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Mao Zedong sur la contradiction - 1re partie : en défense du matérialisme dialectique

« Nous parlons souvent du « remplacement de l’ancien par le nouveau ». Telle est la loi générale et imprescriptible de l’univers. »

« La connaissance de la matière par l’homme, c’est la connaissance de ses formes de mouvement, étant donné que, dans le monde, il n’y a rien d’autre que la matière en mouvement. »

C’est en août 1937, dans la base rouge du Yenan, que Mao Zedong a écrit une œuvre d’une importance capitale pour le matérialisme dialectique : De la contradiction. Le contenu en fut expliqué à l’Université anti-japonaise, ayant une nature politico-militaire, puis révisé pour publication. L’œuvre devint un classique, étant produit par la révolution chinoise et permettant à la révolution démocratique chinoise de disposer d’un fondement solide : une juste compréhension du matérialisme dialectique.

De la contradiction fut immensément appréciée également dans les autres pays ; il s’agit d’une œuvre explicative d’une très grande portée, présentant la substance du matérialisme dialectique d’une manière parfaitement lisible et avec un grand esprit de conséquence.

C’était à la fois une introduction au matérialisme dialectique, et en même temps une formidable synthèse ; Mao Zedong a réalisé cette étude en procédant à la formation de six chapitres, dont la liaison interne est à comprendre pour en saisir la perspective.

Le problème est déjà naturellement que si tout est dialectique, alors ce qu’on explique l’est aussi. Comment alors faire comprendre ce qu’on explique, puisqu’on ce qu’on explique est déjà dans l’explication elle-même ?

Pour résoudre de manière productive cette problématique, Mao Zedong procède de la manière suivante.

La première étape est une simple constatation : il existe deux manières de voir les choses. Dans l’histoire de l’humanité jusqu’à présent, il y a l’idéalisme et le matérialisme, c’est-à-dire d’un côté le fait de séparer le corps et l’esprit, de l’autre le fait de ne pas le faire. L’idéalisme croit en un monde idéal et parallèle, non matériel c’est-à-dire spirituel, alors que le matérialisme considère que seule la matière existe.

Une fois qu’il a exposé cela, Mao Zedong présente le point de vue matérialiste, en expliquant le principe de la contradiction. C’est la base du matérialisme dialectique : le matérialisme ne peut pas être compris sans saisir la dialectique.

Pour cette raison, Mao Zedong montre d’abord la signification générale de la contradiction, sa valeur universelle, pour ensuite s’attarder sur la question de la nature spécifique de la contradiction, c’est-à-dire le fait que la contradiction, au-delà d’être un principe général, est vrai partout et qu’il faut donc saisir sa réalité dans chaque phénomène.

On a d’abord le principe, la substance, ensuite la constatation de cette substance dans chaque phénomène, puis un retour logique à la perspective générale. A ce titre, Mao Zedong continue d’affiner en faisant une distinction entre les contradictions au sein d’un même phénomène : il faut qu’il y en ait un qui prime. C’est ce qu’on appelle l’aspect principal.

Une fois cela fait, il a alors expliqué la contradiction en tant que réalité générale et il peut donc effectuer une synthèse en portant son attention sur la lutte et l’identité des deux aspects de la contradiction, c’est-à-dire la question de savoir à quel moment une contradiction amène un saut qualitatif, à travers un antagonisme.

Tel est le plan de l’œuvre, d’une discipline à toute épreuve.

Car le point de départ de Mao Zedong est le matérialisme dialectique, idéologie inscrite au cœur de l’Union Soviétique par Staline. On a ici l’expression d’une fidélité et d’une continuité.

C’est quelque chose de très erroné que l’attitude des mouvements étudiants des années 1960 en Europe de l’Ouest, qui ont opposé Mao Zedong à Staline, tout cela parce qu’ils ne connaissaient rien au matérialisme dialectique et à Staline, en raison de l’influence massive du révisionnisme et du social-impérialisme soviétique.

Mao Zedong est en pratique le produit des conditions concrètes de la Chine, mais avec comme moteur idéologique l’URSS de Staline.

Les premières phrases de De la contradiction se veulent un rappel immédiat de l’idéologie communiste définie par l’URSS de Staline :

« La loi de la contradiction inhérente aux choses, aux phénomènes, ou loi de l’unité des contraires, est la loi fondamentale de la dialectique matérialiste.

Lénine dit :

"Au sens propre, la dialectique est l’étude de la contradiction dans l’essence même des choses ...". »

Mao Zedong parle, en effet, dans ce document, en tant que dirigeant du Parti Communiste de Chine, et il se veut ici le garant de l’idéologie face aux déviationnistes. On est ici dans le cadre du mouvement communiste, où la défense de l’idéologie est primordiale ; une erreur idéologique est considérée comme ayant des conséquences infiniment graves, puisque c’est le Parti Communiste qui dirige la révolution : si ses analyses sont erronées, alors la révolution ne peut pas avancer.

On a ici affaire au primat de l’idéologie et Mao fait une présentation générale de la substance même du matérialisme dialectique, afin de le défendre.