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La vie, la matière, l’Univers - 4e partie : Konstantin Tsiolkovsky, de la Biosphère à la Voie Lactée

Si Vernadsky est correct en disant que nous humains sommes « les enfants du soleil », alors nous devons réfléchir quant à la nature de l’humanité sur la planète Terre. Si nous pensons au sujet de la matière comme vie – comme les humains le sont – à quel niveau devrait-on comprendre ce processus ? Au niveau de la Terre ? A celui du système solaire ? De la Voie Lactée ? Ou de l’univers lui-même ?

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Pour résoudre cette difficile question, nous avons une figure historique qui a suivi la même voie que Vernadsky en Russie : un scientifique qui a salué la révolution d’Octobre 1917 et est devenu une partie de l’URSS, en tant que grand scientifique.

Konstantin Tsiolkovsky (1857-1935) est le fondateur de la cosmonautique (équivalent de l’astronautique mais en version soviétique) ; il est celui qui a expliqué en premier les principes de la fusée spatiale.

Dans « L’espace libre » (1883), il avait déjà formulé le principe d’un vaisseau spatial dans un champ de gravité zéro, dans « L’enquête de l’espace au moyen de dispositifs réactifs » (1903), publié dans « La revue scientifique » n°5, imprimée à Saint-Pétersbourg, il a théorisé le vol spatial et le principe de la fusée pour quitter la Terre (ce qui est connu aujourd’hui comme équation de Tsiolkovski).

En 1926 – en Russie soviétique - il a élaboré le plan pour la colonisation de l’univers en 16 étapes, dans « Plan de l’exploration spatiale » ; les points étaient les suivants :

1) Création d’avions fusées avec des ailes.

2) Augmentation progressive de la vitesse et l’altitude de ces avions.

3) Production de véritables fusées-sans ailes.

4) Capacité d’atterrir sur la surface de la mer.

5) Atteindre la vitesse d’échappée (environ 8 km / seconde), et le premier vol en orbite terrestre.

6) Allongement des durées de vol de la fusée dans l’espace.

7) Utilisation expérimentale de plantes pour former une atmosphère artificielle dans des vaisseaux spatiaux.

8) Utilisation de combinaisons pressurisées pour l’activité à l’extérieur des vaisseaux spatiaux.

9) Faire tourner en orbite des serres pour les plantes.

10) Construire de grands habitats orbitaux autour de la Terre.

11) Utiliser le rayonnement solaire pour produire de la nourriture, pour donner de la chaleur aux quartiers spatiaux, et pour le transport à travers le Système Solaire.

12) Colonisation de la ceinture d’astéroïdes.

13) Colonisation de tout le système solaire et au-delà.

14) Réalisation de la perfection individuelle et sociale.

15) Surpeuplement du système solaire et colonisation de la Voie Lactée (la Galaxie).

16) Le Soleil commence à mourir et les gens qui restent dans la population du système solaire vont à d’autres soleils.

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En 1929, il a expliqué dans « Les trains des fusées spatiales » le principe d’une fusée avec booster (étage et propulseurs d’appoint).

En 1932, il publia « La Philosophie Cosmique », où il explique que tous les êtres vivants étaient à la recherche du « Bonheur Universel. » La souffrance serait abolie avec l’utilisation de l’énergie des étoiles.

Il n’est pas difficile pour nous de voir que c’est le communisme - la vision Konstantin Tsiolkovski est exactement la nôtre.

Et comme nous le voyons, le voyage dans l’espace n’est pas une pensée qui serait « tombée du ciel », ce n’est pas un sous-produit de la technologie. C’est une pensée produite par le communisme.

Konstantin Tsiolkovski croyait que les humains coloniseront la Voie Lactée - comme une expression logique de leur situation sur la Terre, comme un résultat du processus de la matière en mouvement.

Il était un matérialiste, se définissant comme un « citoyen de l’univers » ; comme Vernadsky, il savait que les humains jouaient un rôle important dans le façonnement de la Terre, et de ce fait, il est nécessaire de penser à cela non pas à une petite échelle, mais au niveau de la Voie lactée elle-même :

« Les hommes sont faibles maintenant, et pourtant ils transforment la surface de la Terre. En des millions d’années leur force va augmenter dans la mesure où ils vont changer la surface de la Terre, ses océans, l’atmosphère, et eux-mêmes.

Ils contrôleront le climat et le système solaire tout comme ils contrôlent la Terre. Ils se rendront au-delà des limites de notre système planétaire ; ils vont rejoindre d’autres soleils, et utiliser leur énergie fraîche plutôt que de l’énergie de leur luminaire en train de mourir. »

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Si notre site a comme nom « Voie Lactée », c’est exactement en raison de cette compréhension. Tsiolkovski, en développant le concept de vol spatial, a compris le mouvement de la vie, la matière en mouvement, c’est pourquoi il a expliqué que « La Terre est le berceau de l’esprit, mais nous ne pouvons pas vivre éternellement dans un berceau. »

En 1931, il publia Le monisme de l’Univers, où il expliqua le principe que l’univers est un – ce qui est la thèse de Spinoza et d’Einstein, de tous les matérialistes :

« Nous prêchons le monisme de l’univers, et pas plus. Ce processus entier de la science consiste à cet effort vers le monisme, vers l’unité, vers la source primaire. Le succès de la science est déterminé par le niveau de l’approche à l’unité.

Le monisme de la science vient de la structure de l’univers... Il est impossible de nier l’unité ou la sorte de monotonie dans la structure et la formation de l’univers : l’unité de la matière, de la lumière, de la gravité, de la vie, et ainsi de suite. »

Que veut dire Tsiolkovski avec l’unité de l’univers ? Fondamentalement, que le saut qualitatif nous pousse à l’unité de l’univers, exactement comme Asimov dans ses romans du Cycle de Fondation nous explique que cela va de Gaïa à Galaxia (et puis bien sûr à Universalia).

Voici comment Konstantin Tsiolkovski explique cela, dans le Synopsis de philosophie cosmique :

« Il n’y a pas de substance qui ne peut prendre la forme d’un être vivant. Le plus simple être est l’atome. Donc tout l’univers est vivant et il n’y a rien dedans, mais la vie.

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Mais le niveau de sensibilité est divers et ce sans fin, et dépend de la combinaison à laquelle l’atome fait part (...).

Je ne reconnais rien de ce qui n’est pas matériel. En physique, en chimie et en biologie, je vois la mécanique uniquement. L’univers n’est rien à part un mécanisme infini et complexe. Sa complexité est si grande qu’elle frise le hasard, donnant l’illusion du libre arbitre. »

Ici, nous avons exactement le point de vue du matérialisme dialectique, d’Oparine et Vernadsky sur la vie. Les enseignements de ces grands scientifiques nous montrent comment a été merveilleuse l’URSS sous la direction de Staline.

Et bien sûr, avec le rejet de l’anthropocentrisme, Konstantin Tsiolkovski a expliqué qu’il y avait d’autres civilisations logiquement sur d’autres planètes, parce que des trillions de soleils ont logiquement certaines planètes dans la même situation que la Terre, et ensuite les mêmes aspects chimiques joueraient (encore une fois, ou même différemment dans différentes situations).

« Des millions de milliards de planètes existent depuis longtemps, et donc leurs animaux ont atteint une maturité que nous atteindrons en des millions d’années de notre vie future sur terre. Cette maturité se manifeste par une intelligence parfaite, par une profonde compréhension de la nature, et par la puissance technique qui rend les autres corps célestes accessibles aux habitants du cosmos. »

Konstantin Tsiolkovski a également expliqué pourquoi les civilisations d’autres planètes pourraient choisir de ne pas prendre contact encore - pourquoi devraient-ils vouloir prendre contact avec les humains, qui se tuent les uns les autres et maltraitent les animaux ?

Voici ce qu’il dit, dans Si ces êtres existent ils ont visité la Terre :

« Nous sommes frères, mais nous nous tuons les uns les autres, nous commençons des guerres, et nous traitons les animaux brutalement.

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Comment pourrions-nous traiter des étrangers absolus ? Ne les considérerions-nous pas comme nos rivaux pour la possession de la Terre, et ne serait pas nous ruiner dans cette lutte inégale ?

Ils ne peuvent pas souhaiter ce combat et cette destruction. L’humanité, dans son développement, est aussi loin de plus parfait des êtres célestes que les animaux inférieurs le sont des gens. Nous ne visiterions pas les loups, les serpents ou les gorilles. Nous les tuons. De parfait animaux célestes ne veulent pas nous faire ça. Peut-on vraiment avoir des relations rationnelles avec des chiens et des singes ? De la même manière, les êtres supérieurs ne sont pas pour le moment en mesure de communiquer avec nous. »

Ici nous avons une pensée merveilleuse, ce qui explique avec sa petite erreur pourquoi nous à Voie Lactée nous sommes pour le respect des animaux. Konstantin Tsiolkovski est ici dans une position contradictoire : il explique que l’animal le plus développé ne tue pas, mais il n’arrive pas au point où il devrait dire : nous allons commencer par ne pas tuer les loups, les serpents et les gorilles.

C’est intéressant de voir cela, car cela signifie qu’il comprend les humains comme un sous-produit de la Biosphère -, alors qu’en fait, les humains sont une partie de la Biosphère.

Vernadsky a été très clair ici. Si le penseur catholique Teilhard de Chardin a utilisé le concept de « noosphère » de Vernadski, c’était pour la mettre « sur » de la Biosphère, comme si la pensée humaine était une entité spirituelle au-dessus de la matière.

Selon Vernadski, qui était matérialiste, la « noosphère » - la pensée humaine - était une partie de la Biosphère, ce qui est totalement différent.

Konstantin Tsiolkovski est arrivé ici à un point de vue idéaliste - nous ne pouvons qu’être d’accord avec lui sur la colonisation spatiale, mais il n’a pas compris pas que notre première mission est de protéger la Biosphère.

Ceci est très clair quand il dit :

Konstantin-Tsiolkovsky-3« L’homme doit à tout prix vaincre la gravité de la Terre et avoir, en réserve, l’espace au moins du système solaire. Toutes sortes de dangers l’attendent sur la Terre... Nous parlons d’une catastrophe qui peut détruire l’humanité toute entière ou une grande partie de celle-ci... par exemple, un nuage de bolides [météores] ou une petite planète de quelques dizaines de kilomètres de diamètre pourrait tomber sur la Terre, avec un tel impact que le souffle solide, liquide ou gazeux produit par lui pourrait faire disparaître de la surface de la Terre toutes les traces de l’homme et de ses bâtiments.

L’élévation de la température qui l’accompagne pourrait à elle seule brûler ou tuer tous les êtres vivants... Nous sommes encore obligés de mener la lutte contre la gravité, et pour l’utilisation de l’espace céleste et de toutes ses richesses, à cause de la surpopulation de notre planète.

De nombreuses terribles autres dangers attendent l’humanité sur la Terre, qui tous suggèrent que l’homme doit chercher un chemin dans le Cosmos. Nous avons dit beaucoup de choses sur les avantages de la migration dans l’espace, mais tous ne peuvent pas être dit ou même être imaginés. »

Les risques sont effectivement vrai, mais les humains doivent pour cette raison protéger toute la vie dans la Biosphère. Ils ont la capacité de le faire, alors ils doivent le faire. Ici, Tsiolkovski fait une erreur en séparant les humains du reste de la matière en transformation - une erreur idéaliste, mais une erreur qui ne doit pas faire de l’ombre sur la valeur formidable de son travail pour le matérialisme dialectique.