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Les lois de la lutte de classes dans la période socialiste − 1972

Comment évoluent les contradictions de classes et la lutte de classes dans la période historique du socialisme ?

Quelles sont les lois qui les régissent ?

Pour saisir ces lois, nous devons tout d’abord connaître la contradiction principale en Chine durant cette époque. Dès 1949, à la veille de la fondation de la République populaire de Chine, le président Mao a indiqué explicitement, à la deuxième session plénière du Comité central issu du VIIème Congrès du Parti communiste chinois, qu’après la prise du pouvoir d’État et le règlement du problème agraire, la contradiction principale dans le pays était « la contradiction entre la classe ouvrière et la bourgeoisie ».

Ensuite il a maintes fois fait remarquer que durant toute la période historique du socialisme existaient toujours la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie et entre la voie socialiste et la voie capitaliste, ainsi que le danger d’une restauration du capitalisme.

En 1962, lors de la dixième session plénière du Comité central issu du VIIIe Congrès du P.C.C., il a énoncé une formulation encore plus complète de la ligne générale du Parti pour toute cette période et nous a recommandé de « ne jamais oublier la lutte de classes ». Conduisant le peuple chinois dans la révolution et l’édification socialistes, il a utilisé la position, le point de vue et la méthode du matérialisme dialectique et du matérialisme historique pour saisir la contradiction principale — celle entre le prolétariat et la bourgeoisie — et faire le bilan de l’expérience acquise dans la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat, et a sans cesse mis en lumière les lois de la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie.

La lutte des classes est inéluctable

Le président Mao a indiqué en 1957 :

« Les ennemis de classe chercheront toujours à se manifester. Ils ne se résignent pas à la perte du pouvoir et de leurs biens.

Malgré tous les avertissements du Parti communiste, qui a ouvertement fait connaître ses principes stratégiques fondamentaux à ses ennemis, ceux-­ci ne renonceront pas à leurs attaques. La lutte des classes est un fait objectif, indépendant de la volonté de l’homme. En d’autres termes, elle est inéluctable. »

Mus par leur nature réactionnaire, les ennemis de classe et les génies malfaisants de tout acabit ne manqueront jamais de se manifester.

Il n’a pas existé et n’existera jamais à l’avenir d’exemple montrant que les classes réactionnaires renversées se retirent de leur propre gré de la scène de l’histoire sans tenter d’organiser une résistance. L’instinct des classes réactionnaires et leur conception idéaliste du monde les poussent invariablement à se surestimer et à sous-estimer les forces révolutionnaires.

Elles prennent la supériorité absolue du prolétariat pour une infériorité absolue. Par conséquent, elles viennent se produire devant le public chaque fois que l’occasion s’en présente et ni les coups violents, ni les échecs ignominieux qu’elles auront essuyés ne les détourneront de cette loi.

La lutte pour la consolidation de la dictature du prolétariat, qui se poursuit en Chine depuis une vingtaine d’années, a corroboré la justesse de cette loi dégagée par le président Mao. Au lendemain de la naissance de la Chine nouvelle, alors que le peuple chinois était engagé dans le mouvement de résistance à l’agression américaine et d’aide à la Corée, les capitalistes délinquants tentèrent de soudoyer les cadres de nos organismes gouvernementaux et de nos entreprises et se livrèrent à la fraude fiscale et autres activités illégales pour saper la cause socialiste et l’économie d’État. « Entraînant nos cadres dans leur camp » et « s’infiltrant dans nos rangs », ils lancèrent des attaques démentielles contre le prolétariat.

Le groupe contre-révolutionnaire de Hou Feng avait tenté de se faufiler dans les rangs de la révolution pour la saboter de l’intérieur et renverser le régime prolétarien, et présenta en 1955 un « mémorandum » contre-révolutionnaire long de 300.000 caractères chinois.

En 1957, profitant de ce que notre Parti avait déclenché un mouvement de rectification du style de travail pour surmonter ses insuffisances, les droitiers bourgeois complotèrent de désagréger le Parti communiste et de discréditer le régime socialiste afin d’usurper le pouvoir.

Tous ces faits montrent que les ennemis de classe se sont tous révélés eux-mêmes et c’est là une loi objective, indépendante de la volonté de l’homme.

Les représentants de la bourgeoisie infiltrés au sein du Parti ne sauraient aller à rencontre de cette loi. Incarnant les intérêts et la volonté des classes exploiteuses renversées et de toutes les forces réactionnaires, ils tiennent toujours à se manifester avec opiniâtreté.

Depuis Kao Kang jusqu’aux escrocs du genre de Liou Chao-­chi, il n’en est pas un qui ne soit entré en scène de son propre chef pour attaquer le Parti communiste en vue d’usurper la direction du Parti et de s’emparer du pouvoir, de modifier la ligne et la politique du Parti et de transformer le régime socialiste.

La nature de classe réactionnaire et les tactiques à double face de ces conspirateurs et arrivistes, ainsi que la conception réactionnaire du monde profondément ancré dans leur esprit, font qu’ils sont toujours hostiles au Parti et au peuple. On ne peut les dissuader d’agir ainsi et personne ne parvient à les récupérer.

Lorsque les activités antiparti des escrocs du genre de Liou Chao-chi furent dévoilées, le président Mao, faisant preuve de la grandeur d’âme d’un révolutionnaire prolétarien, fit en maintes occasions l’impossible pour les récupérer.

Mais ceux-ci, loin de se repentir, poursuivirent furieusement leurs criminelles activités contre-révolutionnaires et coururent finalement à leur perte.

A présent, la situation est chaque jour meilleure dans la révolution et l’édification socialistes, la dictature du prolétariat est encore plus solide et la ligne révolutionnaire du président Mao en matière diplomatique remporte victoire sur victoire. Tout cela réjouit et encourage le peuple de toutes les nationalités de la Chine.

Le contexte international

Lénine a indiqué : « Le révisionnisme est un phénomène international. » (Marxisme et révisionnisme) Les agissements des meneurs de la ligne révisionniste au sein du Parti ont aussi leur cause internationale.

Pour renverser la dictature du prolétariat en Chine, les impérialistes et les social-impérialistes recrutent nécessairement leurs agents au sein de notre Parti.

De leur côté, les révisionnistes et les opportunistes dissimulés dans notre Parti vont toujours chercher appui chez eux. Les conspirations antiparti des escrocs du genre de Liou Chao-chi ne sont pas des faits isolés ou fortuits.

Elles ont aussi leur contexte international.

La grande victoire remportée dans le mouvement de critique du révisionnisme et de rectification du style de travail a porté un rude coup au social-­impérialisme.

La réalité de la lutte de classes nous apprend que « les réactionnaires à l’intérieur d’un pays socialiste, de connivence avec les impérialistes, cherchent à faire aboutir leur complot en exploitant les contradictions au sein du peuple pour fomenter la division et susciter le désordre » (Mao Tsé-toung : De la juste solution des contradictions au sein du peuple.)

Ce n’est qu’en observant du point de vue marxiste-léniniste la lutte de classes du pays dans ses rapports,avec celle sur le plan international que nous pouvons saisir les lois de la lutte entre les deux classes et entre les deux lignes dans la période socialiste. Une grande collision a lieu au bout de quelques années. On peut aussi noter en ternies de temps la loi régissant l’évolution de la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie durant la période socialiste.

Si nous jetons un coup d’œil sur l’histoire de notre pays, nous pourrons voir qu’une grande collision a lieu au bout de quelques années.

Il en est ainsi pour la lutte de classes dans la société comme pour la lutte entre les deux lignes au sein du Parti.

Dans les premières années qui ont suivi la Libération, alors que la révolution et l’édification socialistes, avaient remporté des succès préliminaires et se développaient en profondeur, Kao Kang et Jao Chou-che formèrent une ligue antiparti et tentèrent d’usurper le pouvoir, mais ils échouèrent.

Puis, à la conférence de Louchan de 1959 surgit Peng Teh­houai qui ouvrit les hostilités en attaquant la ligne générale pour l’édification du socialisme, le grand bond en avant et la commune populaire, dans le dessein d’usurper la direction du Parti. Toutefois, sa tentative échoua.

Plus tard, poursuivant une ligne révisionniste, Liou Chao-chi et d’autres escrocs du même genre tramèrent un vaste complot et établirent un quartier général bourgeois dans le fol espoir de diviser notre Parti et de restaurer le capitalisme. Mais ils essuyèrent un échec encore plus cuisant.

Pourquoi une grande collision se produit-elle au bout de quelques années ?

Ce fait est dû au développement par étapes de la contradiction principale existant dans la période socialiste.

Le président Mao nous a enseigné ceci :

« Ni la contradiction fondamentale dans le processus de développement d’une chose ou d’un phénomène ni l’essence de ce processus, déterminée par cette contradiction, ne disparaissent avant l’achèvement du processus ; toutefois, les conditions diffèrent habituellement les unes des autres à chaque étape du long processus de développement d’une chose ou d’un phénomène.

En voici la raison : Bien que le caractère de la contradiction fondamentale dans le processus de développement d’une chose ou d’un phénomène et l’essence du processus restent inchangés, la contradiction fondamentale s’accentue progressivement à chaque étape de ce long processus. » (De la contradiction)

Notre révolution socialiste s’est approfondie graduellement.L’accomplissement pour l’essentiel de la transformation socialiste de la propriété des moyens de production a été suivi de la révolution socialiste sur le front idéologique et politique. Chaque pas en avant que nous faisons et chaque victoire que nous remportons touchent au point sensible la bourgeoisie et ses agents au sein du Parti, et suscitent ainsi une vive opposition de leur part. En conséquence, dans le long processus de développement de la contradiction et de la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie, des étapes spécifiques apparaissent à mesure que s’approfondit la révolution socialiste.

De même que dans l’évolution de toute contradiction, chaque étape présente deux formes de mouvement : stabilité relative et changement évident.

Dans des conditions déterminées, la première forme fait place à la seconde, c’est-à-dire que le mouvement, relativement modéré au départ, devient alors relativement violent.

A cette seconde phase, la contradiction se résout et une autre étape spécifique commence. C’est pourquoi la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie dans la période socialiste connaît des flux et des reflux, à la manière des vagues.

Et en termes de temps, cela se traduit par de grandes collisions se produisant à quelques années d’intervalle. Il s’agit là évidemment d’une appréciation générale.

Le temps qui sépare chaque grande collision peut être plus ou moins long, selon la situation dans le pays et à l’étranger et le travail que nous aurons accompli.

Après chaque collision, l’ennemi de classe vaincu est forcé de battre en retraite. De par sa nature de classe réactionnaire, il ne saurait faire peau neuve. Il n’est pourtant pas en mesure d’opérer immédiatement un nouveau retour en force.

Cela est dû au fait qu’à l’issue de la lutte, l’ennemi de classe a été étrillé, que son quartier général bourgeois a été détruit, que son programme et sa ligne révisionnistes ainsi que toutes les absurdités réactionnaires qu’il avait débitées pour duper et endormir le peuple ont été stigmatisés, que la confrérie d’une poignée de contre-révolutionnaires qu’il avait formée à grand-peine s’est écroulée sous les coups et que sa tactique à double face, percée à jour, est désormais inopérante.

Bref, il doit reprendre souffle.

En Chine, vu le haut prestige du Parti, la fidélité des masses populaires envers le marxisme, le léninisme, la pensée-­maotsé­toung, l’étroite unité qui lie le Parti, le gouvernement, l’armée et le peuple et la solidité de la dictature du prolétariat, il ne peut faire ses préparatifs contre-­révolutionnaires que dans la coulisse subrepticement et dans des conditions très difficiles.

Sous la dictature du prolétariat ferme comme une muraille d’airain il lui est impossible sans plusieurs années de préparatifs de rassembler ses effectifs pour engager avec nous une nouvelle épreuve de force de grande envergure.

Certes les luttes de classes peuvent parfois s’enchaîner. Il y a eu des cas où certains chefs de file de la ligne révisionniste de la lutte en cours se trouvaient être les véritables meneurs de la ligne révisionniste dans la lutte précédente ou des éléments d’ossature qui n’avaient pas été découverts jusqu’ici.

Néanmoins quels que soient les préparatifs des forces réactionnaires renversées et quel que soit le moment où elles passeront à l’action seule une défaite totale les attend. Quand nous disons qu’une grande collision a lieu au bout de quelques années nous ne prétendons pas que tout est calme et tranquille pendant le reste du temps et que nous pouvons dormir sur nos deux oreilles.

Que la lutte de classes connaisse des flux et reflux ne signifie pas qu’elle disparaît et reparaît tour à tour. Chaque collision n’est que la continuation et le développement de la lutte qui se déroulait en temps normal — un processus du changement quantitatif au changement qualitatif.

Nous devons donc insister chaque jour, chaque mois et chaque année sur la lutte de classes. Seule une bonne connaissance de la lutte de classes et de ses lois nous permettra d’acquérir l’initiative dans la lutte.

Du désordre naît l’ordre

Dans la période socialiste les génies malfaisants se produisent sans cesse pour provoquer des troubles, le prolétariat ne cesse de les balayer, et de ces grands désordres naît l’ordre.

C’est là une autre loi du développement de la lutte de classes. Le matérialisme dialectique nous apprend qu’ordre et désordre constituent une unité des contraires. Sans désordre il ne saurait être question d’ordre.

Le désordre fait inévitablement place à l’ordre. Le président Mao a dit :

« Les désordres ont un double caractère. Ils peuvent tous être envisagés de ce point de vue. » (De la juste solution des contradictions au sein du peuple.)

C’est une mauvaise chose que les ennemis de classe viennent semer des troubles. Mais, ce faisant ils mettent à nu leur nature contre-révolutionnaire rendant plus distinct le camp de chaque classe et les masses populaires sont ainsi mieux en mesure de les combattre et d’éliminer ces monstres ce qui conduit à une nouvelle consolidation de la dictature du prolétariat. Dans ce sens une chose mauvaise peut se transformer en une bonne.

Au cours de la grande Révolution culturelle prolétarienne les génies malfaisants sont accourus de toutes parts. Il semblait que pendant un certain temps certaines régions sombraient dans le pire chaos. Mais qu’en est-­il résulté ?

Une poignée d’ennemis de classe a été débusquée tandis que les masses populaires se sont aguerries.

Les escrocs du genre de Liou Chao-chi qui avaient fait le bon apôtre, ont arraché leur masque et révélé leur cynisme dès qu’ils mirent à exécution leur complot pour usurper la direction du Parti. Les cadres et les niasses se sont soulevés pour dénoncer et critiquer leurs crimes antiparti et ont considérablement accru leur aptitude à distinguer le vrai marxisme du faux.

Par là on peut constater que le jour où l’ennemi de classe se déchaîne est aussi celui de sa perte imminente. Les cadres et les masses populaires qui constituent plus de 95 % de la population ne toléreront jamais ses agissements pervers.

Le marxisme estime que la lutte de classes est la force motrice du progrès de l’histoire. Et ce n’est que dans la lutte de classes que la société socialiste se développe.

Chaque fois que les génies malfaisants suscitent des troubles et sont vaincus par le peuple révolutionnaire, les forces des classes exploiteuses et de toute la réaction connaissent un nouvel affaiblissement tandis que la dictature du prolétariat se trouve encore davantage consolidée.

A la suite de maints affrontements et de l’amenuisement graduel des forces des classes réactionnaires, le prolétariat parviendra finalement à accomplir la grande mission historique qu’est l’élimination de la bourgeoisie et des autres classes exploiteuses. Cependant, chaque transformation du désordre en ordre, loin d’être un simple retour à l’état ancien ou un mouvement cyclique tout mécanique, a son propre contenu.

Après chaque lutte, la connaissance du peuple atteint un degré plus élevé, et la cause du socialisme victorieux accomplit un nouveau pas en avant. La consolidation de la dictature du prolétariat et le développement de la cause socialiste dans notre pays ne sont-­ils pas dus, précisément, aux victoires que le prolétariat ne cesse de remporter sur les propriétaires fonciers, la bourgeoisie et autres forces réactionnaires, et leurs représentants, qui provoquent constamment des troubles et mènent des activités de sabotage ?

La transformation d’une mauvaise chose en une bonne est conditionnelle

L’ennemi de classe ne saurait se retirer de son propre gré de la scène de l’histoire et l’ordre ne vient pas spontanément du désordre.

« Dans des conditions déterminées, chacun des deux aspects opposés d’une contradiction se transforme immanquablement en son contraire par suite de la lutte entre eux. Ici, les conditions sont importantes. Sans des conditions déterminées, aucun des deux aspects en lutte ne peut se transformer en son contraire. » (Mao Tsé-toung : De la juste solution des contradictions au sein du peuple.)

En Chine, pour transformer le désordre en ordre, il est d’une importance capitale d’appliquer résolument la ligne révolutionnaire du président Mao, de renforcer la direction du Parti et de s’unir aux larges masses populaires.

C’est dans ces conditions que, dans la lutte aiguë et complexe entre les deux classes et entre les deux lignes, nous pourrons avoir une orientation précise, discerner clairement les ennemis des amis, distinguer correctement les deux types de contradictions de nature différente et leur donner une juste solution et nous unir à tous ceux qui sont susceptibles d’être unis afin d’attaquer avec vigueur l’ennemi de classe et de faire progresser la révolution dans la juste voie.

C’est grâce à la direction clairvoyante du Comité central du Parti ayant le président Mao à sa tête, grâce à la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao qu’au cours des dernières décennies nous avons mis en échec les chefs de file des lignes opportunistes qui tentaient de détruire notre Parti. Sans cette condition on ne saurait obtenir l’ordre du désordre. Il est certain que l’évolution de l’histoire ne dépend pas de la volonté des réactionnaires, ceux­ci seront à coup sûr vaincus par le peuple.

Nous devons maîtriser, à la lumière de la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao, les lois de la lutte de classes dans la période socialiste et mener pas à pas la révolution prolétarienne jusqu’au bout.