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La vie, la matière, l’Univers - 2ème partie : la vie comme matière en mouvement

Ce n’est pas par hasard que le premier chercheur moderne sur l’origine de la vie est un scientifique soviétique. Au même moment où Vernadsky avait compris la vie comme un système planétaire - la Biosphère - Alexander Oparin a développé la conception matérialiste dialectique quant à l’origine de la vie.

Olga Lepeshinskaya

A ses côtés, nous trouvons la grande bolchevik Olga Lepeshinskaya, qui est devenue après la révolution une grande biologiste, conduisant le département de la matière vivante à l’Institut de biologie expérimentale, Académie des Sciences médicales de l’URSS.

En effet, pour nous matérialistes dialectiques, demander ce qu’est la vie, c’est trouver l’origine de toutes les cellules vivantes à partir de la matière non-vivante. La vie est la matière en mouvement, il s’agit « seulement » d’une forme hautement développée de la matière en mouvement.

Il n’y a pas de différences fondamentales, au niveau chimique, entre la matière « morte » et la matière « vivante. » Bien sûr, la dignité du réel fait que nous devons moralement faire une différence, ce que la pensée bourgeoise est incapable de le faire, avec toutes ses expériences sur les animaux.

Mais pour comprendre le processus qui fait que la vie apparaît, il n’est pas possible de mettre une muraille de Chine entre la matière « morte » et la matière « vivante. »

La vie apparaît comme matière en mouvement - un mouvement qui était dirigé par la nécessité. Devenant un professeur de biochimie à Moscou en 1927, Oparin a compris comment la vie est un produit d’une évolution chimique graduelle à base de molécules de carbone dans une « soupe primordiale. » Comme il le dit :

« La structure interne de la gouttelette détermine sa capacité à absorber avec une vitesse plus ou moins grande et à intégrer elle-même les substances organiques dissoutes dans l’eau environnante.

Il en est résulté une augmentation de la taille de la goutte, c’est à dire qu’elles ont acquis le pouvoir de grandir (...).

Un processus particulier sélectif devait donc entrer en jeu, ce qui a finalement abouti à l’origine de systèmes colloïdaux avec une organisation physico-chimique hautement développée, à savoir le plus simple des organismes primaires. » (Oparin, L’origine de la vie)

Ceci est clairement en contradiction avec la conception bourgeoise, développée en particulier par Pasteur, comme quoi Omne vivum ex vivo : seulement la vie peut donner la vie.

Et de manière intéressante, la découverte de l’ADN et l’ARN n’a pas mis fin au matérialisme dialectique, au contraire, c’est une preuve que la vie est, comme Oparine l’a dit, « un flux, un échange, une unité dialectique ».

Alexander 0parin

Cela nous explique aussi pourquoi la pensée bourgeoise n’est pas capable de comprendre la vie. La pensée bourgeoise est incapable de comprendre la matière en mouvement, et ainsi la direction de la matière en mouvement comme nécessaire.

Ainsi, la science bourgeoise peut essayer de produire des « Frankenstein », mais il n’y a aucune raison pour que Frankenstein devienne vivant dans le mouvement dialectique de la matière, ainsi Frankenstein ne peut pas exister, et c’est exactement ce que la pensée bourgeoise ne peut pas comprendre.

Si la vie d’aujourd’hui ne peut être synthétisée en laboratoire, c’est parce que le mouvement lui-même ne peut être reproduit sans les conditions exactes qui fait que la matière se meut dans le sens de la vie.

Seule une société socialiste sera capable de comprendre cette direction, et ainsi de comprendre la matière en mouvement, et ainsi la vie en soi. Alors sera compris l’écart entre les composés de carbone et cellules se maintenant elles-mêmes qui sont capables de se reproduire.

Et il est clair aussi, comme nous devons suivre Vernadsky, que la matière vivante a façonné la terre et ainsi modifié les conditions initiales qui ont fait que la vie est apparue.

Et il est clair aussi que le mouvement (de la matière) lui-même produit l’instinct de survie, ce que Spinoza appelle la « conatus » (« L’effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n’est rien de plus que l’essence actuelle de cette chose », Ethique, Partie 3, Prop VII).

Et il est clair aussi que les êtres vivants sont faits principalement d’atomes d’hydrogène, et que ces atomes produits par les étoiles sont ainsi organisés à un niveau plus élevé qu’avant : la vie n’est pas faite par Dieu, mais une construction de la matière (en mouvement ) elle-même.

Et il est clair aussi que le mouvement peut être vu comme la matière continue d’exister, malgré la mort des êtres vivants ; comme dit Giordano Bruno, brûlé sur le bûcher en 1600 :

« Ne vois-tu pas que ce qui a été semé obtiendra l’herbe verte, et l’herbe va se transformer en oreille et en pain. Le pain va se transformer en liquide nutritif, qui produit du sang, du sperme, l’embryon, les hommes, le cadavre, la Terre, la roche, les minéraux et donc la matière va changer sa forme toujours et à jamais et est capable de prendre n’importe quelle forme naturelle. »