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Mao Zedong sur la contradiction - 4e partie : une totalité, un processus complet

Le matérialisme dialectique est une science et il est donc tout à fait normal d’en parler comme d’une découverte. C’est même la science absolue, qui touche tous les aspects de la vie ; c’est la clef pour la compréhension générale de la nature et de la société, de tous les phénomènes.

Mao Zedong rappelle de la manière suivante ce qu’est l’idéologie communiste :

« Depuis la découverte de la conception matérialiste-dialectique du monde par les grands fondateurs et continuateurs du marxisme, Marx, Engels, Lénine et Staline, la dialectique matérialiste a été appliquée avec le plus grand succès à l’analyse de nombreux aspects de l’histoire humaine et de l’histoire naturelle, ainsi qu’à la transformation de nombreux aspects de la société et de la nature (par exemple en U.R.S.S.) ; l’universalité de la contradiction est donc déjà largement reconnue et nous n’aurons pas besoin de l’expliquer longuement. »

Ce qui est marquant ici, c’est que Mao Zedong affirme une chose qui, inversement, est méconnue ou refusée en Europe de l’Ouest. L’universalité de la question n’a jamais été en tant que tel réellement assumée par les Partis Communistes en Europe de l’Ouest.

L’un des grands exemples est l’italien Antonio Gramsci, considéré comme un grand intellectuel communiste des années 1920-1930 par les progressistes en Europe de l’Ouest, ainsi que par la bourgeoisie. Antonio Gramsci, de fait, considérait que le matérialisme dialectique était secondaire, que c’était peut-être vrai, mais peut-être faux, et qu’au final cela ne comptait pas ; le matérialisme historique suffirait.

Une telle attitude libérale est extrêmement choquante du point de vue communiste, et cela en dit long sur la nature des communistes d’Europe de l’Ouest des annés 1920-1950, dont le rapport au matérialisme dialectique fut ambivalent, ambigu, réticent, hostile, etc.

Le triomphe de la révolution chinoise tient, à l’inverse, à la reconnaissance de l’universalité de la contradiction par les communistes de Chine et à leur tête Mao Zedong.

Le principe du matérialisme dialectique est absolu. Il ne s’agit pas simplement de constater qu’il y a un processus contradictoire : tout processus est contradictoire. Tout mouvement est contradiction, et inversement.

Mao dit donc :

« L’universalité ou le caractère absolu de la contradiction a une double signification : la première est que les contradictions existent dans le processus de développement de toute chose et de tout phénomène ; la seconde, que, dans le processus de développement de chaque chose, de chaque phénomène, le mouvement contradictoire existe du début à la fin. »

Mao Zedong cite ici Friedrich Engels et Lénine, afin de vraiment appuyer la compréhension de cette question. La contradiction n’est pas partielle, elle n’existe pas à côté d’autre chose. Elle est un processus totalitaire, englobant toute la réalité ; rien ne peut lui échapper.

Quand la bourgeoisie dénonce les « totalitarismes », elle attaque en fait le principe même de totalité, de processus complet. C’est là une importante clef idéologique.

La bourgeoisie considère que l’être humain est isolé, indépendant, il peut « penser ». Pour le matérialisme dialectique, la pensée est le reflet de la réalité, à des degrés plus ou moins synthétisés.

Inévitablement, Mao Zedong rappelle donc la conception matérialiste dialectique du reflet : tous les concepts forgés par notre pensée ne sont que des reflets des processus ayant lieu dans la réalité. Il résume cela ainsi :

« Il convient de considérer toute différence dans nos concepts comme le reflet de contradictions objectives.

La réflexion des contradictions objectives dans la pensée subjective forme le mouvement contradictoire des concepts, stimule le développement des idées, résout continuellement les problèmes qui se posent à la pensée humaine. »

La pensée et ses formes n’existent qu’en tant que reflets et le rapport entre réalité objective et pensée individuelle, subjective, est nécessairement lui-même dialectique. Les concepts scientifiques se forgent donc au cours du processus ; c’est cela qui justifie le passage, par exemple, du marxisme au marxisme-léninisme.

On ne peut pas penser en-dehors d’un processus, d’un phénomène, et ce qu’on pense reflète, à différents degrés, le processus, le phénomène. On voit ici le degré de compréhension totale du matérialisme dialectique.