Centre MLM de belgique

La peinture naturaliste belge - 5e partie : vie quotidienne, situation typique

D’autres auteurs essayèrent de porter la charge réaliste ; cependant, cela ne fut que de manière éparse, au sein d’une production inégale. Il faut aller lire certaines œuvres pour y retrouver un réalisme qui ne parvient pas à s’exprimer ouvertement, déjà trop affaibli dans le contexte historique.

On peut le voir néanmoins se présenter de manière parfois relativement nette, comme ici avec Herder met zijn kudde (Berger avec son troupeau) de Louis Pion.

Louis Pion - Herder met zijn kudde (Berger avec son troupeau)

Voici également La pause des paysans, ainsi que Goûter aux champs, tous deux de 1891. On reconnaît la volonté de montrer la vie quotidienne, avec le typique au cœur de la dignité de l’œuvre.

Louis Pion - Pause des paysans
Louis Pion - Le goûter aux champs

Atelier van de beeldhouwer (L’atelier du sculpteur), de 1878, relève de la même approche, tout comme le Portrait du père de l’artiste.

Louis Pion - Atelier van de beeldhouwer (L'atelier du sculpteur)
Louis Pion - Portrait du père

On doit également noter, pour parler de charge réaliste, d’un tableau comme Pauvres gens, d’André Collin (1862-1930), qui s’est attardé sur les petits métiers et a vraiment fait un effort pour capter le typique dans un sens réaliste.

André Collin - Pauvres gens

Totalement inconnu, André Collin est pourtant bien incontournable. Voici Le père malade – Heures de tristesse, et surtout Heures de tristesse, d’une excellente facture, d’une expressivité appuyée par un symbolisme feutré, maîtrisé, contenu.

André Collin - Le père malade - heure de tristesse
André Collin - Heure de tristesse

Voici Vieille Ardennaise d’Ochamps et L’homme au chien, présentant une grande qualité, un vrai regard tendant au réalisme, avec toujours ce côté atmosphérique venant renforcer l’ensemble.

André Collin - Vieille ardennaise
André Collin - Homme au chien

Parfois, la dimension atmosphérique vient nuire l’ensemble, basculant dans l’esprit impressionniste, même s’il y a une base réaliste, ici d’ailleurs fortement présente pour le Port d’Anvers de Maurice Hagemans, qui est en fait en pratique sinon une figure de l’impressionnisme.

Maurice Hagemans - Port d'Anvers

Il en va de même pour Les fileuses de Pierre Jacques Dierckx, ou encore Binnenhuis (Bretonse kantwerksters) (Intérieur, travailleuses bretonnes faisant de la dentelle).

Pierre Jacques Dierckx - Les fileuses
Pierre Jacques Dierckx - Binnenhuis (Bretonse kantwerksters) (Intérieur, travailleuses bretonnes faisant de la dentelle)

Dans l’atelier est déjà plus symptomatique d’un réalisme dégradé en naturalisme, en constatation expérimentale, avec la réduction à un cliché.

Pierre Jacques Dierckx - Dans l'atelier

Frans Van Leemputten, avec Brooduitdeling in het dorp (Distribution de pain dans le village) et le triptyque De kaarskensprocessie te Scherpenheuvel (La procession aux chandelles à Scherpenheuvel), va à l’inverse dans la direction de la représentation du typique.

Frans Van Leemputten - Brooduitdeling in het dorp (Distribution de pain dans le village)
Frans Van Leemputten - De kaarskensprocessie te Scherpenheuvel (La procession aux chandelles à Scherpenheuvel)
Frans Van Leemputten - De kaarskensprocessie te Scherpenheuvel (La procession aux chandelles à Scherpenheuvel) Panneau central