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La lutte dans l’histoire de la Chine entre ceux qui combattaient le culte de Confucius et ceux qui le prônaient − 1974

par Liang Hsiao

Confucius, issu de l’aristocratie esclavagiste en décrépitude, vécut à la fin de l’époque de Tchouentsieou (« Printemps et Automne » 770­-476 av. J.­C.).

Il s’opposait aux insurrections des esclaves et aux réformes de la classe montante des propriétaires fonciers, préconisait de sauver le système esclavagiste en pleine décadence. C’était un représentant de ceux qui tentent de faire tourner à rebours la roue de l’histoire et mènent des activités de restauration.

Dans l’histoire de la Chine, tous les réactionnaires ont encensé Confucius, tandis que le peuple travailleur et de nombreux penseurs progressistes s’y sont toujours opposés. La lutte entre ceux qui combattaient le culte de Confucius et ceux qui le prônaient a toujours été étroitement liée avec la lutte constante entre le progrès et la régression, entre la classe révolutionnaire et la classe réactionnaire, entre la ligne révolutionnaire et la ligne réactionnaire.

Ce n’est qu’après sa mort que Confucius a été déifié et assimilé à un « sage ».

Durant sa vie, il essuya maints affronts et connut d’amères désillusions.

La classe montante des propriétaires fonciers le méprisait et refusait ses conseils ; quant au peuple travailleur, il le haïssait à mort.

Il le maudissait en tant que parasite de la classe exploiteuse « qui n’avait jamais travaillé de ses quatre membres et ne savait pas reconnaître les cinq espèces de céréales ».

Il le considérait comme un réactionnaire essayant d’arrêter le progrès et qui, « tout en sachant que c’est impossible, essaye quand même de le faire ». Tche, de Lieouhsia, chef d’un soulèvement d’esclaves, accusa Confucius d’être un individu sournois, hypocrite et à double face.

Il l’appela le « bandit Kieou » (le nom de famille de Confucius était Kong et son prénom Kieou). A l’époque, il n’y avait qu’un petit nombre de ses élèves, et une petite poignée de nobles esclavagistes en décadence qui embrassaient la doctrine confucéenne.

Les légalistes, qui représentaient les intérêts de la classe montante des propriétaires fonciers, formulaient un programme politique diamétralement opposé à celui de l’école confucéenne représentée par Confucius et Mencius, et firent des réformes dans plusieurs Etats ducaux.

Siun Tse (env. 298-­238 av. J.­C.) et Han Fei (env. 280­-233 av. J.­C.), représentants de l’école légaliste, critiquaient les doctrines absurdes de Confucius et de Mencius, et préconisaient l’adoption de mesures politiques tenant compte des changements de l’époque, l’abolition du système esclavagiste et l’établissement de la domination de la classe des propriétaires fonciers.

En l’an 221 avant notre ère, l’empereur Chehouangti (premier empereur des Ts’in), éminent homme politique de la classe montante des propriétaires fonciers, unifia la Chine. Il mit résolument en pratique la ligne politique de l’école légaliste, et établit en Chine le premier Etat féodal, centralisé. S’opposant au système féodal montant, les lettrés confucéens, qui représentaient les intérêts des propriétaires d’esclaves,préconisaient la ligne rétrograde consistant à « prendre le passé pour maître ».

Utilisant les classiques confucéens, ils essayaient de discréditer la politique du moment en s’appuyant sur les anciennes conceptions et menaient de frénétiques activités dans le but de restaurer le système esclavagiste.

L’empereur Chehouangti des Ts’in, habile à discerner le courant de l’histoire, savait accorder plus d’importance au présent qu’au passé.

Pour consolider le pouvoir de la classe montante des propriétaires fonciers, il ordonna de brûler les collections privées des écrits de Confucius et prit des mesures de répression à l’égard de 460 lettrés réactionnaires.

Toutes ces mesures reflétaient l’esprit révolutionnaire de la classe montante des propriétaires fonciers.

A la fin de la dynastie des Ts’in, les contradictions entre les propriétaires fonciers et les paysans s’exacerbèrent. En 209 avant J.­C., éclata un grand soulèvement paysan dirigé par Tchen Cheng et Wou Kouang.

« Est-il possible que du sang bleu coule dans les veines des rois, marquis, généraux et ministres ? » demandaient-ils. Ils renversèrent la domination de l’empereur Eulchehouangti des Ts’in, faisant ainsi progresser l’Histoire.

Cette révolte a constitué une réfutation par les armes de la doctrine réactionnaire de Confucius et de Mencius : « C’est Dieu qui donne le pouvoir aux rois ».

Au cours de la lutte continue contre les forces de restauration des propriétaires d’esclaves, les premiers empereurs féodaux de la dynastie des Han de l’Ouest continuèrent, comme l’avait fait l’empereur Chehouangti des Ts’in, à soutenir l’école légaliste et combattre l’école confucéenne, et à consolider progressivement le pouvoir féodal, centralisé.

Mais, par ailleurs, effrayés par la puissance des insurrections paysannes, ils cherchaient par tous les moyens une méthode de « longue domination et sécurité durable ».

Au milieu de la dynastie des Han de l’Ouest, pour tromper le peuple et consolider la domination féodale, l’idéologue réactionnaire de la classe des propriétaires fonciers Tong Tchong­chou (env. 179-­104 av. J.­C.) proposa à l’empereur de « pratiquer le culte exclusif du confucianisme, tout en proscrivant les autres écoles ».

Bien que cette proposition eût été adoptée, l’empereur appliquait en réalité la ligne relativement éclairée des légalistes. La lutte entre les « pour » et les « contre » Confucius n’avait pas pris fin.

Sous le règne de l’empereur Tchaoti des Han de l’Ouest, au cours de la « conférence sur le sel et le fer » eut lieu un grand débat concernant d’importantes mesures politiques. Le représentant de l’école légaliste Sang Hong­yang (152-­80 av.J.­C.) y dénonça Confucius comme étant un politicien réactionnaire.

Ce n’est que sous le règne de l’empereur Yuanti de la dynastie des Han de l’Ouest que les dominateurs féodaux changèrent d’attitude, ils commencèrent à encenser l’école confucéenne et à dénigrer l’école légaliste.

Cela reflète le changement de position de la classe des propriétaires fonciers dans l’histoire et signifie que la doctrine de Confucius et de Mencius, préconisant le conservatisme et la régression, pouvait mieux répondre aux besoins politiques des dominateurs féodaux corrompus.

Par la suite, le confucianisme devint progressivement la philosophie orthodoxe de la classe dominante féodale. Au début de la dynastie des Han de l’Est, l’éminent penseur matérialiste Wang Tchong (27­ env. 97 ap. J.­C.) écrivit un ouvrage intitulé Louen Heng ou Essais critiques dans lequel il critique de manière exhaustive la philosophie officielle représentée par Tong Tchong­chou.

Dans un chapitre de cet ouvrage Questions à Confucius, Wang Tchong montre les contradictions et absurdités du confucianisme. « Pourquoi ne pourrait-on pas contester la doctrine de Confucius ? » y demandait-il.

Au VIIIe siècle, l’empereur Hsiuantsong de la dynastie des Tang exalta Confucius comme étant le « roi de la culture ». A la fin de la dynastie des Tang, le défenseur du confucianisme Han Yu prêchait les « doctrines orthodoxes » de Confucius et de Mencius, et se vantait d’être leur successeur.

Le penseur matérialiste Lieou Tsong­yuan (773-­819) critiquait les idées réactionnaires de Han Yu et menait une lutte résolue contre les adeptes de Confucius, conservateurs obstinés. Il réfutait leurs vues réactionnaires selon lesquelles l’histoire est dictée par « les raisons du Ciel » et « la volonté du Ciel ». Dans son essai Feng Kien Louen, il rejette la conception confucéenne de gouvernement et affirme le caractère progressiste des mesures prises par l’empereur Chehouangti des Ts’in : abolition du régime d’investiture des princes feudataires, établissement de provinces et de districts et création d’un pouvoir centralisé.

La doctrine confucéenne étant dès lors considérée par les dominateurs féodaux comme la philosophie orthodoxe, la classe des propriétaires fonciers l’utilisa comme arme spirituelle pour opprimer les paysans.

Elle se heurtait à des critiques de plus en plus aiguës de la part des paysans, qui se manifestèrent par leurs luttes révolutionnaires.

A la fin de la dynastie des Han de l’Est, en 184, lors du soulèvement paysan des Turbans jaunes, les rebelles lancèrent le mot d’ordre : « Le Dieu du Ciel bleu est mort, et celui du Ciel jaune doit prendre sa place. »

Ce qui voulait dire : substituer le « Ciel » des paysans à celui des propriétaires fonciers.

C’était en fait une condamnation de cette assertion métaphysique et idéaliste de Tong Tchong­chou : « Le Ciel est immuable, immuable est le Tao. »

Au IXe siècle, à la fin de la dynastie des Tang, les soulèvements paysans levèrent pour la première fois l’étendard de l’égalité, et leur dirigeant, Houang Tchao, se nomma lui-même « général en chef envoyé par le Ciel pour promouvoir l’égalité. » Tout cela constituait une attaque directe contre le confucianisme, qui soutenait le système patriarcal et hiérarchique.

Sous la dynastie des Song, du Xe au XIIIe siècle, une lutte aiguë se poursuivit au sein de la classe des propriétaires fonciers à propos des réformes de Wang An­che.

Ce dernier était un éminent réformateur du XIe siècle, un homme politique partageant les idées de l’école légaliste. Adoptant la position des petits et moyens propriétaires fonciers, il avait institué des réformes visant à mettre fin aux pratiques politiques corrompues.

Il préconisait qu’« il ne faut pas craindre les changements se produisant dans la nature, ni suivre la loi des ancêtres, ni accorder trop d’importance aux paroles d’autrui », thèse diamétralement opposée à celle de Confucius : « craindre la volonté du Ciel, craindre les hommes éminents, craindre les paroles des sages ».

Cela constituait un coup violent porté aux doctrines de Confucius et de Mencius.

Les gros propriétaires fonciers de la dynastie des Song du Nord, représentés par Sema Kouang, vouaient un culte fanatique à Confucius et s’opposaient frénétiquement aux légalistes et aux réformes de Wang An­che, considérant que lutter contre ce dernier, c’était défendre les doctrines traditionnelles de Confucius et de Mencius.

Après l’échec des réformes, ils portèrent Confucius aux nues, faisant de lui une sorte de saint.

Tchou Hsi, philosophe réactionnaire de la dynastie des Song du Sud, amalgama les diverses écoles confucéennes de la dynastie des Song.

La Collection des annotations pour les Quatre Livres, réalisée par lui, devint le manuel officiel pour propager le confucianisme dans la dernière période de la société féodale. Plus la classe des propriétaires fonciers portait Confucius aux nues, plus la paysannerie luttait résolument contre lui. Tous les soulèvements paysans depuis la dynastie des Song n’ont pas seulement lancé des mots d’ordre révolutionnaires tels que : « Egalité entre les nobles et les roturiers et répartition équitable des biens de la société », « disparition des injustices », mais se sont aussi opposés à la domination féodale soutenue par le confucianisme, se dressant contre Confucius, le « sage » de la classe féodale au pouvoir. En 1215, lorsque les insurgés paysans des Vestes rouges prirent Kiufou, pays natal de Confucius, ils mirent le feu au Temple de Confucius.

En 1511, lors du soulèvement paysan dirigé par Lieou Lieou et Lieou Tsi les insurgés occupèrent également Kiufou et jetèrent dans une fosse d’aisance les collections des Quatre Livres et des Cinq Classiques du pavillon Koueiwen (bibliothèque du Temple de Confucius), manifestant ainsi leur haine implacable pour Confucius et ses idées réactionnaires.

Li Tche (1527-­1602), penseur progressiste de la dynastie des Ming, a activement combattu le confucianisme.

Il a indiqué de façon pénétrante que Confucius ne possédait « aucune connaissance ni science » et que « accepter comme vérité tout ce que dit Confucius », cela revient à rejeter la vérité. Il ajouta que les classiques de l’école confucéenne tels que le Louen Tu (Entretiens de Confucius) et Meng Tse (œuvres de Mencius) ne sont que les guenilles des maximes du maître, répétées de mémoire ou notées par ses ineptes disciples et « qui ne sauraient être considérés comme vérités absolues et éternelles ». Wang Fou­tche, penseur matérialiste du XVIIe siècle, qui vécut de la fin de la dynastie des Ming au début de la dynastie des Tsing, a fait le bilan des philosophies matérialistes naïves de la Chine depuis l’antiquité et a critiqué avec force les idées confucéennes.Au milieu du XIXe siècle, la révolution du Royaume céleste des Taiping, dirigée par Hong Sieou­tsiuan, fut un impétueux mouvement anti-confucéen, d’une envergure sans précédent dans notre histoire.

Les héros de cette révolution détruisirent des temples de Confucius et brisèrent des tablettes le déifiant, déclarèrent les classiques confucéens « livres de sorcellerie » et donnèrent l’ordre formel d’en interdire la lecture.

Ils publièrent une série de documents révolutionnaires, formulèrent des principes et mesures politiques révolutionnaires.

En théorie comme en pratique, ils balayèrent les idées réactionnaires confucéennes, portant un rude coup au régime féodal.

Tseng Kouo­fan, qui écrasa la révolution du Royaume céleste des Taiping, se répandit en lamentations, disant : « Tous les rites, l’ensemble des obligations morales, des canons classiques et des codes que la Chine possède depuis des millénaires ont été balayés d’un seul coup. »

En 1919, le Mouvement du 4 Mai a inauguré la révolution de démocratie nouvelle en Chine.Le prolétariat apparaissait sur la scène politique chinoise en tant que classe dirigeante de la révolution.

Le président Mao a écrit : « La révolution culturelle qu’il (le Mouvement du 4 Mai) avait entreprise était un mouvement d’opposition intransigeante à la culture féodale ».

« A bas l’école confucéenne ! » constituait le mot d’ordre de lutte qui retentissait à l’époque pour encourager les masses à attaquer la culture féodale.

« Après le Mouvement du 4 Mai, une force culturelle toute nouvelle est apparue en Chine, ce sont la culture et l’idéologie communistes, guidées par les communistes chinois, autrement dit, la conception communiste du monde et la théorie communiste de la révolution sociale.

Lou Sin fut le porte-drapeau le plus glorieux et le plus intrépide de cette nouvelle force culturelle.

Il écrivit de nombreux essais débordants de combativité, dénonçant la nature réactionnaire des dominateurs des diverses dynasties et des adeptes de Confucius et de Mencius qui, sur les lèvres avaient les mots de « bienveillance, justice et vertu », mais en réalité étaient des « mangeurs d’hommes ». Il a indiqué de façon pénétrante : « Confucius avait élaboré des méthodes remarquables pour gouverner le pays, mais il l’avait fait pour régenter le peuple, à l’intention des dominateurs. Pour le peuple même, il n’a rien fait du tout. »

Au fur et à mesure de l’approfondissement de la révolution, la lutte entre ceux qui vouaient un culte à Confucius et ceux qui s’y opposaient devenait toujours plus aiguë.

Pour maintenir sa domination réactionnaire, peu après le coup d’Etat contre-révolutionnaire du 12 avril 1927, pour « rendre hommage au sage », Tchiang Kaï­chek fit un « pèlerinage » à Kiufou, pays natal de Confucius.

Il vantait celui-ci comme étant le « maître à penser pour des milliers d’années » et un « exemple pour des milliers de générations ».

Il prêchait « la bienveillance, la justice, les rites, l’intelligence et la sincérité », invoquait le spectre de Confucius, faisant de lui le pilier spirituel de la dynastie de la famille Tchiang. A propos de ce vent néfaste d’encensement de Confucius, Lou Sin écrivit avec ironie : « La cérémonie de commémoration de Confucius tenue cette année, est la deuxième grande célébration depuis la fondation de la République, et tout le possible a été fait pour lui donner un éclat exceptionnel. » Depuis un demi-siècle, les chefs de file des lignes opportunistes au sein du Parti communiste chinois ont tous eu recours à la doctrine de Confucius et de Mencius, en vue de mener des activités antiparti et contre-révolutionnaire.

Tchen Tou­sieou exaltait Confucius et Mencius, les qualifiant de « remarquables éléments » parmi les « lettrés et les hauts fonctionnaires ». Wang Ming a loué le confucianisme, le disant « vertu nationale » et « esprit national ».

Dans son livre néfaste sur P« auto ­perfectionnement », publié à plusieurs reprises, Liou Chao-­chi fait passer la doctrine de Confucius et de Mencius pour du marxisme, dans la vaine tentative de transformer le Parti communiste chinois en parti révisionniste.

De son côté, Lin Piao était le disciple fidèle de Confucius et de Mencius, et, tout comme Confucius, préconisait de « se modérer et en revenir aux rites », tentant ainsi de restaurer le capitalisme en Chine.

Mais le spectre de Confucius n’a pu sauver de leur sort les chefs de file des lignes opportunistes voués à l’échec, ni empêcher l’avance héroïque du peuple chinois dans la voie de la révolution continue.

A chaque étape historique de la révolution chinoise, notamment au cours de la lutte contre les lignes opportunistes au sein du Parti, notre grand dirigeant, le président Mao, a guidé les membres du Parti et les masses populaires-révolutionnaires dans une critique approfondie de la doctrine confucéenne.

Durant la Grande Révolution culturelle prolétarienne et le mouvement pour critiquer Lin Piao et Confucius, déclenchés et dirigés par le président Mao en personne, la doctrine réactionnaire de Confucius, prêchée par les cliques antiparti de Liou Chao­-chi et de Lin Piao, est réfutée et balayée à travers le pays entier avec une vigueur sans précédent.

Évoquer la lutte qui s’est déroulée dans l’histoire de la Chine entre ceux qui combattaient le culte de Confucius et ceux qui le prônaient, faire une distinction entre le progrès et la régression, la révolution et la réaction, et liquider radicalement l’influence néfaste de l’idéologie confucéenne sont d’une grande importance pratique pour dénoncer et stigmatiser de façon approfondie l’essence d’extrême droite de la ligne révisionniste contre-révolutionnaire de Lin Piao et pour sauvegarder et développer les succès de la Grande Révolution culturelle prolétarienne.

samedi 23 février 2019


Les documents de 1974