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Nous travaillons la terre en nous guidant sur la pensée philosophique du président Mao − 1972

Par la cellule du Parti, les paysans pauvres et moyens-pauvres de la brigade de Tatchai, district de Siyang, province du Chansi, 1972

Notre grand dirigeant, le président Mao, nous enseigne : « Que la philosophie soit libérée de la salle de conférence et des livres des philosophes, et devienne une arme acérée aux mains des masses. »

Nous, les habitants de Tatchai, en étudiant consciencieusement les œuvres du président Mao et en agissant suivant ses enseignements, nous n’avons cessé depuis bien des années de nous guider sur sa brillante pensée philosophique dans la production agricole.

Chaque année, nous goûtons un peu plus les bienfaits que nous apporte le travail scientifique de la terre.

Travailler la terre, c’est avoir affaire à la nature, qui varie de dix mille façons, et c’est à l’homme de décider des mesures à prendre pour lui faire face.

conséquence, ce n’est qu’en étudiant consciencieusement la pensée du président Mao en matière de philosophie, qu’il est possible de mieux connaître le monde objectif, de le transformer en même temps que le monde subjectif et d’arracher d’abondantes récoltes.

Nous parlerons ci­-dessous de quelques enseignements que nous avons tirés de cette étude.

Les cultures à haut rendement et celles à bas rendement

En nous nous efforçant d’obtenir des récoltes toujours meilleures, il nous est arrivé de nous trouver devant une contradiction dans certains champs : à quoi donner la place principale ?

Au maïs, au millet ou aux légumineuses ?

Ceux qui trouvaient que le maïs donnait davantage, lui réservaient la majeure partie des terres, le reste au millet et ne laissaient pratiquement rien pour les cultures de moindre importance. Ils avaient tort.

Ce serait une affirmation trop absolue que de qualifier certaines cultures comme étant de « haut rendement » et d’autres de « bas rendement ». Autrefois, quand notre Tatchai était un endroit où il n’y avait pour ainsi dire pas un mètre carré de terrain plat, où les calamités se succédaient avec les plants qui jaunissaient au bout de trois jours sans pluie et les terres qui étaient pratiquement « lavées » après chaque orage, il était hors de question de parler de haut rendement quelque fût la culture choisie.

A cette époque, un peu plus de 20 % des terres étaient cultivées en maïs, et le rendement n’était que de 100 et quelques kilos par mou (1/15 d’hectare).

Or, maintenant, en faisant valoir l’esprit d’initiative de l’homme, nous sommes parvenus à avoir des champs nivelés avec une couche de terre arable très épaisse et fertile où toute culture pousse à merveille, et le rendement moyen de maïs par mou s’élève à plus de 500 kilos.

Le rendement du blé, du millet et des légumineuses s’est également élevé.

Le blé n’occupait autrefois qu’une vingtaine de mou, avec une production d’une cinquantaine de kilos par unité ; aujourd’hui, plus de cent mou lui sont consacrés, et chacun donne plus de 200 kilos. En été, une fois le blé rentré, on replante sur ces terres du millet (rendement : 300-­350 kilos par mou) ou on y sème du maïs (rendement : plus de 350 kilos par mou).

Ainsi, avec les deux récoltes, on obtient un rendement annuel de plus de 500 kilos.

Dans le passé, plus de 100 mou de terres étaient exclusivement réservés chaque année aux légumineuses, mais le rendement global n’atteignait pas plus de 10 000 kilos.

Or, à présent, nous obtenons la même quantité de légumineuses en pratiquant la culture intercalaire. Nous dépassons ainsi chaque année le plan d’État et grossissons continuellement les stocks de légumineuses de la collectivité.

Il faut avoir une vue dialectique au sujet du choix des cultures de même qu’à propos de l’étendue à consacrer à chacune d’elles. Établir les proportions entre les diverses cultures est une chose importante qui touche au triple intérêt de l’État, de la collectivité et des membres de la brigade.

La quantité de maïs, de millet et d’autres céréales qui seront cultivés doit être fixée en partant de ce point de vue d’ensemble qui est de « se préparer en prévision d’une guerre et de calamités naturelles, et tout faire dans l’intérêt du peuple ».

Même s’il s’agit de cultures à bas rendement, du moment qu’elles répondent au besoin de la révolution, nous devons tout faire pour qu’elles donnent le plus possible.

Le tas de fumier et le tas de grain

Un dicton affirme : « Le tas de grain en automne dépend du tas de fumier au printemps. »

Mais, est-ce bien là une garantie ? Non, c’est une façon simpliste de voir les choses.

Le tas de fumier, aussi volumineux soit-il, n’est tout au plus qu’un facteur matériel favorable ; le plus important, c’est de faire valoir le rôle de l’homme dans l’emploi de l’engrais. Les cultures rie sauraient pousser bien sans que l’on maîtrise la technique de l’épandage de l’engrais.

Il se trouve des gens pour dire : « II n’y a pas de secret pour cultiver la terre. Plus on met d’engrais, mieux cela vaudra ; cultive et sème avec tout l’art que tu voudras, le paresseux obtiendra davantage que toi en épandant beaucoup d’engrais. » Mais, ce n’est pas là travailler la terre suivant des méthodes scientifiques.

En quoi consiste une bonne technique de l’épandage de l’engrais ? Le président Mao nous enseigne : « Résoudre les contradictions différentes par des méthodes différentes est un principe que les marxistes-léninistes doivent rigoureusement observer. »

C’est là également un principe qu’il est nécessaire de comprendre pour cultiver la terre et employer les engrais. Notre brigade compte des terres sablonneuses, argileuses, noires, blanches ; des versants ensoleillés et des versants qui ne le sont pas, aussi faut-­il employer l’engrais suivant leurs caractéristiques et non pas n’importe comment.

Si, par exemple, on épand de l’engrais qui refroidisse sur des terres froides ou de l’engrais qui réchauffe sur des terres chaudes, on ne ferait que renforcer les caractéristiques propres au sol, et on obtiendrait des résultats tout à fait contraires. Au bout de nombreuses années de pratique dans la production et d’expérimentation scientifique, nous avons enfin saisi les lois de l’emploi de l’engrais : les engrais qui refroidissent vont aux versants ensoleillés, les engrais qui réchauffent aux versants à l’ombre, les engrais animaux aux terres sablonneuses, les cendres aux terres argileuses.

D’autre part, il est nécessaire d’appliquer les engrais suivant les cultures.

Les semences du maïs, étant grosses et plantées en profondeur, il faut leur appliquer principalement comme engrais de la paille de céréales. Une fois que les jeunes plants sont poussés, il faut donner de l’engrais en supplément à ceux qui sont trop petits ou faibles ; là où la terre est moins fertile et les pousses fragiles, il faut rajouter de l’engrais plus tôt pour activer la croissance de la tige et de l’épi ; dans le cas contraire, l’engrais doit être rajouté plus tard, pour activer surtout la croissance de l’épi.

Étant donné que nous appliquons les engrais suivant les circonstances, les cultures poussent avec la même vigueur partout : dans les ravins, sur les montagnes aussi bien que sur les pentes.

Il ne suffit pas d’appliquer les engrais avec art, il faut encore résoudre la question de savoir sur quelle sorte d’engrais compter.

Sur les engrais chimiques ou sur le fumier de ferme ? Une lutte a également eu lieu à propos de cette question. A Tatchai, nous comptons principalement sur la paille de céréales à laquelle viennent s’ajouter les excréments des porcs et du gros bétail.

Nous ne rejetons pas les engrais chimiques, mais ne comptons pas dessus, autrement dit, nous voulons échanger le tas de fumier que nous avons amassé nous-mêmes contre le tas de grain qui ira soutenir la révolution dans le monde.

Les semences de bonne ou mauvaise espèce

Dans la Charte en huit points pour l’agriculture, qu’il a formulée, le président Mao nous indique qu’il faut attacher une grande importance à la sélection des semences de bonne espèce.

[En 1958, notre grand dirigeant, le président Mao, a formulé huit importantes mesures pour augmenter la production agricole, appelées par abréviation la Charte en huit points, c’est-­à-­dire : labourage en profondeur et amélioration du sol, fumure, travaux hydrauliques, sélection des semences, plantation serrée rationnelle, protection des cultures, entretien soigneux des cultures dans les champs et perfectionnement des instruments aratoires.]

Mais, d’où viennent les bonnes espèces ?

Elles ne tombent pas du ciel, mais proviennent des sélections et des soins minutieux dispensés par les masses au cours d’une longue pratique et expérimentation scientifique.

Les semences qui sont de bonne espèce dans une région peuvent ne pas l’être dans une autre, et cela en raison de la différence de la situation géographique, du climat, des sols et d’autres conditions. Aussi, faut-il avoir un point de vue dialectique en ce qui concerne les semences de bonne espèce.

Il y a des gens qui ont dans l’idée que toutes semences, pourvu qu’elles proviennent d’un échange avec d’autres unités, sont forcément de bonne espèce.

Or, cela n’est pas toujours vrai.

A Tatchai, nous procédons toujours à toute une série de cultures expérimentales dans de petits champs avant d’entreprendre la culture en grand, pour être sûrs de réussir. Cette expérimentation est entreprise sur toutes sortes de sols et sur des terrains de configuration différente, et cela des années durant au cours desquelles les cultures sont mises à l’épreuve des calamités les plus diverses : sécheresse, stagnation d’eau, vent, grêle, gelée blanche, froid, maladies, ravage par les insectes, et ce n’est qu’ainsi qu’il est possible de retenir finalement de bonnes espèces qui conviennent aux conditions locales.

Le millet de Wouan, par exemple, que nous cultivons a été retenu parmi 12 espèces de millet.

Cela ne veut absolument pas dire que toutes les autres espèces sont mauvaises. Si nous ne les avons pas retenues, c’est principalement parce qu’elles ne s’adaptaient pas aux conditions de notre région. Les caractéristiques du millet de Wouan sont qu’il a une bonne faculté d’adaptation, une grande résistance aux calamités, ignore pratiquement la verse et que, chez nous, il a un haut rendement tant en grain qu’en paille, qu’il soit cultivé sur les crêtes, dans les ravins, sur les versants, dans les terres planes, et quels que soient les sols : ocre, blanc, sablonneux, noir.

Les bonnes espèces ne sont pas immuables non plus, car avec le temps, elles finissent par dégénérer en mauvaises. Toutefois, si chaque année on choisit soigneusement les semences, les bonnes espèces non seulement ne dégénèrent pas, mais au contraire vont en s’améliorant.

Le millet de Wouan, que nous cultivons depuis l’établissement de la coopération agricole, au lieu de dégénérer, a un rendement chaque année plus élevé, et la raison en est que tous les automnes nous choisissons les semences sur les épis. Il y a des gens qui estiment que, pour le millet, il faut changer les semences régulièrement au bout de quelques années, sinon le rendement diminuera.

Ceux qui s’en tiennent à ce point de vue ne s’occupent en fait que de semer, et négligent de procéder à la sélection des semences, et ne font en conséquence pas valoir l’esprit d’initiative de l’homme.

Il se trouve naturellement encore certaines espèces contre la dégénérescence desquelles l’homme reste jusqu’à présent impuissant.

Nous avons, par exemple, une espèce de maïs - Chansi N° 1 -qui donnait un rendement satisfaisant les premiers temps, mais depuis quelques années, une certaine dégénérescence se manifeste.

Devant une telle situation, nous avons d’une part procédé à un nouveau croisement, d’autre part nous avons entrepris des essais avec d’autres semences de remplacement, ce qui nous a permis de maintenir un rendement du maïs élevé et stable.

Semer à grande ou à faible profondeur

Semer en profondeur est une importante expérience qui permet d’augmenter la production.

Cette méthode a l’avantage de permettre aux cultures de bien s’enraciner, et de leur donner ainsi de la résistance contre la sécheresse et la verse. De plus, on obtient 60 kilos de plus par mou qu’en semant pratiquement à fleur de terre.

Toutefois, ceci exige comme condition que la couche de terre active soit épaisse. Comment lui donner de l’épaisseur ?

Premièrement : labourer en profondeur en automne, deuxièmement : creuser en profondeur en été, en plus de quoi, il faut épaissir cette couche avec de la terre rapportée, travailler la terre avec soin et y épandre davantage d’engrais organiques, pour qu’elle soit très meuble.

Sans le labourage et le creusage en profondeur, ainsi que l’adjonction de terre amenée d’ailleurs, la couche de terre active serait trop mince, et si, dans ces conditions, on semait en profondeur, on déposerait les semences sur la terre inactive et les racines ne prendraient pas.

Et si, malgré le labourage en profondeur, il reste de grosses mottes de terre, les jeunes pousses, écrasées par elles, ne pourraient sortir, et le labourage profond serait inutile.

Autrefois, comme à Tatchai la terre active n’avait que 10 cm d’épaisseur, le maïs était semé à 6 cm de profondeur. Aujourd’hui que cette couche est plus épaisse, le maïs peut être semé jusqu’à 12 cm de profondeur.

Il fut une année où sévit une sécheresse particulièrement grave, et pour qu’il pût trouver de l’humidité, le maïs fut semé à près de 16 cm de profondeur. Nous ne semons pas toujours à la même profondeur.

Par exemple, sur les crêtes et les versants ensoleillés où la température du sol est plus élevée, et où l’humidité est insuffisante, nous semons à une plus grande profondeur. Les pousses du Grand maïs Jaune crevant la terre avec plus de facilité, nous semons cette espèce plus profondément que la Reine d’Or.

Et même dans un même champ, nous semons plus profondément aux endroits où la couche de terre est plus épaisse, mais sèche, qu’en ceux où la couche est à la fois mince et humide.

Nous pratiquons la culture intercalaire de légumineuses entre les rangées de maïs.

Il y a cependant là une contradiction : les légumineuses doivent être semées à une profondeur inférieure à celle du maïs, autrement elles ne sortiraient pas.

Pour résoudre cette contradiction, nous adoptons la technique suivante : celui qui jette les semences ramène du pied un peu de terre dans le sillon, pour que les légumineuses soient semées à un niveau plus élevé que le maïs, ainsi toutes les pousses sortent. Il y a des endroits où les gens n’ont pas encore compris cette contradiction, ou n’ont pas encore pris de sérieuses mesures pour la résoudre, et le résultat est que, bien qu’une énorme quantité de légumineuses soient semées au printemps, on n’en récolte qu’une quantité dérisoire en automne ou pratiquement nulle.

La raison en est qu’ils n’ont pas encore saisi la dialectique dans la question de la profondeur pour les semailles.

Plantation serrée ou clairsemée

Quelle est la densité convenable pour les cultures ? Notre expérience nous dit qu’elle doit être raisonnable.

Quelle densité peut être considérée comme raisonnable ? Le président Mao nous enseigne qu’en étudiant le caractère spécifique de toutes les contradictions : « nous ne devons pas nous montrer subjectifs et arbitraires, mais en faire une analyse concrète. Sans analyse concrète, impossible de connaître le caractère spécifique de quelque contradiction que ce soit ».

Autrefois, à Tatchai, nous semions moins de 1000 plants de maïs par mou. En parlant de cette époque, les masses disent plaisamment : « Les bœufs trouvaient place pour se coucher dans les champs de maïs, et on jugeait encore que la plantation était trop serrée. » Après la Libération, comme nous avons aménagé les champs, donné plus d’épaisseur à la couche de terre active, augmenté la quantité d’engrais épandu, le nombre des plants de maïs par mou passa de 1 600 à 2 400.

Toutefois, nous ne plantons pas n’importe quel nombre de pieds, la densité varie suivant la configuration du terrain, le sol, la fécondité et les différentes variétés.

Sur les terres situées dans les ravins où l’air et les rayons de soleil pénètrent mal, nous plantons de 1 600 à 1 800 plants de grand maïs de l’espèce dite Reine d’Or, tandis que sur les crêtes où les conditions susmentionnées sont excellentes, nous plantons environ 2 000 plants de maïs Chansi N° 1 par mou.

Ces dernières années, comme, à force de les aménager, les terres deviennent de plus en plus fertiles, il y a des gens qui estimaient que, pour qu’elles donnent davantage, il fallait augmenter le nombre de plants.

Or, cela s’est révélé faux.

Une fois, pour augmenter le rendement, nous avons entrepris une plantation un peu plus serrée dans certains champs.

Voyant cela, le camarade Tchen Yong­kouei, secrétaire de la cellule du Parti, nous a fait remarquer :

« Maintenant que la terre est fertile, les maïs poussent beaucoup plus haut ; si l’on en plante trop, l’air et les rayons de soleil ont du mal à pénétrer entre eux, résultat, on n’arrive pas à augmenter le rendement, car la tige grandit au détriment de l’épi. Par contre, si l’on en plante un peu moins, chaque plant donnera de façon satisfaisante : la tige sera forte, l’épi gros, le grain plein, et le rendement sera forcément plus élevé. »

En automne, nous avons récolté séparément le maïs suivant la densité de la plantation, et nous avons pu ainsi constater que là où la plantation avait été trop serrée (2000 plants par mou) le rendement par mou était de 500 kilos, soit une moyenne de 250 grammes par plant, tandis que là où elle l’avait été moins (1 600 plants par mou) le rendement était de 560 kilos pour la même superficie, soit une moyenne de 350 grammes par plant, ce qui faisait donc une différence de 60 kilos.

Sans parler que là où l’on avait pratiqué une plantation moins serrée, les cultures intercalaires avaient mieux poussé et que le grain du maïs était bien plein.

Ceci nous fit comprendre qu’il n’y a pas au fond de critères fixes pour la plantation serrée et la plantation clairsemée, mais qu’ils varient suivant la fertilité du sol, les espèces cultivées, les conditions de pénétration de l’air et des rayons de soleil. La densité raisonnable est celle qui permet de mettre en valeur le potentiel de haut rendement de la terre.

Il se trouve des endroits où la plantation se révèle trop serrée ou trop clairsemée.

Ceux qui se refusent à entreprendre la plantation serrée ne se sont pas encore débarrassés des anciennes pratiques culturales ; ils n’ont pas augmenté le nombre de plants au fur et à mesure qu’ils aménageaient leurs terres et augmentaient la quantité d’engrais, tandis que ceux qui ont augmenté à l’aveuglette le nombre des plants l’ont fait sans procéder à des expérimentations en liaison avec les changements intervenus dans les conditions telles que la terre et l’engrais.

Ces deux tendances n’ont, ni l’une ni l’autre, reflété la réalité objective et n’ont par conséquent pas permis d’augmenter la production.

En ce qui concerne la densité convenable, on ne peut aboutir à une conclusion qu’en procédant à des expérimentations conformément aux conditions de l’endroit et aux espèces cultivées.