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Les « Propos du soir à Yenchan » de Teng Touo, recueil de sous-entendus anti-partis et anti-socialistes − 1966

1. ATTAQUES PERFIDES CONTRE NOTRE GRAND PARTI

Attaques perfides contre le thèse scientifique : « Le vent d’Est l’emporte sur le vent d’Ouest », traitée de « grandes paroles creuses » et de « clichés »

Certains ont la parole facile. Ils peuvent pérorer sans fin à n’importe quelle occasion, tel un fleuve dont rien n’arrête les eaux. Cependant, après les avoir écoutés, essayez de vous rappeler ce qu’ils ont dit ; vous ne vous souviendrez de rien. Faire de longs discours sans vraiment dire quoique ce soit, rendre la confusion plus grande à force d’expliquer, ou donner des explications qui n’expliquent rien, voilà les caractéristiques des grandes paroles creuses.

On ne peut nier que, dans certaines circonstances particulières, ce genre de grandes paroles creuses soit inévitable et constitue en quelque sorte une nécessité. Il n’en serait pas moins lamentable que cette pratique se répandît et fût appliquée en toute occasion, ou fût cultivée comme un don. Ce serait plus désastreux encore si cet art était enseigné à nos enfants et que ceux-ci en fussent transformés en spécialistes des grandes paroles vides.

Le hasard a voulu qu’ayant coutume d’imiter les grands poètes, un enfant de mes voisins écrivît récemment quantité de « grandes paroles creuses ». [...] Il a écrit tout dernièrement un poème intitulé Odes aux plantes sauvages, qui n’est que paroles creuses .

Voici ce poème :

Le vénérable Ciel est notre père
La grande Terre est notre mère
Et le soleil notre nourrice,
Le vent d’Est est notre bienfaiteur
Le vent d’Ouest est notre ennemi.

Bien que les mots Ciel, Terre, père, mère, soleil, nourrice, vent d’Est, vent d’Ouest, bienfaiteur, ennemi attire le regard, ils sont ici employés abusivement et sont devenus des clichés. L’emploi des mots et des termes même les plus beaux peut être futile et plus on utilisera ces clichés, pis ce sera. C’est pourquoi je voudrais donner ce conseil aux amis qui sont coutumiers des grandes paroles creuses : lisez plus, réfléchissez plus, parlez moins et lorsque votre tour de parler arrive, allez plutôt vous reposer, ainsi vous ne gaspillerez pas votre temps et votre énergie, ni ceux des autres.

Commentaire

« Le vent d’Est l’emporte sur le vent d’Ouest » est une thèse scientifique avancée le 18 novembre 1957 par le président Mao Zedong à la Conférence des Partis Communistes et ouvriers.

Elle montrait, par une image vivante, que la situation internationale était arrivée à un nouveau tournant, que la puissance du socialisme l’emportait sur celle de l’impérialisme. Le vent d’Est représente les forces révolutionnaires anti-impérialistes du prolétariat mondial et des peuples opprimés d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Le vent d’Ouest représente les forces décadentes de l’impérialisme et de la réaction de tous les pays.

Il est parfaitement juste de glorifier le « vent d’Est » et de détester le « vent d’Ouest ».

Pourquoi donc Teng Touo a-t-il traité « le vent d’Est est notre bienfaiteur/ le vent d’Ouest est notre ennemi » de « grandes paroles creuses » et de « clichés » ?

On sait que les révisionnistes khrouchtchéviens ont incité les gens à « dénoncer plus courageusement et plus résolument la thèse dogmatique sur la compétition mythique entre le vent d’Est et le vent d’Ouest ». Teng Touo chante ici sur le même ton que Khrouchtchev.

Où l’on insinue que la direction de notre Parti est « vaniteuse » et « n’a que dédain pour les masses ».

La sagesse de l’homme n’est jamais sans limites. Le sot est seul à croire qu’il connaît tout et que sa sagesse est inépuisable, car en fait cela est totalement impossible.

Certains paraissent fort intelligents, mais à vrai dire, ils ne sont intelligents qu’en apparence ou intelligents d’une manière futile, et ils ne peuvent être tenus pour vraiment intelligents, moins encore pour sages. Lao-Tseu prit une position extrême dans ce domaine et, plus tard, les souverains des Six Royaumes allèrent à l’autre extrême. Le premier voulait oblitérer toute la sagesse, tout le bon sens et nier tout, tandis que les derniers avaient une telle confiance en leur propre sagesse qu’ils en devinrent aveuglément vaniteux.

Naturellement, ni l’un ni les autres ne parvinrent à de bons résultats. Leur erreur venait de ce qu’ils n’attachaient pas l’importance voulue à la sagesse des masses. Les meilleures idées ne peuvent venir que des masses.

Sous le règne de l’empereur Yuan de la dynastie des Han, le Premier ministre Kouang Heng soumit ceci à l’empereur : « J’ai entendu dire que consulter la multitude et se ranger à son avis répond à la volonté du Ciel. » Tchang Hsing, célèbre lettré sous le règne de l’empereur Kouang-wou de la dynastie des Han, conseilla lui aussi à l’empereur « de prendre avis de tous les côtés et d’accepter les suggestions d’en-bas ».

Fan Ya-fou, fils de Fan Tchong-yen de la dynastie des Song, donna le conseil suivnat à Sema Kouang : « J’espère que vous ferez preuve de modestie et prendrez en considération les opinions des masses. Il n’est pas nécessaire de tout concevoir soi-même ; lorsqu’un homme conçoit tout lui-même, les flatteurs saisiront l’occasion pour le flatter. »

Les vues de ces anciens étaient excellentes. L’idée de Fan Yao-fou qu ’« il n’est pas nécessaire de tout concevoir soi-même » mérite une attention particulière.

Toutefois, il en est qui se montrent invariablement vaniteux et suffisants ; ils n’ont que dédain pour les masses, décident tout par eux-mêmes dans l’espoir que l’originalité de leurs idées leur vaudra le succès, et ils rejettent les bons conseils venant d’en-bas. S’ils n’ont pas conscience de leurs défauts et n’essayent pas de les corriger, ils subiront finalement de lourds revers.

« Peut-on compter sur la sagesse ? » Propos du soir à Yenchan, tome 4, p.17-19, paru à l’origine dans le Beijing Wanbao, 22 février 1962.

Commentaire

Pourquoi Teng Touo se complaît-il dans des histoires du genre de Kouang Heng conseillant à l’empereur Yuan « de consulter la multitude et se ranger à son avis » et de tcheg Hsing conseillant à l’empereur Kouangwou d’« accepter les suggestions d’en-bas » ?

Ce n’est qu’une manière de lancer des attaques obliques contre notre grand Parti, en l’accusant d’être vaniteux et de n’avoir que dédain pour les masses ». Le fait est clair lorsqu’on compare ses propos avec les calomnies répandues sur notre compte par les révisionnistes khrouchtchéviens. Les propos de Teng Touo ne sont-ils pas identiques à ceux qu’ont tenus les révisionnistes modernes pour dénigrer le Parti ? Où l’on vilipende notre Parti en l’accusant de « revenir sur sa parole » et d’ « être indigne de confiance »

Nombreux sont ceux qui souffrent d’une maladie ou d’une autre [...] ; l’une est applelée « amnésie ». C’est un mal fort ennuyeux et qui en est atteint ne peut en être guéri facilement. Le symptôme de cette maladie est que le malade revient souvent sur sa parole et ne tient pas ses promesses ; on est même enclin à le soupçonner de simuler la stupidité et il est donc indigne de confiance.

Dans Nouvelles anecdotes de Aitse, Lou Tchouo, qui vécut sous la dynastie des Ming, relate un cas typique d’amnésie : Un homme du royaume de Tsi était à ce point oublieux qu’il oubliait de s’arrêter une fois qu’il s’était mis en marche et se lever une fois couché.

Sa femme était fort anxieuse. Elle lui confia : « J’ai entendu dire que Aitse est un homme spirituel et ingénieux, qu’il peut guérir les maladies les plus déconcertantes. Pourquoi ne vas-tu pas le consulter ? » « Très bien » répondit l’homme, et il partit à cheval, emportant son arc et ses flèches. A peine avait-il parcouru une courte distance qu’il fut pris d’un besoin pressant. Il mit pied à terre, planta ses flèches et attacha son cheval à un arbre.

Après s’être soulagé, il tourna la tête à gauche et, apercevant les flèches, s’exclama : « Ciel, je l’ai échappé belle ! D’où viennent donc ces flèches ? Elles ont failli m’atteindre ! » Il regarda à droite et, à la vue du cheval, s’écria joyeusement : « J’ai eu grand peur, mais j’ai gagné un cheval. » Il allait se remettre en route, les rênes à la main, quand il marcha dans ses propres selles.

Il tapa du pied et se plaignit : « Peste ! J’ai marché sur une crotte de chien et gâté mes souliers ! » Il fouetta le cheval et prit le chemin du retour. Une fois arrivé, il hésita devant la porte, se demandant : « Où suis-je ? Est-ce la maison de l’honorable Aitse ? » Voyant sa perplexité, sa femme comprit qu’il avait de nouveau perdu la mémoire et le semonça. L’homme étonné répondit : « Nous ne nous connaissons pas, Madame. Pourquoi m’injuriez-vous ? »

Apparemment, cet homme présente un cas d’amnésie grave. On ne peut encore dire à coup sûr quel tour aura pris la maladie lorsqu’elle sera à son paroxysme : probablement la folie ou l’imbécillité. Selon les anciens livres de médecine chinoise, [...] un des causes de l’amnésie serait le fonctionnement anormal de ce qu’on appelle souffle de vie. C’est pourquoi non seulement le malade est atteint de pertes de mémoire, mais encore il se fait peu à peu capricieux, éprouve de grandes difficultés d’élocution, devient irascible, insensé et fou furieux. Autre cause : une lésion au cerveau.

Le malade s’engourdit de temps à autre, le sang lui monte à la tête, ce qui provoque parfois des évanouissements. Il deviendra idiot, s’il ne se fait pas soigner à temps. Celui qui se découvre l’un ou l’autre de ces symptômes doit aussitôt se mettre au repos complet, cesser de parler, s’abstenir de toute activité, car s’il s’obstine à parler et à agir, il ira au-devant d’une catastrophe.

N’existerait-il point de méthode efficaces pour guérir cette maladie ? Il y en a, bien sûr. Par exemple, [...] au moment de le crise, prenez un plein seau de sang de chien et videz-le sur la tête du malade, puis versez-lui de l’eau froide pour qu’il ait les idées un peu plus claires.

Selon la médecine occidentale, une des méthodes consiste à le frapper sur la tête avec une matraque de fabrication spéciale pour le plonger dans un état de « choc » et à le rappeler ensuite à lui.

« Traitement spécifique de l’amnésie », Quianxian, n°14, 1962

Commentaire

Les attaques contenues dans cet article témoignent manifestement d’une haine mortelle pour notre grand Parti.Les livres de médecine n’indiquent nulle part, comme symptôme de l’amnésie, que le malade « revient sur sa parole et ne tient pas ses promesses », est « capricieux », « insensé » ou « fou furieux ».

Encore moins y préconise-t-on le traitement par le sang de chien ou les coups de matraque. Les Nouvelles anecdotes de Aitse, écrites par Lou Tchouo sous la dynastie des Ming, tiennent du libelle politique satirique et n’ont rien à voir avec la médecine. Teng Touo traite ici de la politique et nullement de la médecine. Le fait est incontestable. Où l’on injurie la direction de notre Parti en la traitant de « Tchoukeh Liang larmoyant ».

Un Tchoukeh Liang larmoyant, c’est ce qu’il y a de plus lamentable. Ce sobriquet figure dans une anecdote intitulée « Kouo Ni se compare à Tchoukeh Liang » du tome 15 de Tcheng Che (Notes de chevet) de Yué Ko, petit-fils de Yué Fei.

Il y est dit : « Lorsqu’il était commandant de garnison à l’est de la rivière Houai, Kouo Ti fit construire les murailles des deux cités. Il y avait avec lui Kouo Ni [...]. Kouo Ni se montrait d’une telle présomption dans ses propos que personne n’osait le défier. Un jour, il traça sur un éventail ces lignes : Trois visites à la chaumière pour avis sur les affaires de l’Etat,

Sous deux règnes, le vieux ministre a secondé le pouvoir.

Ainsi donc Kouo Ni se prenait pour Kongming (Tchoukeh Liang). J’arrivai un été à Setchéou et je remarquai que l’éventail réservé aux hôtes portait en effet ces lignes. Je compris alors que ce que j’avais entendu n’était pas une simple rumeur. Après la défaite de Kouo Tchouo à Fouli, puis de Kouo Tchouan à Yitchen, kouo Ni, désespérant de ne pouvoir remédier à cette situation, pleura en présence de ses hôtes. Le maître Peng Fa-tchouan, un magistrat, en fut témoin. Homme d’esprit, il déclara à ses amis : « Nous avons là un Tchoukeh liang larmoyant. »

Le trait d’esprit fut connu et fut beaucoup applaudi. L’ayant appris, Kouo Ni entra en colère et voulut punir Peng. Mais Kouo Ni fut relevé de ses fonctions avant d’avoir pu mener son projet à exécution.

Les Tchoukeh Liang larmoyants comme Kouo Ni sont tout bonnement ridicules et écoeurants. Toutefois, l’anecdote montre que celui qui se fait passer pour Tchoukeh Liang n’intimide personne et finalement il apparaîtra sous son vrai jour et deviendra la risée de tous.

« Trois sortes de Tchoukeh Liang », Propos du soir à Yenchan, tome 4, p.12, paru à l’origine dans le Beijing Wanbao, 1er Mars 1962.

Commentaire

A qui Teng Touo fait-il allusion quand il fulmine contre ce qu’il appelle « Tchoukeh Liang larmoyant », en disant que « celui qui se fait passer pour Tchoukeh Liang finira inévitablement par « apparaître sous son vrai jour » ? S’il fait allusion à la classe des propriétaires fonciers et à la bourgeoisie, il est inutile de recourir à des termes d’une pareille ambiguïté. La seule conclusion que l’on puisse en tirer est que ces insultes visent la direction de notre Parti.

2. OU L’ON RÉCLAME JUSTICE POUR LES OPPORTUNISTES DE DROITE DESTITUÉS. OU L’ON EXALTE LEUR « INFLEXIBILITÉ » ANTIPARTI ET OU ON LES ENCOURAGE A REVENIR A LA CHARGE

Plaidoyer pour Li San-tsai, ministre de l’Intérieur et des Finances destitué

Parmi les personnages historiques de Pékin, Li San-tsai, originaire de tongtcheou, qui vécut sous la dynastie des Ming, semble être tombé dans l’oubli. C’est là une choses que ne peuvent que regretter ceux qui font des recherches sur l’histoire locale.

Son nom a été évoqué par hasard au cours d’un entretien que j’ai eu dernièrement avec quelques amis historiens. De retour chez moi, j’ai feuilleté quelques ouvrages historiques, et alors seulement j’ai remarqué que le verdict rendu sur Li San-tsai par les anciens historiens est fort contestable et doit être revu. Li San-tsai (reconnu aussi sous les noms de Tao-fou et de Sieou-wou) acquit le titre de docteur dans la deuxième année du règne de Wanli.

Il assuma successivement les fonctions officielles de « procureur impérial adjoint », « gouverneur de Feng Yang » et « ministre de l’Intérieur et des Finances ». Il s’éleva contre les méthodes employées à l’époque pour percevoir l’impôt sur les mines et soutint activement les membres du parti Tonglin. Il est un personnage célèbre de l’Histoire de la dynastie des Ming. Celle-ci compilée au début de la dynastie des Tsing par Tchang Ting-yu et d’autres auteurs, contient une biographie de Li San-tsai qui conclut en ces termes :

« Homme de grand talent, San-tsai usait volontiers de stratagèmes et excellait dans l’art de gagner la confiance de la Cour. Pendant les treize années où il gouverna Feng Yang, il se fit des amis partout dans le pays. Incapable de rester toujours intègre, il s’attira constamment les attaques des autres.

Ceux qui, comme Chao Fou-tchong et Siu Tchao-kouei, en vinrent plus tard à condamner San-tsai étaient tous des partisans de Wei tchong-tsien, figurant sur la liste des complices de ce dernier, tandis que ceux qui, comme Kou Hsein-tcheng, Tseou Yuan-piao, Tchao Nan-sing et liou Tsong-tcheou appuyaient Li San-tsai, étaient tous des hauts fonctionnaires célèbres de l’époque. Aussi Li San-tsai passait- il généralement pour un homme sage. »

L’Histoire de la dynastie des Ming présente Li Sa-tsai comme un homme qui « usait volontiers de stratagèmes et excellait dans l’art de gagner la confiance de la Cour ». La remarque n’est pas flatteuse. Si cela était vrai, Li San-tsai aurait été un comploteur et un intrigant politique. Mais les faits sont tout autres. Les Annales véridiques de l’empereur Chen Tsong, de la dynastie des Ming révèlent que, pendant les 27 e et 28 e années de règne de Wanli, Li San-tsai rédigea force mémoires à l’empereur pour exposer les abus commis dans l’imposition des mines.

Il dénonça courageusement les crimes perpétrés par les eunuques dans la perception de ces impôts : extorsions sans scrupules et transgression des lois. Pendant les 30 e et 31 e années du règne, il présenta encore à l’empereur maints mémoires exprimant son opposition à l’impôt sur les mines et proposant des mesures pour prévenir et combattre les inondations et la sécheresse en creusant des canaux, en draguant les rivières, en construisant des écluses. Loin d’accepter ces propositions, l’empereur punit San-tsai d’une « suspension de traitement de 5 mois ». Comment peut-on prétendre que cet homme « usait volontiers de stratagèmes et excellait dans l’art de gagner la confiance de la Cour » ?

Aucune suite n’ayant été donnée à ses pétitions, li San-tsai présenta sa démission pour pouvoir se retirer chez lui. Evidemment, c’est aussi à cette époque qu’apparut le « parti Tonglin » qui attaquait la sombre politique féodale, et « San- tsai était en étroite relation » avec les membres de ce parti. Aussi les forces corrompues et irréductibles du temps s’en prenaient-elles furieusement aux membres du parti Tonglin comme Kou Hsien-tcheng et Kao Pan-long et en même temps elles attaquaient violemment Li San-tsai.

Rien d’étonnant à ce que Li San-tsai ait, au même titre que les membres du parti Tonglin, été considéré par Wei Tchong-tsien et sa clique comme un ennemi juré.

Naturellement, à l’instigation des eunuques, ces irréductibles forces corrompues, représentées par Chao Fou-tchong et Siu Tchao-kouei, attaquaient sans scrupules Li San-tsai, l’accusant d’être un fieffé coquin faignant la loyauté et un grand hypocrite feignant la droiture », et énumérant « ses quatre grands crimes : « prévarication, fourberie, perfidie et tyrannie ». Après que Li San-tsai se fut retiré chez lui il fut accusé par elles d’avoir « volé du bois d’œuvre de la Cour impériale pour construire sa résidence privée ».

Peut-être est-ce là le fait sur lequel l’Histoire de la dynastie des Ming se fonde pour affirmer qu’il était « incapable de rester intègre ». Cependant Li San-tsai adressa plus d’un mémoire à l’empereur, demandant « que des eunuques soient envoyés pour juger l’affaire », que « des fonctionnaires de la Cour viennent procéder à une enquête », et que « l’empereur entende en personne son cas ». Il semblait être dans le vrai et avoir pleine confiance en lui-même ; cependant, la Cour de Wanli n’osa pas procéder à une enquête approfondie. Cela n’est-il pas fort clair ?

A en juger par ces faits relatifs à Li San-tsai, rapportés de son vivant et après sa mort, nous devons considérer celui-ci comme un personnage historique positif, bien que nous ne puissions pas dire que sa conduite ait été entièrement irréprochable.

« Pour la défense de Li San-tsai », Propos du soir à Yenchan, tome 5, p.102-104, paru à l’origine dans le Beijing wanbao, 29 mars 1962.

Commentaire

Li San-tsai est un personnage insignifiant de l’histoire. Ce fut un bourreau qui réprima des soulèvements paysans. Pourtant Teng Touo le présente comme un fonctionnaire exemplaire qui plaidait pour le peuple et travaillait dans l’intérêt du peuple ; il plaide contre la « destitution » de li San-tsai, prétendant que celui-ci était dans le vrai et plein de confiance en lui-même ».

Pourquoi cela ? Il est facile de voir que Li San-tsai était un individu du genre de Hai Jouei. La vérité, c’est que sous le prétexte de défendre Li San-tsai, Teng Touo réclame justice pour les opportunistes de droite.

samedi 29 octobre 1966


Les documents de 1966