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Le matérialisme dialectique et l’évaluation d’une œuvre d’art

Une œuvre artistique est une représentation ; sa substance est d’être le reflet d’une réalité donnée.

Son expression appartient à un contexte donné, c’est-à-dire une époque, un cadre social, une culture particulière, un mode de production, à un stade de développement précis.

Sa réalisation est l’expression de la totalité de son époque ; l’artiste n’en est que le vecteur. Il sert d’interface à l’affirmation d’une synthèse de la réalité, posant un certain niveau de conscience à travers une représentation englobant différents aspects particuliers, tout en correspondant à l’ensemble.

Par conséquent, l’évaluation d’une œuvre artistique dépend d’une série d’éléments contradictoires :

- la conformité avec la réalité représentée et la capacité à retranscrire le reflet avec une haute qualité ;

- la prise en compte du caractère synthétique d’un phénomène donné et la présentation de sa portée universelle dans son aspect particulier ;

- l’ancrage dans une situation sociale réelle et les traits propres à une réalité nationale donnée ;

- la prise en compte d’une multitude d’aspects et la portée générale de l’aspect progressiste de l’ensemble du phénomène ;

- la vraisemblance de chaque élément et le profondeur de l’accessibilité de l’œuvre.

Selon le matérialisme dialectique, une œuvre d’art ne peut pas se cantonner à un aspect simplement ; elle doit représenter la totalité. Le paradoxe de l’œuvre d’art est que cette totalité peut également être retranscrite à travers un élément particulier, dont la synthèse correspond précisément à la totalité.

Les œuvres majeures de la peinture flamande ne présentent qu’un aspect particulier et pourtant elles atteignent une dimension universelle de par l’ampleur de leur approche synthétique. Les tragédies de Jean Racine possèdent un caractère psychologique universel, dépassant les affres et les tourments de personnes connaissant un dilemme en particulier.

Avec Roméo et Juliette, William Shakespeare ne présente pas simplement deux amants à Vérone, mais un couple allant jusqu’à l’universel à travers leur existence, par la portée de la dignité du réel.

Cela n’est bien entendu possible que si le caractère dynamique du phénomène représenté soit correctement reflété. Les peintures des ambulants russes témoignent ici d’une formidable capacité à refléter le vivant à travers une scène figée.

Ce qu’on appelle harmonie consiste en l’ensemble de ces différents aspects, développés au plus haut niveau. Cela signifie que, pour cette raison même, il existe véritablement très peu d’œuvres d’art authentiques.

Il existe, dans l’écrasante majorité des cas, simplement un seul auteur national, dont la portée est capable d’atteindre une dimension universelle. Il en va de même dans les domaines de la peinture, de la musique, du cinéma, de la photographie, de la sculpture, de tous les arts en général.

Selon le matérialisme dialectique, il existe donc des critères bien précis permettant de juger du caractère authentique et particulièrement développé ou non d’une œuvre à prétention artistique.

1. La conformité avec la réalité sociale est ce qui permet d’évaluer l’ancrage dans la vie quotidienne, la réalité matérielle en ce qu’elle a de plus élémentaire et en même temps d’universel. C’est la dimension spatiale.

2. La conformité avec la réalité nationale est ce qui amène l’œuvre à être le produit d’une époque, d’un moment donné dans une société donnée, avec sa réalité populaire-culturelle qui lui appartient en propre.

3. La vraisemblance et le caractère typique forment le noyau dur de ce qui permet l’interaction entre le caractère particulier et la dimension universelle de l’œuvre.

4. L’unité synthétique concerne tous les aspects de l’œuvre, le rapport entre ses détails et son tout, décidant de la valeur de la mise en forme.

5. Le niveau esthétique détermine de la qualité de l’œuvre sur le plan de la réalisation ; il est bien entendu évalué selon le développement propre à une société donnée, le contexte de production de l’œuvre.

6. La portée progressiste n’est pas l’affirmation formelle du progrès, mais la présentation de son affirmation dans une situation donnée, l’œuvre d’art posant l’expression d’une tendance donnée.

7. La prise en compte des multiples aspects de la réalité est le fondement de l’analyse de la complexité de l’œuvre.

8. L’accessibilité est le grand critère de la relation de l’œuvre avec la réalité populaire.

9. Le caractère dynamique est ce qui met en rapport avec la nature dialectique de la réalité.

10. La dignité du réel est le dénominateur commun des différents éléments et est ce qui amène à poser l’œuvre dans son liaison avec l’universel en tant que tel : le communisme.

mardi 20 novembre 2018


Le matérialisme dialectique