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Nadejda Kroupskaïa : Pourquoi la deuxième internationale défend Trotski - 1937

[L’article de N. Kroupskaïa été publiés à Paris en 1937, par le Bureau d’éditions de l’Internationale Communiste, dans l’ouvrage intitulé « Le complot contre la Révolution russe. Les enseignements du Procès de Moscou contre le centre terroriste trotskiste-zinoviéviste. »]

Le socialisme ne s’érige pas par des ordres venant d’en haut. L’automatisme bureaucratique est incompatible à son essence : le socialisme vivant et créateur est l’œuvre des masses populaires elles-mêmes, disait Lénine aux premiers jours de notre révolution socialiste d’octobre.

Le 6 mai 1919, dans son discours au 1er congrès russe de l’instruction post-scolaire, Lénine déclarait :

« Si nous nous appelons Parti des communistes, nous devons comprendre que ce n’est que maintenant, alors que nous sommes venus à bout des obstacles d’ordre extérieur et que nous avons brisé les vieilles institutions, que pour la première fois, se pose réellement et dans toute son ampleur la première tâche de la vraie révolution prolétarienne, à savoir l’organisation de dizaines et de centaines de ·millions d’hommes ! »

Après la mort de Lénine, les masses se rassemblèrent encore plus étroitement autour du Parti. « Lénine est mort, mais son œuvre vit ».

Des années se sont écoulées et nous avons été à même de voir combien, de jour en jour, s’accroissait et se renforçait l’organisation de dizaines de millions de travailleurs, appelés en masse toujours plus grandes à l’administration du pays, à l’édification du socialisme. Le caractère social de notre pays soviétique s’est entièrement modifié ; des milliers et des dizaines de milliers d’organisateurs sont sortis du sein des masses populaires. Et comme preuves éloquentes nous avons le mouvement stakhanoviste, les conférences de l’hiver dernier entre les dirigeants du Parti et du gouvernement et les organisateurs du travail dans les différentes branches de production, kolkhoziens, ouvriers, conducteurs de moissonneuses-batteuses, paysannes récoltant plus de 500 quintaux de betteraves à l’hectare, etc. Chacun a pu voir comment, sur la base de l’organisation économique, l’amitié entre les peuples du pays des Soviets s’est renforcée et combien le niveau culturel des masses s’est élevé. Et les innombrables masses de travailleurs voient comment Staline se voue entièrement et sans réserve à leur cause, à la cause de Lénine, à la cause de l’édification socialiste, comment il les mène vers une vie meilleure. Ils le voient et ils ont confiance en lui, ils l’entourent d’une confiance et d’un amour absolus.

Les trotskistes et les zinoviévistes ne se souciaient pas des masses, ne s’intéressaient pas à elles ; ils ne pensaient qu’à s’emparer du pouvoir, même au prix d’une alliance avec la Gestapo, avec les pires ennemis de la dictature du prolétariat, avec ceux qui cherchent à rétablir dans le pays des Soviets l’ordre bourgeois, l’exploitation capitaliste des masses travailleuses.

Une discussion s’était engagée à la fin de 1920, sur le rôle des syndicats. Et Lénine écrivait au sujet de la position de Trotski :

« Il (Trotski) est tombé dans une série d’erreurs quant à l’essence même de la question de la dictature du prolétariat. Mais, indépendamment de cela, l’on se demande pourquoi un travail de collaboration amicale dont nous aurions tant besoin fait défaut parmi nous ? Cela tient à nos divergences dans la question des méthodes à adopter pour aborder les masses, pour exercer une influence prépondérante sur les masses, pour se lier avec les masses. L’essentiel est là ! »

Et ce n’est pas par hasard que Trotski, qui n’a jamais compris ce qui fait l’essence même de la dictature du prolétariat, qui n’a jamais compris le rôle que jouent les masses dans la construction socialiste et qui croyait que le socialisme peut être érigé par des ordres venant d’en haut, s’est engagé dans la voie de l’organisation d’attentats terroristes contre Staline, Vorochilov et les autres membres du Bureau politique qui aident les masses à édifier le socialisme. Ce n’est pas par hasard que le bloc sans principe que Zinoviev et Kamenev avaient formé avec Trotski, les a poussés, graduellement, vers l’abîme profond de la pire des trahi sons de la cause de Lénine, de la cause des masses travailleuses, de la cause du socialisme. Trotski, Zinoviev, Kamenev et toute leur bande d’assassins ont agi de concert avec le fascisme allemand, conclu une alliance avec la Gestapo. Voilà pourquoi le pays a été si unanime à réclamer que ces chiens enragés soient fusillés.

Quand ils lurent dans les journaux les aveux des accusés au procès, les ouvriers se dirent : « Ils voulaient restaurer la dictature bourgeoise ; quant à nous, les masses, ils nous avaient oubliées ; les aurions-nous jamais laissé arriver au pouvoir ? » En effet, ils ont oublié que « le socialisme vivant et créateur est l’œuvre des masses populaires elles-mêmes » et ils se sont mis aux premiers rangs de la bourgeoisie contre-révolutionnaire.

Ils voulaient porter la désorganisation parmi les masses, ils voulaient tuer le cerveau et le cœur de la révolution, Staline. Ils n’ont pas réussi. Cette bande misérable, infâme a été fusillée.

Et plus étroitement encore les masses se rassemblent autour du C.C., plus grand encore est leur amour pour Staline. Des sans-parti nous écrivent qu’on devrait publier à titre de supplément les œuvres complètes de Lénine et de Staline dans les journaux à fort tirage. Le degré de conscience la soif d’apprendre augmentent. « Ah ! qu’elle est magnifique l’école d’adultes construite à Pouchkine : on ne se lasse pas de l’admirer ! » me disait l’autre jour un vieux camarade, dirigeant d’une entreprise qui, il y a quarante ans, avait suivi mes cours du dimanche. Il avait aussi connu la prison.

Dès 1918, il organisa dans son village natal un kolkhoz maraîcher et reçu une prime d’« un million de roubles » pour son travail modèle comme directeur d’un sovkhoz.
L’édification socialiste se développe et avec elle grandissent les besoins culturels des masses. Nous devons satisfaire ces besoins, renforcer les écoles d’adultes, élargir le réseau de ces écoles, celui des bibliothèques, créer des maisons de culture, des clubs dans les kolkhoz, des musées. A l’étape actuelle, on doit surtout porter son attention sur la qualité de l’enseignement, la qualité du travail des bibliothèques, des salles de lecture, des clubs et des maisons de culture.

Nous disposons déjà d’une riche expérience dans ce domaine. Depuis la Révolution socialiste d’Octobre, l’initiative des ouvriers s’est grandement manifestée dans le domaine culturel. Et les tentatives qui n’aboutirent pas parce qu’on ne sut pas toujours tenir compte des difficultés et parce que l’on prenait ses « désirs pour des réalités », même ces tentatives-là n’ont pas été perdues, elles ont porté leurs fruits. Elles nous ont enseigné à mieux envisager le présent, à haïr encore plus les vestiges du passé, elles nous rendent encore plus conscients de la nécessité d’élargir et d’approfondir nos connaissances et de savoir les appliquer à la vie même. Nous voyons que l’édification socialiste va sans cesse en progressant et que le travail se poursuit encore plus intense, en plus étroite collaboration.

Ce n’est pas non plus par un effet du hasard que la IIe Internationale vocifère, s’acharne, élève sur le pavois la bande d’assassins trotskistes-zinoviévistes, cherche à briser le Front populaire. Les De Brouckère, les Citrine soutiennent toutes les vilenies des ennemis de la classe ouvrière de l’U.R.S.S. de notre Parti et de ses chefs. Ils tiennent la première place dans la meute des ennemis du pays des Soviets que la bourgeoisie a rassemblée.

La IIIe Internationale est née dans la lutte contre la IIe Internationale. Avec l’aide du renégat Kautsky et de ses complices, la IIe Internationale a mené contre la dictature du prolétariat et le pouvoir soviétique une lutte acharnée. La IIe Internationale veut dé fendre et justifier l’ordre capitaliste tromper les masses travailleuses. C’est pourquoi elle défend maintenant Trotski, l’agent de la Gestapo. Elle n’a pas réussi. Notre pays soviétique est devenu un pays puissant qui lève toujours plus haut l’étendard du communisme, qui avance d’une marche assurée sur le chemin tracé par Marx, Engels, Lénine.

On ne pourra pas taire cela, ni les trotskistes, ni les zinoviévistes, ni les gens de la IIe Internationale n’arriveront à tromper les travailleurs.

L’atmosphère tendue qui règne sur le front international, le danger de guerre qui menace, rendent les travailleurs encore plus clairvoyants. Le Front populaire des travailleurs grandira et prospèrera dans le monde entier.

mardi 3 août 1937


L’Internationale Communiste : le septième congrès − 1935