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Le révisionnisme de Deng Xiaoping - Cinquième partie : Science et philosophie

Deng Xiaoping a réussi à couper la science de la philosophie, ce qui signifie qu’il rejetait l’aspect universel du matérialisme dialectique. Il y aurait d’un côté la science, de l’autre la philosophie.

Cette « double vérité » était nécessaire pour légitimer la domination du Parti « Communiste » révisionniste. La science doit servir le capitalisme, et le Parti « Communiste » devrait être la nouvelle bourgeoisie.

Le rejet du mouvement de 1989 a été le rejet de l’option de dépasser cette « double vérité. » Le problème est bien sûr que plus la science devient contrôlée par les éléments bourgeois, plus elle est non-productive et aussi un facteur de libéralisme.

C’est pourquoi l’idéologie du Parti « Communiste » révisionniste a de plus en plus tendance à se déplacer au-delà de la formule de Deng Xiaoping et à réhabiliter Hu Yaobang. En fait, le mouvement de 1989 est venu trop tôt, mais sa ligne est de plus en plus acceptée par le révisionnisme.

Fondamentalement, le même processus a existé en Union Soviétique ou dans le Parti « Communiste » français. Le parti dirigeant faisait semblant d’être toujours sur une ligne politique communiste, mais en fait, dans tous les domaines et tous les sujets, il était sur une voie libérale.

Contaminée, l’option politique s’est effondrée à la fin. C’est pourquoi Mao Zedong a formulé la GRCP comme une lutte dans tous les domaines et tous les sujets, pour défendre le socialisme dans les domaines culturel et scientifique.

Citons ici Engels, qui, dans Dialectique de la Nature a expliqué comment les chercheurs ont besoin de suivre la philosophie d’être vraiment scientifique :

« Les savants croient se libérer de la philosophie en l’ignorant ou en la vitupérant.

Mais, comme, sans pensée, ils ne progressent pas d’un pas et que, pour penser, ils ont besoin de catégories logiques, comme, d’autre part, ils prennent ces catégories, sans en faire la critique, soit dans la conscience commune des gens soi-disant cultivés, conscience qui est dominée par des restes de philosophies depuis longtemps périmées, soit dans les bribes de philosophie recueillies dans les cours obligatoires de l’université (ce qui représente non seulement des vues fragmentaires, mais aussi un pèle-mêle des opinions de gens appartenant aux écoles les plus diverses et la plupart du temps les plus mauvaises), soit encore dans la lecture désordonnée et sans critique de productions philosophiques de toute espèce, ils n’en sont pas moins sous le joug de la philosophie, et la plupart du temps, hélas, de la plus mauvaise.

Ceux qui vitupèrent le plus la philosophie sont précisément esclaves des pires restes vulgarisés des pires doctrines philosophiques.

Les savants ont beau faire, ils sont dominés par la philosophie. La question est seulement de savoir s’ils veulent être dominés par quelque mauvaise philosophie à la mode, ou s’ils veulent se laisser guider par une forme de pensée théorique qui repose sur la connaissance de l’histoire de la pensée et de ses acquisitions.

Physique, garde-toi de la métaphysique ! [phrase attribuée à Newton] C’est tout à fait juste, mais dans un autre sens [Engels renverse Newton].

Les savants gardent à la philosophie un reste de vie factice en tirant parti des déchets de l’ancienne métaphysique. Ce n’est que lorsque la science de la nature et de l’histoire aura assimilé la dialectique que tout le bric-à-brac philosophique — à l’exception de la pure théorie de la pensée — deviendra superflu et se perdra dans la science positive. »

Le révisionnisme chinois s’est déplacé exactement dans le sens opposé : il a séparé la science de la philosophie, ce qui est impossible.