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Parti Communiste d’Allemagne : La tâche actuelle en Allemagne − 1946

Extrait du rapport lu par Walter Ulbricht, à Berlin le 19 avril 1946, lors du XVe congrès du Parti Communiste d’Allemagne.

La question essentielle qui se pose présentement en Allemagne est de se débarrasser des bases matérielles de l’impérialisme et du militarisme allemands, et la lutte contre les idéologies impérialistes et militaristes.

Il ne doit pas être de nouveau permis aux forces impérialistes réactionnaires, aux messieurs des monopoles et de la banque et aux grands propriétaires terriens d’utiliser la démocratie dans leur combat contre l’ordre démocratique et pour la reconstruction de leurs organisations réactionnaires.

Le malheur national de notre peuple a tenu justement en cela que les forces réactionnaires aient réussi, à tous les tournants décisifs dans l’histoire allemande, à avoir le dessus sur les forces progressistes.

La tâche nationale fondamentale est pour cette raison présentement d’arracher le pouvoir aux porteurs de cette politique réactionnaire, pillarde, ennemi du peuple. (Tout à fait juste) Ce sont les messieurs des monopoles et de la banque et les autres intéressés à la guerre, les grands propriétaires terriens et la bureaucratie fasciste.

Le peuple allemand doit savoir que si l’influence des forces réactionnaires se maintient dans l’État et l’économie, alors cela signifie des crises périodiques et des conflits permanents avec les autres peuples. Si doit, à l’inverse, être assuré en Allemagne le travail pacifique et la reconstruction de l’Allemagne, alors le peuple doit prendre dans ses propres mains la destinée du pays.

En connaissance de la grande tâche historique, de participer à aider notre patrie à sortir de la catastrophe précipitée par le fascisme, le premier pas de notre Comité Central à être réalisé après la chute de Hitler fut de proposer à toutes les forces antifascistes/démocratiques le Front de l’unité contre le fascisme et la réaction, pour assurer la paix, pour réussir la reconstruction démocratique de l’Allemagne.

La précondition pour assurer réellement la paix est la reconnaissance des causes profondes de la guerre et des racines de l’idéologie nazie.

Certaines personnes se rendent ici la vie très facile, dans la mesure où ils présentent les accusés de Nuremberg comme les seuls responsables.

Ils veulent faire oublier que sans l’appareil d’État allemand, sans l’armée allemande et sans les organes économiques allemands tout comme sans l’appareil fasciste terroriste, Hitler n’aurait pas pu mener la guerre jusque fin avril.

Dans le programme d’action du Parti Communiste du 11 juin 1945, il est pour cette raison affirmé qu’à côté des Hitler et Goering, Keitel et Jodl, sont les responsables et portent la responsabilité pour la guerre les donneurs d’ordre du parti nazi, les messieurs des grandes banques et des monopoles, les Krupp et Roechling, Poensgen et Siemens.

L’idéologie nazie n’est pareillement pas que le produit de la folie guerrière de Hitler, mais la continuation conséquente de l’idéologie des junkers prussiens et des messieurs des monopoles allemands, tout comme des regroupements pour la guerre et les colonies. (Approbation)

Le vieux « principe du guide » du Führer du syndicat du charbon, Kirdorf, de Krupp, d’Oldenburg-Januschau, de Donnersmarck et consorts a été fait principe d’État par le fascisme. (Très vrai)

Cette responsabilité des fonctionnaires de l’appareil économique et d’État et des officiers de l’Armée exige pour cette raison l’écrasement du vieil appareil d’État et économique hitlérien. De là le fait que dans la zone soviétique on ne s’est pas posé la question de qui devait être licencié de l’appareil, il a été au contraire tiré un trait sur le passé et décidé qui des anciens fonctionnaires pouvait être engagé dans le nouvel appareil administratif démocratique. (Tout à fait juste)

Par décision de l’administration militaire soviétique sur la fermeture des banques, la trait a également été tiré sur la banqueroute financière de Hitler, et l’ordre numéro 124 du maréchal Joukov sur la confiscation des entreprises des intéressés par la guerre et nazis actifs a donné la possibilité de confisquer les entreprises de ceux-ci et, si elles n’avaient pas été exigé par les forces d’occupation, de les placer sous la direction des organes démocratiques de gestion.

Ce qu’il y a de fondamentalement nouveau là-dedans est que dans la zone d’occupation soviétique, sur la base des accords de Potsdam des alliés, les forces antifascistes/démocratiques ont eu la possibilité complète de purger l’appareil économique et administratif, et les forces réactionnaires n’ont pas eu la possibilité légale de s’organiser de nouveau.

Après 12 ans et demi d’esclavage fasciste, après la grave dépression qui a dominé dans de larges secteurs des masses après 1945, il y a tout de même eu les moyens de progressivement réussir à amener les forces du peuple à prendre l’initiative en propre.

Ont été appelés à des fonctions dirigeantes dans les organes de gestion du pays les femmes et les hommes qui se sont particulièrement révélés capables dans la reformation du trafic [routier et ferroviaire], dans l’organisation de l’approvisionnement alimentaire, dans l’organisation de la réparation des habitations, dans la relance des entreprises.

Si présentement, une année après la fin de la guerre hitlérienne, le trafic a déjà tellement repris et une grande partie de l’industrie travaille, nous le devons aux ouvriers, aux ingénieurs, aux employés, qui se sont lancés dans cela de par leur propre initiative. (Applaudissements)

vendredi 3 juin 2016


Démocraties populaires