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Lecture d’un inédit de Luxun récemment découvert – 1975

par Yu Qiuyu

Tout récemment, les camarades de la Bibliothèque de l’Université Sun Yatsen de Canton ont découvert un inédit de Luxun qui était paru quelque cinquante ans plus tôt, en 1927, dans un journal de Canton ; il avait pour titre En célébrant la reconquête de Shanghai et de Nankin.

En commençant à étudier ce texte, nous nous sommes rendu compte que certains points abordés correspondaient tout à fait aux activités qu’avait alors eues Luxun, que le point de vue qui y était développé était en parfait accord avec les autres opinions qui étaient celles de Luxun lors de son séjour à Canton, que le style et le ton du texte étaient tout à fait ceux qui sont propres à cet auteur et qu’aussi certains arguments et certains procédés d’analyse tout à fait particuliers – comme celui qui consiste à comparer la Révolution à l’essor et à la décadence du bouddhisme – se retrouvaient dans un essai plus tardif de l’auteur.

Voilà pourquoi nous considérons que ce texte est indiscutablement de la main même de Luxun.

I

C’est le 10 avril 1927 que fut rédigé ce texte. C’est dire que ce n’est que quelques dizaines d’heures après que Luxun avait encore en mains le pinceau qui lui servait à écrire cet essai que Jiang Jieshi (Tchiang Kaï-chek) tourna contre le peuple révolutionnaire le couteau du boucher et fit entrer la Révolution chinoise dans une période des plus critiques. Alors qu’ils aiguisaient une dernière fois, dans l’ombre, le couteau qui allait être aspergé de sang et astiquaient une dernière fois les armes qui allaient faire retentir leur crépitement fou, les réactionnaires n’en continuaient pas moins hypocritement à célébrer la grande victoire de l’Expédition du Nord, – la reconquête de Shanghai et de Nankin : la Révolution se trouvait tout au faîte de son triomphe et à la veille de sa défaite.

Mais à quoi pensait Luxun en cet instant crucial ? Ce texte nous apprend qu’en s’appuyant sur les analyses de ce grand Guide de la Révolution qu’est Lénine, Luxun avait une parfaite conscience des dangers que risquait de rencontrer la Révolution et qu’il appelait les hommes à faire la Révolution jusqu’au bout. Au cours de cet essai, Luxun cite de façon complète et manifeste ce passage de Lénine :

« Il faut, en premier lieu, ne pas se laisser griser par la victoire ni en tirer trop de fierté ; il faut, en second lieu, consolider sa propre victoire ; et, en troisième lieu, il faut achever l’ennemi, car l’ennemi a seulement été battu mais il n’a pas été éliminé, tant s’en faut ».

L’analyse qui est développée dans tout ce texte s’est développée à partir de cette citation de Lénine qui lui sert de centre. La justesse de cette analyse s’est trouvée confirmée par le crépitement affreux des armes qui se fit entendre deux jours plus tard sur les bords du Huangpu. Par la suite, Luxun nota amèrement plus d’une fois :

« De fait, les critiques que j’avais faites alors ont toutes trouvé confirmation aujourd’hui ; je n’ai fait que les prononcer avec quelques jours d’avance, et c’est tout ».

« Quelques jours d’avance » et qui étaient si précieux... Prévoir un phénomène, c’est avoir connaissance de lois objectives et ces lois elles-mêmes ont inévitablement un caractère d’universalité : de même que la valeur de bien d’autres essais de Luxun ne tient pas seulement à ce qu’il a montré « avec quelques jours d’avance » la tendance selon laquelle se développait un phénomène, de même l’essai intitulé « En célébrant la reconquête de Shanghai et de Nankin » possède également une signification qui est à même de transcender ces circonstances.

Qu’il faille nécessairement, au moment où triomphe la Révolution, renforcer la dictature révolutionnaire, voilà un point sur lequel cet article insiste tout particulièrement. Au cours de sa vie, Luxun a connu deux époques où la Révolution remporta un important succès : en plus de la période dont il est question ici, il faut tenir compte aussi de la Révolution de 1911.

Comme il a longtemps combattu à une époque où les forces de la Réaction faisaient violence, qu’il s’est heurté à trop de difficultés et qu’il a contemplé trop de noirceur, Luxun a bien compris que « l’oppression de la tyrannie est éternelle et la réapparition d’un bon gouvernement bien difficile » : il est donc tout particulièrement attaché à la victoire. A l’époque où triomphait la Révolution de 1911, il incitait les dirigeants révolutionnaires à ne point faire montre d’humanité envers les monstres car cela faisait échouer la Révolution en cours et « laissait le territoire national retourner vers plus de désolation ».

Cette Révolution marcha néanmoins à l’encontre de ses espérances, à l’image de ce qu’il a décrit d’un ton tragique et révolté dans « La Véritable Histoire de Ah Q » et dans « De l’Opportunité de ne pas être fair-play ».

Seize ans plus tard, Luxun a de nouveau les oreilles pleines de chants de triomphe et il a de nouveau les yeux remplis d’inscriptions révolutionnaires. Il ne peut qu’être enthousiaste : « Par deux fois déjà je me suis réjoui en mon for intérieur le jour où je lus les dépêches qui nous apprenaient la reconquête de Shanghai et de Nankin ».

Mais son expérience de l’Histoire et son examen attentif de la réalité lui ont fait mesurer que si l’on veut que cette joie appartienne de façon durable au peuple en Révolution, il est alors nécessaire de renforcer la dictature révolutionnaire. Pourquoi donc ? Parce que 1. « dans les régions qui sont dans les ténèbres, le travail des contre-révolutionnaires se poursuit en silence », 2. dans les régions où la Révolution a triomphé : « dès que les forces de la Révolution s’accroissent, ses partisans deviennent plus nombreux. Et une fois que le pays sera réunifié, je crains que la Section de Recherches elle-même ne se mette à parler de Révolution.

La Critique moderne n’a-t-elle pas changé de ton à la fin de l’an dernier ? Si l’on compare avec les discussions qui ont eu lieu à l’époque de l’Incident du 18 mars, j’imagine qu’ils ont tous dû acquérir quelque drogue miraculeuse qui leur permette une métamorphose aussi soudaine ». En un mot, la Révolution connaît le triomphe, mais c’est un triomphe qui est enveloppé de très près par des flammes menaçantes et des vapeurs empoisonnées.

L’ennemi continue d’attaquer au grand jour et de se faufiler dans l’ombre : il s’agit là principalement, dans le premier cas, des Seigneurs de la guerre et, dans le second cas, de l’aile droite du Guomindang ainsi que des lettrés réactionnaires qui sont à sa solde (tels les gens de la Critique moderne) ; et parmi ces deux catégories d’individus, les plus sournois sont les derniers.

Puisque Luxun se moque de cette « drogue » qui est quelque chose de totalement fictif, cette « métamorphose » intégrale ne peut être, elle aussi, qu’une attitude d’opportunisme réactionnaire.

En réalité, ces gens vont « grignoter de l’intérieur » et provoquent une métamorphose de la Révolution dans son être même.

Luxun se sert d’une phrase de Lénine pour faire la synthèse de ces deux catégories d’ennemis qui poursuivent leurs activités à l’intérieur et à l’extérieur des zones révolutionnaires, – dans l’ombre comme au grand jour : « L’ennemi a seulement été battu mais il n’a pas été éliminé, tant s’en faut ».

L’attitude qu’adoptent les révolutionnaires face à leurs ennemis est toujours fonction de l’essence et du comportement de ces ennemis. La grandeur de Luxun s’est également toujours manifestée quels que soient les ennemis qui l’ont entouré.

Comme il a, d’une vue perçante, poursuivi et appréhendé toutes les formes possibles de manifestation des menées adverses, il a par conséquent défini une stratégie qui en soit la riposte : « Il y a deux ans j’ai écrit un court essai où j’ai montré qu’il fallait continuer à battre « les chiens qui étaient tombés à l’eau » ; des gens honnêtes ont jugé cela trop sévère et implacable et ont trouvé que je manquais d’indulgence et de magnanimité » ; « J’ignore, il est vrai, ce qu’il en est à l’étranger ; mais en Chine a-t-on jamais vu un vainqueur qui n’ait été implacable ? » ; « Mais il se trouve que jusqu’à présent, en Chine, à l’égard de ces termes qui sonnent si bien tels que Magnanimité, Indulgence, Humanité et Clémence..., ceux qui mettent ces mots en pratique ont en général essuyé des défaites, alors que ceux qui se contentent de les prêcher remportent des succès. Néanmoins, une bande d’imbéciles s’y sont toujours laissés prendre ».

Voilà une excellente analyse de la nécessité de la dictature révolutionnaire. En ce qui concerne ce qui est l’inverse de cette notion de dictature – la Magnanimité, l’Indulgence, l’Humanité et la Clémence ceux qui mettent ces notions « en pratique » sont ceux qui délaissent la dictature ; et pour ceux qui « se contentent de les prêcher », il s’agit là d’une autre façon dont les réactionnaires instaurent leur dictature, et leur « pratique » est implacable à tout jamais.

La raison pour laquelle ils veulent en plus « prêcher » cette morale tient à ce qu’ils visent à endormir le peuple et à faire mollir cette « bande d’imbéciles » qui sont dans les rangs des troupes révolutionnaires, – et cela tout particulièrement aux époques où la Révolution remporte des succès.

Dans le cas présent, Luxun pressent, non sans en être affligé, que la Révolution en cours risque d’être abattue parce qu’elle pratique elle-même l’Indulgence et l’Humanité. Et ne s’est-il pas trouvé justement que, tandis qu’il tenait ces propos, les opportunistes de droite de la Première Guerre révolutionnaire ont pris leurs ennemis pour des amis, se sont alliés avec les loups et ont ainsi conduit une révolution retentissante dans une phase extrêmement critique ?

Un mois avant que Luxun ne rédige cet article, dans cet ouvrage remarquable qu’est l’Enquête sur le mouvement paysan au Hunan (destiné à critiquer la ligne révisionniste de droite de Chen Duxiu), le président Mao avait mis le plus grand enthousiasme révolutionnaire à célébrer la dictature instaurée par la paysannerie révolutionnaire et avait critiqué la calomnie corrosive des éléments opportunistes de droite qui s’appuyaient sur la morale de la politesse propre à la tradition confucéenne pour s’opposer à la dictature révolutionnaire.

Il en ressort avec évidence que le point de vue de Luxun est fondamentalement en accord avec la ligne juste de notre Parti à l’époque de la Première Guerre révolutionnaire.

Il va de soi qu’à cette époque Luxun ne peut pas encore se faire une idée parfaitement claire de la lutte entre les deux lignes qui est à l’intérieur de notre Parti, mais cette lutte entre les deux lignes est elle-même le reflet de la lutte des classes qui est à l’intérieur du Parti : grâce à son expérience historique qui est le fruit d’une longue pratique de la lutte des classes, Luxun a fait la critique objective de toutes les lignes capitulationnistes de droite, contemporaines ou ultérieures.

Parmi tous ceux qui, au moment où triomphe la Révolution, sont en état de la mettre à bas, il faut compter aussi ceux qui, à l’intérieur même des troupes révolutionnaires, manifestent trop de fierté et de suffisance. C’est ainsi que, tandis qu’il critique impitoyablement les ennemis et les « imbéciles », Luxun use du ton attentionné d’un camarade pour appeler à la vigilance la grande masse des révolutionnaires et l’éduquer. Et c’est un autre thème essentiel de ce texte.

Luxun fait un exposé remarquablement adéquat de la directive de Lénine : « Il ne faut pas se laisser griser par la victoire ni en tirer trop de fierté ». Il considère que ceux qui sont grisés par la victoire ou qui en tirent trop de fierté nuisent pour le moins de deux façons essentielles à la Révolution.

Ils donnent à l’ennemi une occasion dont il peut profiter : « Au moindre succès, ils se grisent tellement des chants de triomphe que leurs muscles se relâchent et qu’ils en oublient de se battre ; et l’ennemi en profite pour rendre le coup ».

Ils dissolvent l’esprit révolutionnaire : « Naturellement, c’est beau de voir une foule de gens célébrer la Révolution, la chanter et se griser d’elle ; mais, parfois, cela peut mener à l’affaiblissement de l’esprit révolutionnaire ». « Or si la plupart des gens en viennent à prendre cette attitude, l’esprit révolutionnaire commence à s’émousser, à s’amenuiser et disparaît graduellement ; et c’est, pour finir, le retour au passé ». Pour rendre compte de cette raison, Luxun prend encore l’exemple du bouddhisme : ses adeptes se multiplient et se répandent au loin au point de rendre finalement la doctrine inconsistante et de causer sa perte ; et Luxun considère « qu’il en est de même de la Révolution ».

Il est bien clair que brille à travers toute cette analyse l’éclat de la dialectique révolutionnaire : de l’étape où l’on se grise de la victoire à celle où l’on perd la victoire, du moment où l’on célèbre la Révolution au moment où l’on en cause la perte, du renforcement apparent des troupes révolutionnaires jusqu’à ce que cet esprit révolutionnaire devienne inconsistant et s’amenuise –, avec quelle acuité Luxun perçoit-il les rapports dialectiques qui sont ici en jeu !

La victoire est bonne mais si l’on se laisse enivrer par le beau vin de la victoire au point d’en avoir la vue troublée, si on délaisse en pleine victoire les principes révolutionnaires et qu’on affaiblisse ainsi l’esprit révolutionnaire, cela suffit pour faire passer de la victoire à son contraire.

Ce qu’il y a de précieux ici chez Luxun, c’est qu’il prononce ces propos non pas quand la victoire est déjà perdue, mais au moment où la victoire atteint précisément son apogée. Voilà qui revenait à servir un rafraîchissement aux cervelles échauffées...

Luxun note à la fin de son texte : « Aujourd’hui, à l’heure de ces grandes célébrations, je me permets de dédier ces remarques hâtives aux masses révolutionnaires de Canton ; j’espère en toute sincérité qu’elles ne seront pas trop déçues par des propos déroutants, parce que les jours qui peuvent sauver l’avenir sont encore nombreux. Et si elles le sont, c’est alors la preuve que l’esprit révolutionnaire s’est déjà affaibli ».

La dialectique de l’Histoire est à ce point impitoyable : s’il y avait alors des gens qui ne discontinuaient point de chanter des chants de triomphe et se refusaient à écouter ces paroles « décevantes » de Luxun, il a fallu bien peu de temps pour que la réalité leur fasse voir ces vérités d’une façon encore plus à même de les « décevoir ».

De fait, ces paroles décevantes de Luxun contiennent une ferveur révolutionnaire très ardente. Les deux aspects de la contradiction antagoniste qui sont énoncés plus haut n’amènent point Luxun à décider de façon désabusée que la victoire est le commencement de la fin ; tout au contraire, il nous a montré la seule et unique voie qui permette de préserver la victoire révolutionnaire et qui est de « se battre jusqu’au bout » : « La victoire finale ne dépend pas du nombre de ceux qui se réjouissent mais du nombre de ceux qui se battent jusqu’au bout ».

« Se battre jusqu’au bout », voilà qui peut être considéré comme une conclusion de l’analyse développée dans tout l’essai.

Ce n’est que si l’on combat jusqu’au bout qu’il deviendra alors difficile aux ennemis de se faire une place ; ce n’est que si l’on combat jusqu’au bout que les troupes révolutionnaires qui s’entraînent dans les épreuves pourront sauvegarder et promouvoir l’esprit révolutionnaire ; ce n’est que si l’on combat jusqu’au bout que l’on pourra faire en sorte que la roue de la Révolution ne s’arrête point de tourner de l’avant.

Dans ce court essai, Luxun utilise trois fois de suite l’expression « se battre ». Se battre ! se battre ! se battre jusqu’au bout !

Tel est le cri combien pressant que lance un vieux combattant à la riche expérience juste avant que ne déferlent sauvagement les forces de la Réaction ; tel est le commandement combien chaleureux que laisse à la génération suivante un révolutionnaire qui a plus d’une fois fait l’expérience de la façon dont les fruits de la Révolution pouvaient être acquis et à nouveau perdus.

C’est la dernière fois que Luxun analyse la façon dont les révolutionnaires doivent se comporter à l’égard de l’ennemi et préserver l’esprit révolutionnaire tout en étant lui-même dans une époque de triomphe de la Révolution et à l’intérieur d’une zone révolutionnaire.

Du moment où il finit d’écrire ce texte jusqu’au jour de sa mort, Luxun n’a jamais plus retrouvé une telle occasion.

C’est précisément pourquoi ce texte possède une signification et un enseignement particulièrement directs pour un peuple révolutionnaire qui vit aujourd’hui dans des conditions de dictature du prolétariat.

Une vingtaine d’années après que Luxun eut écrit ce texte, dans ces remarquables ouvrages que sont Mener la Révolution jusqu’au bout ainsi que le Rapport fait à la deuxième session plénière du Comité central issu du VIIème Congrès du Parti communiste chinois textes destinés à accueillir la grande victoire de libération de la Chine continentale –, le président Mao met tout le Parti en garde face au sentiment de trop grande fierté ainsi qu’à la tentation de ne pas aller plus loin qui pourraient se faire jour après la victoire, afin d’éviter que nous soyons défaits par les balles enrobées de sucre des ennemis ; et il appelle tout le Parti à ne point interrompre sa lutte sur la route si longue de la Révolution.

Cette directive du président Mao, qui a servi de guide à toute l’activité du Parti depuis la Libération, est la cristallisation de l’expérience historique de ce qu’ont vu et de ce qu’ont conclu tant de fois les générations successives de révolutionnaires ainsi que Luxun parmi eux.

Luxun n’a pas pu vivre jusqu’au jour de cette victoire, mais les paroles qu’il a laissées sont gardées en mémoire à tout jamais par le peuple victorieux.

II

Cet inédit est aussi un document tout à fait essentiel pour l’étude du développement de la pensée de Luxun.

La philosophie marxiste-léniniste nous demande de faire particulièrement attention dans l’étude de chaque processus en cours « au point où s’articule le passage du quantitatif au qualitatif ». Quand, de démocrate qu’il était, Luxun devient un communiste, il s’agit là aussi – sur le plan du développement intellectuel – d’un passage du quantitatif au qualitatif. A quel moment doit donc se situer ce « point d’articulation » ?

Cette question fait encore à présent l’objet d’une controverse, mais nous estimons pour notre part que ce passage du quantitatif au qualitatif trouve son point d’articulation à l’époque où Luxun est à Canton et, tout particulièrement, dans le moment qui précède et qui suit le tournant politique contre- révolutionnaire du 12 avril dont Jiang Jieshi fut le promoteur.

Ce texte qui fut rédigé le 10 avril est le dernier témoignage de la pensée de Luxun à la veille du moment où, en présence de l’enseignement que lui donne une lutte des classes ensanglantée, son esprit perce hors de lui-même : en ce qui concerne le point d’articulation du développement de sa pensée, ce texte est un repère particulièrement digne d’intérêt. Et voici ce que prouve une fois de plus ce témoignage de sa pensée : avant que la vision du monde de Luxun ne commence à se modifier qualitativement, Luxun était déjà – dans une égale mesure entré en contact avec le marxisme-léninisme.

Il existait naguère plusieurs points de vue : certains considéraient que Luxun n’était pas entré en contact avec le marxisme-léninisme avant toute modification qualitative de sa vision du monde ; certains reconnaissaient qu’un tel rapport avait existé et qu’il y avait eu développement, dans la pensée de Luxun, du facteur de la théorie des classes sociales propre au marxisme-léninisme, mais ils affirmaient que celui-ci s’était formé spontanément dans la pratique de la lutte des classes et n’avait été ni acquis par l’étude ni inculqué ; d’autres enfin, s’appuyant sur la date dont on disposait à l’époque pour fixer le moment où Luxun était entré en contact avec le marxisme- léninisme, repoussaient à très tard la ligne de démarcation de cette modification qualitative de sa vision du monde.

Depuis la Révolution culturelle, on a fait la découverte successive de certains documents nouveaux d’après lesquels il s’avère que Luxun a abordé le Manifeste du Parti communiste dans les années vingt et qu’en 1925 il avait gardé dans sa bibliothèque les extraits de l’oeuvre de Lénine L’Etat et la Révolution publiés dans le Supplément du Nouveau journal du Peuple, – ce qui prouve que les points de vue que j’exposais plus haut sont sans fondement.

Or ce nouvel inédit est encore plus convaincant que les documents précédents : non seulement ce texte analyse le point de vue de Lénine de façon parfaitement correcte ainsi qu’avec beaucoup d’aisance et de naturel, mais il cite aussi quatre fois le nom même de Lénine, ce qui montre que ce n’était pas la première fois que Luxun entrait en contact avec le marxisme- léninisme et qu’il ne recourait pas à lui de façon fortuite. Bien qu’il n’occupât point encore une place dominante dans l’ensemble de la pensée de Luxun, le facteur du marxisme- léninisme y possédait déjà néanmoins un rôle très positif.

Le début de ce texte est très intéressant à cet égard car il décrit le tourbillon des idées qui assaillent Luxun au moment où celui-ci prend le pinceau et médite : il pense un moment aux jeunes combattants qui luttent au front, il pense un moment à l’enseignement que lui a donné la Révolution de 1911, il pense encore, à un autre moment, aux activités des contre-révolutionnaires qui se poursuivent dans le Nord... : « Les pensées appropriées sont aussi difficiles à saisir qu’un cerf-volant détaché de son fil ».

Mais il suffit qu’il cite soudain Lénine pour qu’il « saisisse » bien fermement toutes ces pensées. Il s’agit là bien sûr d’un procédé d’introduction proprement littéraire, mais il n’empêche qu’il reflète de façon imagée le fait que Luxun commençait alors à se plaire à utiliser le marxisme pour entrer dans sa propre pensée et la mettre en ordre.

A ce stade, Luxun se trouve affronté à un problème essentiel : comment résoudre la question des rapports qui existent entre la lumière de la pensée marxiste qui commence à éclairer sa conscience et sa propre expérience des luttes accumulée précédemment ? Après qu’il a cité ce passage de Lénine, Luxun en revient au principe qu’il avait avancé deux ans plus tôt, selon lequel il faut continuer à battre « les chiens tombés à l’eau ».

On s’aperçoit dès lors que s’il éprouve un sentiment de satisfaction à l’égard de cette coïncidence complète des deux pensées, il éprouve aussi un élan sincère d’admiration à l’égard de la façon dont l’analyse de Lénine est plus pénétrante, plus claire et plus à même de répondre aux questions de l’Histoire de la Chine et de sa situation actuelle.

C’est pourquoi Luxun fait l’éloge de la « netteté » de l’analyse de Lénine qui « ne pouvait être prononcée » que par quelqu’un qui avait une riche expérience révolutionnaire, et il va jusqu’à montrer que : « les revers subis par les révolutionnaires chinois dans le passé sont venus, à mon avis, de ce qu’ils ont négligé ce point ».

Synthétiser ainsi en un jugement toutes les orientations de sa pensée, voilà qui, pour Luxun, n’était pas facile à obtenir. Au cours de ce texte, Luxun se sert encore comme arguments de certains exemples du passé auxquels il recourait déjà auparavant : « les vainqueurs d’autrefois », « certains empereurs du début de la dynastie des Qing » et « Yuan Shikai en l’an II de la République »...

En citant à nouveau d’anciens exemples, Luxun ne fait pas que se répéter : c’est parce qu’il se rend compte avec joie que l’expérience historique qui lui est familière accède à un plus haut niveau d’élaboration grâce à la théorie marxiste et se voit conférer par elle une nouvelle combativité, qu’il éprouve la nécessité d’exposer une nouvelle fois ces faits.

En un mot, l’expérience qu’il a acquise personnellement par l’examen attentif de l’Histoire passée et de la situation présente prouve de façon répétée la justesse du marxisme-léninisme, et de là son adhésion gagne en fermeté ; pour dire la chose à l’envers, il s’agit de passer au crible des expériences en se servant du marxisme-léninisme et d’opérer ainsi au sein de sa conscience à travers le mouvement contradictoire de sa propre pensée un travail assidu de révision et de remise à jour.

Ce qui nous permet de comprendre combien Luxun est aussi éloigné de l’étroitesse des empiristes que du dessèchement dogmatique. Dans la culture chinoise moderne, bien peu peuvent être comparés à Luxun pour le grand nombre des tempêtes révolutionnaires qu’ils ont traversées, pour la richesse de l’expérience des luttes qu’ils ont accumulée.

Néanmoins, loin de s’enliser dans l’expérience, Luxun étudie de façon ininterrompue en vue des nécessités de la lutte contemporaine et il élève assidûment l’expérience de l’Histoire et du Présent au niveau de vérité du marxisme-léninisme, « en faisant en sorte que cette expérience soit structurée, synthétisée et accède au niveau de la théorie ».

C’est pourquoi le marxisme-léninisme auquel il s’est formé ne se réduit pas à un certain nombre de concepts et de dogmes abstraits et creux mais se trouve étroitement lié avec l’Histoire de la Révolution chinoise, les luttes contemporaines ainsi que la propre pratique intellectuelle de l’auteur : il en sort renouvelé et s’emplit d’une florissante vitalité.

Cette attitude intellectuelle qui consiste « à partir d’une étude consciencieuse de la pratique historique et révolutionnaire de la Chine » « de façon à unir la théorie du marxisme-léninisme et l’essor de la pratique révolutionnaire de la Chine » aboutit au fait que ce nouveau facteur apparu dans la pensée de Luxun (le Marxisme) connaisse un enracinement progressif solide.

L’accumulation des petits ruisseaux aboutit à un grand fleuve et quand il en vient à écrire « En célébrant la reconquête de Shanghai et de Nankin », Luxun a déjà atteint une situation de synthèse, – le point où s’articule le passage du quantitatif au qualitatif.Ce processus qui va de l’accumulation progressive à la synthèse fonde la base solide d’une modification qualitative de sa vision du monde et présage de la direction nécessaire de ce changement qualitatif.

Si on ne prend pas garde à cela, le fait que Luxun en vienne à se tenir sur des positions communistes à contre-courant de l’Histoire (à l’époque la plus difficile de la Révolution chinoise) risque de devenir une énigme insoluble ; de même, ce fait que plus tard, quand il rencontre des « questions très embarrassantes », il se livre alors à une étude concentrée sans chercher d’autre arme intellectuelle que le marxisme-léninisme et par là accélère l’accomplissement de la modification qualitative de sa vision du monde, serait sinon quelque chose de fort difficile à comprendre.

Les marxistes n’ont jamais été des gens à qui il suffit de « changer de posture » pour pouvoir changer de position et devenir ce qu’ils sont.

Voyez l’époque de Luxun : n’y a-t-il pas eu bien des gens qui n’ont pas accepté d’étudier consciencieusement la théorie révolutionnaire mais se sont beaucoup plu à parler « d’ouvrir la Voie du renouvellement à partir de l’expérience du sang et des larmes » ?

N’y a-t-il pas eu aussi des gens qui, à peine avaient-ils lu le moindre passage, se mettaient – en une nuit – à proclamer qu’ils étaient devenus des marxistes ?

En fin de compte, aucun d’entre eux n’a accompli cette mutation qui aurait fait d’eux des Communistes et certains allèrent même jusqu’à prendre une voie parfaitement réactionnaire. Ce qui laisse voir négativement tout le mérite de Luxun. Cet inédit reflète aussi indirectement les relations qui ont existé entre Luxun et le Parti Communiste de Chine ainsi que l’influence qu’ont eu ces relations sur le développement de sa pensée.

Luxun dit dans ce texte que ce passage de Lénine est cité d’« une revue ». De quelle revue s’agit-il donc ? Il s’avère après recherche qu’il s’agit là des Jeunes Pionniers qui était l’organe du Comité révolutionnaire de la Ligue des Jeunesses Communistes de Chine de la région du Guangdong : la citation de Lénine apparaît dans le huitième numéro de cette revue. Et il se trouve une raison pour expliquer que cette revue qui était éditée avant que Luxun n’arrive dans le Guangdong ait pu parvenir dans les mains de celui-ci.

Le 31 janvier 1927, c’est-à-dire moins d’un demi-mois après que Luxun fut arrivé dans le Guangdong, le Journal de Luxun fait mention d’une visite faite par Bilei et d’autres membres du Parti ainsi que de « l’offre de douze numéros des Jeunes Pionniers ».

Plus tard, Luxun note dans Comment écrire en repensant à Bilei : « Il me donna aussi une dizaine de numéros des Jeunes Pionniers ; cette revue fait voir très clairement l’oeuvre des jeunes communistes ».

De plus, le cinquième numéro de l’hebdomadaire La vie de la cellule (qui était alors l’organe édité par la cellule du Parti communiste de Chine de l’Université Sun Yat-sen) mentionne ceci :« Les douze numéros des Jeunes Pionniers publiés sous le contrôle du Comité local firent entrer Bilei en relations étroites avec Luxun ».

Ces documents concordent parfaitement et non seulement ils sont une preuve de plus de ce que « En célébrant la reconquête de Shanghai et de Nankin » est bien écrit de la main de Luxun. mais ils fournissent un argument supplémentaire de l’intensité des relations qui existaient entre le Parti Communiste de Chine et Luxun à l’époque où celui-ci était à Canton : il lisait et étudiait donc attentivement l’organe de la Ligue du Parti et il était ouvert au contenu marxiste-léniniste qui y était propagé.

Dans le cas de Luxun, il y avait alors une relation de complémentarité entre le fait d’être en rapport avec le Parti et celui d’être en contact avec le Marxisme.

Le développement continu de cette relation complémentaire ne tarda pas à se révéler d’une grande utilité en ce qui concerne la transformation de la vision du monde de Luxun. Dans cet inédit récemment découvert, Luxun note :

« Je me souviens brusquement de quelques jeunes gens que je rencontrai hier à Huangpu et qui venaient se joindre au corps des étudiants : en les voyant, je compris alors que ce sont eux justement qui affrontent la mort, et je devrais me sentir honteux d’avoir suscité des applaudissements par de faciles propos tenus dans une salle de conférence ».

Le sentiment d’admiration qu’éprouve ici Luxun – de façon générale – à l’égard de la jeunesse qui prend part à l’Expédition du Nord s’est vu brisé quelques jours plus tard par l’épreuve des faits : « Puis je me rendis compte que je m’étais trompé... Quand j’étais à Canton, je vis par moi-même que tous étaient bien des jeunes gens mais qu’ils formaient deux grands camps dont l’un s’adonnait à envoyer des lettres de dénonciation ou à aider les autorités à arrêter des gens.

Toute ma philosophie s’effondra ». Des jeunes gens montrèrent leurs crocs venimeux tandis qu’étaient massacrés ceux qui avaient donné à Luxun les Jeunes Pionniers, Bilei et les jeunes membres du Parti et de la Ligue de la Jeunesse.

Ces « deux grands camps » qui étaient parfaitement distincts à ses yeux amenèrent Luxun à prendre connaissance de la vérité de la théorie marxiste des classes sociales, et le massacre de Bilei et des autres camarades lui fit prendre conscience du fait que ce que redoutait précisément l’ennemi, c’était les principes soutenus par ces communistes, – y compris naturellement cette citation de Lénine parue dans la revue des Jeunes Pionniers. En d’autres termes, en ce moment précis, les Communistes offrirent une nouvelle fois le Marxisme à Luxun mais d’une façon beaucoup plus profonde : en luttant sans peur et en se sacrifiant héroïquement.

Occasion particulièrement favorable pour provoquer une modification qualitative de la vision du monde de l’auteur : elle suscita des rapports encore plus étroits avec le marxisme- léninisme et le Parti communiste de Chine, jusqu’à atteindre un nouveau point de départ pour « chercher ensemble à vivre ».

III

Pour finir, je voudrais encore traiter en passant des raisons pour lesquelles ce texte s’est perdu.Dans la préface de ses Oeuvres hors recueil, Luxun a mentionné quelques-unes des possibilités qui expliqueraient que certaines de ses traductions ou certains de ses écrits se soient perdus.

« Il y a des textes qui sont omis : c’est parce qu’il ne m’en restait pas d’épreuve et je les ai oubliés. Il y a aussi ceux que j’ai supprimés intentionnellement : c’était soit parce qu’ils semblaient être des traductions (avec le temps j’en avais perdu le souvenir et j’en venais moi-même à ne plus savoir si ces textes étaient bien de moi) ; soit parce qu’ils ne concernaient qu’une affaire très précise et se trouvaient sans portée générale (or le monde change avec le temps et inutile de les reprendre) ; soit encore parce qu’ils ne consistaient qu’en quelques plaisanteries ou relevaient d’une interprétation erronée et passagère, et, comme ils perdaient ainsi toute signification au bout de quelques jours, il n’y avait donc aucune nécessité de les garder ».

Les quelques raisons qui sont alléguées à la fin de ce paragraphe concernant la suppression intentionnelle de certains essais semblent toutes inadéquates au regard de ce texte. Ne serait-ce point alors que Luxun a « oublié » ce texte comme le mentionne le premier point ? Ce n’est pas cela non plus.

En décembre 1927, Luxun, qui avait déjà gagné Shanghai à cette époque, publia un article intitulé « Dans la tour de l’horloge » où il rappelait la vie et les pensées qui furent les siennes du temps où il était à Canton. On y lit entre autres : « Un jour qu’il m’était donné un endroit pour placer un article, je dis que plus on planterait loin le drapeau du Guomindang,plus les adeptes en seraient nombreux.

Mais il en est de même que pour le Grand Véhicule du Bouddhisme : à partir du jour où les gens qui s’étaient simplement retirés de la vie du monde furent considérés comme des bouddhistes, les principes d’ascèse se sont bien souvent relâchés et je ne sais pas s’il ne s’agit point là, plutôt que d’une diffusion du bouddhisme, d’une extinction de cette doctrine. [...] Mais finalement, ce texte n’a pas été édité et je ne sais où il est passé... ».

Chaque fois qu’on lisait ce passage, auparavant, on se sentait insatisfait. Or nous avons la chance de pouvoir dire aujourd’hui que ce texte dont « il ne sait pas où il est passé » doit être justement – d’après le contenu même de ce texte - « En célébrant la reconquête de Shanghai et de Nankin ». Cet article parut dans le journal au début du mois de mai ; or, à cette époque, en signe de protestation contre le massacre des Communistes perpétré par les réactionnaires, Luxun, révolté, avait démissionné de toutes ses fonctions à l’Université Sun Yat-sen et habitait la Tour des nuages blancs, entouré de toutes parts par les forces des ténèbres.

Dans les lettres qu’il écrivait à ses amis, il notait souvent à cette époque que « son ventre avait faim et que sa tête était étourdie » ; il commerçait avec très peu de gens, les nouvelles ne lui parvenaient plus : « Il doit sûrement y avoir des nouvelles ici mais je n’en sais pas grand-chose et je ne connais rien bien clairement ».

C’est pourquoi, quand cet article parut en un endroit peu visible du Supplément des Nouvelles du Peuple, il ne pouvait finalement l’apercevoir et crut donc pour toujours « qu’il n’avait pas été édité ».Mais il ne l’a absolument pas oublié, au point qu’après la défaite de la Grande Révolution il en vint dans l’intensité de son émotion à le citer une nouvelle fois. Une telle déduction n’est-elle pas rationnelle ?

La perte de ce texte, qui peut paraître accidentelle, dépend en fait de raisons sociales très profondes. Si Luxun avait aperçu son article dans le journal ou qu’il en eût gardé une épreuve, la situation n’en aurait guère été modifiée.

Comme Luxun le révéla à maintes reprises, peu après que ce texte eut paru dans la presse, les réactionnaires du Guomindang qui tenaient en mains un couteau qui dégouttait de sang, instaurèrent vis-à-vis des opinions progressistes l’étau d’une censure de plus en plus délirante et firent retrancher systématiquement toutes les œuvres littéraires qui citaient des termes tels que « feu », « rouge », « ardent ». etc.

Après que Luxun fut arrivé à Shanghai, ses œuvres furent encore davantage expurgées par les autorités réactionnaires, ce qui l’obligea à recourir, pour propager la révolution, à des expressions détournées et obscures, c’est-à-dire à « danser en portant un carcan », selon sa propre expression.

Bref, ce texte qui cite ouvertement Lénine n’aurait guère pu être intégré dans un recueil et être diffusé ouvertement à l’époque de la domination réactionnaire du Guomindang, ce qui rendait sa « perte » difficile à éviter.

Une époque de ténèbres enfouit un texte qui était précieux pour le peuple de Chine mais aujourd’hui, à la suite de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne il a été retiré de dessous la couche de poussière dont l’avait recouvert tout un demi-siècle et il rayonne de tout l’éclat qui lui est inhérent, au milieu de l’espace dont le peuple révolutionnaire s’est rendu le maître et le responsable.

Le destin d’un texte fait voir l’essence de deux sociétés et comme nous vivons en un milieu bien différent de celui de Luxun...

C’est pourquoi, tandis que nous mettons une fois de plus ce texte en valeur, une grande énergie intellectuelle ne peut manquer de se manifester : alors que ce grand révolutionnaire, au sein d’un tourbillon d’épreuves, n’en risquait pas moins sa vie pour l’étude et la propagation de la théorie marxiste- léniniste du renforcement de la dictature révolutionnaire, quelles raisons aurions-nous aujourd’hui pour ne point nous enraciner dans les directives théoriques fondamentales du président Mao et pour ne pas les étudier toujours mieux ?