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Manifestation internationale de Rome : Discours du délégué de PCR du Chili −1977

Manifestation internationale de Rome, 23 janvier 1977

La classe ouvrière et le peuple chilien luttent avec une ampleur et une détermination toujours plus grandes contre la junte militaire fasciste et l’impérialisme nord-américain, ennemis de plus de 90 % de notre peuple. Cependant, comme vous le savez, nous ne sommes pas tous unis contre la dictature. La cause principale de cette division est l’existence de deux lignes complètement opposées au sein des forces politiques qui s’opposent à la junte militaire fasciste.

Notre Parti a, depuis le début, exprimé une ligne profondément révolutionnaire de lutte de la classe ouvrière et du peuple pour abattre la dictature. Nous considérons cette lutte comme partie intégrante de la lutte de notre peuple pour sa libération définitive. Plus la classe ouvrière et le peuple accumulent de forces dans la lutte contre la dictature, simultanément avec le développement de la lutte armée populaire et de la formation de leur armée, plus ils pourront conquérir de garanties démocratiques après avoir abattu la dictature fasciste et plus ils se rapprocheront de la conquête du pouvoir et de la démocratie populaire, vers le socialisme.

Cette claire ligne de lutte et son assimilation continue de la part des combattants des masses permet au Parti de se développer constamment et de compter sur l’appui de secteurs toujours plus vastes des masses et des bases respectives des partis antifascistes. Le Parti a fait appel à la plus ample unité de tous les secteurs antifascistes et ne s’est pas arrêté là, comme les autres, mais il a donné l’impulsion pour le développement du Front du Peuple (Frente del Pueblo).

Les Comités de Résistance et autres organisations de base se multiplient rapidement dans les usines, dans les campagnes, dans les écoles, dans les bureaux, dans les universités, etc.

De la même façon cette ligne se manifeste dans le Parti et dans le Front du Peuple à l’étranger. Nous dénonçons les crimes de la junte, nous soutenons le boycottage de la dictature, donnons impulsion à la solidarité internationale et remercions tous ceux qui contribuent à la développer, sans cette solidarité notre peuple aurait de grandes difficultés pour triompher ; nous mettons toujours au premier plan la propagande de la lutte de notre peuple et nous cherchons des appuis pour ceux qui combattent au Chili.

Le Parti révisionniste, au contraire, depuis le début, a toujours boycotté la lutte contre la dictature. Maintenant il s’oppose au développement des Comités de Résistance et autres organismes de lutte et œuvre pour maintenir les masses dans l’immobilisme. Il a cherché à conspirer avec les soi-disant « secteurs démocratiques » des forces armées de Pinochet et l’unité avec la démocratie chrétienne de Frey, pion de l’impérialisme yankee au Chili.

Maintenant, avec le triomphe de Carter aux USA, les révisionnistes se sont mis au service de la DC pour profiter de la soi-disant « démocratisation » du pays que la DC est en train de mettre en avant. Cette nouvelle édition du « compromis historique » est une nouvelle grande trahison du révisionnisme que notre peuple ne pardonnera pas.

La ligne traîtresse du révisionnisme s’exprime de façon tout aussi claire à l’étranger. Dans leur activité, les révisionnistes mettent au premier plan la dénonciation des crimes de la dictature, ils disent démagogiquement de boycotter la junte mais en réalité ils recueillent des fonds pour maintenir leurs bureaucrates. Ils attendent tout de l’étranger et de M. Carter. Ils cachent − ou ne donnent pas d’importance à l’héroïque lutte de notre peuple contre le fascisme.

Mais la ligne qui se base sur le principe de compter sur ses propres forces et sur sa propre lutte pour abattre la dictature, se renforce de plus en plus parce que les masses, guidées par le PCR, ont su « tirer profit » de la tragique expérience chilienne. Nous, communistes révolutionnaires chiliens ne nous fatiguerons jamais de répéter et approfondir cette ligne.

L’écroulement de l’Unité Populaire n’a pas été l’échec du mouvement révolutionnaire de notre peuple, ni du socialisme, mais l’échec du révisionnisme et de sa « voie pacifique ». Ça a été la défaite de sa tentative d’instaurer au Chili un régime social-fasciste par le biais du développement du capitalisme monopoliste d’Etat au service de la bureaucratie révisionniste et du social-impérialisme russe.

L’expérience chilienne a prouvé encore une fois que la seule et unique voie qui nous mènera à l’indépendance et à la vraie libération nationale, à la démocratie populaire et au socialisme est la lutte armée populaire de longue durée, dirigée par notre Parti marxiste-léniniste et développée par la classe ouvrière et par les grandes masses populaires.

Dans des pays comme le nôtre, on gouverne ou avec ou contre l’impérialisme, ou avec. ou contre les masses populaires, il n’existe aucune solution intermédiaire. Il a été prouvé une nouvelle fois que sans combattre le révisionnisme au sein du prolétariat et des masses populaires, il est impossible de lutter de façon cohérente et victorieuse contre l’impérialisme et les réactionnaires.

Le Parti révisionniste chilien s’est fait complice du coup d’Etat fasciste, préparé et financé par l’impérialisme Yankee et par les secteurs les plus réactionnaires du pays, en désarmant les masses du point de vue idéologique, politique et militaire, en alimentant des illusions sur le soi-disant esprit « constitutionnaliste », « progressiste » et « professionnel » des forces armées réactionnaires, en s’opposant systématiquement au développement de la lutte de masse contre la réaction et le fascisme qui se préparait, etc.

L’expérience chilienne prouve aussi que les révisionnistes ne changent pas, qu’ils sont réactionnaires jusqu’à la moelle. Luis Corvalan, secrétaire général du Parti révisionniste chilien, que la junte militaire fasciste a récemment remis en liberté en l’échangeant contre le prisonnier politique Boukovski, après plus de deux années de prison, a déclaré que « la majeure partie des Forces Armées chiliennes est démocratique et contraire à la dictature, et qu’il est sûr que ces secteurs majoritaires des Forces Armées liquideront les « quelques généraux traîtres ».

Pourtant, il sait parfaitement que ces Forces Armées ont assassiné plus de 30.000 Chiliens, ont torturé et enfermé dans des camps de concentration des centaines de milliers d’hommes, femmes et enfants : il sait que, malgré la farce de la libération de tous les prisonniers politiques que la junte a monté tout dernièrement, en ce moment, il y a encore des milliers de personnes « disparues » et d’autres milliers de prisonniers cachés dont beaucoup continuent à être torturés sauvagement, et ceci même dans de nouveaux camps où sont expérimentées des nouvelles techniques de torture comme celui de « Colonia Dignidad » à Parral.

La brutalité avec laquelle l’impérialisme Yankee, notre ennemi principal a déclenché le coup d’Etat fasciste au Chili a trois causes fondamentales :

- le grand développement de la lutte des masses qui était sur le point de déborder la direction révisionniste ;

- la prétention du social-impérialisme russe de transformer le Chili en une nouvelle base d’appui en Amérique Latine ;

- le fait que certaines réformes avaient touché les intérêts de l’impérialisme et des secteurs les plus réactionnaires du pays. L’expérience montre que les prétentions du social-impérialisme russe de supplanter l’impérialisme nord-américain comme puissance dominante au Chili et en Amérique Latine au lieu de diminuer, auront tendance à augmenter.

Pour réaliser ce but, il utilise de préférence ses laquais : les partis révisionnistes. Intensifier la lutte contre leur politique criminelle est une mission inséparable de la lutte contre l’impérialisme et contre la réaction nationale.

Camarades,

Le développement et l’aggravation des contradictions autrefois analysées par Lénine a conduit à une situation où augmentent tant les facteurs en faveur de la révolution, que ceux en faveur de la guerre impérialiste. Mao Tsétoung a dit qu’actuellement la tendance principale est à la révolution mais que nous devons être prêts à affronter une guerre.

Aujourd’hui, les deux superpuissances, impérialisme USA et social-impérialisme URSS, sont les principaux ennemis exploiteurs et oppresseurs internationaux. De leur rivalité pour dominer le monde naît le principal danger de guerre. Dans le contexte général, les deux superpuissances sont l’ennemi principal de l’émancipation nationale des peuples opprimés et de l’émancipation sociale des classes exploitées. Les peuples doivent lutter simultanément contre les deux superpuissances et ne peuvent se fier ou s’appuyer sur l’une pour combattre ou se libérer de l’autre.

Nous pensons que, dans les conditions actuelles, il est indispensable, que les partis m-l s’unissent et se soutiennent réciproquement, pour promouvoir et prendre la direction d’un ample front mondial qui intègre toutes les forces susceptibles d’être unies et s’oppose à la domination et à l’hégémonisme des deux superpuissances.

De ces liens entre les partis m-l, partis au milieu desquels le PCC et le PTA occupent une place prééminente, doivent naître tant la coordination que l’appui mutuel pour développer et diriger ce front mondial contre les deux superpuissances et pour renforcer et diriger ce front dans son propre pays.

Dans chaque pays c’est le devoir des marxistes-léninistes d’appuyer et de promouvoir, en tant que partie essentielle du front uni mondial contre les deux superpuissances, le mouvement pour l’indépendance nationale et pour la révolution dirigée par le prolétariat et par son Parti, l’unique qui garantisse une lutte cohérente contre l’hégémonisme des deux superpuissances et l’avenir de classe, prolétarien et socialiste de ce même mouvement.

Les contradictions des secteurs nationalistes, bourgeois et progressistes contre l’une ou contre les deux superpuissances, doivent être stimulées et exploitées sans permettre pourtant que ces secteurs prennent en main la direction de la lutte contre ces superpuissances.

Il est nécessaire d’appuyer la lutte dirigée par les marxistes-léninistes de chaque pays contre la superpuissance qui y est dominante ainsi que contre les secteurs dominants de la classe à son service.

Les contradictions que ces secteurs dominants peuvent avoir contre une des superpuissances ne justifient pas la tolérance à leur égard, de la part des marxistes-léninistes dans la mesure où ils sont toujours au service de l’autre superpuissance et où ils exploitent le peuple.

La lutte centrée contre la superpuissance dominante dans un pays ne peut pas non plus signifier : dévier de la lutte pour empêcher toute tentative de pénétration de l’autre superpuissance ni, encore moins s’allier à celle-ci ou faciliter sa pénétration, sous le prétexte de contrecarrer celle qui exerce déjà sa domination, comme font les révisionnistes qui facilitent la pénétration du social-impérialisme sous le prétexte de combattre l’impérialisme américain.

Le camarade Mao Tsétoung a dit : « Ou la révolution empêche la guerre ou la guerre provoque la révolution. » C’est une position identique à celle de Staline. C’est une même et unique position marxiste-léniniste, et les deux dirigeants du prolétariat et des peuples du monde ne se contentèrent pas seulement de prononcer ces phrases mais ils les appliquèrent, l’un à la tête du Parti Bolchevik et l’autre à la tête du Parti de Chine.

Dans les deux cas, c’est la révolution et seulement la révolution, c’est la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie qui ouvrira la voie à une société sans classes, sans exploitation et sans guerres, que cette lutte s’exprime, comme lutte de libération nationale, comme lutte de libération du peuple guidée par le prolétariat pour la conquête du pouvoir ou qu’elle s’exprime comme révolution socialiste.