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La théorie du « génie inné ». Le contenu théorique du programme de Lin Piao « en revenir aux rites » − 1974

par Yao Shih­chang

[L’auteur fait partie de la Brigade de production de Tuanchieh, commune de Nanwang, comté de Penglai, Chantong]

Il y a plus de 2000 ans, dans le but de « ressusciter un état de choses éteint » et rétablir la dictature de la classe esclavagiste, Confucius répandit le sophisme réactionnaire de la « connaissance innée ».

Il proclama même sans vergogne : « Ma vertu est un don du ciel ».

Tout ceci exprimait absolument les préjugés de classe des aristocrates esclavagistes, dissimulait complètement cette vérité que l’histoire du monde est faite par les esclaves, et dévoilait entièrement l’essence contre-révolutionnaire de la prise de parti obstinée de Confucius pour les esclavagistes, qui restaient résolument les ennemis du peuple.

Dans le but de remonter le cours de l’histoire, tous les réactionnaires sans exception ont fabriqué le mensonge de la « connaissance innée » afin de se moquer du peuple et de le tromper.

Ils en ont fait un carcan moral destiné à entraver le peuple, afin d’enrayer les progrès de la roue de l’histoire.

Lin Piao, carriériste et conspirateur bourgeois, prit le même chemin et prêcha de toutes ses forces la théorie du « génie inné » dans le but de renverser la dictature du prolétariat, restaurer le capitalisme et établir en Chine la dynastie fasciste de la famille Lin.

Il radotait que « certains n’admettent pas les génies. Ceci n’est pas marxiste. On ne doit pas nier le génie ».

Il se comparait grotesquement à un « cheval céleste » et se qualifiait de « dragon divin », de « surhomme » et de « génie ». Il fut ainsi conduit à lancer des attaques frénétiques contre le Parti, et complota pour prendre le pouvoir et exercer sa tyrannie à l’aide du programme antiparti contenu dans la théorie idéaliste du « génie inné ». D’où viennent les connaissances et les capacités des hommes ? Sont-­elles formées a priori ou a posteriori ?

Qui fait l’histoire du monde, les héros ou les esclaves ? Ceci a longtemps été au centre de la dispute entre l’apriorisme idéaliste et la théorie matérialiste du reflet. Le président Mao nous enseigne : « D’où viennent les idées justes ? Tombent-­elles du ciel ? Non. Sont-elles innées ? Non. Elles ne peuvent venir que de la pratique sociale, de trois sortes de pratique sociale : la lutte pour la production, la lutte de classes et l’expérimentation scientifique. »

Nous autres paysans sommes extrêmement réalistes. A en juger par mon passé, je crois que le président Mao enseigne vraiment la vérité, car on ne peut avoir aucune idée juste si l’on s’écarte de la lutte pour la production, de la lutte de classes et de l’expérimentation scientifique.

Sous la conduite du Parti et du président Mao, nous avons renversé les « trois grandes montagnes » et nous marchons sur la voie souveraine du socialisme passant des équipes d’entraide mutuelle aux coopératives et des coopératives aux communes populaires. Nous autres paysans pauvres et moyens-pauvres avons extrêmement souffert dans l’ancienne société, ayant été exploités à fond.

Grâce à l’enseignement du président Mao, nous avons compris que l’origine de l’exploitation réside dans la propriété privée. Il n’est donc pas étonnant que nous soutenions de tout cœur le mouvement socialiste révolutionnaire en vue de supprimer la propriété privée, ni que nous haïssions légitimement les forces réactionnaires qui s’opposent au socialisme et luttions résolument contre elles.

Quant aux connaissances et au savoir-faire en ce qui concerne la culture de la terre, ils ne peuvent non plus être séparés de la pratique.

La façon dont j’ai recherché la manière de cultiver l’arachide démontre clairement cette vérité.

Depuis mon enfance, je me suis toujours occupé d’agriculture. Toutefois dans l’ancienne société nous ne savions que récolter après avoir planté et planter après avoir récolté, toute l’année durant.

Au bout d’une année de travail, ce qui restait après avoir payé le loyer ne donnait pas beaucoup de nourriture ni de vêtements à toute ma famille.

Il n’était donc pas question d’étudier la culture de l’arachide. Après la Libération, j’ai été affranchi et je suis devenu cadre et depuis j’ai réfléchi à beaucoup de choses.

Je m’étais toujours demandé comment augmenter les récoltes et mieux contribuer au bien du pays.

Mais il ne suffisait pas d’y penser. Je me suis alors mis à étudier sérieusement De la pratique et De la contradiction du président Mao, ce qui m’a beaucoup éclairé.

Le président Mao dit : « Si l’on veut acquérir des connaissances, il faut prendre part à la pratique qui transforme la réalité. Si l’on veut connaître le goût d’une poire, il faut la transformer : en la goûtant. »

Dès lors, avec la large masse des membres de la commune, j’ai étudié le problème de l’augmentation des récoltes d’arachide. D’abord, j’appliquai mécaniquement dans mon propre village la méthode des « sillons profonds avec une fine couche de terre » en usage dans le village voisin de Tsaolintien. En raison des différences entre les sols de ces deux endroits et entre les densités des plantations dans ces deux villages, cette méthode eut chez nous pour résultat des « sillons profonds avec une épaisse couche de terre ».

Les graines se trouvèrent plantées trop profondément, et à l’automne la récolte d’arachide diminua. Bien que mortifié, je n’étais pas déçu. J’étais décidé à trouver la bonne voie. Mais que fallait-il faire ?

Nous avons chez nous un dicton qui dit : « Cacahuète, cacahuète, la fleur se fane, reste la noix. »

Il résulte de l’expérience séculaire du peuple. L’arachide commence à fleurir le matin et se fane au crépuscule. Je me mis donc à examiner la floraison du plant d’arachide.

Pendant une soixantaine de nuits d’affilée, qu’il pleuve ou vente, j’allai faire mes observations dans les champs. Je vivais, pour ainsi dire, avec les plantes.

A la fin de l’automne, j’avais réuni une documentation de première main.

Ensuite plusieurs années d’expériences confirmèrent que le passage de la floraison à la maturation de l’arachide prend environ 65 jours, et qu’une période inférieure produit des cosses contenant des graines atrophiées. On découvrit aussi que 60 à 70 % des cosses étaient produites par la première paire de branches latérales et 20 à 30 % par la seconde paire.

Un très petit nombre de cosses étaient produites par la troisième, la plupart contenant des graines atrophiées. Pendant cette période d’observation et d’analyse, je découvris aussi la raison pour laquelle la plantation en profondeur avait pour résultat une diminution de la récolte.

Désormais je possédais quelque connaissance des lois de la culture de l’arachide. Toutefois on ne peut avoir une connaissance parfaite après une ou deux expériences.

Afin d’acquérir graduellement la véritable connaissance d’une chose, il faut s’adonner à la pratique avec constance. Après avoir appris que la plupart des fruits de l’arachide poussent sur la première paire de branches latérales, je continuai de réfléchir au moyen de développer cette paire afin de produire plus de fruits. Je tirai profit alors de l’acquis suivant : « il faut exposer au soleil la partie supérieure de la racine des plants du millet glutineux, mais en revanche ajouter de la terre autour de la base des plants du panic d’Italie (Setaria italica). Si la racine du millet glutineux n’est pas ensoleillée, il ne germera pas ».

Là-dessus, je pensai : si l’on peut enlever la terre autour des racines du millet glutineux et que la partie fourchue du millet ainsi dénudée puisse être ensoleillée, pourquoi ne pourrait-on pas aussi enlever la terre autour des racines de l’arachide et dénuder la première paire de branches latérales ?

Avec cette idée en tête, j’allai tout droit au champ d’arachide et ôtai la terre autour du pied d’un groupe de plants.

Mais je découvris avec effroi que la tige principale du plant dénudé différait de celle du millet glutineux par une blancheur et une délicatesse qui la faisait ressembler à un germe de haricot ou à une goutte d’eau sur le point de geler, tandis que l’autre était plutôt dure.

Je pensai donc à première vue que la tige principale du plant ne supporterait pas l’ensoleillement.

Mais je me ravisai : « Comment peut-on capturer les petits du tigre sans pénétrer dans sa tanière ? »

Je me mis alors hardiment à faire des essais. J’enlevai d’un coup la terre autour du pied de 22 groupes.

Après deux jours d’observation attentive faite à midi, je remarquai que les tiges passaient du blanc au vert. Ceci était dû au fait que, après avoir été exposées au soleil, les tiges principales des plants d’arachide absorbaient la chlorophylle verte produite par photosynthèse.

Au bout de six ou sept jours, ces tiges passaient du vert au pourpre et, devenant aussi dures qu’une écorce, elles supportaient même des éraflures.

Une fois la première paire de branches latérales dénudées, leur potentiel de fructification pouvait se réaliser pleinement. A l’automne, ces 22 groupes produisirent des arachides. Sous la surface du sol, chaque groupe était semblable à un amas de pamplemousses.

Chacun fournit 70 à 80 cosses d’arachides, une récolte de loin supérieure à celle de n’importe quel groupe dont la terre n’avait pas été ôtée à la base. L’augmentation de la récolte se trouva être de 25 %.

Ainsi l’enlèvement de la terre autour de la base des plants d’arachide avait favorisé l’augmentation de la récolte. Nous avons caractérisé cette méthode par le « dégagement des tiges et le retardement des plants ».

Nous continuâmes nos recherches sur la base de cette nouvelle méthode de culture des arachides, et nous résolûmes un problème après l’autre, tel que « à quel moment il faut dégager les tiges », « sur quelle profondeur faut-­il ôter la terre » et « s’il fallait biner le sol après avoir dégagé les tiges ».

Nous pûmes ainsi rendre graduellement plus adéquates et plus sûres les mesures destinées à augmenter la récolte d’arachide. La conclusion que nous tirons de nos recherches, c’est que la connaissance authentique est engendrée par la pratique et les capacités par la lutte.

La raison pour laquelle j’ai pu découvrir les lois qui régissent l’augmentation de la récolte d’arachide ne réside pas dans l’agilité de mon esprit, ni dans la conviction que « mon cerveau fonctionne bien » pas plus que dans celle que « je suis un génie » ; elle réside dans le fait que, sous la direction de la pensée philosophique du président Mao, nous ne craignons pas les épreuves, mais au contraire nous lançons audacieusement dans la pratique et que nous sommes prêts à aller au fond des choses.

Tout ceci démontre clairement que la connaissance et les capacités ne sont pas données a priori, mais proviennent des trois grandes pratiques révolutionnaires.

Confucius défendait la conception idéaliste de l’histoire et débitait que « seuls les nobles, qui sont sages, et les humbles, qui sont sots, ne peuvent changer ». Lin Piao lui aussi agitait cette bannière éculée et calomniait les travailleurs en les traitant de philistins ne sachant rien faire d’autre que « gagner de l’argent » et n’ayant d’autre préoccupation que « l’huile, le sel, la sauce, le vinaigre et les fagots ».

Dans le but de faire obéir le peuple, ces réactionnaires se présentèrent sous la figure de saints délégués par le « Ciel ». Nous nous opposons fermement à tous ceux-­là.

Le président Mao dit : « Les humbles sont les plus intelligents ; l’élite est la plus ignorante. »

C’est nous les travailleurs qui sommes les maîtres des trois grands mouvements révolutionnaires, les créateurs de la richesse sociale.

Nous autres, paysans pauvres et moyens­-pauvres, appliquant l’enseignement du président Mao : « creuser des tunnels profonds, stocker partout les céréales et ne jamais rechercher l’hégémonie », nous cultivons la terre pour la révolution et nous efforçons de « stocker partout les céréales ».

C’est surtout après la Grande Révolution culturelle prolétarienne que notre conscience de la lutte entre les deux lignes s’est élevée et qu’un regain d’enthousiasme à suivre l’exemple de Tatchai s’est manifesté, ce qui a eu partout pour résultat de très grandes augmentations dans la récolte des céréales.

D’innombrables faits prouvent que nous autres travailleurs sommes toujours préoccupés par les affaires de l’Etat comme par celles du monde entier, par les succès de la révolution socialiste et de la construction du socialisme, par la destruction de la propriété privée et de toutes les classes exploiteuses, pour libérer finalement l’humanité tout entière et établir le communisme.

Pourtant Lin Piao nous a accusés de ne nous soucier que de sottises tel que « l’argent », etc.

Quelle bêtise ! Nous ne permettrons pas à Lin Piao de nous calomnier d’une façon aussi délirante.

Confucius et Lin Piao répandirent de toutes leurs forces les sophismes réactionnaires de la « connaissance innée » et des « nobles qui sont intelligents, des humbles qui sont sots » dans le but d’atteindre l’objectif criminel de « se modérer et en revenir aux rites ».

L’infructueuse tentative de Lin Piao avait pour but d’usurper le pouvoir suprême dans le Parti et l’Etat et de rétablir la dictature des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie compradore afin que toute sorte de Huang Chi­chen (le despote de l’opéra révolutionnaire La Fille aux cheveux blancs et de Nan Pa­tien (« le tyran du sud » d’un autre opéra révolutionnaire : Le Détachement féminin rouge) puissent de nouveau fouler aux pieds les travailleurs et les précipiter de nouveau dans la misère.

Mais tout ceci n’était que la rêvasserie d’un imbécile. Notre grande patrie socialiste avance victorieusement. Des millions et des millions de travailleurs battent joyeusement des mains ; laissons donc les réactionnaires ici comme ailleurs aboyer comme ils veulent !

Nous avancerons toujours, vers de toujours plus grandes victoires !

lundi 16 janvier 2017


Les documents de 1974