Centre MLM de belgique

La révolution prolétarienne et le révisionnisme de Khrouchtchev − 1964

A propos de la lettre ouverte du Comité Central du P.C.U.S. (VIII)

Rédaction du Renmin Ribao et Rédaction du Hongqi, 31 mars 1964

Cet article est consacré à une question célèbre, celle du « passage pacifique ». Elle est célèbre et a reçu la plus grande attention, parce que Khrouchtchev l’a posée devant le XXe Congrès du Parti communiste de l’Union soviétique, lui a donné force de programme au XXIIe Congrès, opposant ainsi ses vues révisionnistes aux vues marxistes-léninistes. Et la lettre ouverte du Comité central du P.C.U.S. du 14 juillet 1963 a repris la chanson.

Dans l’histoire du mouvement communiste international, la trahison du marxisme et du prolétariat par les révisionnistes se traduit toujours et essentiellement par l’opposition à la révolution violente, à la dictature du prolétariat et par le prêche en faveur du passage pacifique du capitalisme au socialisme. Et tel est aussi le cas avec le révisionnisme de Khrouchtchev. Par là, Khrouchtchev est tout autant le disciple de Bernstein et Kautsky que de Browder et Tito.

Le révisionnisme de Browder, le révisionnisme de Tito et la théorie des « réformes de structure » ont fait leur apparition à partir de la Seconde Guerre mondiale. Mais ces courants n’étaient qu’un problème local pour le mouvement communiste international. L’apparition du révisionnisme de Khrouchtchev et sa prédominance à la direction du P.C.U.S. en ont fait un problème important de caractère général, pour le mouvement communiste international, qui met en question l’aboutissement de la cause révolutionnaire du prolétariat international.

Nous avons donc tenu à rédiger le présent article en vue de répondre aux révisionnistes en termes encore plus explicites.

 DISCIPLE DE BERNSTEIN ET DE KAUTSKY

C’est à partir du XXe Congrès du P.C.U.S. que Khrouchtchev avança la voie du « passage pacifique », autrement dit le « passage au socialisme par la voie parlementaire » [1], qui est diamétralement opposée à la voie de la Révolution d’Octobre.

Voyons donc ce qu’est cette pacotille, la « voie parlementaire », que Khrouchtchev et ses semblables cherchent à placer.

Khrouchtchev estime que sous la dictature de la bourgeoisie, et conformément à la loi électorale bourgeoise, le prolétariat peut conquérir une majorité parlementaire stable. D’après lui, dans les pays capitalistes, « la classe ouvrière, ralliant autour d’elle la paysannerie travailleuse, les intellectuels, toutes les forces patriotiques et infligeant une riposte décisive aux éléments opportunistes incapables de renoncer à la politique d’entente avec les capitalistes et les grands propriétaires fonciers, est en mesure d’infliger une défaite aux forces réactionnaires et antipopulaires, de conquérir une solide majorité au parlement [2].

Khrouchtchev estime que si le prolétariat parvient à emporter la majorité au parlement, cela équivaudrait à la conquête du pouvoir et à la destruction de la machine d’Etat de la bourgeoise. Selon lui, pour la classe ouvrière « acquérir la majorité au parlement, transformer ce dernier en un organe du pouvoir populaire dans les conditions de l’existence d’un puissant mouvement révolutionnaire dans le pays, signifie briser la machine militaire et bureaucratique de la bourgeoisie et créer un nouveau régime d’Etat populaire et prolétarien de forme parlementaire » [3].

Khrouchtchev estime que si le prolétariat parvient à conquérir une majorité parlementaire stable, il sera à même de réaliser la transformation socialiste de la société. Il affirme que la conquête d’une solide majorité parlementaire « créerait pour la classe ouvrière d’un certain nombre de pays capitalistes et d’anciens pays coloniaux, des conditions assurant des transformation sociales radicales » [4].

Il dit encore que « dans les conditions actuelles la classe ouvrière d’un certain nombre de pays capitalises a la possibilité réelle d’unir sous sa direction l’immense majorité du peuple et d’assurer le passage des principaux moyens de production aux mains du peuple » [5].

Le programme du P.C.U.S. soutient que « la classe ouvrière de nombreux pays, même avant le renversement du capitalisme, peut obliger la bourgeoisie à réaliser des mesures… dépassant le cadre des réformes ordinaires » [6].

Il va jusqu’à affirmer que dans certains pays, sous dictature bourgeoise, la situation pourrait devenir telle qu’« il sera plus avantageux pour la bourgeoisie d’accepter qu’on lui rachète les principaux moyens de production » [7].

La pacotille vantée par Khrouchtchev n’a rien d’original et est une nouvelle mouture du révisionnisme de la IIe Internationale, une résurgence du bernsteinisme et du kautskisme.

La trahison du marxisme par Bernstein est essentiellement marquée par son plaidoyer en faveur de la voie légale, parlementaire, son opposition à la révolution violente, à la destruction du vieil appareil d’Etat et à la dictature du prolétariat.

Bernstein soutint que le capitalisme pouvait « s’intégrer dans le socialisme », pacifiquement. Selon lui, les institutions politiques de la société capitaliste moderne « n’ont pas besoin d’être détruites. Il n’y a qu’à les développer davantage » [8]. « De nos jours, nous réalisons, au moyen du bulletin de vote, des manifestations et d’autres moyens analogues de pression, des réformes qui, il y a cent ans, auraient nécessité des révolutions sanglantes » [9].

Il soutint que la voie légale, parlementaire, était la seule qui pût conduire au socialisme. A son avis, il suffisait à la classe ouvrière d’avoir « le droit de vote universel et égal, et le principe social constituant la condition fondamentale de la libération est acquis » [10].

Il soutint qu’« un jour viendra où elle [la classe ouvrière] sera devenue si puissante en nombre et jouera un si grand rôle pour l’ensemble de la société que le palais des dominateurs ne pourra plus résister à sa pression et s’effondrera pratiquement tout seul » [11].

Lénine disait : « Les bersteiniens ont admis et admettent le marxisme à l’exception de son aspect directement révolutionnaire. Ils considèrent la lutte parlementaire non comme un moyen de lutte convenant parfaitement à certaines époques historiques, mais comme la principale et pour ainsi dire la seule forme de combat et qui rend la ‘violence’, la ‘saisie’, la ‘dictature’ inutiles » [12].

Monsieur Kautsky fut le digne héritier de Bernstein. Tout comme lui, il prêcha avec force la voie parlementaire, s’opposa à la révolution violente et à la dictature du prolétariat. Sous le régime de la démocratie bourgeoise, dit-il, « il n’y a plus de place pour la lutte armée dans la solution des conflits de classes » [13] et préconiser néanmoins « le renversement du gouvernement par la violence serait ridicule » [14]. Il attaqua Lénine et le Parti bolchévik, les comparant à « une sage-femme impatiente, recourant à la violence pour faire accoucher à cinq mois au lieu de neuf » [15].

Kautsky était d’un crétinisme parlementaire parfait. On lui doit la fameuse déclaration : « Le but de notre lutte politique reste donc, comme par le passé, la conquête du pouvoir par l’acquisition de la majorité au parlement et la transformation de ce dernier en maître du gouvernement » [16].

Il dit aussi : « La république parlementaire – avec ou sans oligarchie monarchique à l’anglaise – est, à mon avis, la base à partir de laquelle peuvent grandir la dictature du prolétariat et la société socialiste. Cette république est le ‘futur Etat’ pour lequel nous devons œuvrer » [17].

Lénine critiqua sévèrement ces absurdités de Kautsky. Il le flétrit en ces termes : « Seuls des misérables ou des benêts peuvent croire que le prolétariat doit d’abord conquérir la majorité en participant aux élections organisées sous le joug de la bourgeoisie, sous le joug de l’esclavage salarié, et après seulement conquérir le pouvoir. C’est le comble de la stupidité ou de l’hypocrisie, c’est substituer à la lutte des classes et à la révolution des votes sous l’ancien régime, sous l’ancien pouvoir » [18].

Et à propos de la voie parlementaire prônée par Kautsky, Lénine remarqua fort pertinemment : « Voilà bien l’opportunisme le plus pur et le plus plat ; c’est renoncer en fait à la révolution tout en la reconnaissant en paroles » [19]. Il ajouta par ailleurs qu’en interprétant l’idée de dictature du prolétariat « de façon à en éliminer la violence révolutionnaire de la classe opprimée sur les oppresseurs, Kautsky a battu le record mondial de la déformation libérale de Marx » [20].

Nous citons abondamment Khrouchtchev, Bernstein et Kautsky dans cet article, ainsi que des critiques faites par Lénine au sujet des deux derniers, pour prouver que le révisionnisme de Khrouchtchev est purement et simplement du bernsteinisme et du kautskisme modernes. Khrouchtchev a renié le marxisme de la même façon que Bernstein et Kautsky : sa trahison est illustrée essentiellement par le fait qu’il s’oppose à la violence révolutionnaire, qu’il veut « éliminer la violence révolutionnaire ». Bernstein et Kautsky ont évidemment perdu le titre mondial qu’ils détenaient dans ce domaine, puisque Khrouchtchev a établi un nouveau record. Digne disciple de Bernstein et de Kautksy, Khrouchtchev l’emporte sur ses maîtres.

 LA RÉVOLUTION VIOLENTE, LOI GÉNÉRALE DE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE

Comme nous le montre toute l’histoire du mouvement ouvrier, reconnaître ou non la révolution violente comme loi générale de la révolution prolétarienne, reconnaître ou non la nécessité de détruire la vieille machine d’État, de remplacer la dictature de la bourgeoisie par la dictature du prolétariat, a toujours constitué la ligne de partage entre le marxisme et toutes les variantes de l’opportunisme et du révisionnisme, entre les révolutionnaires prolétariens et tous les renégats du prolétariat.

Conformément aux théories fondamentales du marxisme-léninisme, le problème-clé de toute révolution est celui du pouvoir. Et le problème-clé de la révolution prolétarienne est celui de la conquête du pouvoir par la violence, de la destruction de l’appareil d’État bourgeois, de l’instauration de sa propre dictature de classe et du remplacement de l’État bourgeois par l’État prolétarien.

Le marxisme a toujours proclamé l’inéluctabilité de la révolution violente. Il a toujours fait ressortir que celle-ci est l’accoucheuse qui met au monde la société socialiste, qu’elle est la voie inéluctable qui permet de remplacer la dictature de la bourgeoisie par la dictature du prolétariat, une loi générale de la révolution prolétarienne.

Le marxisme nous apprend que l’État est la violence en soi. Les pièces maîtresses de la machine d’État sont l’armée et la police. L’histoire montre que toutes les classes régnantes se sont appuyées sur la violence pour maintenir leur domination.

Le prolétariat préférerait évidemment conquérir le pouvoir par des moyens pacifiques. Mais d’innombrables faits historiques prouvent que les classes réactionnaires n’ont jamais abdiqué de leur propre gré, quelles ont toujours été les premières à user de la violence pour réprimer les mouvements révolutionnaires des masses, pour déclencher la guerre civile, inscrivant ainsi la lutte armée à l’ordre du jour.

Lénine a parlé de la guerre civile, « dont aucune grande révolution ne s’est encore passée dans l’histoire, sans laquelle aucun marxiste sérieux n’a conçu le passage du capitalisme au socialisme » [21].

Les grandes révolutions de l’histoire auxquelles se référait Lénine englobaient la révolution bourgeoise. Si celle-ci ne peut se faire sans guerre civile, alors qu’elle n’est que le renversement d’une classe exploiteuse par une autre, à plus forte raison est-il impossible d’accomplir sans guerre civile la révolution prolétarienne qui, elle, vise à l’élimination radicale de toutes les classes exploiteuses et de tous les systèmes d’exploitation.

En traitant de la révolution violente considérée comme loi générale de la révolution prolétarienne, Lénine a indiqué à plusieurs reprises « qu’entre le capitalisme et le socialisme s’étend une longue période d’’enfantement douloureux ‘, que la violence est toujours l’accoucheuse de la veille société » [22], que « l’État bourgeois… ne peut céder la place à l’État prolétarien (à la dictature du prolétariat) par voie d’’extinction’, mais seulement, en règle générale, par une révolution violente » [23], que « la nécessité d’inculquer systématiquement aux masses cette idée – et précisément celle-là – de la révolution violente est à la base de toute la doctrine de Marx et Engels » [24].

Staline aussi disait de la révolution violente du prolétariat, de la dictature du prolétariat, qu’elle est « la condition inévitable et indispensable » [25] pour avancer vers le socialisme dans tous les pays dominés par le capital.

La transformation radicale du régime bourgeois est-elle possible sans révolution violente, sans la dictature du prolétariat ? Voici la réponse de Staline : « Il est clair que non. Penser que l’on puisse opérer une telle révolution pacifiquement, dans le cadre de la démocratie bourgeoise appropriée à la domination de la bourgeoisie, - c’est ou bien avoir perdu la raison et toutes notions humaines normales ou bien renier brutalement et ouvertement la révolution prolétarienne » [26].

Partant de la théorie marxiste-léniniste sur la révolution violente et à la lumière de la nouvelle expérience de la révolution prolétarienne et de la révolution démocratique populaire dirigée par le prolétariat, le camarade Mao Tsé-toung formula la thèse célèbre : « Le pouvoir est au bout du fusil ».

« Dans la société de classes, dit-il, les révolutions et les guerres révolutionnaires sont inévitables… Sans elles, il ne peut y avoir de bond dans le développement de la société, ni de renversement de la classe réactionnaire dominante afin que le peuple prenne le pouvoir » [27].

Il dit encore : « La tâche centrale et la forme suprême de la révolution, c’est la conquête du pouvoir par la lutte armée, c’est-à-cire la solution de ce problème par la guerre. Ce principe révolutionnaire du marxisme-léninisme est valable partout, en Chine comme dans les autres pays » [28].

Il ajouta : « L’expérience de la lutte des classes à l’époque de l’impérialisme montre que la classe ouvrière et les masses travailleuses ne peuvent vaincre les classes armées de la bourgeoisie et des propriétaires fonciers que par la force des fusils. En ce sens, on peut dire qu’il n’est possible de transformer le monde qu’avec le fusil » [29].

Bref, la révolution prolétarienne a la révolution violente pour loi générale. C’est là une des thèses les plus importantes du marxisme-léninisme. Et c’est précisément sur ce point que Khrouchtchev trahit le marxisme-léninisme.

 NOTRE LUTTE CONTRE LE RÉVISIONNISME DE KHROUCHTCHEV

Lorsque Khrouchtchev avança pour la première fois la « voie parlementaire » au XXe Congrès du P.C.U.S., le Parti communiste chinois estima qu’il s’agissait là d’une grave erreur, d’une violation des principes fondamentaux du marxisme-léninisme, que c’était absolument inadmissible.

Mais comme le révisionnisme de Khrouchtchev n’en était encore qu’à ses débuts, que les dirigeants du P.C.U.S. n’avaient pas encore provoqué de polémiques ouvertes, nous nous sommes abstenus, pendant un certain temps, de dénoncer et de critiquer publiquement cette erreur de Khrouchtchev. Toutefois, dans nos documents et articles, nous avons, pour notre part, exposé positivement les points de vue marxistes-léninistes en opposition à cette thèse erronée. En outre, nous avons engagé la lutte indispensable et appropriée contre elle, au cours des entretiens et des réunions entre partis frères.

Dans le rapport politique du Comité central présenté en septembre 1956 au VIIIe Congrès du Parti communiste chinois, nous avons déclaré sans ambiguïté, en parlant du bilan des expériences de la révolution chinoise :

« Tout en faisant de son mieux pour réaliser une réforme pacifique, notre Parti est loin de renoncer à la vigilance, de renoncer aux forces armées populaires ».

« Contrairement aux réactionnaires-, le peuple n’est pas belliqueux… Mais, quand le peuple se voit dans l’obligation de prendre les armes, il est tout à fait juste qu’il le fasse. S’opposer à ce que le peuple agisse ainsi, exiger de lui qu’il fasse sa soumission devant l’ennemi qui l’attaque, c’est là une ligne opportuniste. Ici, fallait-il enfin adopter la ligne révolutionnaire ou celle de l’opportunisme ? C’était là le grand problème, celui de savoir si 600 millions d’hommes devaient ou non prendre le pouvoir alors que les conditions étaient mûres. Notre Parti a suivi la ligne révolutionnaire, et nous avons aujourd’hui la République populaire de Chine ».

Dans cette question, les vues marxistes-léninistes du VIIIe Congrès du P.C.C. sont diamétralement à l’opposé des vues révisionnistes du XXe Congrès du P.C.U.S.

Puis, en décembre 1956, dans l’article « Encore une fois à propos de l’expérience historique de la dictature du prolétariat », nous avons montré positivement la justesse de la voie de la Révolution d’Octobre, critiquant en fait la « voie parlementaire » de Khrouchtchev qui lui est opposée.

Les camarades dirigeants du Comité central du P.C.C ont critiqué sérieusement les vues erronées de Khrouchtchev au cours de nombreux entretiens qu’ils ont eus en privé avec les dirigeants du P.C.U.S. Nous espérions, en toute sincérité, que Khrouchtchev redresserait ses erreurs.

A la Conférence de 1957 des Représentants des Partis communistes et ouvriers, la délégation du P.C.C. engagea une vive controverse avec la délégation du P.C.U.S. sur la question du passage du capitalisme au socialisme.

Dans le premier projet de déclaration qu’il y a proposé, au cours des travaux préparatoires, le Comité central du P.C.U.S. envisageait une seule possibilité, celle du passage pacifique, et ne soufflait mot de l’autre possibilité, le passage non pacifique ; il évoquait uniquement la possibilité de la voie parlementaire sans parler d’aucune autre forme de lutte ; de surcroît, il plaçait ses espoirs dans « les actions conjuguées des communistes et des socialistes » pour la prise de pouvoir par la voie parlementaire. Le Comité central du P.C.C. ne put évidemment admettre que ces vues erronées, contraires au marxisme-léninisme, fussent portées dans le document-programme de tous les partis communistes et ouvriers.

La délégation du P.C.C. ayant formulé ses critiques, le Comité central du P.C.U.S. avança un second projet de déclaration. Des phrases sur la possibilité du passage non pacifique y avaient été incluses, mais la formulation de la question du passage pacifique continuait à exprimer les vues révisionnistes avancées par Khrouchtchev au XXe Congrès du P.C.U.S.

La délégation du P.C.C. manifesta explicitement son désaccord avec ces vues erronées et exposa de façon systématique, le 10 novembre 1957, au Comité central du P.C.U.S., notre point de vue sur la question du passage du capitalisme au socialisme et lui présenta en même temps nos thèses par écrit. Elles avaient pour pointe essentiels :

Il est utile, du point de vue tactique, d’exprimer le désir de réaliser le passage pacifique, mais il ne convient pas de trop insister sur la possibilité d’un tel passage ; il faut être prêt à tout instant à faire face aux attaques contre-révolutionnaires et, au moment crucial de la révolution, alors que la classe ouvrière prendra la pouvoir, être prêt à abattre la bourgeoisie par la force au cas où celle-ci aurait recours à la force pour réprimer la révolution du peuple (en général, elle y recourt inévitablement).

Nous devons pleinement recourir à la forme de la lutte parlementaire, mais cette lutte n’aura qu’un effet limité, et le plus important est de procéder au travail ardu qu’est l’accumulation des forces révolutionnaires ; le passage pacifique ne doit pas être interprété uniquement comme un passage par la majorité parlementaire. Le problème essentiel est celui de l’appareil d’Etat, autrement dit celui de la destruction de la vieille machine d’Etat (principalement les forces armées) et de l’établissement de la nouvelle machine d’Etat (principalement les forces armées). Les partis socialistes ne sont pas vraiment socialistes. Abstraction faite de certaines ailes gauches, ils ne sont qu’une variante des partis bourgeois. Sur la question de la révolution socialiste, notre position diffère radicalement de la leur. Nous ne devons pas estomper cette ligne qui nous sépare.

Ce sont là nos vues et elles sont tout à fait conformes au marxisme-léninisme.

Les camarades de la délégation du Comité central du P.C.U.S. ne purent les contester, mais ils insistèrent pour que nous tenions compte de leurs besoins intérieurs et souhaitèrent qu’il y eût concordance entre la formulation de la question du passage pacifique faite dans le projet de déclaration et la formulation utilisée par XXe Congrès du P.C.U.S.

Considérant que nous avions déjà réfuté les vues erronées des dirigeants du P.C.U.S. et exposé nos thèses par écrit, la délégation du Parti communiste chinois tint compte, dans l’intérêt de la lutte commune contre l’ennemi, du désir maintes fois exprimé par les camarades du P.C.U.S. ; elle consentit à prendre comme base le projet du Comité central du P.C.U.S. sur cette question, auquel il ne fut touché que sur quelques points.

Nous avions espéré qu’à l’issue de ce débat, les camarades du P.C.U.S., prendraient conscience de leurs erreurs et les corrigeraient. Mais les dirigeants du P.C.U.S. n’en ont rien fait, contrairement à notre attente.

A la conférence des partis frères du 1960, la délégation du P.C.C. eut à nouveau de multiples et violentes controverses avec la délégation du P.C.U.S. sur cette même question du passage du capitalisme au socialisme. Nous avons complètement dévoilé et réfuté les vues révisionnistes de Khrouchtchev. Au cours de la conférence, les parties chinoise et soviétique ne purent aboutir à un accord, chacune restant sur ses positions. Finalement la délégation du P.C.C., prenant en considération le désir général des partis frères de voir naître un document commun à l’issue de cette conférence, fit de nouveau des concessions à ce sujet en tenant compte, une fois encore, des besoins de la direction du P.C.U.S. Nous avons donné notre accord pour que les passages en question de la Déclaration de 1957 fussent intégralement repris dans celle de 1960. Nous avons distribué, en même temps à cette conférence, les Thèses sur le problème du passage pacifique formulées, le 10 novembre 1957, par le Parti communiste chinois, et nous avons précisé que c’était la dernière fois que nous prenions les difficultés des dirigeants du P.C.U.S. en considération, que nous n’agirions plus jamais de la sorte.

Si des camarades estiment que nous avons eu tort d’avoir fait des concessions à la direction du P.C.U.S., nous accepterons volontiers leurs critiques.

La formulation concernant le problème du passage pacifique étant basée, dans les deux Déclarations, sur le projet du P.C.U.S., et reprenant en certains endroits celles du XXe Congrès du P.C.U.S., elle présente de ce fait de sérieuses faiblesses et erreurs, malgré certains replâtrages. Ces deux documents, tout en indiquant que les classes dominantes n’abandonnent pas de bon gré le pouvoir, prétendent que, dans un certain nombre de pays capitalistes, la prise du pouvoir peut s’effectuer sans guerre civile ; tout en recommandant un ample développement de la lutte de masse en dehors du parlement pour briser la résistance des forces de la réaction, ils affirment qu’il est possible d’obtenir une solide majorité au parlement et de transformer celui-ci en un instrument au service du peuple travailleur ; et là où ils abordent le passage non pacifique, ils n’insistent pas sur la loi générale qu’est la révolution violente. La direction du P.C.U.S. a précisément exploité ces faiblesses et ces erreurs pour placer le révisionnisme de Khrouchtchev.

Il est de notre devoir de déclarer solennellement que le Parti communiste chinois a toujours maintenu sa position quant à la formulation des Déclarations de 1957 et de 1960 sur la question du passage du capitalisme au socialisme. Nous n’avons jamais caché notre point de vue. Nous soutenons que dans l’intérêt de la révolution prolétarienne mondiale, et pour enlever aux révisionnistes toute possibilité d’exploiter ces documents qui ont valeur de programme pour les partis frères, cette formulation doit être amendée conformément aux principes révolutionnaires du marxisme-léninisme et par consultation entre partis communistes et ouvriers.

Nous reproduisons in extenso, une fois de plus, en annexe au présent article, les Thèses sur le problème du passage pacifique, présentées le 10 novembre 1957 par la délégation du P.C.C. au Comité central du P.C.U.S., pour permettre de prendre connaissance de l’ensemble des vues du P.C.C. sur la question [30].

La lutte menée ces huit dernières années par les partis marxistes-léninistes et les marxistes-léninistes du monde entier contre le révisionnisme de Khrouchtchev s’est fort développée. De plus en plus nombreux sont ceux qui ont éventé le révisionnisme de Khrouchtchev. Les dirigeants du P.C.U.S. continuent néanmoins à user de subterfuges et d’arguties, cherchant par tous les moyens à colporter leur pacotille.

Il est donc nécessaire que nous réfutions encore une fois toutes leurs inepties sur le « passage pacifique ».

 LES SOPHISMES NE MODIFIERONT PAS L’HISTOIRE

Pour justifier leur trahison du marxisme-léninisme et motiver leur ligne révisionniste, les dirigeants du P.C.U.S. ont ouvertement altéré les œuvres de Marx et Lénine, déformé leur histoire.

Selon eux, Marx « admettait ces possibilités [du passage pacifique] en Grande-Bretagne et aux États-Unis » [31]. En fait, c’est là un argument emprunté au renégat Kautsky. Ce dernier altérait de la même façon les vues de Marx pour combattre la révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat.

Il est vrai que dans les années 1870, Marx a dit que dans des pays comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, « les ouvriers peuvent parvenir à leur but par des moyens pacifiques », mais il soulignait aussi que ce serait exceptionnel. « Même s’il en est ainsi, nous devons également admettre, disait-il, que dans la plupart des pays du continent, la force doit servir de levier à notre révolution » [32]. Marx dit encore : « Tant que la bourgeoisie britannique aura le monopole du droit de vote, elle se montrera toujours prête à accepter les décisions de la majorité. Mais croyez-moi, lorsqu’elle estimera se trouver en minorité dans des questions d’importance vitale pour elle, nous aurons à faire face à une nouvelle guerre des maîtres esclavagistes » [33].

Critiquant le renégat Kautsky, Lénine disait : « Alléguer que Marx, dans les années 70, a admis la possibilité du passage pacifique au socialisme en Angleterre et en Amérique est un argument de sophiste, ou, pour parler plus simplement, de filou qui triche à coup de citations et de références. En premier lieu, Marx considérait dès cette époque cette possibilité comme exceptionnelle. En second lieu, le capitalisme monopoliste, c’est-à-dire l’impérialisme, n’existait pas encore. En troisième lieu, précisément en Angleterre et en Amérique, il n’y avait pas alors de clique militaire – (elle existe aujourd’hui) – en tant que pièce maîtresse de la machine d’État bourgeoise » [34].

L’impérialisme, dit Lénine, se distingue en raison de ses caractères économiques primordiaux « par le minimum de pacifisme et de libéralisme, par le développement maximum et le plus généralisé du militarisme. ‘Ne pas remarquer’ cela », quand on examine la question du passage pacifique ou du passage violent, « c’est tomber au niveau du plus vulgaire laquais de la bourgeoisie » [35].

Et les dirigeants du P.C.U.S. n’en sont-ils pas là, lorsqu’ils reprennent la vieille rengaine de Kautsky ?

Ils argumentent aussi en affirmant que Lénine « admettait en principe la possibilité de la révolution pacifique » [36]. Voilà encore un sophisme, et des pires.

Peu après la révolution de février 1917, Lénine pensait qu’« en Russie, cette révolution est possible, à titre d’exception, sous une forme pacifique » [37]. Lénine dit bien ‘exception’, en raison des circonstances particulières : « Les armes entre les mains du peuple, l’absence de toute contrainte extérieure pesant sur le peuple, tel était le fond des choses » [38]. Mais en juillet, la répression armée des masses par le gouvernement bourgeois contre-révolutionnaire plongea les rues de Petrograd dans le sang des ouvriers et des soldats. Après ces événements, Lénine fit remarquer que « tous les espoirs fondés sur le développement pacifique de la révolution russe se sont à jamais évanouis » [39]. En octobre 1917, Lénine et le Parti bolchévik prirent résolument la direction des ouvriers et des soldats, déclenchèrent l’insurrection armée et arrachèrent le pouvoir. En janvier 1918, Lénine fit remarquer que « la lutte des classes… s’est transformée en guerre civile » [40]. Et l’État soviétique ne put consolider la révolution victorieuse qu’après trois ans et demi de guerre révolutionnaire, au prix de lourds sacrifices et par l’écrasement de la rébellion contre-révolutionnaire de l’intérieur et l’écrasement de l’intervention armée étrangère. En 1919, Lénine déclara : « En Octobre la violence … la violence révolutionnaire en un mot nous a valu de brillants succès ».

Maintenant, les dirigeants du P.C.U.S. en viennent à affirmer que la Révolution d’Octobre fut « la moins sanglante de toutes les révolutions » [41], et qu’« elle a été accomplie presque pacifiquement » [42]. Leurs affirmations vont tout à fait à l’encontre de la vérité historique. La mémoire des martyrs révolutionnaires, qui ont donné leur vie pour que naisse le premier État socialiste au monde, ne leur inspire-t-elle aucun sentiment de culpabilité ?

Lorsque nous faisons remarquer qu’il n’existe aucun précédent en fait de passage pacifique du capitalisme au socialisme, les dirigeants du P.C.U.S. ergotent. « L’expérience pratique de la réalisation de la révolution socialiste sous une forme pacifique existe », disent-ils. Fermant les yeux sur la réalité, ils allèguent qu’« en 1919, la dictature du prolétariat fut instaurée en Hongrie par la voie pacifique » [43].

Est-ce exact ? Pas du tout. Voyons ce qu’en a dit Bela Kun, le dirigeant de la révolution hongroise.

Le Parti communiste hongrois fut fondé en novembre 1918. Ce jeune parti entra immédiatement dans la lutte révolutionnaire sous le mot d’ordre de la révolution socialiste : « Désarmer la bourgeoisie, armer le prolétariat et instaurer le pouvoir des Soviets » [44]. Il travailla activement dans tous les domaines en vue de l’insurrection armée. Il arma les travailleurs, s’employa à rallier à sa cause les troupes gouvernementales et à organiser les soldats démobilisés, à organiser des manifestations armées, la lutte des ouvriers pour chasser les patrons et occuper les entreprises, et les ouvriers agricoles pour qu’ils occupent les grands domaines, désarma les officiers, les troupes et la police réactionnaires, lia les grèves à l’insurrection armée, etc.

En fait, la révolution hongroise abonde en luttes armées de formes et d’envergures diverses. Bela Kun écrivait : « De la fondation du Parti communiste à la prise du pouvoir, les conflits armés avec les organes du pouvoir bourgeois sont devenus de plus en plus fréquents. Depuis le 12 décembre 1918, jour où la garnison de Budapest, les armes à la main, descendit dans la rue et manifesta contre le ministre de la guerre du gouvernement provisoire … il ne se passa probablement pas un seul jour sans que la presse ne rapportât des conflits sanglants entre ouvriers et soldats révolutionnaires et les forces armées gouvernementales, notamment la police. Les communistes organisèrent un grand nombre de soulèvements non seulement à Budapest, mais encore en province » [45]. Les dirigeants du P.C.U.S. mentent donc grossièrement lorsqu’ils prétendent que la révolution hongroise s’est faite pacifiquement.

Les publications du P.C.U.S. prétendent que le gouvernement bourgeois « démissionna de son propre gré » [46] ; c’est là probablement le seul élément sur lequel se fondent le dirigeants du P.C.U.S. Mais quels sont les faits ?

Karolyi, alors à la tête du gouvernement bourgeois hongrois, est parfaitement explicite à ce sujet. « Je signai la déclaration, dit-il, sur ma démission et le transfert du pouvoir au prolétariat, mais en réalité le prolétariat avait déjà pris le pouvoir bien avant et l’avait proclamé… Je n’ai pas transféré le pouvoir au prolétariat, puisqu’il l’avait déjà, grâce à la création d’une armée socialiste selon un plan préétabli ». C’est pourquoi Bela Kun estima qu’affirmer que la bourgeoisie avait transféré le pouvoir au prolétariat de son propre chef était une hypocrite « légende » [47].

La Révolution hongroise de 1919 échoua. Faisant l’analyse des leçons essentielles à tirer de cette défaite, Lénine a dit que l’erreur qui fut fatale au jeune Parti communiste hongrois avait été son manque de fermeté dans l’exercice de sa dictature sur l’ennemi et son hésitation au moment crucial. Par ailleurs, le Parti hongrois n’avait pas appliqué les justes mesures qui s’imposaient pour donner satisfaction à la paysannerie impatiente de régler le problème agraire, se coupant ainsi des grandes masses paysannes. Une autre raison importante de l’échec de la révolution fut la fusion du Parti communiste avec le Parti social-démocrate opportuniste.

Les dirigeants du P.C.U.S. présentent la Révolution hongroise de 1918-1919 comme un modèle de « passage pacifique », et c’est là une véritable falsification de l’histoire.

Ils affirment aussi que la classe ouvrière tchécoslovaque a « pris le pouvoir par des moyens pacifiques » [48]. C’est là une autre falsification absurde de l’histoire.

En Tchécoslovaquie, le pouvoir démocratique populaire a été instauré pendant la guerre antifasciste et n’a pas été obtenu « pacifiquement » des mains de la bourgeoisie. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Parti communiste dirigea le peuple dans la guerre des partisans et les insurrections armées contre les fascistes. Et avec l’appui de l’Armée soviétique, il parvint à anéantir les troupes fascistes allemandes en Tchécoslovaquie et le pouvoir de leurs laquais, constitua un gouvernement front national de coalition, qui était par essence une dictature de démocratie populaire sous la direction du prolétariat, c’est-à-dire une des formes par lesquelles s’exerce la dictature du prolétariat.

En février 1948, les réactionnaires de l’intérieur, épaulés par les impérialistes américains, fomentèrent un coup d’État contre-révolutionnaire et se préparèrent à passer à la rébellion armée pour renverser le pouvoir populaire. Mais dirigé par le Parti communiste, le gouvernement mit immédiatement ses forces armées en ligne et, en même temps, organisa les masses dans des manifestations armées, faisant ainsi avorter le complot bourgeois visant à la restauration de la contre-révolution. Il est clair, que loin d’être un exemple de la prise « pacifique » du pouvoir de la classe ouvrière des mains de la bourgeoisie, les Événements de Février sont un exemple de coup d’État contre-révolutionnaire bourgeois écrasé par la classe ouvrière au moyen de son appareil d’État et principalement de ses forces armées.

En en dressant le bilan, Gottwald déclarait : « Dès avant les Événements de Février, nous avions précisé qu’en comparant cette période à l’avant-guerre, un des changements fondamentaux résidait précisément dans le fait que le pouvoir n’est plus au service des anciennes classes dominantes mais des nouvelles classes. En ce sens, les Événements de Février démontrent que le pouvoir d’État a joué un rôle remarquable » [49].

Comment tous ces faits peuvent-ils être tenus pour des précédents du « passage pacifique » ?

Lénine disait : « Subterfuges, sophismes, falsifications, Kautsky a besoin de tout cela pour esquiver la révolution violente, pour voiler son reniement, son passage du côté de la politique ouvrière libérale, c’est-à-dire du côté de la bourgeoisie. C’est là que gît le lièvre » [50].

Pourquoi Khrouchtchev a-t-il altéré aussi effrontément les œuvres de Marx et de Lénine, falsifié l’histoire et recouru à la fraude ? C’est là aussi que gît le lièvre.

 LES MENSONGES NE PEUVENT MASQUER LA RÉALITÉ

Le principal argument utilisé par les dirigeants du P.C.U.S. pour justifier leur ligne de « passage pacifique » opposée à la révolution, c’est que les conditions historiques ont changé.

L’appréciation faite par les marxistes-léninistes des changements intervenus dans les conditions historiques après la Seconde Guerre mondiale et les conclusions qu’ils en tirent sont foncièrement différentes de celles de Khrouchtchev.

Les marxistes-léninistes soutiennent qu’après cette guerre les conditions historiques ont fondamentalement changé. Le changement s’est affirmé surtout par l’accroissement considérable des forces socialistes prolétariennes et l’énorme affaiblissement des forces impérialistes. L’après-guerre a vu surgir un camp socialiste puissant, un grand nombre d’États nouvellement indépendants, une succession de luttes armées révolutionnaires, un nouvel essor des mouvements de masse dans les pays capitalistes et un grand élargissement des rangs du mouvement communiste international. Le mouvement révolutionnaire socialiste du prolétariat international et le mouvement révolutionnaire national et démocratique d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine sont devenus les deux courants historiques majeurs de notre temps.

Peu après la guerre, le camarade Mao Tsé-toung a fait ressortir à plusieurs reprises que le rapport des forces sur le plan mondial était à notre avantage et non à celui de l’ennemi, et que cette nouvelle situation « a ouvert pour la libération de la classe ouvrière et des nations opprimées du monde des possibilités encore plus larges et des voies encore plus efficaces » [51].

Le camarade Mao Tsé-toung soulignait par ailleurs : « Provocation de troubles, échec, nouvelle provocation, nouvel échec, et cela jusqu’à leur ruine – telle est la logique des impérialistes et de tous les réactionnaires du monde à l’égard de la cause du peuple ; et jamais ils n’iront contre cette logique. C’est là une loi marxiste. Quand nous disons : ‘l’impérialisme est féroce’, nous entendons que sa nature ne changera pas, et que les impérialistes ne voudront jamais déposer leur couteau de boucher, ni ne deviendront jamais des bouddhas, et cela jusqu’à leur ruine » [52].

Partant du fait que les changements intervenus dans les conditions de l’après-guerre jouent encore plus en faveur de la révolution, et de la loi de l’immuabilité de la nature même de l’impérialisme et de la réaction, les marxistes-léninistes ont tiré des conclusions révolutionnaires, estimant qu’il faut pleinement mettre à profit l’excellent situation révolutionnaire qui se présente, œuvrer activement pour développer les luttes révolutionnaires et se préparer à faire triompher la révolution, en fonction des conditions spécifiques de chaque pays.

Mais Khrouchtchev, lui, en a conclu qu’il faut s’opposer à la révolution et la rejeter. Il soutient qu’avec le changement dans le rapport des forces sur le plan mondial, la nature de l’impérialisme et de la réaction a changé, la loi de la lutte des classes a changé, la voie commune de la Révolution d’Octobre n’a plus cours et que la théorie marxiste-léniniste sur la révolution prolétarienne est devenue désuète.

Khrouchtchev et autres s’ingénient à accréditer des contes fantastiques à la Mille et une nuits. Selon eux, « des conditions internationales et intérieures favorables à la révolution socialiste par voie pacifique sont en train de se créer pour la classe ouvrière dans de nombreux pays capitalistes » [53].

Ils ont aussi déclaré : « Entre la Première et la Seconde Guerres mondiales, la bourgeoisie réactionnaire de nombreux pays européens n’a cessé de développer et de perfectionner son appareil policier et bureaucratique et de réprimer avec sauvagerie les mouvements de masse du peuple travailleur, et il a donc été impossible à celui-ci de réaliser la révolution socialiste, par la voie pacifique ». Et ils prétendent que la situation a changé [54].

Ils ajoutent qu’à présent, « le changement radical favorable au socialisme intervenu dans le rapport des forces sur le plan mondial… a paralysé l’ingérence de la réaction internationale dans les affaires intérieures des pays en révolution » [55], et que « cela diminue les possibilités potentielles pour la bourgeoisie de déclencher la guerre civile » [56].

Cependant, les mensonges de Khrouchtchev et de ses semblables ne peuvent masquer la réalité.

Deux phénomènes marquants illustrent la période de l’après-guerre : partout l’impérialisme et la réaction renforcent leur appareil de violence et répriment cruellement les masses populaires ; partout l’impérialisme, États-Unis en tête, pratique l’intervention armée contre-révolutionnaire.

Les États-Unis sont plus militarisés qu’ils ne l’ont jamais été, leurs effectifs ont été portés à plus de 2.700.000 hommes, c’est-à-dire onze fois le chiffre de 1934 et neuf fois le chiffre de 1939. Leurs forces de police et leurs services secrets sont en si grand nombre que certains de leurs grands capitalistes ont admis qu’à cet égard, les États-Unis viennent en tête et surpassent même et de loin l’Allemagne hitlérienne.

La Grande-Bretagne a porté son armée permanente de plus de 250.000 hommes en 1934 à plus de 420.00 en 1963 et sa police de 67.000 hommes en 1934 à 87.000 en 1963.

En France, les effectifs de l’armée permanente sont passés de 650.000 hommes en 1934 à plus de 740.000 hommes en 1963, et ceux de la police et des Compagnies républicaines de Sécurité (C.R.S.) de 80.000 en 1934 à plus de 120.000 en 1963.

Les autres pays impérialistes, et les pays capitalistes en général, ont tous, sans exception, renforcé considérablement leurs forces armées et policières.

Khrouchtchev utilise avec le plus grand zèle le mot d’ordre de désarmement général et complet pour endormir les masses. Il le serine depuis des années, mais la vie réelle n’offre pas la moindre trace de ce désarmement général et complet. Dans tout le camp impérialiste, qui a les États-Unis pour chef de file, ce n’est qu’accroissement général et complet des armements, expansion et renforcement de l’appareil de répression par la violence.

Pourquoi la bourgeoisie renforce-t-elle avec tant de fièvre ses forces armées et policières en temps de paix ? Ne serait-ce plus pour réprimer les mouvements de masse du peuple travailleur, mais pour lui assurer la prise du pouvoir par la voie pacifique ? La bourgeoisie régnante n’a-t-elle pas commis suffisamment d’actes de violence, dans les dix-neuf années écoulées depuis la fin de la guerre, par l’intermédiaire de son armée et de sa police pour réprimer les ouvriers en grève et les masses populaires en lutte pour leurs droits démocratiques ?

Au cours des dix-neuf dernières années, l’impérialisme américain a créé des blocs militaires et conclu toutes sortes de traités militaires avec plus quarante pays. Il a installé plus de 2.200 bases et dispositifs militaires dans tous les coins du monde capitaliste. Ses forces armées à l’étranger se chiffrent à plus de 1.00.000 d’hommes. Son « Strike Command » assure la direction d’une force aéro-terrestre mobile, prête à être envoyée à tout moment pour réprimer les révolutions populaires.

Ces dix-neuf dernières années, les impérialistes américains et autres ont non seulement soutenu et aidé par tous les moyens les réactionnaires des autres pays à réprimer les mouvements révolutionnaires des peuples, mais ils sont aussi passés directement à l’action en préparant et perpétrant de nombreuses agressions et interventions armées contre-révolutionnaires, autrement dit, ils ont exporté la contre-révolution. Prenons l’impérialisme américain. En Chine, il a aidé Tchiang Kaï-chek à livrer la guerre civile, il a envoyé des troupes en Grèce et assumé le commandement des attaques contre les régions libérées par le peuple, il a mené une guerre d’agression contre la Corée, il a débarqué des troupes au Liban pour menacer la révolution irakienne, il a soutenu et aidé la réaction du Laos à étendre la guerre civile, il a organisé les soi-disant forces de l’O.N.U., placées sous son commandement, pour réprimer le mouvement d’indépendance nationale au Congo, et contre Cuba, il a monté des invasions contre-révolutionnaires. Il se bat toujours pour étouffer la lutte de libération du peuple sud-vietnamien. Tout dernièrement, il réprimait, par les armes, la juste lutte du peuple panaméen pour sa souveraineté, et il participe à l’intervention armée contre Chypre.

L’impérialisme américain non seulement poursuit implacablement des activités de répression et d’intervention contre toutes les révolutions populaires et tous les mouvements de libération nationale, mais il se promet aussi de se débarrasser de tout régime bourgeois teinté tant soit peu de nationalisme. Le gouvernement américain a machiné à maintes reprises, depuis dix-neuf ans, des coups d’Etat militaires contre-révolutionnaires dans un certain nombre de pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Il a même recouru à la violence pour liquider les laquais mis en place par ses propres soins, une fois que ceux-ci ne répondent plus à ses désirs, comme ce fut le cas avec Ngo Dinh Diem et ses semblables. L’âne qui ne peut plus faire tourner la meule est sacrifié, dit le dicton.

Les faits ont suffisamment démontré que pour les nations et les peuples opprimés qui veulent faire leur révolution et se libérer, il ne suffit pas de tenir tête à la répression violente exercée par la classe dominante réactionnaire de leur pays, ils doivent aussi être suffisamment préparés à faire face à l’intervention armée de l’impérialisme, et de l’impérialisme américain en particulier. Sans pareille préparation et sans riposte résolue à la violence contre-révolutionnaire par la violence révolutionnaire, lorsque cela s’impose, il ne saurait être question de révolution, et moins encore de faire triompher la révolution.

Les pays qui ont conquis leur indépendance nationale ne pourront pas la conserver, et encore moins assurer le développement de la cause révolutionnaire, s’ils ne renforcent pas leur puissance armée, ne se préparent pas suffisamment pour pouvoir faire face à l’agression et à l’intervention armées de l’impérialisme, et renoncent au principe de la lutte contre lui.

Aux dirigeants du P.C.U.S., nous demandons : « quand vous parlez d’abondance des nouvelles caractéristiques de l’après-guerre, pourquoi omettez-vous délibérément celle, extrêmement importante et manifeste, ayant trait à l’impérialisme américain et à d’autres impérialismes étouffant partout la révolution ? Vous nous rebattez les oreilles avec le passage pacifique, mais pourquoi ne soufflez-vous mot de la manière dont doit être combattue la gigantesque machinerie de répression par la violence montée par les impérialistes et les réactionnaires ? Pourquoi masquez-vous cyniquement la réalité sanglante de la sauvage oppression, par l’impérialisme et la réaction, des mouvements de libération nationale et des mouvements révolutionnaires des peuples, tout en propageant des illusions sur la possibilité pour les nations et peuples opprimés d’obtenir la victoire pacifiquement. N’est-il pas clair que vous essayez d’émousser la vigilance des peuples d’apaiser la colère des masses en faisant miroiter de brillants mirages et que vous vous opposez à ce qu’ils fassent la révolution, que vous agissez donc en fait comme des complices de l’impérialisme et de la réaction ?

A ce sujet, il n’est pas inutile de citer une fois de plus John Foster Dulles, feu le secrétaire d’Etat américain, « professeur par l’exemple négatif ».

Dulles déclarait, dans un discours prononcé le 21 juin 1956, que, jusque-là, tous les pays socialistes avaient été établis « par la violence ». Il ajoutait que « maintenant, les gouvernements soviétiques déclarent qu’ils renonceront à la violence… Nous saluons et encourageons cette évolution » [57].

Fidèle défenseur du système capitaliste, Dulles comprenait fort bien le rôle important de la violence dans la lutte de classe et, en saluant l’abandon de la révolution par la violence, préconisé par Khrouchtchev, il insistait sur la nécessité pour la bourgeoisie de renforcer la violence contre-révolutionnaire en vue de maintenir son règne. Dans un autre discours, il disait que « de toutes les tâches du gouvernement, la tâche essentielle est de protéger ses citoyens [lisez : « les classes dominantes réactionnaires »] contre la violence » et que « dans toute société civilisée, les membres contribuent à entretenir une force de police, arme pour le maintien de l’ordre et de la loi » [58].

Dulles disait ici la vérité. La base politique du règne de l’impérialisme et de toute la réaction n’est rien d’autre qu’une « force de police » et tant qu’elle n’est pas entamée, rien au fond n’a vraiment d’importance et leur domination ne peut être ébranlée. Plus les dirigeants du P.C.U.S. dissimulent que la bourgeoisie règle par la violence et prêchent le mythique passage pacifique jadis salué par Dulles, plus ils se révèlent comme les compères de l’impérialisme dans l’opposition à la révolution.

 RÉFUTATION DE LA « VOIE PARLEMENTAIRE »

Lénine a totalement réfuté la théorie de la « voie parlementaire » prônée par les révisionnistes de la IIe Internationale et il y a beau temps qu’elle a fait faillite. Mais soudain, après la Seconde Guerre mondiale, la « voie parlementaire » semble être devenue efficace aux yeux de Khrouchtchev.

Est-elle vraiment efficace ? Bien sûr que non.

Les événements intervenus depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale montrent une fois de plus que l’organe principal de la machine d’État bourgeoise est la force armée et non le parlement. Le parlement n’est qu’un ornement, un paravent de la domination bourgeoise. Ce sont les besoins et les intérêts de celle-ci qui font adopter ou supprimer le système parlementaire, investir le parlement de pouvoirs étendus ou limités, appliquer un certain système électoral plutôt qu’un autre. Tant que la bourgeoisie détient l’appareil bureaucratique militaire, il est impossible, pour le prolétariat, d’obtenir une « majorité solide au parlement », par les élections, et l’aurait-il, qu’elle ne serait nullement stable. La réalisation du socialisme par la « voie parlementaire » est totalement impossible et en parler, c’est tromper les autres et soi-même.

Environ la moitié des partis communistes des pays capitalistes sont dans l’illégalité et, pour des partis qui ne jouissent même pas d’un statut légal, la question de la majorité parlementaire ne se pose évidemment pas.

Par exemple, le Parti communiste espagnol vit toujours sous le régime de la terreur blanche et il n’a même pas la possibilité de participer aux élections. Il est donc tout à fait absurde et tragique que des dirigeants du Parti espagnol comme Ibárruri emboîtent le pas à Khrouchtchev et prêchent la réalisation du « passage pacifique » en Espagne.

Dans certains pays capitalistes les partis communistes ont un statut légal et peuvent participer aux élections, mais sous la domination bourgeoise et par suite de diverses dispositions inéquitables du système électoral bourgeois, il leur est très difficile d’obtenir une majorité aux élections. Et l’obtiendraient-ils que la bourgeoisie pourrait toujours, d’une façon ou de l’autre, les empêcher d’enlever la majorité des sièges au parlement, notamment en révisant la loi électorale.

Par exemple, depuis la Seconde Guerre mondiale, la bourgeoisie monopoliste française a, à deux reprises, amendé les lois électorales, ce qui se traduisit, chaque fois, pour le Parti communiste français, par une sensible diminution de ses sièges au parlement. Au cours des élections de 1946, le P.C.F. obtint 182 sièges. Mais en 1951, la révision des lois électorales par la bourgeoisie monopolise en fit brusquement tomber le nombre à 103 (soit une diminution de 79 sièges). En 1956, le P.C.F. obtint 150 sièges. Mais lors des élections parlementaires de 1958, la bourgeoisie monopolise révisa de nouveau son système électoral et le P .C.F. n’eut plus que 10 sièges en ayant perdu 140.

Dans certaines circonstances, même si un parti communiste emportait la majorité au parlement, ou participait au gouvernement grâce à des succès électoraux, cela ne signifierait en aucune façon un changement du caractère bourgeois du parlement et du gouvernement, encore moins l’écrasement de la vieille machine d’Etat et l’installation d’une nouvelle machine d’Etat. Il est absolument impossible de parvenir à une transformation radicale de la société en prenant appui sur un parlement ou un gouvernement bourgeois. La bourgeoisie réactionnaire qui contrôle la machine d’Etat a toute latitude d’annuler les élections, de dissoudre le parlement, d’expulser les communistes du gouvernement, d’interdire le parti communiste et de recourir à la force brutale pour réprimer les masses populaires et les forces progressistes.

En 1946, par exemple, le Parti communiste chilien épaula le Parti radical bourgeois pour qu’il triomphe aux élections et forme un gouvernement de coalition comprenant des communistes. Les dirigeants du Parti communiste chilien qualifièrent même ce gouvernement contrôlé par la bourgeoisie de « gouvernement démocratique populaire ». Moins d’un an après, la bourgeoisie mettait les communistes en demeure de quitter le gouvernement, en arrêtait un grand nombre, et, en 1948, proclamait le Parti communiste chilien hors la loi.

Lorsqu’un parti ouvrier dégénère, devient un parti à la solde de la bourgeoisie, il se peut que la bourgeoisie lui permette de détenir la majorité au parlement, voire de former le gouvernement. Tel est le cas, dans certains pays, avec les partis sociaux-démocrates à caractère bourgeois. Mais ceci ne fait que maintenir et consolider la dictature de la bourgeoisie, ne change rien à l’état d’oppression et d’exploitation dans lequel se trouve le prolétariat et ne peut en rien le changer. Ces exemples sont autant de nouveaux témoignages de la faillite de la « voie parlementaire ».

Les événements survenus depuis la Seconde Guerre mondiale montrent également que si les dirigeants d’un parti communiste se fient à la « voie parlementaire », et sont touchés par le « crétinisme parlementaire », ce mal incurable, ils ne parviennent à rien, sombreront inévitablement dans le bourbier du révisionnisme et finiront par enterrer la cause révolutionnaire prolétarienne.

Il y a depuis toujours divergence fondamentale entre marxistes-léninistes, d’une part, et opportunistes et révisionnistes, de l’autre, sur l’attitude à adopter envers les parlements bourgeois.

Depuis toujours, les marxistes-léninistes estiment que, dans certaines conditions, le parti prolétarien doit participer à la lutte parlementaire, utiliser la tribune du parlement pour dénoncer le caractère réactionnaire de la bourgeoisie, éduquer le masses populaires et accumuler des forces révolutionnaires. Il est faux de ne pas utiliser cette forme de combat légale quand cela s’avère nécessaire. Mais jamais le parti prolétarien ne doit substituer la lutte parlementaire à la révolution prolétarienne, ni rêver de réaliser le passage au socialisme par la « voie parlementaire ». Le parti prolétarien doit, en tout temps, concentrer son attention sur la lutte des masses.

Lénine disait : « Le parti du prolétariat révolutionnaire doit participer au parlementarisme bourgeois pour instruire les masses, grâce aux élections et à la lutte parlementaire des partis. Mais limiter la lutte des classes à la lutte parlementaire ou bien considérer cette dernière comme la forme de lutte supérieure, décisive, à laquelle doivent être subordonnées toutes les autres, c’est passer en fait aux côtés de la bourgeoisie contre le prolétariat » [59].

Lénine a reproché aux révisionnistes de la IIe Internationale de s’être bercés d’illusions au sujet du système parlementaire, d’avoir abandonné la tâche révolutionnaire qui était de prendre le pouvoir, et d’avoir transformé les partis prolétariens en parti électoraux, en partis parlementaires, en appendices de la bourgeoisie et en instruments de défense de la dictature bourgeoise. En prônant à présent la « voie parlementaire », Khrouchtchev et ses disciples ne peuvent que retomber dans les erreurs mêmes des révisionnistes de la IIe Internationale.

 RÉFUTATION DE L’« OPPOSITION A L’OPPORTUNISME DE GAUCHE »

Dans sa lettre ouverte, le Comité central du P.C.U.S. a forgé une série de mensonges en traitant de la révolution prolétarienne. Il prétend que le P.C.C. est pour le mot d’ordre de la révolution prolétarienne immédiate », même en l’absence d’une situation révolutionnaire, qu’il préconise l’abandon de la « lutte pour les droits démocratiques et les intérêts vitaux des travailleurs des pays capitalistes » [60], et qu’il élève la lutte armée au rang de moyen « absolu » [61], etc. Les dirigeants du P.C.U.S. taxent continuellement le P.C.C. d’« opportunisme de gauche », « d’aventurisme de gauche » et de « trotskisme ».

Le fait est qu’ils font tout ce tintamarre pour masquer leur ligne révisionniste qui s’oppose à la révolution et la rejette. Ce qu’ils traitent et attaquent comme étant de l’« opportunisme de gauche », n’est rien d’autre que la ligne révolutionnaire marxiste-léniniste.

Nous avons toujours maintenu que la révolution ne peut être déclenchée comme on l’entend et qu’elle est impossible si la situation n’est pas favorable. Mais son éclatement et son triomphe ne dépendent pas seulement d’une situation objective révolutionnaire, ils dépendent aussi des préparatifs faits et de l’action menée par les forces révolutionnaires subjectives.

Il y a aventurisme « de gauche » si le parti prolétarien, faute d’une juste estimation de la situation objective et des facteurs subjectifs, déclenche la révolution à la légère, alors que les conditions ne sont pas encore mûres. Et opportunisme de droite, révisionnisme, s’il n’est pas fait de préparatifs actifs en vue de la révolution, lorsqu’il n’y a pas encore de situation révolutionnaire, ou si le parti prolétarien n’ose prendre la direction de la révolution et saisir le pouvoir, alors que les conditions sont mûres et qu’une situation révolutionnaire se présente.

La question fondamentale et d’importance capitale pour le parti prolétarien est de porter toute son attention au travail ardu que requiert l’accroissement des forces révolutionnaires en attendant l’heure propice à la conquête du pouvoir. Le but essentiel de la lutte quotidienne et de sa direction active est de bâtir une puissance révolutionnaire et de se préparer à arracher la victoire lorsque les conditions sont mûres. Le parti prolétarien doit utiliser toutes les formes de la lutte quotidienne pour élever la conscience politique du prolétariat et des masses populaires, former ses propres forces de classe, forger leur combativité et préparer la révolution sur les plans idéologique et politique, sur celui de l’organisation, et sur le plan militaire. Et c’est seulement en agissant ainsi qu’il pourra saisir le moment propice pour faire triompher la révolution lorsque les conditions auront mûri. Sinon, il laissera tout simplement échapper ce moment, même si la situation révolutionnaire objective joue en sa faveur.

Comment le parti du prolétariat doit-il mener son combat révolutionnaire quotidien, comment doit-il accroître les forces révolutionnaires avant l’apparition d’une situation révolutionnaire ? Les dirigeants du P.C.U.S. n’en soufflent mot. Mais, par contre, ils répètent à tout bout de champ qu’aucune révolution ne peut être entreprise s’il n’y a pas de situation révolutionnaire. En fait, l’absence de situation révolutionnaire est le prétexte dont ils usent pour supprimer carrément les tâches d’accroissement des forces révolutionnaires et de préparation de la révolution.

Lénine a donné une excellente description de l’attitude du renégat Kautsky envers la situation révolutionnaire : « Si oui, [une situation révolutionnaire se présente] il est prêt, lui aussi, à se faire révolutionnaire ! Mais alors, dirons-nous, la première canaille venue … n’aurait qu’à se déclarer révolutionnaire ! … Sinon, Kautsky se détourne de la révolution ! » Lénine fit remarquer que Kautsky agissait comme le « philistin » typique qu’il était, et que la différence entre un philistin et un marxiste révolutionnaire réside dans le courage de « préparer le prolétariat et toutes les masses travailleuses et exploitées [à la révolution] » [62]. On jugera si, oui ou non, Khrouchtchev et ses disciples ressemblent aux philistins à la Kautsky flétris par Lénine.

Nous avons toujours estimé que dans les pays capitalistes, le parti prolétarien doit tout d’abord diriger activement la classe ouvrière et les autres travailleurs dans la lutte contre le capital monopolise, pour la défense des droits démocratiques, pour l’amélioration des conditions de vie, contre l’accroissement des armements et les préparatifs de guerre de l’impérialisme, pour la défense de la paix mondiale, et qu’il doit soutenir activement la lutte révolutionnaire des nations opprimées.

Dans tous les pays capitalistes victimes de l’agression, du contrôle, de l’intervention et des vexations de l’impérialisme américain, les partis prolétariens doivent lever haut le drapeau de la lutte nationale contre ce dernier, diriger principalement la lutte des masses contre lui, contre le capital monopoliste qui trahit les intérêts de la nation et contre les autres forces réactionnaires du pays. Ils doivent rallier toutes les forces susceptibles d’être ralliées pour former un front uni contre l’impérialisme américain et ses laquais.

Ces dernières années, la classe ouvrière et les autres travailleurs de nombreux pays capitalistes ont entrepris des luttes de masse de grande envergure. Celles-ci ont non seulement frappé le capital monopoliste et les autres forces réactionnaires du pays, mais ont été un soutien énergique à la lutte révolutionnaire des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine ainsi qu’aux pays du camp socialiste. Ceci a toujours été pleinement apprécié par nous.

Tout en dirigeant activement les luttes d’intérêt immédiat, les communistes doivent allier celles-ci à la lutte d’intérêt général à long terme, éduquer les masses dans l’esprit révolutionnaire du prolétariat, élever sans cesse leur conscience politique, accumuler les forces révolutionnaires afin d’arracher la victoire lorsque sonnera l’heure de la révolution.

Notre point de vue est entièrement marxiste-léniniste.

Les dirigeants du P.C.U.S. propagent, contrairement aux vues des marxistes-léninistes, que « dans les pays capitalistes hautement développés, les tâches démocratiques et socialistes sont liées si étroitement les unes aux autres qu’il est difficile de tracer une ligne de démarcation entre elles » [63]. C’est substituer la lutte d’intérêt immédiat à la lutte à long terme, le réformisme à la révolution prolétarienne.

Lénine a dit qu’« aucune réforme ne peut être définitivement acquise, réelle et sérieuse, si elle n’est pas soutenue par des méthodes révolutionnaires de lutte des masses », qu’un parti de la classe ouvrière qui « n’allie pas cette lutte pour les réformes aux méthodes révolutionnaires du mouvement ouvrier risque de devenir une secte, de se couper des masses et que c’est là le danger le plus grave, qui met en cause le succès du véritable socialisme révolutionnaire » [64].

Il a dit aussi que « toute revendication démocratique… est subordonnée, pour les ouvriers conscients, aux intérêts supérieurs du socialisme » [65]. Se référant à Engels dans L’État et la révolution, il soulignait que si l’on oublie les grandes considérations essentielles face aux intérêts momentanées du jour, dans la course aux succès éphémères sans se préoccuper des conséquences ultérieures, et que l’on abandonne l’avenir du mouvement en le sacrifiant au présent, c’est de l’opportunisme et du plus dangereux.

C’est précisément pour cette raison que Lénine critiqua Kautsky qui s’était mis « à louer le réformisme et la subordination à la bourgeoisie impérialiste, à blâmer la révolution, à la renier » [66].

Lénine a affirmé que si « le prolétariat lutte pour le renversement révolutionnaire de la bourgeoisie impérialiste », Kautsky, lui, voulait le « perfectionnement » réformiste de l’impérialisme, pour s’y adapter et en se subordonnant à lui » [67].

La critique de Kautsky par Lénine est une bonne image des dirigeants du P.C.U.S. d’aujourd’hui.

Nous avons toujours estimé que pour pouvoir diriger la classe ouvrière et les masses dans la révolution, le parti prolétarien doit maîtriser tous les modes de combat, les coordonner, et substituer rapidement un mode à un autre lorsque changent les conditions de la lutte. Il ne pourra faire face à chaque éventualité et être vraiment invincible que s’il maîtrise toutes les formes de combat, tant pacifiques qu’armées, ouvertes et clandestines, légales et illégales, la lutte parlementaire et la lutte de masse, la lutte à l’intérieur du pays et la lutte sur le plan international, etc.

Le triomphe de la révolution chinoise résulte précisément du fait que, ayant assimilé l’expérience historique de la lutte du prolétariat international, les communistes chinois ont su parfaitement maîtriser, dans leur ensemble, tous les modes de combat, conformément aux caractéristiques concrètes de la révolution chinoise. La principale forme revêtue par la révolution chinoise fut la lutte armée. Cependant la révolution chinoise n’aurait pas triomphé s’il n’y avait eu coordination entre les différentes formes de lutte.

Le P.C.C. a combattu sur deux fronts au cours de la révolution. Il a combattu et la déviation de droite qu’est le légalisme et la déviation de « gauche » qu’est l’illégalisme, et il a combiné avec justesse les luttes légales et illégales. Nous avons, partout dans le pays, lié avec justesse la lutte des bases révolutionnaires à celle des régions sous domination kuomintanienne et dans celles-ci, le travail légal au travail clandestin, nous avons pleinement utilisé les possibilités légales, tout en observant strictement les règles du Parti en matière de travail clandestin. La révolution chinoise a engendré toute une série de modes de combat extrêmement complexes et diversifiés, adaptés à ses propres conditions.

La longue expérience pratique du P.C.C. lui a fait pleinement saisir qu’il est faux de refuser toute lutte légale, de restreindre le travail du Parti à un cadre limité et de séparer ainsi le Parti des masses. Mais le légalisme colporté par les révisionnistes ne peut en aucun cas être toléré. Ces derniers rejettent la lutte armée ainsi que toute lutte illégale et se contentent de la lutte et des activités légales qui confinent les activités du Parti et les luttes de masses dans les limites autorisées par la classe dominante. Ils réduisent le programme essentiel du Parti jusqu’à l’abandonner, renonçant à la révolution pour se plier aux lois et décrets de la réaction.

Comme Lénine le disait, les révisionnistes du genre Kautsky étaient corrompus et obsédés par la légalité bourgeoise. « On a vendu le droit du prolétariat à la révolution en échange du plat de lentilles des organisations autorisées par l’actuelle loi policière » [68].

Les dirigeants du P.C.U.S. et leurs disciples font mine de s’intéresser aux différents modes de combat, mais ils préconisent en fait le légalisme et ont renoncé au but qu’est la révolution prolétarienne, sous prétexte de changer de mode de combat. Là aussi, ils ont remplacé le léninisme par le kautskisme.

Les dirigeants du P.C.U.S. recourent souvent à la grande œuvre de Lénine, La maladie infantile du communisme (le « gauchisme »), pour justifier leur ligne erronée et « asseoir » leurs attaques contre le Parti communiste chinois.

C’est évidemment peine perdue. Comme toutes les autres œuvres de Lénine, celle-ci ne peut servir d’arme qu’aux marxistes-léninistes dans leur lutte contre l’opportunisme de toutes nuances et non d’instrument aux révisionnistes pour se justifier.

Lénine a critiqué le « gauchisme » après avoir rompu avec les révisionnistes de la IIe Internationale et fondé la IIIe Internationale, pour appeler les partis du prolétariat à employer habilement les tactiques révolutionnaires et à préparer mieux encore la révolution.

Il a souligné dans ce même ouvrage qu’à l’époque, les principaux ennemis du mouvement ouvrier mondial étaient les opportunistes à la Kautsky. Il a maintes fois recommandé qu’il fallait d’abord rompre une fois pour toutes avec le révisionnisme, et qu’ensuite seulement, il pourrait être question d’apprendre à maîtriser les tactiques révolutionnaires.

Les camarades atteints de cette maladie et que Lénine critiqua, étaient encore pour la révolution, tandis que de nos jours, le révisionnistes Khrouchtchev s’y oppose. Il est donc à rejeter dans la même catégorie que Kautsky et il ne lui appartient pas de discourir sur l’opposition au « gauchisme ».

Les dirigeants du P.C.U.S. ont voulu imposer l’étiquette de « trotskisme » au P.C.C. Il n’est rien de plus absurde. En fait, c’est Khrouchtchev et nul autre qui a hérité de Trotsky et qui se tient aux côtés des trotskistes d’aujourd’hui.

Le trostskisme se manifeste différemment selon les questions et porte souvent le masque du « gauchisme extrême ». Mais son essence, c’est l’opposition à la révolution, le rejet de la révolution.

Par le combat contre la révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat, qui sont le problème fondamental, le trotskisme s’affirme, par son essence, être de la même famille que le révisionnisme de la IIe Internationale. C’est pour cela que Staline a affirmé à plusieurs reprises que le trotskisme est une variété du menchévisme, qu’il est du kautskisme, de la social-démocratie, le détachement d’avant-garde de la bourgeoisie contre-révolutionnaire.

L’essence du révisionnisme de Khrouchtchev est également l’opposition à la révolution et le rejet de la révolution. C’est pourquoi, on ne peut qu’arriver à la conclusion suivante : le révisionnisme de Khrouchtchev a non seulement la même origine que le kautskisme, mais de plus poursuit le même but que le trotskisme, et Khrouchtchev ferait donc bien mieux de garder l’étiquette de « trotskisme » pour lui.

 DEUX LIGNES, DEUX RÉSULTATS

L’histoire est le meilleur des témoins. Le mouvement communiste international et la lutte révolutionnaire des peuples ont beaucoup gagné en expérience depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il y a eu l’expérience des succès et aussi celle des échecs. Les communistes et les peuples révolutionnaires du monde entier doivent en tirer de justes conclusions.

C’est en suivant une ligne marxiste-léniniste révolutionnaire et en empruntant la voie de la Révolution d’Octobre que la révolution socialiste a triomphé, depuis la fin de la guerre, dans toute une série de pays en Europe orientale, en Asie et en Amérique latine. Outre l’expérience de la Révolution d’Octobre, il y a aujourd’hui l’expérience des révolutions de Chine, des pays socialistes d’Europe orientale, de Corée, du Vietnam, de Cuba. Les révolutions victorieuses de ces pays ont enrichi et développé le marxisme-léninisme et l’expérience de la Révolution d’Octobre.

On voit que, de la Chine à Cuba, la révolution, sans exception, n’a triomphé que par la lutte armée et le combat contre l’agression et l’intervention armées de l’impérialisme.

Le peuple chinois n’a pu faire triompher sa révolution qu’au prix de vingt-deux années de guerres révolutionnaires, après avoir écrasé complètement, au cours de la Guerre de Libération populaire des trois dernières années de cette période, la réaction tchiankaïchiste qui avait l’appui total de l’impérialisme américain.

Le peuple coréen, après quinze années de lutte armée révolutionnaire contre l’impérialisme japonais, à partir de 1930, a créé, développé ses forces armées révolutionnaires et a fini par remporter la victoire avec l’aide de l’Armée soviétique. Après la fondation de la République démocratique populaire de Corée, il a combattu trois années encore l’agression armée de l’impérialisme américain, avant de pouvoir consolider sa révolution triomphante.

Le peuple vietnamien a conquis le pouvoir par le soulèvement armé d’août 1945, il a ensuite mené, pendant huit ans, la Guerre de Libération nationale contre l’impérialisme français, mis en échec l’intervention militaire de l’impérialisme américain et finalement remporté la victoire dans le nord du Vietnam. Le peuple du sud du pays continue à combattre héroïquement l’agression armée de l’impérialisme américain.

Le peuple cubain est passé au soulèvement armé dès 1953. Plus tard, après plus de deux ans de guerre révolutionnaire populaire, il a jeté par-dessus bord la domination de l’impérialisme américain et de son laquais Batista. Après la révolution victorieuse, il a dû écraser une invasion armée de mercenaires de l’impérialisme américain pour sauvegarder les conquêtes de sa révolution.

Et les autres pays socialistes ont tous été fondés de même, par la lutte armée.

Quels sont les principaux enseignements à tirer des révolutions accomplies après la Seconde Guerre mondiale par le prolétariat dans toute une série de pays, depuis la Chine jusqu’à Cuba ?

1. La révolution violente est une loi générale de la révolution prolétarienne. Pour réaliser le passage au socialisme, le prolétariat doit engager la lutte armée, briser la vieille machine d’Etat et instaurer la dictature du prolétariat.

2. Les paysans sont les plus sûrs alliés du prolétariat. Le prolétariat doit s’appuyer solidement sur les paysans, créer un large front uni fondé sur l’alliance ouvrière et paysanne et garder fermement la direction de la révolution.

3. L’impérialisme américain est le principal ennemi de la révolution populaire de tous les pays. Le prolétariat doit maintenir haut le drapeau de la lutte nationale contre les Etats-Unis et oser combattre résolument les impérialistes américains et leurs laquais.

4. La révolution des nations opprimées est l’alliée indispensable de la révolution prolétarienne. Les prolétaires du monde entier doivent s’unir, ils doivent s’unir avec toutes les nations opprimées et toutes les forces qui s’opposent à l’impérialisme et à ses laquais pour former un large front uni international.

5. La révolution est impossible sans parti révolutionnaire. La révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat ne peuvent triompher sans un parti prolétarien révolutionnaire édifié selon les théories et le style révolutionnaires marxistes-léninistes, ayant une position intransigeante vis-à-vis des révisionnistes et des opportunistes et une position révolutionnaire vis-à-vis des classes réactionnaires régnantes et de leur pouvoir.

Persévérer dans la lutte armée révolutionnaire est non seulement d’une importance primordiale pour la révolution prolétarienne, mais aussi pour la révolution nationale et démocratique des nations opprimées. Par sa guerre victorieuse de libération nationale, l’Algérie a fourni un bon exemple dans ce domaine.

L’histoire de l’après-guerre de tous les partis prolétariens nous montre que tout parti prolétarien, qui a suivi une ligne révolutionnaire, adopté une stratégie et des tactiques correctes et dirigé activement les masses populaires dans leur lutte révolutionnaire, a fait progresser la cause révolutionnaire vers la victoire et a vu ses propres forces se développer vigoureusement. En revanche, tout parti prolétarien qui suit une ligne opportuniste et non révolutionnaire et a accepté la ligne du « passage pacifique » de Khrouchtchev, porte un grave préjudice à la cause révolutionnaire, se transforme en un parti réformiste privé de toute vitalité, voire dégénère complètement pour devenir un instrument antiprolétarien de la bourgeoisie. Les cas ne manquent pas.

Les camarades du Parti communiste irakien étaient pleins de dynamisme révolutionnaire. Mais des pressions extérieures les ont contraints à accepter la ligne révisionniste de Khrouchtchev et ils ont relâché leur vigilance envers la contre-révolution. Pendant le coup d’État armé de la contre-révolution, une partie des camarades dirigeants ont péri héroïquement, des milliers et des milliers de communistes et révolutionnaires irakiens ont été massacrés, le puissant Parti communiste irakien fut brisé et la cause révolutionnaire subit un rude échec en Irak. Voilà une sanglante et tragique leçon de l’histoire de la révolution prolétarienne.

Les dirigeants du Parti communiste algérien, obéissant docilement à la baguette de Khrouchtchev et des dirigeants du Parti communiste français, ont accepté intégralement la ligne révisionniste opposée à la lutte armée. Mais le peuple algérien n’en voulut rien savoir, il combattit résolument l’impérialisme, lutta pour l’indépendance nationale, contraignit finalement le gouvernement français à reconnaître son indépendance. D’autre part, le Parti communiste algérien, en suivant la ligne révisionniste de la direction du P.C.U.S., a perdu la confiance du peuple et sa place dans la vie politique algérienne.

Au cours de la révolution cubaine, certains dirigeants du Parti socialiste populaire de l’époque refusèrent la ligne révolutionnaire marxiste-léniniste et la juste ligne de la lutte armée révolutionnaire, pour suivre la ligne révisionniste de Khrouchtchev se prononçant pour le « passage pacifique » et s’opposant à la révolution violente. Dans ces circonstances, les marxistes-léninistes cubains, non-membres ou membres du Parti, représentés par le camarade Fidel Castro, écartèrent à juste titre ces « dirigeants » opposés à la révolution violente, ils allèrent à la révolution, la poursuivirent avec le peuple révolutionnaire et enlevèrent enfin une victoire de grande portée historique.

Certains dirigeants du Parti communiste français, représentés par Maurice Thorez, pratiquent depuis longtemps, une ligne révisionniste, prônent, sous la baguette de Khrouchtchev, la « voie parlementaire » et ont, en fait, abaissé le parti communiste au rang de parti social-démocrate. Ils ne soutiennent pas activement les aspirations révolutionnaires des masses populaires, et ont rengainé l’étendard de la lutte nationale contre l’impérialisme américain. C’est parce qu’ils ont suivi cette ligne révisionniste, qu’ils ont de plus en plus isolé et fait tomber en décadence un parti qui avait une grande influence sur les masses.

Certains dirigeants du Parti communiste indien, représentés par Dange, appliquent depuis longtemps une ligne révisionniste, rejettent l’étendard de la révolution et abandonnent la direction des luttes révolutionnaires, nationales et démocratiques, des masses populaires. La clique de Dange glisse de plus en plus bas sur la pente du révisionnisme, dégénère en une faction chauvine, en un instrument de la politique réactionnaire des gros propriétaires fonciers et de la grande bourgeoisie de l’Inde, et en renégate du prolétariat.

Il est clair comme le jour que ces deux lignes foncièrement différentes ont donné deux résultats complètement différents. Toutes ces leçons et enseignements méritent une étude sérieuse.

 DE BROWDER ET TITO A KHROUCHTCHEV

Le révisionnisme de Khrouchtchev a de profondes racines historiques et sociales et porte l’empreinte de l’époque. Comme le disait Lénine, « l’opportunisme n’est pas un effet du hasard, ni un péché, ni une bévue, ni la trahison d’individus isolés, mais le produit social de toute une époque historique » [69].

Alors qu’il connaissait un énorme essor depuis la Seconde Guerre mondiale, le mouvement communiste international a vu surgir, dans ses rangs, son antithèse, un contre-courant révisionniste qui s’oppose au socialisme, au marxisme-léninisme et à la révolution prolétarienne. Ce contre-courant a trouvé son expression concentrée en la personne de Browder d’abord, en celle de Tito ensuite et aujourd’hui en celle de Khrouchtchev. Le révisionnisme de ce dernier n’est que la continuation et le développement de celui de Browder et de Tito.

Browder commença à manifester son révisionnisme aux environs de 1935, par l’apologie de la démocratie bourgeoise, l’abandon de la critique nécessaire à l’égard du gouvernement bourgeois et l’assimilation de la dictature bourgeoise à un paradis communiste, sous le mot d’ordre : « Le communisme est l’américanisme du XXe siècle » [70].

Un front uni antifasciste ayant été créé sur le plan international et national durant la Seconde guerre mondiale, Browder devint obsédé par la « démocratie », le « progrès » et la « sagesse » de la bourgeoisie, se prosterna devant la bourgeoisie et dégénéra en parfait capitulationniste. Il propagea toute une série d’opinions révisionnistes, enjolivant la bourgeoisie, combattant et rejetant la révolution. Il proclama que la Déclaration de Téhéran de l’Union soviétique, des États-Unis et de la Grande-Bretagne inaugurait pour le monde une ère de confiance et de collaboration à long terme » entre le capitalisme et le socialisme et qu’elle était capable d’assurer « la paix pendant de nombreuses générations » [71].

Il déclara que les accords internationaux conclus entre l’Union soviétique, les États-Unis et la Grande-Bretagne « représentent sans exception les intérêts vitaux de toutes les nations et de tous les peuples du monde » [72], et que « la perspective d’un chaos intérieur [aux États-Unis] est incompatible avec celle de l’ordre international ». Par conséquent, il était nécessaire, ajoutait-il, de s’opposer au « déclenchement des conflits de classe de notre pays », de « réduire autant que possible » la lutte des classes dans le pays et de la « confiner dans des limites bien déterminées » [73].

Il propagea aussi l’idée qu’une nouvelle guerre serait « une destruction véritablement catastrophique d’une grande partie du globe », « plongerait… la majeure partie du monde dans un état de barbarie pour une cinquantaine ou une centaine d’années », et que pour éliminer les désastres d’une guerre, il était nécessaire « de mettre l’accent sur l’unité au-dessus de toute distinction de classe » [74].

Il se fit l’avocat d’« un appui total sur la persuasion démocratique et la conviction » [75], pour réaliser le socialisme et prôna qu’après la Seconde Guerre mondiale, « les conditions permettant de réaliser un passage pacifique au socialisme étaient réunies » dans certains pays.

Il nia l’indépendance des partis prolétariens, affirmant que les communistes « prévoient que les buts politiques pratiques qu’ils se sont fixés coïncideront, pour une longue période et sur tous les points essentiels, avec les buts des non-communistes, de beaucoup plus nombreux » [76]. Guidé par ces idées, il procéda à la dissolution du Parti communiste des États-Unis.

Le révisionnisme de Browder amena, pour un certain temps, la cause révolutionnaire du prolétariat des États-Unis au bord de l’abîme et de plus, des partis prolétariens d’autres pays furent contaminés, touchés par le poison du liquidationnisme.

La ligne révisionniste de Browder qui se heurta à l’opposition de bien des communistes américains ayant le camarade William Z. Foster à leur tête, fut rejetée et répudiée par la plupart des partis frères. Néanmoins, dans son ensemble, le mouvement communiste international n’a pas procédé à une critique sans merci ni à la liquidation complète de la tendance révisionniste représentée par le browderisme. Le courant révisionniste connut de nouveaux développements dans les conditions nouvelles de l’après-guerre, au sein des partis communistes de certains pays.

Dans les pays capitalistes, le développement du courant révisionniste se manifeste avant tout par le fait que les dirigeants de certains partis communistes ont abandonné la ligne marxiste-léniniste révolutionnaire et proclamé la ligne du « passage pacifique ». Le modèle même de cette ligne est la théorie des « réformes de structure » de Togliatti, qui se propose d’assurer au prolétariat la direction de l’Etat en empruntant la voie légale de la démocratie bourgeoise et de réaliser la transformation socialiste de l’économie nationale par les « nationalisations ». Cela revient à dire qu’il est possible d’établir des rapports de production, nouveaux, socialistes et de réaliser le passage au socialisme sans briser la machine d’Etat bourgeoise. En fait, c’est là amener le communisme à dégénérer en social-démocratie.

Dans les pays socialistes, le courant révisionniste est apparu tout d’abord en Yougoslavie. Une des caractéristiques importantes du révisionnisme de Tito, c’est sa capitulation devant l’impérialisme américain. La clique de Tito s’aligne entièrement sur celui-ci et non seulement elle a rétabli le capitalisme en Yougoslavie, mais s’est aussi faite l’instrument de l’impérialisme pour saper le camp socialiste et le mouvement communiste international et joue le rôle de détachement spécial de l’impérialisme américain dans le sabotage de la révolution mondiale.

Afin de servir l’impérialisme américain, de supprimer et de combattre la révolution prolétarienne, la clique de Tito déclara carrément que la révolution violente était devenue « de plus en plus superflue en tant que moyen pour résoudre les contradictions sociales » [77], que la « réalisation de l’évolution au socialisme », par le parlement bourgeois, « est non seulement possible, mais est déjà un fait » [78]. Ce groupe va jusqu’à ne plus faire de distinction entre capitalisme et socialisme, alléguant que le monde d’aujourd’hui « est, dans son ensemble si profondément plongé dans le socialisme qu’il est devenu socialiste » [79]. Et encore : « Aujourd’hui, la question de savoir s’il s’agit de socialisme ou de capitalisme est désormais résolue sur le plan mondial » [80].

Le révisionnisme de Browder, la théorie des « réformes de structure » et le révisionnisme de Tito sont les principales pressions des courants révisionnistes surgis depuis la Seconde Guerre mondiale.

Du XXe au XXIIe Congrès du P.C.U.S., la ligne révisionniste de « passage pacifique », de « coexistence pacifique » et de « compétition pacifique » de Khrouchtchev s’est développée en un véritable système. Il le colporte partout comme une « création » personnelle. A vrai dire, il n’y a là rien de neuf. Ce n’est rien d’autre qu’une anthologie du révisionnisme de Browder, de la théorie des « réformes de structure » et du révisionnisme de Tito, du plagiat bien présenté. Sur le plan international, le révisionnisme de Khrouchtchev prône la capitulation devant l’impérialisme américain ; dans les pays impérialistes et capitalistes, il prêche la capitulation devant la classe dominante réactionnaire ; et dans les pays socialistes, il encourage le développement des forces capitalistes.

Si, dans la période qui précéda la Première Guerre mondiale et dans l’après-guerre, les révisionnistes de la IIe Internationale, Bernstein, Kautsky et autres, étaient de la même lignée, d’une seule et même famille, il en est de même, après la Seconde Guerre mondiale, avec Browder, Tito et Khrouchtchev.

Browder a été explicite. En 1960, il écrivait : « Maintenant Nikita Khrouchtchev accepte ‘l’hérésie’ pour laquelle j’ai été éjecté du Parti communiste en 1945 ». Il a déclaré que la nouvelle politique de Khrouchtchev « est presque mot pour mot identique à la ligne que je préconisais il y a quinze ans, c’est pourquoi mon crime est devenu – du moins pour le moment – une nouvelle orthodoxie » [81].

Khrouchtchev a aussi admis que la clique de Tito et lui-même « ont une seule et même idéologie et sont guidés par la même théorie ».

Comparé au révisionnisme de Bernstein, Kautsky, Browder et Tito, celui de Khrouchtchev est bien plus pernicieux. Pourquoi ? Parce que l’Union soviétique est le premier État socialiste, une grande puissance du camp socialiste et le pays où Lénine vit le jour ; parce que le P.C.U.S. est un grand parti, fondé par Lénine et qu’il jouit dans le mouvement communiste international d’un prestige que lui a conféré l’histoire. C’est en exploitant sa position de dirigeant d’un tel parti et d’un tel pays que Khrouchtchev répand obstinément sa ligne révisionniste.

Il la qualifie de ligne « léniniste » et utilise le prestige du grand Lénine et du grand Parti bolchévik pour égarer et berner les gens.

Abusant du prestige historique du P.C.U.S. et de la position d’un grand parti et d’une grande puissance, il agite sa baguette et impose aux autres sa ligne révisionniste par tous les moyens politiques, économiques et diplomatiques.

En coordination avec la politique de corruption de l’aristocratie ouvrière, pratiquée par les impérialistes, il achète, au sein du mouvement communiste international, certains communistes embourgeoisés qui ont trahi le marxisme-léninisme pour qu’ils acclament et servent fidèlement la ligne d’opposition à la révolution appliquée par la direction du P.C.U.S. C’est pourquoi il surpasse tous les révisionnistes d’hier et d’aujourd’hui.

Ainsi que le dit la Déclaration de 1957, les origines sociales du révisionnisme moderne sont, sur le plan extérieur, la capitulation devant la pression de l’impérialisme et, sur le plan intérieur, l’acceptation de l’influence bourgeoise.

Tout comme leurs aînés, les révisionnistes modernes sont, ainsi que l’a dit Lénine « – objectivement – un détachement politique de la bourgeoisie, le canal par lequel elle exerce son influence, … ses agents au sein du mouvement ouvrier » [82].

Comme pour le vieux révisionnisme, la base économique qui engendre le révisionnisme moderne réside, toujours d’après Lénine, dans « la couche insignifiante des ‘élites’ du mouvement ouvrier » [83].

Le révisionnisme moderne est le produit de la politique de l’impérialisme, les Etats-Unis en tête, et de la bourgeoisie monopoliste internationale. Paralysés par la politique de chantage nucléaire et obnubilés par la politique de corruption, les révisionnistes modernes sont devenus les valets de l’impérialisme américain et de ses laquais dans l’opposition à la révolution.

Le révisionniste Khrouchtchev, lui aussi terrifié par l’hystérie de guerre de l’impérialisme américain, croit que « l’Arche de Noé » - la terre – risque à tout moment d’être détruite, il a totalement perdu confiance dans l’avenir de l’humanité. Soumis avant tout à l’égoïsme national, il craint que la révolution des classes et des nations opprimées ne lui crée des ennuis ; il s’oppose donc par tous les moyens à chaque révolution, et va jusqu’à étouffer la révolution populaire, comme il l’a fait au Congo, de concert avec l’impérialisme américain. Ce faisant, il pense que, d’une part, il ne court aucun risque et que, d’autre part, il pourrait partager avec l’impérialisme américain le monde en sphères d’influence. Ne serait-ce pas là, faire d’une pierre deux coups ? Mais en fait, cela montre uniquement que Khrouchtchev est le plus grand capitulard de l’histoire. L’application de cette politique néfaste de Khrouchtchev causera inévitablement un préjudice incalculable à la grande Union soviétique.

Comment le révisionnisme de Khrouchtchev a-t-il pu naître en U.R.S.S., pays socialiste né voici plusieurs dizaines d’années ? Il n’y a là rien d’étonnant. Car dans n’importe quel pays socialiste, la question est de savoir « qui l’emportera », du socialisme ou du capitalisme, exige une longue période historique pour être résolue progressivement. Tant que subsistent les forces capitalistes et les classes, subsiste aussi, dans la société, un terrain propice à la naissance du révisionnisme.

Khrouchtchev prétend qu’en Union soviétique les classes sont liquidées, que le danger de la restauration du capitalisme n’y existe plus et que l’édification du communisme y a commencé. Ce ne sont là que mensonges.

En réalité, dans la société soviétique, les forces capitalistes se déchaînent furieusement dans tous les domaines, politique, économique, culturel, idéologique et autres, du fait même de la domination révisionniste de Khrouchtchev, du fait qu’il a proclamé publiquement que l’État soviétique a changé de nature et n’est plus une dictature du prolétariat, et du fait qu’il applique une politique intérieure et extérieure erronée. L’origine sociale du révisionnisme de Khrouchtchev réside précisément dans ces forces capitalistes en pleine expansion en Union soviétique.

Le révisionnisme de Khrouchtchev représente les intérêts de ces forces capitalistes et s’est mis à leur service. Il ne pourra donc jamais apporter le communisme au peuple soviétique, les conquêtes du socialisme même se trouvant gravement menacées, car il ouvre toute grande la porte à la restauration du capitalisme. C’est là la voie de l’« évolution pacifique » dont rêve l’impérialisme américain.

Toute l’histoire de la dictature du prolétariat nous enseigne que le passage pacifique du capitalisme au socialisme est impossible. Alors qu’il existe déjà un précédent de l’« évolution pacifique » du socialisme au capitalisme – la Yougoslavie. Et maintenant, le révisionnisme de Khrouchtchev mène l’Union soviétique dans cette même voie.

C’est la plus sérieuse leçon de l’histoire de la dictature du prolétariat. Les marxistes-léninistes, les révolutionnaires et les générations futures n’ont pas le droit de l’oublier.

 NOTRE ESPOIR

Huit années seulement se sont écoulées depuis le XXe Congrès du P.C.U.S. Le révisionnisme de Khrouchtchev a déjà infligé, en cette courte période, des préjudices considérables et sérieux à l’Union soviétique et à la cause révolutionnaire du prolétariat international.

Il est grand temps maintenant de le condamner et de le liquider !

Nous voudrions donner un conseil aux camarades dirigeants du P.C.U.S. : tant d’opportunistes et de révisionnistes ont déjà été jetés à la poubelle de l’histoire, pourquoi vous obstinez-vous à marcher sur leurs traces ?

Nous formons aussi l’espoir que les camarades dirigeants des partis frères, tombés dans les erreurs du révisionnisme, réfléchiront sérieusement à ce qu’ils ont gagné en adoptant la ligne révisionniste des dirigeants du P.C.U.S. Nous savons qu’à part ceux qui se sont enlisés profondément dans le bourbier du révisionnisme, bon nombre de camarades ont été soit induits en erreur par les illusions, soit trompés ou même forcés à s’engager dans cette mauvaise voie. Nous sommes persuadés que tous les vrais révolutionnaires prolétariens finiront par choisir la ligne révolutionnaire et rejeter la ligne d’opposition à la révolution, finiront par choisir le marxisme-léninisme et rejeter le révisionnisme. A ce sujet, nous avons de grands espoirs.

Le révisionnisme est incapable d’arrêter la roue de l’histoire révolutionnaire. Les dirigeants révisionnistes ne veulent pas faire la révolution, mais ils ne parviendront jamais à empêcher les vrais marxistes et les révolutionnaires de la faire. Dans « La Révolution prolétarienne et le renégat Kautksy », Lénine dit que lorsque Kautsky se fit renégat, le marxiste allemand Liebknecht ne put que formuler ainsi son appel à la classe ouvrière : « repousser de tels ‘chefs’, … se dresser malgré eux, en dehors d’eux, par-dessus leur tête, vers la révolution, pour la révolution ! ».

Quand le révisionnisme de la IIe Internationale dominait dans de nombreux partis européens, Lénine fit grand cas des vues du communiste français Paul Golay.

Paul Golay disait : « Nos adversaires crièrent à la faillite du socialisme. C’est aller un peu vite en besogne. Qui oserait prétendre cependant qu’ils ont tout à fait tort ? Ce qui meurt à cette heure, ce n’est point le socialisme, mais une variété de socialisme, édulcoré, sans esprit d’idéalisme et sans passion, aux allures de fonctionnaire bedonnant et de père de famille sérieux, un socialisme sans hardiesse et sans folie, amateur de statistique et le nez enfoui dans les contrats de bonne entente avec le capitalisme, un socialisme préoccupé des seules formes et ayant, pour un plat de lentilles, vendu son droit d’aînesse, un socialisme qui apparaît à la bourgeoisie comme un régulateur des impatiences populaires et un serre-frein automatique des audaces prolétarienne » [84].

Description magnifique ! Lénine disait que c’était la voix d’un communiste français honnête. Et aujourd’hui les gens se disent : le révisionnisme moderne n’appartient-il pas, en fait, au « socialisme mort » de ce genre ? Ils peuvent aussi constater combien est retentissante la voix des innombrables communistes honnêtes dans les partis dominés par le révisionnisme.

« Près de l’épave passent les voiles par milliers ; près de l’arbre mort croît une forêt vigoureuse ». Le socialisme de pacotille est mort, tandis que le socialisme scientifique est plein de jeunesse et de vitalité, et il avance à grands pas. Le socialisme révolutionnaire, plein de vie, surmontera toutes les difficultés et tous les obstacles, il ira, d’étape en étape, vers la victoire dans le monde entier.

Reprenons la conclusion du Manifeste du Parti communiste pour terminer notre article :

« Les communistes ne s’abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l’ordre social passé. Que les classes dirigeantes tremblent à l’idée d’une révolution communiste ! Les prolétaires n’y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner ».

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »


[1Rapport de N.S. Khrouchtchev présenté en février 1956 au XXe Congrès du P.C.U.S.

[2Ibidem.

[3Rapport de N.S. Khrouchtchev présenté le 6 janvier 1961 à la réunion générale des organisations du Parti de l’Ecole supérieure du Parti, de l’Académie des Sciences sociales et de l’Institut du marxisme-léninisme près le Comité central du P.C.U.S.

[4Rapport de N.S. Khrouchtchev présenté en février 1956 au XXe Congrès du P.C.U.S.

[5Ibidem.

[6Programme du P.C.U.S. adopté au XXIIe Congrès du P.C.U.S.

[7Ibidem.

[8E. Bernstein : Les Prémisses du socialisme et les tâches de la social-démocratie.

[9Ibidem.

[10E. Bernstein : Qu’est-ce que le socialisme ?

[11E. Bernstein : La Grève politique des masses et la situation politique de la social-démocratie allemande.

[12V. I. Lénine : « La Victoire des Cadets et les tâches du parti ouvrier », Œuvres, tome 10.

[13K. Kautsky : La Conception matérialiste de l’histoire.

[14K. Kautsky : La social-démocratie contre le communisme.

[15L. Kautsky : La Révolution prolétarienne et son programme.

[16K. Kautsky : Nouvelle tactique.

[17Lettre de K. Kautsky à F. Mehring, 15 juillet 1893.

[18V. I. Lénine : « L’Etat et la révolution », Œuvres, tome 25.

[19V.I. Lénine, « L’État et la révolution », Œuvres, tome 25.

[20V. I. Lénine : « La Révolution prolétarienne et le renégat Kautsky », Œuvres, tome

[21V. I. Lénine : « Paroles prophétiques », Œuvres, tome 27.

[22V. I. Lénine : « Ceux qui sont effrayés par la faillite de l’ancien et ceux qui luttent pour le nouveau », Œuvres, tome 26.

[23V. I. Lénine : « L’État et la révolution », Œuvres, tome 25.

[24Ibidem.

[25J. Staline : « Conclusion du rapport ‘A propos de la déviation social-démocrate dans notre Parti‘ », Œuvres, tome 8.

[26J. Staline : « Questions du léninisme », Œuvres, tome 8.

[27Mao Tsé-toung : De la contradiction.

[28« Problèmes de la guerre et de la stratégie », Écrits militaires de Mao Tsé-toung.

[29Ibidem.

[30Voir « Les Divergences entre la direction du P.C.U.S. et nous – leur origine et leur évolution »

[31O. Kuusinen et autres : Fondements du marxisme-léninisme.

[32K. Marx : « Discours prononcé au meeting d’Amsterdam après la clôture du Congrès de la Haye », Œuvres complètes de Marx et d’Engels, tome 18.

[33K. Marx : « Notes sur les entretiens de Karl Marx avec le correspondant du journal The World », Œuvres complètes de Marx et d’Engels, tome 17.

[34V. I. Lénine : « La Révolution prolétarienne et le renégat Kautsky (9 octobre 1918) », Œuvres, tome 28.

[35Ibidem.

[36« La théorie de Lénine sur la révolution socialiste et la réalité actuelle »,Kommunist, n° 13, 1960.

[37V. I. Lénine : « Discours sur l’attitude envers le gouvernement provisoire prononcé au Premier Congrès des Soviets des députés ouvriers et soldats de Russie », Œuvres, tome 25.

[38V. I. Lénine : « A propos des mots d’ordre », Œuvres, tome 25.

[39V.I. Lénine : « La situation politique », Œuvres, tome 25.

[40V. I. Lénine : « Des gens de l’autre monde », Œuvres, tome 26.

[41« Lénine et notre époque » Kommunist, n° 5, 1960.

[42Allocution de A.I. Mikoian prononcée le 16 février 1956 au XXe Congrès du P.C.U.S.

[43« Le marxisme-léninisme – fondement de l’unité du mouvement communiste » par la Rédaction de Kommunist, n° 15, 1963.

[44Bela Kun : « Les leçons de la révolution prolétarienne en Hongrie ».

[45Bela Kun : « Pourquoi la révolution prolétarienne a triomphé en Hongrie ».

[46« Du développement de la révolution mondiale », Sovietskaya Rossia, 1er août 1963.

[47Bela Kun : Les leçons de la révolution prolétarienne en Hongrie.

[48Allocution de L.I. Brejnev prononcée le 4 décembre 1962 au XIIe Congrès du Parti communiste tchécoslovaque.

[49Allocution de K. Gottwald prononcée le 17 novembre 1948 à la session plénière du Comité central du Parti communiste de Tchécoslovaquie.

[50V.I.Lénine : « La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky », Oeuvres, tomes 28.

[51« Forces révolutionnaires du monde entier, unissez-vous, combattez l’agression impérialiste ! », Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome IV.

[52« Rejetez vos illusions et préparez-vous à la lutte », Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome IV.

[53« La Guerre et la révolution », Kommunist, N°4, 1961

[54O. Kuusinen et autres : « Fondements du marxisme-­léninisme »

[55« La théorie de Lénine sur la révolution socialiste et la réalité actuelle », Kommunist, n° 13, 1960.

[56« La Guerre et la révolution », Kommunist, n° 4, 1961.

[57Discours de J.F. Dulles prononcé le 21 juin 1956 à la 41e Convention annuelle de Kiwanis International.

[58Allocution de J.F. Dulles prononcée le 22 avril 1957 au déjeuner annuel de l’Associated Press à New York.

[59V.I. Lénine : « Les Élections à l’Assemblée constituante et la dictature du prolétariat », Œuvres, tome 30

[60Lettre ouverte du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique aux organisations du parti et à tous les communistes de l’Union soviétique, 14 juillet 1963.

[61« Le marxisme-léninisme – fondement de l’unité du mouvement communiste », par la Rédaction du Kommunist, n° 15, 1963.

[62V. I. Lénine : « La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky », Œuvres, tome 28.

[63« La théorie de Lénine sur la révolution socialiste et la réalité actuelle », Kommunist, n° 13, 1960.

[64V. I. Lénine : « Au secrétariat de la Ligue pour la propagande socialiste », Œuvres, tome 21.

[65V.I. Lénine : « Une caricature du marxisme et à propos de l’’économie impérialiste’ », Œuvres, tome 23.

[66V.I. Lénine : « La Révolution prolétarienne et le renégat Kautsky », Œuvres, tome 28.

[67Ibidem.

[68V. I. Lénine : « La Faillite de la Ile Internationale »

[69V.I. Lénine : « La faillite de la IIe Internationale », Œuvres, tome 21.

[70Voir W.Z. Foster : Histoire du Parti communiste des États-Unis.

[71E. Browder : Téhéran : notre voie dans la guerre et la paix.

[72Ibidem.

[73E. Browder : Téhéran et les Etats-Unis.

[74E. Browder : Les Communistes et l’unité nationale.

[75E. Browder : La Voie vers la victoire.

[76E. Browder : Le Communisme mondial et la politique extérieure des Etats-Unis.

[77I. Kosanovic : Le Matérialisme historique.

[78E. Kardelj : La Démocratie socialiste dans la pratique yougoslave.

[79M. Todorovic : De la déclaration sur les relations entre la L.C.Y. et le P.C.U.S.

[80M. Perovic : L’Economie politique.

[81E. Browder : Comment Staline a ruiné le Parti communiste des Etats-Unis.

[82V. I. Lénine : « La Faillite de la IIe Internationale », Œuvres, tome 21.

[83V. I. Lénine : « L’Opportunisme et la faillite de la IIe Internationale », Œuvres, tome 21.

[84V.I. Lénine : « La voix d’un socialiste français honnête », Œuvres, tomes 21.