Centre MLM de belgique

Lotta Continua : tracts de Nichelino − 1969

TRAVAILLEURS DE NICHELINO,

L’heure est venue de donner une riposte aux patrons.

S’ils nous ont entassés dans cette ville c’est pour pouvoir nous exploiter dans l’usine avec des salaires de misère et des horaires prolongés et pour pouvoir récupérer une bonne partie du salaire avec le loyer qu’ils nous font payer pour les quatre murs dans lesquels nous dormons.

Dans beaucoup d’immeubles de Nichelino. les comités de locataires ont déjà refusé tous ensemble les augmentations de loyer et les charges abusives.

Sur cette base, ces mêmes comités appellent à

- UNE GRANDE MANIFESTATION DE PROTESTATION POUR LE BLOCAGE IMMÉDIAT DES LOYERS

- L’ARRÊT TOTAL DES EXPULSIONS.

C’est une première étape vers le RÉDUCTION DES LOYERS. Mais notre lutte n’est pas isolée ; unissons-la avec celle que les ouvriers de la Fiat sont en train de mener.

Il ne faut plus permettre aux patrons de récupérer avec les augmentations de loyer, les augmentations de salaire que nous leur arrachons dans l’usine.

Voilà pourquoi la lutte des locataires de Nichelino est la même que celle des ouvriers de la Fiat, la même que celle des ouvriers de toutes les autres usines.

Rejoignons tous les comités de locataires et PARTICIPONS EN MASSE A LA MANIFESTATION pour faire connaître notre lutte et pour la faire reprendre par tous les travailleurs de Nichelino et des autres villes.

LA MANIFESTATION PARTIRA A 18 H. DU CARREFOUR VIA TORINO ET VIA XXV APRILE, VENDREDI 13 JUIN

A partir de 17 heures à la maison du Peuple, via Primo Maggio 18, fonctionnera une garde d’enfants pour que toutes les femmes puissent participera la manifestation.

10 Juin 1969

Les ouvriers, les étudiants et les comités de locataires de Nichelino



LES TRAVAILLEURS DE NICHELINO OCCUPENT LA MAIRIE

A la fin d’une grande manifestation de protestation ouïes mots d’ordre étaient : "Dans l’usine, à la maison, un même patron", "Blocage des loyers", "Arrêt des expulsions", les ouvriers et les étudiants de Nichelino ont occupé la mairie.

L’occupation de la mairie, c’était le meilleur, moyen pour renforcer la lutte que les comités de locataires avaient commencée dans chaque immeuble contre l’augmentation des loyers.

C’est aussi le meilleur moyen pour que cette lutte soit reprise par tous les travailleurs de Nichelino.

Une assemblée qui s’est tenue dans la mairie occupée a exprimé clairement les revendications suivantes : blocage immédiat des loyers, arrêt des expulsions dans toute la ville de Nichelino.

Ce matin, une délégation se rendra à la préfecture pour exiger un décret immédiat ordonnant le blocage des loyers et l’arrêt des expulsions.

Les travailleurs de Nichelino ont compris qu’il ne suffisait pas de conquérir les salaires plus élevés en se battant dans l’usine si les mêmes patrons récupéraient sur le loyer les augmentations de salaire.

C’est pourquoi les travailleurs de Nichelino ont porté la lutte jusqu’au dehors de l’usine en formant des comités dans les immeubles et dans les quartiers pour se défendre à chaque instant contre les patrons, pour attaquer leur pouvoir d’une manière organisée.

La lutte a commencé.

Il faut la continuer.

FORMONS DES COMITES DE LOCATAIRES DANS TOUS LES IMMEUBLES.

DISCUTONS ENTRE NOUS ET ORGANISONS-NOUS DANS LES USINES.

CE N’EST QU’UN DEBUT, CONTINUONS LE COMBAT.

14 juin 1969

Les ouvriers, les étudiants
et les comités de locataires de Nichelino


L’OCCUPATION DE LA MAIRIE DE NICHELINO CONTINUE :

OUVRIERS DE LINGOTTO :

Après cinq jours d’occupation de la mairie, la lutte des travailleurs de Nichelino fait tache d’huile.

Leur lutte se développe pour le blocage des loyers, contre les expulsions, pour une réduction progressive des charges.

Hier, les ouvriers de trois usines ont fait une grève de solidarité avec les travailleurs qui occupaient la mairie.

Aujourd’hui, d’autres usines font la même chose ; la grève va s’étendre à toutes les usines de Nichelino.

En effet, plus de 5.000 travailleurs qui vivent à Nichelino sont des ouvriers de la Fiat, et parmi eux, beaucoup travaillent à Lingotto.

Ces travailleurs discutent avec leurs camarades de Rivori, Collegno, Brugliato [municipalités de la banlieue de Turin] et de toutes les autres communes : les conditions d’exploitation des travailleurs sont toujours les mêmes, dans l’usine ou à l’extérieur.

Ainsi la lutte s’étend, elle concerne tout le monde.

Si nous prenons cette lutte pour exemple, c’est qu’elle nous permettra de défendre nos augmentations de salaire, d’avoir des organisations ouvrières dans l’usine et au dehors.

C’est pourquoi nous vous appelons à faire des débrayages, des assemblées d’atelier, à faire démarrer à Lingotto la grande lutte qui recommence à Mirafiori.

Nous vous appelons à lutter pour des loyers plus bas en dehors de l’usine, pour des salaires plus élevés à l’intérieur.

C’est aussi pourquoi nous appelons à transformer en assemblée les débrayages à propos des loyers :

- pour discuter des revendications propres à Lingotto,

- pour commencer ici aussi la lutte directe contre le patron, la juste lutte de nos camarades du 54 à Mirafiori.

Ils ont repris le combat.

Ce qu’ils veulent c’est :

1) classe II pour tous sans essai au bout de 6 mois

2) 50 lires de plus sur le taux de base, et qui ne soit pas une avance sur le prochain contrat

3) 50 lires de plus sur la prime de poste qui doit être donnée à tout le monde.

Si nous savons généraliser la lutte dans la Fiat et la lutte dans tous les immeubles où nous vivons nous saurons frapper le patron de tous les côtés nous empêcherons qu’il continue à nous voler d’une main ce qu’il nous donne de l’autre.

ETENDONS A TOUTE LA FIAT LA LUTTE DE MIRAFIORI !

ETENDONS A TOUTES LES VILLES FIAT LA LUTTE DES TRAVAILLEURS DE NICHELINO !

Turin, 17 juin 1969


HUITIEME JOUR D’OCCUPATION DE LA MAIRIE DE NICHELINO

IMPOSONS :

L’ARRÊT DES EXPULSIONS POUR TROIS ANS LE BLOCAGE DES LOYERS ET L’ANNULATION DES AUGMENTATIONS DEPUIS LE 1er JUIN 69

Hier soir, l’assemblée de travailleurs de Nichelino s’est réunie dans la mairie occupée.

Elle a redit sa volonté de continuer la lutte.

Elle a prouvé qu’elle savait riposter aux manoeuvres des patrons qui font traîner en longueur les négociations en se contentant de faire des promesses verbales pour la construction de H. L. M. et en refusant de répondre aux revendications précises des travailleurs.

A part cette promesse d’H.L.M., ce qui nous intéresse, c’est que tous les loyers soient "modérés" et notre réponse est claire : l’occupation de la mairie est toujours plus utile comme RIPOSTE ORGANISÉE des locataires aux augmentations de loyer.

De nouveaux comités de lutte dans les immeubles se forment tous les jours, il y en a déjà 19.

Mais le fait le plus important, c’est que la mairie occupée est devenue l’endroit où les ouvriers de Nichelino qui travaillent à Mirafiori, à Lingotto et dans toutes les usines de Turin organisent le combat dans l’usine.

Mercredi, les ouvriers de la Bocca et de Malandroni [quartiers de Nichelino] ont formé dans la mairie occupée un COMITE OUVRIER.

Ce comité a mis immédiatement sur pied un programme de revendications pour l’usine.

Hier après-midi, les ouvriers de l’atelier 33, département 331, de Mirafiori, qui avaient débrayé pendant une heure à la première équipe ont décidé d’exiger 50 lires sur le taux de base, 50 lires sur la prime de poste (non intégrables au prochain contrat) et la classe II pour tous, sans essai, au bout de 6 mois.

Hier soir, les ouvriers de la deuxième équipe des ateliers 11 et 14 de Lingotto ont décidé, après discussion, comment commencer la même lutte que leurs camarades de Mirafiori.

Voilà la réponse ouvrière aux manœuvres des patrons et de leurs valets :

ORGANISER LA LUTTE AUSSI BIEN DANS L’USINE QU’A L’EXTERIEUR.

DANS L’USINE POUR DE MEILLEURS SALAIRES, AU DEHORS POUR DES LOYERS PLUS BAS.

C’est pourquoi les travailleurs qui occupent la mairie demandent à tous leurs camarades non seulement leur solidarité, mais des initiatives concrètes de lutte CONTRE LE MÊME PATRON.

Pendant ces huit jours d’occupation, nous avons édifié notre force.

Les patrons ne pourront plus nous la reprendre. Même si ces patrons font appel à la police pour arrêter l’occupation, l’organisation de lutte que nous nous sommes donnée demeurera.

Elle continuera à nous servir pour la lutte dans l’usine, pour la lutte contre les loyers, et cette lutte se fera toujours plus dure, avec des formes nouvelles, la grève des loyers par exemple.

CE SOIR A 21 H., PARTICIPONS TOUS A L’ASSEMBLEE dans la mairie occupée.

Le maire viendra nous donner la réponse du gouvernement, et nous pourrons voir comment le gouvernement des patrons essaie désespérément d’échapper aux justes revendications des travailleurs de Nichelino, qui seront dans peu de temps les revendications de tous les travailleurs de la banlieue de Turin.

- VIVE LA LUTTE DES TRAVAILLEURS DE NICHELINO

- VIVE LA LUTTE DES OUVRIERS DE LA FIAT.

Les ouvriers, les étudiants et les comités de locataires de Nichelino
20 juin 69


ONZIEME JOUR D’OCCUPATION DE LA MAIRIE DE NICHELINO

La lutte continue pour imposer

1) l’arrêt des expulsions pour 3 ans

2) blocage de loyers et annulation des augmentations depuis le 1er janvier 69

LES PATRONS SONT DANS L’EAU JUSQU’AU COU !

ACHEVONS LE CHIEN QUI SE NOIE !

Les patrons de Nichelino c’est ces mêmes individus démocrate-chrétiens qui étaient assis il y a peu de temps à la table du conseil municipal.

C’est eux les gros propriétaires, ils n’ont pas cessé d’augmenter les loyers, c’est eux les véritables vampires.

Ces vautours qui n’ont jamais levé le petit doigt sinon pour nous voler toujours plus ont l’audace de venir écrire sur un tract que les étudiants qui luttent au côté des travailleurs de Nichelino sont payés pour le faire.

A l’assemblée populaire, le maire est venu nous faire des tas de belles promesses.
Hier, ce traître et sa clique patronale avec leurs tracts de démocrates-chrétiens ont essayé de baver sur la juste lutte des travailleurs de Nichelino.

Mais ces travailleurs ne sont plus seuls.

La lutte fait tache d’huile.

La classe ouvrière de Turin et de la banlieue s’apprête à porter un coup aux patrons : LA GRÉVE GÉNÉRALE.

Cette grève sera utile aussi aux ouvriers de la Fiat qui sont en lutte depuis plus d’un mois déjà dans quelques ateliers pour soulever l’usine entière, pour obtenir des augmentations de salaire importantes.

Dans les autres usines, cette grève générale permettra :

DE COMMENCER LA LUTTE A L’INTÉRIEUR D’ARRACHER PLUS D’ARGENT AUX PATRONS.

La grande force que les travailleurs de Nichelino viennent d’édifier dans la lutte ne laisse plus d’autre possibilité aux patrons que la lâcheté des calomnies.

L’assemblée POPULAIRE dans la mairie occupée est une grande victoire.

C’est là où les travailleurs discutent de leurs problèmes, c’est là qu’ils prennent leurs décisions : que les patrons et leurs valets viennent un peu y soumettre leurs salades au jugement populaire !


COMMUNIQUE

Tous les locataires, tous les membres des comités sont invités à participer à l’assemblée générale qui se tiendra dans la mairie occupée

MARDI 24 JUIN A 21 HEURES pour discuter de LA POURSUITE DE LA LUTTE DES NOUVELLES FORMES DE LUTTE A ADOPTER

CAMARADES TRAVAILLEURS !

Nous n’avons de comptes à rendre à. personne, et surtout pas à nos ennemis.

Pas de trêve pour les patrons, gui recourent à la calomnie quand ils sont dans l’eau jusqu’au cou.

Tous unis dans la lutte jusqu’à la victoire !

ACHEVONS LE CHIEN QUI SE NOIE

22 juin 1969

Les ouvriers et les étudiants des comités de lutte de Nichelino