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Les trois erreurs futures de la COP21 : quantité, qualité, biosphère

Dans un peu plus de 15 jours aura lieu la conférence de l’ONU sur le climat à Paris, la « COP21 ». Elle visera pas moins qu’un « accord universel sur le climat » lors des débats s’étendant du 30 novembre au 11 décembre 2015.

Sauf qu’on peut déjà prévoir les trois grandes erreurs qui vont empêcher tout résultat, et qui découlent d’une incompréhension de la dialectique de la matière. Tout d’abord, dans la logique bourgeoise, on va en effet partir des parties au lieu de considérer le tout. Ensuite, on va confondre qualité et quantité.

Il y a de fait deux manières de concevoir notre planète. Nous pouvons, dans la logique bourgeoise, la considérer comme un agrégat de différentes couches relativement indépendantes. Il y a la société humaine, puis des forêts d’un côté, l’océan de l’autre, l’océan se divisant lui-même en différentes couches séparées, etc.

L’humanité étant divisée en classes sociales et en nations, le principe de partir des parties pour « reconstruire » le tout de manière arbitraire prévaut.

Or, la seule conception juste est celle du matérialisme dialectique qui dit que le mouvement de la matière est synthétique, un processus général. Il n’y a qu’un univers et tout élément est une strate elle-même reliée aux autres, toutes les strates étant en fait un seul processus général, chaque élément étant incompréhensible par conséquent sans vue d’ensemble.

La planète est donc biosphère, élément de l’univers incompréhensible pris isolément et encore plus si on la divise en parties isolées, niant le tout.

Si l’on veut combattre le réchauffement climatique, on doit partir du tout – à la COP21 on va débattre de comment gérer les parties prises isolément. C’est là un problème philosophique qui est en fait idéologique.

Rien ne sera pire à ce titre que d’entendre des anticapitalistes romantiques dénoncer le capitalisme comme cause du réchauffement climatique sans rien comprendre ni vouloir comprendre à la question matérielle posée, et sans proposer aucune solution à part un freinage, un retour en arrière, la décentralisation, etc.

On en vient là à l’autre question, celle de la qualité et de la quantité. En fait, la logique bourgeoise quand elle traite de l’environnement voit de la quantité où il y a de la qualité et inversement.

Par exemple, elle considère les êtres vivants comme de la quantité et la biodiversité comme une qualité. Les êtres vivants seraient ici du stock plus ou moins gérable, selon des paramètres quantitatifs. La biodiversité est considérée comme un plan supérieur, relevant de la qualité, étant par conséquent bien plus difficile à paramétrer.

Or, c’est l’inverse qui est vrai. La « biodiversité » n’est pas une qualité, c’est une quantité tentant de représenter de manière arbitraire, dans un concept fourre-tout, la qualité de la vie en tant que multiplicité.

Cette multiplicité tient justement aux milliards d’êtres vivants, dont chacun est un élément de l’ensemble, et que pourtant la logique bourgeoise prend isolément, sous une forme simplement individuelle.

C’est le problème : il est vu des individus ou une espèce là où il est nécessaire de voir une couche reliée à d’autres couches, le tout formant un système.

Ce système, ce n’est pas la « biodiversité », mais ce que le matérialisme dialectique appelle la biosphère. Si l’on parle de biodiversité, on raisonne en termes de stocks, de multiple là où on devrait voir un particulier, un tout unique, plus exactement un système en tant que tel.

La COP21 ne peut pas parvenir à une telle compréhension. Elle devrait être portée par une humanité unifiée saisissant le processus dialectique de la réalité – elle devrait être un particulier saisissant l’universel.

Au lieu de cela, l’humanité se pose comme multiple en quête d’un particulier compris de manière arbitraire comme un « réchauffement climatique » ralenti. Là où il faudrait voir du qualitatif, elle voit du quantitatif, et inversement ; là où elle devrait partir d’abord du général et ensuite seulement considérer le particulier, elle fait l’inverse.

En considérant isolément chaque humain pris comme un « individu » et en considérant de manière abstraite les animaux pris comme des « exemples » d’espèces, l’humanité ne saisit pas la dignité du réel et sa réalité en tant que système.

Voilà pourquoi le matérialisme dialectique est la science du système en tant que théorie, dans une contradiction par rapport au réel exigeant qu’elle devienne pratique. C’est cela qu’on appelle « l’histoire » - les contradictions historiques se résolvent par la résolution des exigences propres à une époque.

Le réchauffement climatique reflète ainsi le processus où l’humanité cesse de se placer comme « particulier » face à la multiplicité de la matière, où les individus ne sont plus conçus comme des « multiples » dans un cadre unique (et statique).

La COP21 va rater le cadre, en raison de la base de son initiative reposant sur le mode de production capitaliste de l’impérialisme et son second aspect, le capitalisme bureaucratique dans un cadre semi-féodal.

Affirmer ce cadre de manière théorique pour le réaliser en pratique, tel est précisément la nature de l’objectif communiste du XXIe siècle.