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Le KKE et la démocratie populaire - 12e partie : devant le tournant décisif

La venue de Paul Eluard coïncide avec un moment où le KKE est le fer de lance pour la bataille de la démocratie populaire, au point qu’il est considéré dans l’est européen que la Grèce allait bientôt rejoindre le camp démocratique. Voici comment le KKE voit les choses, au début de l’année 1949, dans une résolution.

Celle-ci est issue de la tenue du cinquième Plénum commun du Comité Central du KKE, qui s’est tenu les 30 et 31 janvier 1949 ; elle a comme titre La Grèce sur la voie de la victoire devant le tournant décisif. On remarquera que le rôle essentiel de la révolution chinoise est soulignée dès le début du document.

La campagne américaine et monarcho-fasciste de 1948 qui visait à exterminer l’Armée Démocratique de Grèce (D.S.E.), à noyer dans le sang le mouvement populaire démocratique du peuple et à transformer la Grèce en un sûr bastion militaire et guerrier des impérialistes, a été vouée à l’échec. Grammos et Vitsi se sont érigés en symboles immortels, en étendards de la résolution du peuple de lutter et de vaincre.

L’« aide » américaine a augmenté l’effusion du sang en Grèce, mais elle n’a pu faire sortir le monarcho-fascisme de sa crise.

Les conditions actuelles sont caractérisées par ce qui suit : Le camp mondial de la démocratie et du socialisme, avec la Grande Union Soviétique en tête, avance fermement et d’un rythme accéléré vers de nouveaux succès et conquêtes.

De l’autre côté, la crise générale du camp impérialiste s’approfondit continuellement, les difficultés grandissent, en raison justement du plan Marshall, et les peuples, tant dans les pays capitalistes que particulièrement dans les pays dépendants et les colonies, se soulèvent résolument contre l’asservissement impérialiste, ayant pour ayant-garde le peuple de Chine qui conquiert victorieusement sa liberté et son indépendance.

Dans ces conditions, le monarcho-fascisme s’égare toujours davantage au milieu des difficultés, de la crise et de l’impasse qu’il a lui-même provoquées.

La D.S.E. est sortie de l’épreuve de 1948 plus forte, plus grande et plus aguerrie.

Le mouvement de libération nationale s’est étendu à de nouvelles régions, en premier lieu au Péloponnèse. L’autorité du Gouvernement Démocratique Provisoire (G. D. P.) qui lutte inlassablement et avec conséquence pour la paix et pour l’entente démocratique honorable, s’est affermie et agrandie.

Les masses populaires des villes font plus énergiquement face à l’offensive ploutocratique et à la terreur meurtrière.

Les soldats, les. gardes nationaux et les officiers honnêtes non seulement comprennent que le sang coule en Grèce pour les intérêts seuls des impérialistes américains et anglais et des ploutocrates indigènes, niais ils commencent aussi à manifester ouvertement leur volonté de tranquillité et de paix.

Le monarcho-fascisme s’isole toujours davantage du peuple et il ne cherche à trouver une issue que dans le sang.

Maintenant, en 1949, les destinées du monarcho-fascisme et de l’américanocratie en Grèce dépendent exclusivement et seulement des réussites de la D.S.E. aux combats, du soulèvement du peuple dans les villes, de l’application résolue et, conséquente de notre politique de fraternisation, d’entente et de paix.

Les souffrances du peuple peuvent prendre fin en 1949 et la Grèce peut parvenir à la lumière et la liberté pourvu que tous les patriotes, hommes et femmes, accomplissent jusqu’au bout leur devoir envers le peuple et le pays.

Les communistes appelés à se mettre à la tète des masses avec une résolution encore plus grande, toujours les premiers aux combats et aux luttes, toujours le modèle et l’exemple pour tous.

Nous devons briser tout abattement, tout esprit de capitulation et de soumission, tout élément pris de panique et opportuniste dans nos propres rangs. C’est ainsi que plus forts, plus unis, plus robustes, nous conduirons le peuple à la victoire de la révolution populaire en Grèce.

I. LA SITUATION EN GRECE MONARCHO-FASCISTE

1. Durant 1948 la situation générale en Grèce occupée s’est empirée à l’extrême. Le contrôle sur toute la vie économique du pays est passé aux mains des américains.

Mais les dollars n’ont apporté aucun soulagement parce qu’ils étaient presque exclusivement dépensés pour la guerre et remplissaient les poches des yankees et de leurs laquais indigènes.

Le déficit du budget d’Etat dépasse les 1700 billions de drachmes. L’inflation s’accroît chaque jour et ne peut être arrêtée par les escamotages spéculatifs sur l’or.

L’industrie continue de rester stagnante, sur un niveau de production atteignant la moitié de celui d’avant guerre et le chômage tourmente et ruine la classe ouvrière. Le commerce est paralysé.

Le déficit de nos transactions avec l’étranger grandit, parce que les américains entravent nos exportations, celle du tabac en premier lieu. Le marasme de l’agriculture grandit.

Plus de 700.000 paysans ont été évacués de force de leurs villages et entassés misérables et affamés dans les villes.

Des prix extrêmement bas sont fixés pour les produits agricoles, tandis que les prix des articles de première nécessité montent, les salaires et les appointements baissent. La cherté de vie devient insupportable. Dans les villes, les masses populaires, ouvriers, fonctionnaires, artisans, boutiquiers, ne peuvent subsister.

La paupérisation du peuple avec toutes les conséquences qu’elle entraîne, menace aujourd’hui son existence physique même.

Et de l’autre côté les scandales et les concussions augmentent encore davantage le profit des ploutocrates et font preuve de la pourriture et de la décomposition, toujours croissantes, des classes dirigeantes. La guerre, qui dure depuis des années, a accru encore d’avantage l’insupportable malheur populaire.

Rien qu’en 1948 le monarcho-fascisme a sacrifié aux intérêts de l’américanocratie des dizaines de milliers d’enfants du peuple.

Partout on amoncelle des ruines et la seule « reconstruction » effectuée sont les aéroports, les routes militaires et les travaux entrepris aux ports dans des buts de guerre, que présagent encore plus de sang, de plus grands sacrifices, une longue guerre et l’implication dans des aventures extérieures de guerre, qui amènent et amèneront encore plus de ruines et de désastres.

Durant 1948, le monarcho-fascisme se débattait dans un labyrinthe économique. Ses perspectives pour 1949 sont plus mauvaises encore. La crise économique de la Grèce monarcho-fasciste deviendra encore plus profonde et plus étendue en 1949.

2. En 1948, le monarcho-fascisme a essuyé un échec général dans le domaine militaire et guerrier. Les américains et le monarcho-fascisme s’étaient complètement préparés en 1948 pour exterminer la D.S.E.

Ils avaient organisé des forces armées —armée, garde-nationale, gendarmerie, MAY (unités d’autodéfense à la campagne), MEA (unités de défense nationale) etc. — dont les effectifs dépassaient les 300.000 hommes.

Ces forces étaient munies de toutes les meilleures armes et moyens produits par la technique militaire-guerrière américaine. Ils ont éloigné de leurs foyers 700.000 paysans pour isoler la D.S.E..

Et ils ont essayé d’étouffer la résistance populaire dans les villes par une terreur meurtrière qui a dépassé les modèles internationaux de terreur les plus classiques. Ils ont, encore, déclenché une propagande idéologique bien organisée, ils ont réalisé la « mobilisation spirituelle » pour influencer et abaisser le moral du peuple.

Tous ces préparatifs ont été finalement résumés en le mot d’ordre : nous finirons en 1948. Ce mot d’ordre ils l’ont tous proclamé et diffusé : les américains, les anglais, les monarcho-fascistes, avec l’accompagnement de la réaction internationale.

Mais les résultats ont démenti les ennemis du peuple. Les monarcho-fasciste et les généraux américains et anglais, au point de vue stratégique ont subi un échec sur toute la ligne.

Nulle part ils n’ont réussi à clouer sur place et à exterminer la D.S.E.

Ils ont perdu, surtout à Grammos, de centaines de milliers de leurs hommes d’élite. Vers la fin de 1948 ils ont vu se disperser aux quatre vents leurs succès tactiques de toute l’année. Tsacalotos, bien qu’on lui ait donné deux corps d’armée et qu’il devint en réalité le général en chef de l’armée, se cassa les dents à Vitsi.

La D.S.E. occupe solidement le corps de Pinde. Elle a repris Grammos.

Au Péloponnèse fut créée une situation qui menace de renverser toute la perspective stratégique du monarcho-fascisme et toute la situation militaire et guerrière en Grèce.

Dans tout le pays, l’initiative est passé entre les mains de la D.S.E. chose qui apparaît clairement surtout aux opérations qui eurent lieu à Karditsa, Naoussa, Karpenissi.

Les soldats et gardes-nationaux présentent des signes manifestes de fatigue, de désagrégation et de réveil.

Les [illisible] sanglantes prises par le commandement militaire américain et monarcho-fasciste, les nombreuses centaines de soldats et d’officiers exécutés, aggravent cet état de choses.

Le commandement militaire monarcho-fasciste et Van Fleet ont échoué sur toute la ligne. Le monarcho-fascisme traverse actuellement une crise profonde militaire et guerrière, qui embrasse toute son armée et l’oblige à changer encore une fois sa direction militaire.

3. La crise économique et l’échec militaire et guerrier ont aggravé la crise politique permanente du monarcho-fascisme et ils ont ébranlé encore davantage le moral au camp de notre adversaire.

Toute l’année 1948 est caractérisée par une permanence de disputes et de contradictions parmi le monde politique adversaire. Il y a une crise gouvernementale latente et permanente et seulement l’attente d’un succès militaire sérieux l’empêche d’éclater ouvertement.

Lorsque cet espoir fut perdu, la crise a éclaté ouvertement.

Mais le monde politique monarcho-fasciste avec son faux-parlement se trouve dans l’impuissance de donner une solution à cette crise. Parce que cette crise ne peut trouver une solution parlementaire, étant donné que dans cette lutte c’est le peuple qui décide dans les batailles et les combats ouverts et en dehors du faux-parlement.

Sous la pression américaine le fabricant Sophoulis-Tsaldaris a essayé de se maintenir au pouvoir. Mais il s’est avéré incapable de faire face soit à un seul des problèmes qui ébranlent la réaction et son régime.

Maintenant Grady, en rentrant des États-Unis, a cuisiné de nouveau, en commun avec Noel Baker, un gouvernement « d’unité nationale ». Un gouvernement Sophoulis-Diomidis a été formulé avec la participation des quatre partis et avec Pagos comme général en chef.

Ce nouveau fabricant américano-anglais se trouve dès le premier jour devant des difficultés politiques, économiques et militaires insurmontables et sa banqueroute est inévitable.

Il en résulte que les milieux politiques et militaires les plus réactionnaires, encouragés par certains milieux américano-anglais, s’orientent toujours plus ouvertement vers une dictature militaire, ayant comme premier candidat-dictateur dé la liste Papagos, courtisan de la cour royale et banqueroutier de la guerre gréco-italienne, nouvellement nommé général en chef.

C’est là que la réaction croit pouvoir trouver une planche de salut, une possibilité dé relever le moral abattu dans ses rangs et mettre un frein à la vague populaire qui monte chaque jour et dont la revendication immédiate sont l’entente, la tranquillité et la paix, sans l’intervention impérialiste américaine qui tient la Grèce plongée dans le sang.

Mais l’instauration d’une dictature ouverte, sans pouvoir changer quoi que ce soit, surtout à la situation militaire, accentuera le rythme de la décomposition dans le camp ennemi et de la différenciation parmi les larges couches.

4. Le monarcho-fascisme entre en l’année 1949 en se débattant dans sa crise multiple — économique, militaire, politique et morale — crise qui se manifesté aujourd’hui avec plus d’intensité et d’acuité que jamais auparavant.

Jamais la réaction monarcho- fasciste, ploutocrate de notre pays n’avait été aussi isolée du peuplé qu’elle l’est aujourd’hui.

Plus que toute autre fois, le monarcho-fascisme se maintient aujourd’hui seulement grâce à l’aide multiforme et à l’appui que lui tendent les impérialistes américains et anglais. Grammos, Vitsi, le Péloponnèse, la Thessalie, les coups portés dans les villes ont engendrés en 1948 un fait nouveau pour le monarcho-fascisme : c’est la crise morale-politique dans ses rangs, l’abaissement du moral des soldats et des gardes-nationaux.

C’est l’ébranlement de leur conviction qu’ils pourront en finir par la force des armes et la certitude acquise au prix de beaucoup de sang qu’ils ne peuvent pas vaincre la D.S.E., que le sang coule en vain et seulement parce que les ploutocrates américains et indigènes le demandent, que la paix viendra seulement par la fraternisation et l’entente démocratique honorable avec la D.S.E., par la « plume » comme le disent les soldats et les gardes nationaux.

Ce fait nouveau créé par la résistance et les victoires de la D.S.E. constitue un des facteurs les plus décisifs de la victoire pour l’année 1949, pourvu que nous appliquions intégralement notre politique de réconciliation populaire, l’entente démocratique honorable et de fraternisation avec les soldats, les gardes nationaux et les officiers honnêtes.

Il. LE CAMP POPULAIRE-DÉMOCRATIQUE ET LA D.S.E.

5. En 1948, notre mouvement populaire démocratique, tout en faisant face à des difficultés énormes, présente un développement constant. Le G. D. P. avance dans son oeuvre avec des résultats positifs. Nos institutions populaires s’enracinent et conquièrent le peuple, exercent aussi leur influence sur les masses populaires des régions occupées.

Le peuple se rend compte et se persuade que le G. D. P. et notre régime populaire-démocratique, malgré nos fautes et plusieurs manifestations négatives, constituent une base pour sortir du chaos créé et alimenté par l’occupation étrangère et le monarcho-fascisme, pour que la Grèce puisse parvenir à la lumière de renaissance démocratique en acquérant la liberté, l’indépendance, la paix et une vie nouvelle.

Nous avons passé une année difficile, mais la formation du G. D. P. et son oeuvre ont été un facteur de stabilisation de notre mouvement. Notre influence a grandi à l’étranger. Nos amis sont devenus plus nombreux.

Nous trouvons un appui multilatéral auprès des démocraties populaires et sans cet appui, nous ne serions pas là où nous en sommes aujourd’hui.

Nous devons particulièrement souligner l’appui unanime que le G. D. P. et la D.S.E. ont trouvé auprès de la population macédonienne et grecque à Vitsi, ainsi que le développement de notre régime dans le Péloponnèse où fut créée la région libre la plus vaste jusqu’à ce jour.

L’arrivée en Grèce Libre du B. P. du C. C. du Parti Agraire de Grèce est une aide considérable pour le développement et la stabilisation ultérieurs du mouvement, et couronne la contribution immense et inestimable que la paysannerie offre à notre révolution populaire, par ses luttes et ses sacrifices, par sa participation en masse à la D.S.E.

Nous devons protéger comme la pupille de nos yeux la liaison étroite et indissoluble avec le peuple, car c’est là que se trouve la garantie pour la victoire.

6. En 1948, la D.S.E. a grandi, elle a atteint la maturité et a pu, fondamentalement, mener à bout. d’une manière juste, son effort de faire échouer les plans de l’ennemi.

En luttant contre les traditions et les survivances de la lutte des partisans et en neutralisant les conceptions opportunistes qui affirment qu’une armée populaire révolutionnaire régulière n’a pas sa place en Grèce et que nous devons nous borner à des détachements de partisans jusqu’à ce que la situation internationale devienne favorable à notre égard, la D.S.E. dans la guerre, à Grammos-Vitedi dans tout-le pays, est en voie de devenir d’une façon ferme une armée populaire révolutionnaire, une armée libérant le pays de l’occupation impérialiste étrangère et du joug ploutocratique monarcho-fasciste.

L’objectif stratégique fondamental de la D.S.E. en 1948 était d’user et d’épuiser l’armée monarcho-fasciste et sa campagne pour passer ensuite à la contre-offensive afin de repousser l’ennemi et le chasser d’une région importante du pays.

La D.S.E. réussit à faire échouer tous les plans de l’ennemi, mais elle n’a pas pu réaliser dans son ensemble son propre objectif stratégique, parce que notre Parti n’a pas pu concentrer les réserves indispensables prévues dans notre plan stratégique.

Objectivement, toutes les possibilités pour concentrer les réserves indispensables existaient, car plusieurs dizaines de milliers de patriotes grecs dans les villes et les régions occupées sont avec nous et désirent s’engager dans la D.S.E. mais par suite de notre faiblesse et de notre incapacité, nous n’avons pas réussi à surmonter les obstacles que l’ennemi a créés dans ce sens par les déportations, le blocus des villes, la terreur, et à recruter de nouvelles dizaines de milliers de combattants pour la D.S.E.

C’est là seulement, et exclusivement là, que se trouve la raison qui a fait que nous n’avons pas pu rassembler les réserves indispensables et atteindre complètement cotre objectif stratégique fondamental en 1948.

Mais malgré ce retard sérieux dans la réalisation totale de sa ligne stratégique, la D.S.E. a fermement progressé vers la réalisation de ses buts objectifs.

L’héroïque épopée de Smolikas-Grammos et ensuite la bataille victorieuse de Vitsi ainsi que l’activité de notre VIIIème division en Épire ont cloué sur place et usé pendant six, mois entier les principales unités de choc de l’ennemi et ont donné ainsi aux unités de la D.S.E., dans tout le pays et en premier lieu en Thessalie, au Péloponnèse et en Macédoine Centrale, la possibilité de passer à la contre offensive, de porter des coups sérieux, d’user, de désagréger les forces considérables de l’adversaire, de le serrer, de lui saper encore davantage son moral, de consolider et d’élargir les régions libres, particulièrement dans le Péloponnèse.

En 1948, la D.S.E. a victorieusement affronté la campagne de l’ennemi que nous avons forcé à la mener là où nous le voulions.

Elle l’ a usé moralement et matériellement d’une manière efficace. Elle est devenue plus forte, ses cadres et ses combattants sont devenus plus expérimentés en l’art de guerre.

Elle détient partout l’initiative. Elle a fait avancer ses positions et se trouve prête pour de nouvelles batailles et victoires. Aujourd’hui, la D.S.E. attaque et s’empare, des villes occupées par l’ennemi, comme ce fut le cas de Karditsa, Haoussa, Karpenissi.

7. En 1948, on remarque le commencement d’un changement de la situation dans les villes. La politique américaine et monarcho-fasciste, qui rejette sur le peuple travailleur tout le fardeau économique et tout le sang de la guerre, renforce toujours davantage la résistance populaire dans les villes.

Et cette résistance ne peut être étouffée, ni par la terreur meurtrière, ni par les trahisons des réformistes-fascistes au sein des syndicats, ni par les impostures et la démagogie de la propagande menée par les américains, les anglais et les monarcho-fascistes.

Les masses laborieuses luttent. Le nombre des grèves se multiplie parmi les ouvriers, les fonctionnaires, les employés des banques et des entreprises privées, les boutiquiers.

Les coups armés deviennent plus forts à Salonique, Volos, Athènes et dans les autres villes.

La transformation de la paysannerie en une masse de réfugiés, mesure appliquée par la réaction sur une très grande échelle dans le but de nous isoler des masses paysannes se tourne aujourd’hui contre elle.

Car les masses paysannes amassées dans les villes vivent dans la misère, affamées et sans abri et deviennent un élément de mécontentement et d’effervescence.

Elles se rendent, de plus en plus clairement, compte que leur retour dans leurs village à et dans leurs foyers ne sera réalisé que si elles luttent aux côtés de la D.S.E.

Les échecs militaires continus des monarcho-fascistes, la crise profonde dans tous les domaines que traverse la réaction et l’américanocratie, ensemble avec la faim et la pauvreté inimaginables qu’elles entraînent, ainsi qu’avec les coups et les victoires de la D.S.E. désagrègent encore plus les lignes et le moral de l’adversaire, éliminent lentement mais fermement les hésitations, les indécisions. et l’attentisme, mettent en mouvement les masses qui veulent sortir de cette situation tragique et luttent pour leur pain, pour leur tranquillité, pour la liberté et la paix.

Les réserves du mouvement démocratique populaire dans les villes s’accroissent et elles doivent aligner le front de lutte de tout le peuple pour une vie supportable, pour l’indépendance et la paix par une solution démocratique honorable.

Là se trouve l’un des facteurs décisifs de la victoire.

8. En 1948, le Parti Communiste de Grèce (KKE) s’est fermement maintenu à son poste, en tant que dirigeant et organisateur de la lutte populaire dans tous les domaines, dans toutes les régions du pays.

Les communistes, hommes et femmes, en luttant avec le peuple à la tête de la D.S.E, ont toujours été les premiers à l’honneur, les premiers à la guerre, les premiers au sacrifice.

Quatre membres du C. C. du KKE les camarades Arabadzis, Vassiliadis, Mouzénidis et Tsitilos, ont donné leur vie dans les premières lignes de la lutte pour la liberté du peuple et pour l’indépendance de la Grèce.

En 1948, l’opportunisme a été l’ennemi et le danger fondamental dans les rangs du KKE.

A coté des théories de droite et opportunistes qui assurent que le monarcho-fascisme « a réussi à par-venir à un état de stabilisation politique et militaire relative », et que, par conséquent, notre lutte n’a pas de perspectives et que nous devons nous borner à une activité partisane jusqu’au moment où nous serons sauvés par « une aide année de l’étranger », théories qui font preuve d’abattement devant les difficultés et de capitulation devant l’ennemi, nous avons, de la part de quelques cadres supérieurs du Parti, des manifestations d’opportunisme dans l’action, des manifestations de fléchissement et de découragement devant les problèmes de la lutte armée.

Nous avons aussi constaté de la part d’autres cadres supérieurs, des efforts pour surmonter les difficultés par des méthodes arbitraires, par un caporalisme, chose qui nous place en opposition avec le peuple et qui devient un élément réduisant les efforts combatifs et le rendement de la D.S.E.

Simultanément, chez l’ancienne direction de l’organisation communiste de la ville d’Athènes et quelques membres de l’échelon du B. P. du C. C. du KKE, l’esprit de battre en retraite devant les difficultés et de nous soumettre à l’ennemi, a pris le dessus.

Toutes ces manifestations opportunistes montrent un manque de foi en la force du peuple et la justesse de sa cause, un manque de foi en la victoire.

Ces cadres dirigeants ont été influencés et se sont rendus à des influences étrangères petites-bourgeoises et réactionnaires, qui transplantent dans le Parti l’idéologie de la soumission à l’ennemi et mènent directement à la trahison. Le Parti a résolument combattu l’opportunisme capitulard en ses rangs. La lutte exterminatrice sans aucun compromis, contre les manifestations opportunistes prises de panique constitue un facteur décisif pour la victoire.

Le 4ème Plénum avait indiqué que la liaison étroite avec la base, la liquidation de l’éloignement de la base sont un facteur décisif et constant pour que nos cadres, qui ont fait fausse route retrouvent le juste chemin.

9. Le KKE, pour surmonter effectivement les manifestations opportunistes dans ses rangs, doit épurer son héritage idéologique de tout reste opportuniste.

Le KKE du temps de sa lutte contre les liquidateurs et le trotskisme eut à faire face à des théories opportunistes qui prétendaient que la révolution populaire en Grèce ne peut vaincre toute seule, sans avoir vaincu dans d’autres pays, sans une aide immédiate des autres Etats de dehors.

Cette théorie s’est consolidée en pratique dans la politique du Parti au temps de l’occupation hitlérienne, ainsi qu’au moment de l’intervention armée anglaise, en décembre 1944. Pendant l’occupation, le KKE perdait, au point de vue organisation, sa structure d’organisation nettement léniniste-staliniste et allait se dissoudre dans la large masse.

Politiquement, il perdait son orientation et sa perspective marxiste-léniniste bien claire, dans la lutte générale antifasciste, à l’échelle locale et internationale.

Il en résulta que le KKE n’a pas eu, aux moments critiques et décisifs, une perspective et une ligne politique marxiste-léniniste claire ; il n’a pas eu l’unité monolithique de politique et d’organisation indispensable à l’action.

Le résultat fut que la direction du KKE ne croyait pas que la Grèce pourrait, à la suite de la 2e guerre mondiale et de la lutte héroïque de son peuple, obtenir sa libération populaire-démocratique sans une aide militaire directe de l’extérieur surtout contre l’intervention étrangère impérialiste armée.

Ainsi, pas même I’ELAS n’a été organisé comme une armée populaire révolutionnaire qui pourrait, dans les conditions extrêmement favorables, créées, tant par la 2e guerre mondiale, par la victoire triomphale de l’U. R. S. S., que par la victoire de la démocratie populaire dans tous les pays voisins du nord, mener à bonne fin, même sans une aide étatique armée de l’étranger, la libération populaire démocratique du pays contre la réaction locale et les conquérants impérialistes étrangers.

Le résultat final c’est que nous avons gagné la bataille contre les allemands, mais nous l’avons perdue contre les anglais. La Grèce est restée asservie.

Et le peuple a été obligé de reprendre sa lutte armée pour l’indépendance et la démocratie populaire, avec la D.S.E. comme détachement armé de combat, lorsque l’occupation anglaise et le monarcho-fascisme lui rendirent la vie impossible.

Pour mener à une fin victorieuse la lutte armée actuelle du peuple, nous devons épurer cet héritage opportuniste du passé, héritage duquel puise des armes idéologiques l’opportunisme capitulard, qui maintenant relève la tête et proclame que notre lutte armée actuelle est condamnée, que nous ne pouvons pas former une armée populaire révolutionnaire régulière capable de libérer la Grèce et que nous devons nous borner à de petites attaques partisanes en attendant la libération par l’aide étatique armée de l’étranger.

Le KKE, et en particulier ses cadres dirigeants, doivent voir ouvertement leurs fautes opportunistes du passé.

Ils doivent voir que la bataille de décembre 1944 contre l’intervention armée anglaise a été perdue non pas à cause des obstacles objectifs insurmontables, mais à cause de nos propres fautes, à cause de notre politique erronée.

Quiconque soutient qu’en décembre 1944 nous ne pouvions pas vaincre les anglais, accède à la théorie opportuniste qui prétend que maintenant aussi nous ne pouvons pas vaincre l’intervention étrangère et le monarcho-fascisme, ne croit pas, au fond, en la force du peuple et ne voit pas que la D.S.E., malgré les difficultés énormes, avance fermement vers la victoire.

Le KKE ne pourra pas assurer l’unité monolithique marxiste-léniniste de son organisation et de sa politique, extirper les manifestations actuelles d’opportunisme dans ses rangs — manifestations qui mènent à la capitulation devant l’ennemi et à la trahison envers le peuple — et conquérir la victoire, la libération de la Grèce, sans un épurement décisif et conséquent de cet héritage opportuniste, sans une critique ouverte de ses fautes, sans une auto-critique léniniste-stalinienne.

Les communistes doivent comprendre que la particularité de la lutte actuelle, en comparaison avec la lutte contre le conquérant hitléro-fasciste consiste en ce que la mission de l’E.L.A.S., pendant la guerre anti-fasciste générale et pendant et avant l’intervention armée anglaise, était plus que secondaire, parce que la victoire contre le fascisme aurait été, en premier lieu, le résultat de son écrasement en Union Soviétique et par l’Armée Soviétique, tandis qu’aujourd’hui malgré l’aide multilatérale morale et matérielle nous donne l’humanité démocratique, l’écrasement armée du monarcho-fascisine et de ses soutiens et la libération de la Grèce qui en résultera ne peuvent être que l’oeuvre de la D.S.E.

Cette mission, la D.S.E. ne l’accomplira complètement que lorsqu’elle se sera constituée en une forte armée populaire-révolutionnaire régulière.

Sans cela, il n’y a pas de victoire, comme il n’y en a pas eu en décembre 1944 pour l’E.L.A.S. lorsque nous avons affronté seuls, la nouvelle situation, l’intervention armée anglaise, parce qu’elle n’avait pas été préparée au point de vue politique, organisation, et militaire guerrier pour une telle mission, pour une telle guerre.

L’oeuvre d’organisation de la D.S.E. en une forte armée populaire-révolutionnaire régulière est une tâche fondamentale du KKE.

Ce sont les communistes, organisateurs et dirigeants du peuple, avec tous les partis démocratiques du pays, les communistes qui, à Smolikas Grammos, dans tout le pays et maintenant au Péloponèse, à Naoussa, Karpenissi ont donné et donnent des exemples incomparables d’abnégation et d’héroïsme supérieur, d’art militaire et d’aptitude guerrière, ce sont les communistes qui, avec tous les autres compagnons de lutte démocrates, vont réaliser et compléter cette tâche et gagner la victoire quels que soient les sacrifices qu’ils seront appelés à faire.

10. Le triste héritage de la période d’occupation hitléro-fasciste, les manifestations opportunistes actuelles dans nos rangs, et la pression idéologique que le monarcho-fascisme et l’occupation américano-anglaise exercent sur notre mouvement, en se servant de l’épouvantail du danger slave, la soi-disant invincibilité de l’impérialisme américain, etc... nous obligent à lever encore plus haut l’étendard de la lutte idéologique pour la pureté de la ligne politique, pour la défense et l’application conséquente et intégrale, dans la vie, de la théorie marxiste-léniniste, stalinienne, pour la création, la conquête, l’assimilation et l’application créatrice et féconde de cette théorie dans nos propres conditions concrètes.

L’équipement théorique et la synchronisation des membres du Parti, constituent une tâche immédiate, importante et continuelle.

Chaque communiste et surtout chaque militant du parti doit sentir profondément le danger qui nous- menace par suite du niveau idéologique peu élevé des membres du Parti.

Dans notre travail politique, la première place doit revenir à l’assimilation de la science de guerre stalinienne ; c’est là, une condition fondamentale pour la juste direction de la lutte armée et pour la victoire finale.

III. - LE MOMENT ACTUEL ET NOS DEVOIRS

11. La situation actuelle en Grèce est caractérisée par un changement considérable du rapport des forces en faveur du camp populaire-démocratique et de la D.S.E. Au commencement de 1948 nous avions un équilibre relatif des forces ; durant 1948, au contraire, la D.S.E. a réduit jusqu’à l’épuisement l’effort de guerre de l’adversaire et a sérieusement affaibli sa force en faisant échouer toutes ses visées stratégiques.

Par suite de ces échecs, le monarcho-fascisme a subi un tel ébranlement moral désagrégeant, que nous pouvons maintenant avoir la perspective, qu’en ce qui concerne le moral de son armée en 1949, il ne sera pas en mesure de nous opposer une armée régulière pareille et égale à celle qu’il avait en 1948 bien qu’au point de vue du matériel et des engins de guerre, les américains l’équiperont mieux et plus abondamment que l’année dernière.

Dans le Pinde Septentrional (Smolikas-Gramirios-Vitsi), le rapport des forces était de 1 contre 10 et au point de vue matériel de guerre de 1 contre 50 en faveur de l’adversaire, pourtant la D.S.E. a vaincu grâce à sa supériorité morale et politique et à la supériorité de sa direction stratégique. Aujourd’hui, le monarcho-fascisme traverse une crise qui embrasse tous les domaines.

La vie a prouvé qu’il ne peut pas vaincre la D.S.E. Le soldat, le garde national, le peuple entier s’en rendent compte. La conviction devient chaque jour plus profonde en eux que la paix et la tranquillité ne peuvent être rétablies que par une solution démocratique honorable, sans les impérialistes étrangers et que la D.S.E. est le porteur de cette paix.

C’est ainsi que nous nous sommes rapprochés encore plus du tournant décisif de notre évolution intérieure, tournant que seule la lutte victorieuse de la D.S.E. peut nous apporter parce que cette lutte seule, peut obliger le monarcho-fascisme à se soumettre, à accepter la solution démocratique honorable, l’unique solution répondant aux intérêts du peuple et de la Grèce.

Les batailles et les combats au cours de 1948. ont prouvé que seule la D.S.E. peut vaincre ; que la Grèce ne peut jouir de la paix et de la tranquillité qu’avec la victoire de la politique du G. D. P. et de la D.S.E..

Les intérêts suprêmes et vitaux du pays et du peuple nous imposent d’arriver aussi vite que possible à cette victoire. Voilà pourquoi nous devons immédiatement et durant toute l’année 1949 concentrer toute notre attention dans le but de gagner le tournant décisif. Tout doit être soumis à ce but principal.

12. Dans le domaine du développement et de l’amélioration de la D.S.E. se posent devant nous les devoirs suivants :

a) Assurer dans chaque région, Division et Quartier Général les réserves prévues dans notre plan. tout retard dans la réalisation de ce devoir aura les mêmes conséquences qu’en 1948. La valeur de chaque dirigeant militaire et politique, la valeur de chaque cadre sera estimée à la façon dont il répondra .à cette tâche principale.

b) Nous devons sans cesse élever le niveau moral et politique de la D.S.E., en resserrant continuellement ses liens avec le peuple et en extirpant tout abus à ses dépens.

Nous devons combattre sans pitié tout acte de pillage qui déshonore le combattant qui s’y livre. Nous devons combattre toute tendance à mettre sur un même pied d’égalité les grands industriels et les artisans boutiquiers, quand nous procédons à des réquisitions dans les villes.

En aucun cas, il n’est permis de toucher aux biens de l’artisan et du boutiquier. De ces couches populaires, nous ne devons percevoir que la contribution nationale due. Dans les villes, nous devons éviter les destructions inutiles.

Ces devoirs incombent surtout aux commissaires politiques. L’institution des commissaires politiques a réussi, elle a été justifiée par la pratique et nous devons la consolider davantage.

c) Amélioration politique et militaire continue, systématique et persévérante de nos cadres. Acquisition de la science de guerre stalinienne. Synchronisation politique continuelle, orientation stratégique toujours juste de toute notre armée, des chefs des cadres, des combattants, hommes et femmes.

Amélioration décisive dans le domaine de la tactique où nous avons aujourd’hui nos faiblesses principales, comme nous l’avons vu aux opérations d’Edessa. Sofades, Hikovik.

Nous devons apprendre à assurer, là où nous en avons chaque fois besoin, la supériorité indispensable des forces et la concentration de l’armement et des munitions nécessaires pour atteindre nos objectifs.

Nous devons apprendre à nous emparer des places fortes de l’ennemi. Nous devons apprendre non seulement à prendre des villes mais aussi à les garder entre nos mains.

Les batailles de Naoussa et de Karpenissi ont montré clairement que ces buts sont réalisables pourvu que nous arrivions à surmonter décisivement les faiblesses que nous avons présentées au cours des batailles à Ardéa, Sofades, Edessa au point de vue organisation et conduite des opérations.

d) Assurer à la D.S.E. tout l’équipement nécessaire, son approvisionnement en tout article et matériel. Lui assurer la force de feu nécessaire.

e) Consolider la discipline. Assurer l’exécution absolue des ordres reçus. Empêcher toutes sortes d’actes arbitraires et violents des supérieurs envers les subordonnés. Consolider et développer la vie démocratique dans les rangs de la D.S.E. sur la base des assemblées démocratiques, où chaque combattant, homme et femme, pourra déployer la plus grande initiative pour le bien de la D.S.E., critiquer et corriger tout ce qui entrave son amélioration et son développement.

f) Préparer de tous points de vue, idéologique et organisation technique, les combattants et les cadres pour qu’ils deviennent capables d’effectuer les manoeuvres les plus difficiles et porter des coups décisifs contre les objectifs ennemis fixés chaque fois par le Quartier Général de la D.S.E.

13. En ce qui concerne l’effort militaire et guerrier, les tâches suivantes s’imposent :

a) Par des coups immédiats et incessants à travers tout le pays empêcher et paralyser au plus haut point les préparatifs de l’ennemi pour l’année 1949.

b) Consolider et étendre les régions libres au nord- ouest de la Grèce en occupant aussi des centres urbains.

c) La Théssalie et la Roumélie ont la mission d’obliger l’ennemi par leur activité militaire résolue, à mener sa campagne de 1949 sur leur territoire et lie l’épuiser autant que possible. Créer sur leur territoire une vaste région libre, tout autour du corps du Pinde Central.

d) Le Péloponèse doit briser la campagne de l’ennemi et développer ses forces et ses coups de façon à créer un véritable second front dans le dos de l’ennemi, un front qui renversera ses plans stratégiques et embrouillera sa perspective stratégique.

e) La VIème et la V IIème divisions ont comme mission principale de renforcer continuellement leurs coups contre l’ennemi, en augmentant progressive-ment et incessamment la pression contre la ville de Salonique. Cette activité planifiée et simultanée de la D.S.E. à travers tout le pays doit avoir comme résultat de gagner - nous - en 1949 le tournant de notre évolution interne.

14. En 1948, après dé nombreux échecs et fautes nous avons atteint le début d’une amélioration du travail militaire de guerre des détachements de la D.S.E. dans les villes et en premier lieu à. Salonique, Volos, Florina, Kosani. L’extension de l’institution des commissaires politiques dans les villes y a beaucoup aidé.

Nous devons insister résolument et absolument sur ce domaine. Dans les villes, nous devons en même temps faire un tournant décisif en ce qui concerne notre travail parmi le peuple dans toutes les organisations de masse. En partant des questions de moindre importance et des formes de lutte les plus simples nous devons faire participer les masses les plus larges, et les couches moyennes à la lutte pour le pain, les salaires, à la lutte contre la vie chère, contre les impôts.

En développant incessamment cette lutte de masses et en la combinant avec la lutte armée dans les villes et à l’arrière de l’ennemi, sur tous ses points sensibles et névralgiques nous devons développer ce front de lutte pour qu’il devienne un troisième front de guerre, un facteur décisif d’affaiblissement et de dislocation de l’ennemi, un facteur de la victoire.

L’application de l’institution des commissaires politiques dans la campagne occupée par l’ennemi a donné des résultats positifs et nous devons l’étendre, la renforcer, la développer davantage.

15. Dans le domaine politique et de propagande politique de masse nous devons porter une grande attention à ce qui suit :

a) Nous devons incessamment suivre de près le fonctionnement et le travail du gouvernement, compléter l’oeuvre gouvernementale, assurer l’application réelle dans la pratique des mesures et des résolutions prises par le gouvernement. Il est nécessaire de resserrer continuellement les liens entre le gouvernement et la base, le peuple. Notre régime populaire-démocratique doit prouver dans la pratique et l’action sa différence profonde avec l’esclavage monarcho-fasciste.

Le pouvoir populaire à la base, dans toutes ses manifestations doit être par le peuple lui-même et être l’expression de ses désirs. Nous tenons là une de nos armes les plus solides et nous devons faire valoir celle-ci à sa juste valeur.

La légalité populaire démocratique comme elle est exprimée par les lois du G. D. P. et les résolutions des organes du pouvoir populaire, doit être imposée et consolidée.

Nous y parviendrons en combattant résolument toute infraction à la loi et tout acte arbitraire quelles que soient leurs origines

b) En Grèce du Nord, le peuple macédonien (slavo-macédonien) a tout donné dans la lutte et combat avec un héroïsme total et une abnégation digne d’admiration. Il ne doit y avoir aucun doute quant au fait qu’après la victoire de la D.S.E. et de la révolution populaire, le peuple macédonien arrivera à son rétablissement national complet de la façon dont il le, désire lui-même, en donnant aujourd’hui son sang pour l’acquérir.

Les communistes macédoniens sont toujours à la tête de la lutte de leur peuple. Les communistes macédoniens doivent en même temps faire attention aux activités scissionnistes et liquidatrices, à l’instigation étrangère, que développent des éléments réactionnaires chauvinistes pour provoquer une scission de l’unité existant entre le peuple macédonien (slavo-macédonien) et le peuple grec, scission qui ne serait profitable qu’à l’ennemi commun, le monarcho-fascisme et l’impérialisme américano-anglais.

Le KKE, en même temps, doit radicalement écarter tous les obstacles, combattre toutes les manifestations chauvinistes pour une « grande Grèce » et les actes qui provoquent le mécontentement et la contrariété parmi le peuple macédonien et de la sorte aident l’activité traîtresse des scissionnistes renforcent l’oeuvre de la réaction. Les peuples slavo-macédonien et grec ne peuvent vaincre que s’ils sont unis.

Désunis, ils ne peuvent qu’essuyer des défaites. Voilà pourquoi l’unité des deux peuples doit être conservée avec autant de soin que la pupille de nos yeux, elle doit se renforcer et se fortifier chaque jour.

c) Nous devons, avec encore plus de persévérance et de conséquence développer le travail d’éclaircissement (agit-prop) dans l’armée monarcho-fasciste, Parmi les soldats, les gardes nationaux, les déportés de Makronissos, les officiers honnêtes. Nous devons éliminer toute survivance de cet esprit qui voit le soldat et le garde national comme membres des bataillons de sûreté (Rouradas).

Les soldats, les gardes nationaux et les officiers honnêtes doivent être persuadés par la vie, par nos actes, que nous les considérons comme nos frères, que nos intérêts sont les mêmes et que nous n’atteindrons que par des efforts communs, par des luttes communes, par la fraternisation le but commun : la paix, la démobilisation, la vie, le développement libre, sans impérialistes étrangers et sans parasites ploutocratiques.

Lorsque tous nos combattants — hommes et femmes tous nos cadres appliqueront cette ligne d’une façon juste et conséquente, nous nous assurerons un résultat décisif.

Nous devons tous croire en cela. Dans notre travail au sein de l’armée monarcho-fasciste nous devons aller plus loin en formant des organisations démocratiques dans ses rangs.

L’initiative pour la formation de ces organisations revient en premier lieu au soldats démocrates se trouvant dans l’armée monarcho-fasciste et, de notre côté, nous devons leur accorder toute aide et tout renfort. Mais nous devons de dehors aussi tâcher de former de telles organisations.

d) En 1948, nous avons une amélioration sérieuse dans notre travail parmi les femmes. La femme est devenue un élément constitutif fondamental et un facteur précieux dans la vie et l’activité de la D.S.E. Des milliers de femmes combattent aux côtés des hommes, aussi bien qu’eux et plusieurs fois mieux qu’eux.

La femme, dans la D.S.E. doit être entourée de l’affection, de l’estime et du respect indispensable qu’elle a d’ailleurs conquis avec sa lutte et sou sang ; nous devons la faire avancer conformément à ses aptitudes.

Nous devons aider l’Union Démocratique des Femmes de Grèce dans le travail important qu’elle accomplit et mobiliser toutes les réserves dont dispose le mouvement féminin dans notre lutte et pour la D.S.E. au sein de laquelle la femme combattante est devenue un facteur de force, d’émulation et de développement indispensable aujourd’hui à notre armée.

e) Contrairement à ce qui se passe au point de vue de notre travail parmi les femmes, nous avons un retard inadmissible dans l’Organisation Démocratique des Jeunes. Ici encore, nous devons dans le délai le plus court améliorer radicalement la situation en reconstituant l’EPON (Organisation Unifiée des Jeunes de Grèce), en donnant à la jeunesse et à ses organisations, dans toutes les manifestations de la vie politique, militaire, culturelle et d’état, la place qu’elle conquiert si vaillamment l’arme en main.

f) Dans le domaine de l’agit-prop, malgré l’amélioration obtenue, nous devons fournir un effort continuel pour maintenir ce travail A la hauteur des grandes exigences de notre lutte.

16. Voici les tâches fondamentales qui se posent aujourd’hui à notre mouvement.

Le KKE, fidèle à la ligne de l’E. A. M., en assumant la principale responsabilité et la charge la plus importante de notre lutte, doit, en collaboration étroite et fraternelle avec les autres organisations démocratiques populaires, et avant tout avec le Parti Agraire de Grèce, le N. O. F. (Organisation Nationale des Slavo-macédoniens), ainsi que les organisations appartenant à I’E. A. M., par une amélioration incessante de son travail et de sa vie interne et par le développement continuel de ses lignes, surtout avec les meilleurs combattants — hommes et femmes — intensifier à l’extrême tous ses efforts pour répondre dignement aux aspirations du peuple et aux grandes exigences de la lutte.

Les communistes, dans n’importe quelles conditions feront toujours intégralement leur devoir envers le peuple et la Patrie.

17. La révolution populaire en Grèce poursuit fermement son chemin difficile mais victorieux. Le monarcho-fascisme ne pourrait jamais se maintenir à lui tout seul.

Les difficultés de notre mouvement sont dues à l’intervention armée américano-anglaise. Les impérialistes étrangers, après avoir essuyé un échec avec la commission pseudo-balkanique et à l’Assemblée générale de l’O. N. U., où ils furent démasqués catégoriquement et attaqués surtout par la délégation de l’Union Soviétique, concentrent à présent de nouveau leur attention à l’intervention ouverte dans notre pays.

Des généraux de l’état-major américain et anglais, les Driper, Marshall, Noel, Baiker, Harriman pratiquent leur intervention impérialiste dans notre pays.

Des aviateurs américains prennent part à la lutte en assassinant des femmes et des enfants. Les impérialistes étrangers veulent à présent provoquer également une intervention turque armée dans nos affaires intérieures.

Grady et Norton ont fabriqué un gouvernement d’unité monarcho-fasciste et préparent une dictature militaire, croyant qu’elle pourra cacher la banqueroute parlementaire monarcho-fasciste et mieux les servir.

Dernièrement, la politique anglaise essaie de renforcer de nouveau ses positions ébranlées dans la Méditerranée, et intensifie son activité dans notre pays également. Les monarcho-fascistes font toujours plus désespérément appel à l’intervention militaire américaine dans notre pays, comme la seule planche de salut.

L’ambassadeur des États-Unis à Athènes, Grady, avec les chefs des missions militaires américaine et anglaise a été nommé membre permanent du conseil de guerre suprême monarcho-fasciste.

A Karpcnissi, nous avons abattu un avion qui était piloté par le lieutenant Colonel américain Sendel-Edner ; c’est une preuve qu’en Grèce, il y a déjà une intervention armée américaine, que dans notre pays, l’impérialisme américain a déjà commencé sa nouvelle guerre.

Tout ceci crée des difficultés supplémentaires à notre pays et à notre mouvement.

Mais le peuple se persuade chaque jour davantage, par sa propre expérience, que la Grèce ne pourra pas trouver de tranquillité et revoir la paix, s’adonner au travail créateur et à la reconstruction, si elle ne se délivre pas définitivement et complètement de toute intervention impérialiste dans nos affaires intérieures.

Toutes les forces démocratiques du monde sont à nos côtés et condamnent l’intervention étrangère dans notre pays ; leur solidarité pèse d’une façon décisive sur la balance et constitue une source intarissable d’aide morale et matérielle et de renfort pour notre lutte.

Dans la confrontation mondiale de la démocratie et de l’impérialisme, la Grèce de la Démocratie Populaire se tient ferme et inébranlable dans les premières lignes de la lutte pour le progrès, la paix, et le socialisme.

La Grèce ne deviendra jamais un bastion impérialiste militaire et guerrier contre l’Union Soviétique et la démocratie populaire dans les balkans et dans toute l’Europe.

Le KKE, fidèle à l’internationalisme prolétarien et à la théorie de Marx-Engels-Lénine-Staline, tient haut le drapeau de la démocratie populaire, de la paix, du socialisme et il accomplira jusqu’au bout soli devoir révolutionnaire.

Aujourd’hui, 25 ans après la mort, de Lénine, le KKE avance fermement sur le chemin du léninisme, en exterminant sans pitié toute capitulation opportuniste, toute tendance liquidatrice dans ses rangs, comme nous l’enseignent nos grands maîtres Lénine et Staline.

Le KKE offre lui aussi sa contribution au mouvement communiste international, en luttant pour assurer la victoire de la démocratie populaire en Grèce. Les plans du monarcho-fascisme et les visées impérialistes des américains et des anglais vont s’effondrer parce que telle est la volonté du peuple. Jusqu’à l’écrasement de l’ennemi, jusqu’à la victoire de la Démocratie Populaire, nos clairons continueront à sonner l’appel à tout le peuple :

TOUS AUX ARMES !

TOUT POUR LA VICTOIRE !

mercredi 15 mars 2017


Le KKE et la démocratie populaire