines et se fait de manière ouverte et compréhensible, ou si elle se limite à corriger certaines positions particulières, ne peut pas être tranchée par la seule lutte armée révolutionnaire.

Elle ne peut pas être vérifiée non plus par la pratique immédiate, car les résultats de ces différences d’approche se révèlent seulement à long terme.

Il s’agit principalement de la question de mener fermement et de façon ininterrompue la lutte idéologique.

Il s’agit d’appliquer complètement le principe « c’est la ligne qui est principale ».

Il s’agit de forger le parti et les masses dans l’acier de cet enseignement maoïste décisif, pour les temps présents et pour la révolution prolongée jusqu’au communisme.

De plus, même si l’adoption du maoïsme n’est considérée que comme une meilleure dénomination aiguisant la démarcation avec le révisionnisme, cela n’implique t-il pas une rectification idéologico-politique ?

« Combattre l’égoïsme, critiquer le révisionnisme » était un mot d’ordre important de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne.

Le révisionnisme moderne dans le mouvement marxiste-léniniste au sens large distille son venin en présentant une vision tronquée ou mutilée des enseignements de Mao Zedong.

Pour critiquer et détruire cette influence, les maoïstes doivent aiguiser leur propre compréhension idéologique, en particulier leur compréhension de l’universalité du maoïsme.

Ces deux tâches sont unies inséparablement. Si notre aiguisement idéologique, si la rectification est laissée de côté sous prétexte que nous avons toujours été des maoïstes, alors le combat contre le révisionnisme en sera affaibli.

Pour citer un document du PCP : « Il est vital et urgent d’analyser le maoïsme une fois encore, en vue de définir plus et mieux son contenu, en étant guidés par l’idée qu’arborer, défendre et appliquer le maoïsme est l’essence de la lutte entre le marxisme et le révisionnisme d’aujourd’hui. »

Nous avons dit que le réexamen de notre idéologie implique également d’apprendre des expériences nouvelles et avancées du prolétariat international.

Comment juger si une expérience est avancée ou non ?

La vérification par la pratique fournit sans aucun doute le critère. Mais l’interprétation de cela est devenue une affaire importante dans la lutte pour déterminer le caractère avancé des acquis des guerres populaires au Népal et au Pérou.

Les juger principalement par les progrès ou les reculs immédiats ou par le niveau de lutte armée et de répression, cela serait mal utiliser le critère de la pratique.

De même, minimiser leurs leçons sous prétexte qu’elles viennent de petits pays aux Etats faibles, etc... est tout aussi faux.

Dans ces deux façons de voir, l’absence de l’aspect idéologique saute aux yeux.

Sans lui, le critère de la pratique est réduit à un simple empirisme.

La liaison dialectique de l’universel et du particulier est rompue.

Une des leçons importantes de la lutte pour établir le MLM a été une compréhension plus profonde de la remarque de Mao selon laquelle, dans le développement de l’idéologie prolétarienne, « la base c’est la science sociale, la lutte des classes ».

C’est lorsqu’elle s’appuie sur les riches expériences de la lutte des classes révolutionnaire que l’idéologie peut se développer.

Des développements nouveaux, plus profonds, plus avancés de théories existantes peuvent alors émerger. De nouveaux concepts peuvent être développés.

Si tel est le cas ou non, on ne peut le décider que sur la base du MLM. 

Sans aucun doute, les leçons d’une révolution particulière ne peuvent pas être appliquées mécaniquement ailleurs. Mais c’est aussi le cas du MLM lui-même.

Si les leçons d’une révolution particulière s’accordent avec le MLM, si elles nous montrent une nouvelle façon de connaître et d’agir, alors ces leçons doivent être nécessairement être soutenues et appliquées. Cela aussi est une pierre de touche de l’adoption du MLM par un parti.

Qu’est-ce que l’on perd en négligeant l’étude consciencieuse de ces compréhensions avancées ?

Pour donner un exemple précis, il y a deux ans, le Comité Central non-divisé du PCI(ML) Janasakthi a publié un document officiel.

Ce document attribuait les échecs de leur parti au fait qu’il n’avait pas su prendre en main les contre-offensives tactiques.

Ce qui est instructif à nos yeux, c’est que cette « rectification » ait pu se faire sans aucune rupture avec la « théorie des phases » de la ligne de CP Reddy (une variante de la ligne de Nagi Reddy) [la théorie anti-maoïste des phases dit : d’abord la lutte économique, puis la résistance armée pour défendre les gains économiques, enfin la lutte armée pour le pouvoir politique].

En fait, tout le document n’était qu’une tentative éclectique pour que deux fusionnent en un : combiner l’opportunisme de droite de CP Reddy avec Charu Mazumdar.

Quel leçon tirer de cela ? La tendance dominante dans les critiques maoïstes de la théorie des phases a toujours visé l’incapacité du PCI (ML) Janaskathi à mener la lutte armée contre l’Etat.

C’est la pierre de touche de la critique contre la « théorie des phases ».

Cette dernière a été mise en comparaison avec la croissance du mouvement révolutionnaire dirigé par les maoïstes, qui a persisté dans la lutte armée et l’a élevée au niveau de la Guerre Populaire contre l’Etat. Cette comparaison faite dans le contexte de l’Inde est certainement utile pour exposer cette théorie anti-maoïste.

Mais ne mettre l’accent que sur une seule forme de la manifestation de la « théorie des phases » a aussi permis d’éviter l’examen et la dénonciation de cette négation du dynamisme de la guerre, qui est sa véritable essence.

Cela a affaibli la critique de la « théorie des phases ».

Cela a ouvert la porte aux manoeuvres de la direction de Janaskathi ayant pour but de donner les apparences d’ une rectification.

Une des raisons ayant permis cela a été l’incapacité d’examiner toute l’affaire avec le recul permis par les théories et expériences nouvelles et avancées de la Guerre Populaire, au profit de considérations et exemples limités à l’Inde.

Dans le cas particulier de Janaskathi, un groupe de camarades qui ont sérieusement entrepris de reconsidérer leur passé avec ce recul ont réussi à aller à la rupture, au contraire d’autres sections qui continuent à patauger plus ou moins profondément dans le marais de Nagi Reddy.

Ceci a permis à ces camarades d’arriver à la conclusion ferme que c’est la compréhension correcte du maoïsme, plus que son adoption formelle, qui est la question-clé pour l’unification des maoïstes de l’Inde en un seul parti, en un parti basé sur le MLM et uni au MRI.

Aujourd’hui que l’opportunisme de droite rend des hommages peu sincères au MLM en vue de s’atteler au char de l’unification en cours des maoïstes authentiques, ce développement a une grande signification.

Il insiste une fois encore sur l’importance vitale d’approfondir notre compréhension du MLM, en particulier du maoïsme, et de livrer combat contre les vues qui brouillent la netteté du saut effectué par l’adoption du marxisme-léninisme-maoïsme à la place de la pensée mao zedong.

Par Ajith, pour le CPI (ML) Naxalbari

jeudi 1er décembre 2011


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