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Les communes populaires chinoises - 6e partie : Les problèmes du Grand Bond en Avant

Le Grand Bond en Avant n’a pas été à la hauteur des attentes du Parti Communiste, les terribles conditions climatiques, avec des sécheresses et des inondations à grande échelle, étant le problème principal. La production agricole a baissé de 13 % en 1959, et de 14 % en 1960. En 1961, la production était redescendue au même niveau qu’en 1952. L’État chinois a dû acheter 5 millions de tonnes de céréales par an sur le marché international.

Mais ce n’était pas tout. L’URSS soutenait une faction révisionniste et a interrompu son aide à la Chine dans son entreprise de sabotage de la lutte anti-révisionniste initiée par Mao Zedong. En 1960, 15 000 ingénieurs et employés soviétiques quittèrent la Chine du jour au lendemain, après avoir détruit tous les plans en leur possession.

Cela a mis un frein brutal à la production industrielle, qui a chuté de 38 % en 1961, et encore de 16 % en 1962.

Mais il y eut aussi des erreurs dues à la subjectivité, et similaires à celles commises en URSS au début des années 1950. La méthode du Grand Bond en Avant se fondait correctement sur le matérialisme dialectique. Néanmoins, elle séparait l’histoire des humains du mouvement de la matière en général.

Il y avait donc un volontarisme gauchiste très fort, qui s’efforçait de résoudre les problèmes là où ils apparaissaient. Par exemple, comme la science n’était pas assez présente dans les masses, l’acier produit dans les campagnes était souvent inutilisable, et même une mobilisation de masse gigantesque ne pouvait pas compenser cela.

Voici un autre exemple très célèbre : la campagne des Quatre Parasites contre les moineaux, les rats, les mouches et les moustiques. On pensait à l’époque que ces animaux étaient en concurrence avec les humains, et que leur extermination amènerait un état d’équilibre dans la production à destination des humains, comme il était calculé que les rats consommaient 350 millions de kilos de nourriture, et chaque moineau 3 kilos de céréales. C’était aussi une question d’hygiène pour les masses.

Bien sûr, cela était une erreur subjectiviste qui séparait de façon abstraite ces animaux de la biosphère en général. Le fait de détruire les nids et d’effrayer les oiseaux (par exemple en tapant avec des casseroles) encourageait la prolifération des insectes.

Les moineaux ont été remplacés par les cafards sur la liste des parasites, mais cela est arrivé trop tard et de toute façon le principe restait inchangé. En considérant que l’Humain devait conquérir la Nature, Mao Zedong a suivi la même voie erronée que l’URSS des années 1950.

La construction et l’amélioration de 85 millions de toilettes avait un sens, la construction de 1,6 millions de fossés également, mais la lutte contre les animaux était un manque de compréhension de la réalité dans son ensemble. De même pour la déforestation massive, ou la tendance prononcée à l’urbanisation qui a vu la population urbaine gonfler de 57 millions à 100 millions de personnes entre 1949 et 1957.

Il y avait une planification, mais elle considérait de façon unilatérale le développement des forces productives comme une nécessité intrinsèque. Nous retrouvons ici les erreurs de Staline, qui consistaient à occulter les contradictions existantes, principalement entre villes et campagnes, et entre travail manuel et travail intellectuel.

Mao Zedong comprenait cela, mais la situation était déjà difficile. En Avril 1959, il dut se retirer de sa fonction de Président de la République Populaire de Chine, pour être remplacé par le droitier Liu Shoaqi.

Au cours de l’été de la même année, Mao Zedong dut faire face à une tentative de coup d’État par le Ministre de la Défense Peng Dehuai, qui se solda par un échec. Mais tout cela a tout de même marqué le début de l’ascension de Deng Xiaoping, qui fit en 1962 ce commentaire célèbre sur l’agriculture « Peu importe que le chat soit blanc ou noir, pourvu qu’il attrape la souris ».

Il y avait deux lignes, d’une côté celle de Mao, et de l’autre celle de Liu Shaoqi et de Deng Xiaoping. L’affrontement était inévitable, et ainsi Mao Zedong appela à la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne.