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Les communes populaires chinoises - 4e partie : La tendance droitiste et la lutte menée contre elle

Pourtant, il existait déjà un fort courant révisionniste dans le Parti lui-même, un courant s’opposant à la collectivisation, ayant les mêmes positions que Tito, Gomulka, etc. dans les pays d’Europe de l’Est.

Avec l’attaque de Khrouchtchev contre Staline et son coup d’état en Union Soviétique, les révisionnistes de Chine ont pensé qu’il était possible, pour eux aussi, de prendre le pouvoir. Cela s’illustre par le nombre de fois où Liu Shaoqi, le président du pays, mentionne Mao dans les rapports du congrès du Parti Communiste de Chine : 104 fois en 1954, et seulement 4 fois en 1956.

Mais ce n’est pas tout : en 1956, le Parti supprima de sa constitution le principe de « pensée Mao Zedong ». Ainsi, les révisionnistes se sont emparés de la campagne des Cent Fleurs pour encourager la critique du régime et pour organiser un coup d’Etat.

C’est également le sens du document du Parti Communiste de Chine au sujet de Staline, qui défend ce dernier des accusations ouvertes de Khrouchtchev, mais de manière plutôt tiède et contradictoire. Il est aisé de voir cela comme un « compromis » qui allait bientôt disparaître, avec le début de la lutte des deux lignes.

Il est nécessaire de rappeler qui étaient les principaux protagonistes dans la direction du Parti. Mao Zedong était le leader, mais il y avait aussi Liu Shaoqi, un « droitiste » considéré comme le « numéro deux », et qui jouait un rôle clé dans les affaires internes du Parti.

Zhou Enlai, le premier ministre, était plutôt « centriste » et avait un rôle très important dans les affaires internationales, mais aussi dans l’administration. Il y avait aussi Deng Xiaoping, à la tête du Secrétariat du Parti Communiste de Chine, qui allait bientôt devenir le leader de la faction droitière.

Donc le Parti, qui était passé de 4,5 millions de membres en 1949, à 10,7 millions de membres en 1956, était plus fort et mieux organisé, mais infiltré par les révisionnistes.

Néanmoins, à cette époque, le Parti a quand même réussi à réagir de manière ferme grâce à une autre campagne, le Mouvement Anti-Droitiste, qui ciblait quelques 500 000 personnes.

Et la ligne a du être rectifiée afin d’éviter le triomphe du révisionnisme. La première étape fut, déjà, la nationalisation des derniers restes capitalistes de l’industrie, du commerce et de l’artisanat.

En 1956, toutes les entreprises industrielles appartenaient soit à l’État (67,5 % d’entre elles), soit à des partenariats public-privé. Presque 92 % des travailleurs de l’artisanat étaient organisés en coopératives.

De la même manière, l’agriculture a été collectivisée, et Mao a été au centre de la production d’un « Programme National pour l’Agriculture ». Un « petit bond » a été réalisé, grâce à une augmentation de 60 % des investissements.

Mao Zedong a ensuite publié un document intitulé « Au sujet des dix principales relations » : il souhaitait un léger changement de ratio pour l’investissement dans l’industrie légère par rapport à l’investissement dans l’industrie lourde, de 1 pour 8 à 1 pour 7. L’objectif était de soutenir l’agriculture collectivisée grâce à la fournitures de matières premières issues de l’industrie légère.

C’était d’autant plus nécessaire qu’en 1956, 6,3 millions de personnes avaient migré vers les villes, ce qui a nécessité l’utilisation d’un septième des réserves de grain de l’État. Le développement équilibré de l’économie socialiste était très difficile, et la situation chinoise complexe, avec les grandes inondations de 1956 et une mauvaise récolte en 1967, encore due aux conditions climatiques.

La capacité de planification était très faible. En 1952, la Commission de Planification d’État était seulement en mesure d’organiser au niveau national la production et la distribution de 28 articles. Ce nombre est passé à 96 en 1953, à 134 en 1954, à 163 en 1955, et à 235 en 1956.

Mais il y avait d’autres problèmes. L’approche administrative, éloignée des réalités locales, empêchait clairement le plein développement de la collectivisation, et entraînait des dérives bureaucratiques.

La campagne des « Cent Fleurs » n’étant pas en mesure de solutionner les problèmes, elle se termina le 8 juin 1957, à l’occasion d’un éditorial dans le Renmin Ribao, le « Quotidien du Peuple », et un autre mouvement commença : c’était le « Grand Bond en Avant ».

L’objectif était en effet de trouver une voie entre les droitistes qui souhaitaient des mesures libérales dans les campagnes et une fin à la collectivisation, et ceux qui voulaient suivre le modèle bureaucratique qui prévalait dans l’URSS de Khrouchtchev. Naturellement, cela n’était qu’une question de priorités pour les droitistes car leurs deux camps partageaient les mêmes valeurs.

Tous les droitistes en appelaient à plus de flexibilité, au sens libéral du terme, avec l’individu au centre du processus.