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Le cerveau, l’ordinateur de la machine humaine, un robot vivant

Nous savons tous ce que sont les robots, ou plutôt ce qu’ils devraient être. La principale différence que nous devrions trouver avec les humains est le manque de sens, mais aussi, et c’est un point essentiel, l’absence de « pensée ». Les robots devraient être comme des ordinateurs : un programme y fonctionnerait, mais il n’est pas possible qu’un programme puisse fonctionner pour lui-même.

Il doit y avoir un programmeur, et donc une fonction pour le robot, qui ne serait qu’un ordinateur capable de gérer les choses.

En fait, en tant que matérialistes dialectiques, nous ne pouvons accepter un tel point de vue idéaliste. Il est clair, par exemple, que la dissociation entre le corps et l’esprit vient de la religion, que la notion de « choix » est également religieuse.

Dieu aurait donné à l’homme la possibilité de choisir ; nous revenons ici au mythe d’Adam et Ève. Et nous pouvons voir que les anciens grands penseurs bourgeois – de Descartes à Bacon – suivent cette conception. L’humanité serait librement héritière du monde.

Nous ne pouvons pas être d’accord bien sûr. Pour nous, si nous regardons le cerveau, nous voyons que les informations sont encodées et stockées. Mais où sont-elles stockées ? Dans l’esprit ? Dans l’âme ? Non, elles sont stockées dans un endroit matériel : le cerveau lui-même.

La différence entre un ordinateur et le cerveau est seulement la matière utilisée. Le cerveau est de la matière vivante et, à cause de cela, il dispose de « plasticité ». Et qu’est-ce que la plasticité ? Rien d’autre que le mouvement dialectique stockant les impressions.

C’est la raison principale pour laquelle la maladie mentale est si difficile à comprendre pour les méthodes bourgeoises de la science. La maladie mentale ne peut pas être comprise sans le niveau élevé de plasticité du cerveau.

Les savants bourgeois croient qu’il y a la pensée d’un côté, le cerveau de l’autre, et ils considèrent que le cerveau a un dysfonctionnement qui empêche la pensée d’être bien. C’est la logique d’un prêtre.

Ils croient également que le dysfonctionnement ne peut que rester ce qu’il est et qu’il ne peut connaître aucune évolution. C’est pourquoi ils utilisent massivement des produits chimiques pour « guérir » le patient. Et c’est pourquoi ils utilisent l’expérimentation animale : leur modèle est statique, en raison de leur conception du monde.

Leur erreur est également de séparer d’une manière abstraite le corps et l’esprit. Ils voient par exemple que le cerveau humain est, en proportion avec le corps auquel il est lié, le plus grand. Ils remarquent que, avec un volume moyen de 1400 centimètres cubes, le cerveau humain est même trois fois plus grand que celui des chimpanzés.

Mais ils ne trouvent pas « pourquoi » ; alors que pour les matérialistes dialectiques, il n’y a pas de « cause » et d’ « effet ». La matière est en mouvement, et le cerveau, comme lieu de stockage, est modifié en fonction des besoins de la matière en mouvement.

Et si nous regardons quant au « coût » du cerveau, nous pouvons voir qu’il consomme beaucoup d’énergie. L’utilisation d’un cerveau ne peut pas être permise dans les cas où la matière vivante doit principalement se préserver.

Et ici, nous comprenons aussi pourquoi il n’y a pas de pensée. Le cerveau ne pouvait que « grandir » là où il était possible de lui fournir de l’énergie, selon les besoins qui existaient et existent. Cela signifie que le cerveau ne pouvait être développé que dans un groupe social.

Un individu – ou plutôt un être vivant ne se reposant que sur lui-même pour survivre – ne pouvait pas se permettre de donner trop d’énergie pour le stockage et le calcul. Les êtres vivants qui font partie d’un groupe ont besoin de plus en plus de stockage et de calculs au fur et à mesure que le groupe devient plus complexe, et il y a la possibilité pour cela parce que le groupe facilite la survie de ses membres.

Donc, il n’y a pas de pensée, car la pensée ne consiste que dans le stockage et le calcul, qui sont les mêmes pour tous les membres du groupe.

Et ce n’est pas tout. Les individus n’existent pas en dehors de la réalité. Ils sont dans un rapport avec la biosphère tout entière. Leur capacité à exister apporte aussi une nécessité de stockage et de calcul. C’est un autre fait qui fait qu’il ne peut pas y avoir de « pensée ».

Alors, que fait le cerveau ? Le cerveau reflète la réalité. Mais pas seulement la réalité – aussi la réalité de l’individu – c’est pourquoi, à cause des sentiments ressentis, des expériences faites, il y a des « différences individuelles », ou « personnalité ».

Mais en dehors de cette question de goût, lié à des expériences culturelles, il n’y a aucune différence, et dans le communisme, tous les gens vont penser la même chose. C’est pourquoi il n’y aura pas de conflit : c’est le triomphe de la simple logique.

Par conséquent, les scientifiques bourgeois ne prennent pas la bonne direction. Ils bénéficient de technologies pour voir les activités du cerveau – par exemple avec l’Allen Brain Atlas ou le Open Connectome Project.

Mais ils ratent le plus important : le fait que la pensée est simplement un reflet.

Peut-être que nous pouvons trouver une grande œuvre qui révèle cet aspect. R.U.R. (Robots Universels de Rossum) de Karel Čapek, une pièce de théâtre tchèque de 1921, n’a pas que proposé le mot « robot » au monde.

Pour ceux et celles qui connaissent la pièce de théâtre, les « robots » sont en fait des « clones », ils sont des organismes vivants, mais sans « âmes ». Et à la fin, comme ils commencent à penser, ils détruisent les humains pour prendre leur place.

Dans la pièce, les robots sont présentés comme des travailleurs simplement logiques. Il n’est pas difficile de comprendre que, en fait, la pièce dénonçait le communisme, où triomphe une humanité nouvelle, logique et sans aucune pensée « individuelle ».

Dans la pièce, les robots se ressemblent tous – ils sont des « Robots Universels » – et les producteurs expliquent à la fin qu’ils auraient dû faire des robots « nationaux », avec des langues différentes, de sorte qu’ils ne puissent pas s’unir !

On retrouve exactement la même chose dans le film THX 1138, réalisé par George Lucas en 1971. La société humaine vit sous terre, dans des bâtiments monochromes, la tête de tout le monde est rasée, il n’y a pas de sentiments individuels, l’État programme le peuple et l’économie.

Dans cette critique du communisme, les masses prennent de la drogue et doivent prier, un ordinateur répondant à la prière avec : « Tu es un bon croyant. Bénédiction de l’État, bénédiction des masses. Tu es un sujet du divin, créé à l’image de l’Homme, par les masses, pour les masses. Soyons reconnaissants d’avoir une occupation à remplir. Travaille dur. Augmente la production. Préviens les accidents. Et... sois heureux. »

Ce que nous avons ici, dans R.U.R. ou THX 1138, c’est la peur de l’acceptation du fait que la pensée humaine est simplement un reflet, ce sont des productions culturelles et idéologiques réalisées pour célébrer la fiction du « libre arbitre ».

On retrouve exactement le même chose dans l’utilisation dans l’ « heroic fantasy » contre la science-fiction, dans la célébration de la « création » et la négation de la production.

Mais il ne peut pas y avoir de création. Pour nous, matérialistes dialectiques, ce qui existe est une transformation de ce qui était, il n’y a pas de début, pas de fin.

Le matérialisme dialectique refuse la fiction du libre arbitre. Il suit le chemin d’Avicenne, de Spinoza, le grand penseur français des Lumières Julien Offray de La Mettrie (1709-1751), auteur de « l’homme machine ».

Les êtres humains sont des êtres vivants, des machines avec des sensations, la matière vivante produite par le mouvement dialectique de la matière éternelle. Le cerveau reflète la transformation, et ce que les humains « choisissent » suit en fait la loi de la nécessité.

vendredi 24 novembre 2017


Matérialisme dialectique