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La clique de Tito au fond de la trahison

par MILTIADE PORFYROGENIS

Quand, vers la fin de juin 1948 fut communiquée la résolution du Bureau d’Informations des Partis Communistes et Ouvriers, sur la situation dans le Parti Communiste de Yougoslavie, et avant même que le Parti Communiste de la Grèce eût annoncé sa thèse sur la résolution, des simples membres du Parti, ici dans la Grèce Libre, exprimaient leur indignation pour l’attitude des dirigeants du P.C. de Yougoslavie.

Le critérium révolutionnaire du peuple classait, à juste titre dès le premier moment, la clique de Tito parmi les ennemis de la révolution. En même temps, la joie des monarcho-fascistes montrait que l’ennemi estimait aussi correctement la signification de la brèche que réalisait Tito dans le camp antiimpérialiste et démocratique populaire.

La direction du Parti Communiste de Grèce approuvait la décision du Bureau d’Informations, et, fin juillet, le 4e Plénum du C.C. du Parti Communiste de Grèce par une résolution spéciale, caractérisait nettement et sans détours cette trahison de la clique de Tito.

Il est dit dans cette résolution : « ...Le Plénum salue le P. C. (b) de l’U.R.S.S. et son chef Staline, qui ont eu l’initiative dans le dévoilement des fautes du C.C. du P.C.Y. et déclarent l’attachement absolu du Parti Communiste de Grèce au rôle dirigeant de l’Union Soviétique dans la lutte pour la paix, la démocratie et le socialisme... L’attitude du C.C. du P.C.Y. face à ses fautes affirme le fait que la direction du P.C.Y. s’éloigne du marxisme-léninisme dans les questions fondamentales de la lutte de classe.

La dure guerre de libération nationale que mène le peuple grec et la DSE, avec à la tête le Parti Communiste de Grèce, contre l’impérialisme anglo-américain et le monarcho-fascisme, qui menacent la paix, tout spécialement dans les Balkans, affirme d’une façon tangible combien sont justes les principes marxistes-léninistes de l’internationalisme prolétarien et combien est impérieuse la nécessité de la collaboration internationale démocratique et socialiste... »

Depuis, une année s’est écoulée. Une année riche en événements dans le monde entier, mais surtout clez nous, en Grèce : Notre mouvement montait toujours, mûrissait, se raffermissait. la DSE après avoir, par la lutte héroïque au Grammos, fait saigner très sérieusement l’ennemi faisait l’admirable manoeuvre de Grammos, elle passait à Vitsi, elle brisait là l’attaque de l’armée monarcho-fasciste, développait en hiver une activité magnifique dans tout le pays, elle en-trait dans une série de villes bien fortifiées (Carditsa, Naoussa, Carpénissi surtout), elle renversait les plans du monarcho-fascisme pour le printemps, reconquérait l’entier Grammos et transformait ses deux bases, Grammos et Vitsi, en des régions et des bases libres, mortellement dangereuses pour le monarcho-fascisme.

Les jubilations de l’année passée du monarcho-fascisme transformaient en jérémiades et en des cris de détresse adressés à ses patrons impérialistes de le sauver par une intervention armée ouverte, sur laquelle seule, les criminels d’Athènes mettent toutes leurs espérances. Ce développement de notre mouvement armée allait de pair avec une montée générale du mouvement de tous les peuples contre les impérialistes et leurs plans de guerre et de domination mondiale.

Les peuples, les uns libres, bâtissant les fondements de la société socialiste, d’autres écrasant par des marches triomphantes et surprenantes l’armée ennemie de mercenaires et libérant l’immense terre chinoise, d’autres encore, dans des conditions d’une oppression toujours plus intense, luttant fermement pour leurs droits à la vie et pour la paix et tout d’abord l’Union Soviétique, par la réalisation victorieuse et l’admirable dépassement du plan stalinien d’après guerre et par sa politique conséquente de paix, et tous sous la direction de leurs Partis Communistes, avec à la tête l’Union Soviétique, font échouer les plans des impérialistes et montrent avec persévérance et décision combien avait raison notre inoubliable camarade Jdanov lorsqu’il disait au mois de septembre 1947 que les peuples sont les plus forts.

Les impérialistes, face à cette lutte et cette résistance toujours grandissantes des peuples, se sont trouvés obligés d’utiliser leurs réserves.

Les socialistes de droite dans les pays occidentaux, démasqués devant les masses, ont dans une large mesure cessé d’être de simples réserves.

Ils ont été jetés depuis longtemps dans la bataille, du côté, évidemment, des impérialistes. Il était temps de « mettre en valeur La clique de Tito et ses semblables. Cela doit être la raison pour laquelle dans cette année difficile pour les impérialistes, année de la lutte intense des peuples,. la clique de Tito descendait de jour en jour plu, bas les degrés de la trahison, jusqu’à ce qu’elle se trouve actuellement corps et âme aux côtés des traîtres de toute sorte sous le commandement général des impérialistes. Et cela tant dans la pratique, que dans la théorie.

En voilà un exemple caractéristique : En décembre 1947 le trotskiste et socialiste français Marceau Pivert écrivait dans la « Revue Socialiste » : « Il y a la possibilité de réaliser l’Europe socialiste par le développement de l’économie européenne dans les cadres des intérêts stratégiques des États-Unis » (ndlr retraduit du grec), Tito parle aujourd’hui de la possibilité d’édifier le socialisme en Yougoslavie avec des dollars américains. Celui qui ne voit l’identité de l’idée, doit être aveugle. Le temps où Tito protestait avec véhémence pour convaincre par des paroles creuses les naïfs de sa fidélité à l’Union Soviétique est à jamais révolu.

A l’heure actuelle on peut lire des paroles de Tito et croire que ce sont p. ex. des citations de Blum. Mais là cependant où la « mise en valeur » de la réserve trotskiste de Tito se montre dans toute son étendue, c’est dans le mouvement grec. Ici il faut dire une chose. Notre mouvement était et est très aimé par les peuples de la Yougoslavie.

Cette grande sympathie - que montrent les peuples de Yougoslavie pour notre mouvement, a obligé Tito à manoeuvrer avec quelque prudence. Ce fut dans ses mains un moyen de tromper le peuple et souvent ses gens employaient l’argument : « On nous dit que nous marchons avec les impérialistes. Mais voici, vous voyez combien sont amicales nos relations avec les communistes et démocrates grecs et combien nous les appuyons dans leur lutte contre le monarcho-fascisme ».

Les peuples de la Yougoslavie ne pouvaient pas savoir que même au temps où Tito et sa clique faisaient semblant d’aider, ils faisaient perfidement et en secret tout ce qui était dans leur pouvoir pour diviser notre mouvement, le diffamer et l’affaiblir. Mais cela, c’est une autre histoire. La question c’est que en apparence ils étaient obligés de spéculer sur le mouvement grec. Le fait qu’ils sont obligés de changer de tactique montre dans quelle situation difficile doivent se trouver les impérialistes pour qu’ils les obligent à abandonner un argument sérieux de leur démagogie.

Au mois de juillet de l’année passée, le journaliste américain Joseph Alsop dévoilait que Tito suppliait l’aide américaine, demandant qu’on ne le mette pas dans une situation trop difficile par des manifestations d’amitié par trop déclarées.

Cette année le « Times » écrit ouvertement qu’on ne doit pas s’étonner de quelques phrases tranchantes de Tito, car, en fin de compte, il ne faut pas oublier qu’il parle à un public communiste. Dans les moments difficiles de la lutte de classes, les agents de grand calibre sont obligés de descendre à l’arène.

C’est une vieille histoire. Tito et ses amis ne pouvaient échapper à cette logique de la lutte de classes.

En tout cas l’évolution de la politique de Tito envers notre mouvement est un exemple très instructif. Le Parti Communiste de Grèce en prenant position sur la résolution du Bureau d’Informations, a jugé utile de ne pas l’annoncer publiquement se bornant à la communiquer aux membres du Parti. Cela eut lieu à cause des conditions spéciales dans lesquelles nous menions notre lutte armée.

Cette situation délicate, dans laquelle se trouvait le Parti Communiste de Grèce et cette manière d’envisagée la question offraient la possibilité à Tito et à sa clique, s’ils avaient l’ombre de bonne foi, de la montrer dans ce cas. Nous disons cela, car au commencement on pourrait attribuer l’attitude contre-révolutionnaire de Tito à l’égoïsme, l’orgueil, la vanité, etc.

Evidemment l’évolution a montré qu’il ne s’agissait pas seulement de cela. Cependant, leur attitude envers nous est encore une preuve, et pas infime, qu’il ne s’agit pas d’une « erreur » causée par l’égoïsme, etc., mais d’une pure trahison d’agents de l’ennemi.

Car le comportement forcement délicat de notre Parti ne donnait pas lieu à des « accès » d’égoïsme, etc. Au contraire, l’attitude du Parti Communiste de Grèce offrait du terrain à quiconque de bonne foi, disons-nous, ayant glissé dans des manifestations contre-révolutionnaires, de prouver qu’on aurait pu lui faire un peu tort. Naturellement nous, qui connaissions depuis longtemps leurs intrigues et leurs efforts d’affaiblir, de frapper, de disloquer notre mouvement, nous n’avions pas d’illusions à ce sujet. Mais il existe toujours des naïfs. Les faits ont montré qu’il s’agissait d’une politique sciemment traîtresse.

Des agents de l’UDBA, l’ancien OZNA, et du 2e Bureau, étaient depuis longtemps envoyés en Grèce Libre. Ceux-ci justifiaient à l’époque en disant, soit qu’ils venaient espionner dans l’armée monarcho-fasciste, soit qu’ils font du marché noir.

Nous nous rappelons maintenant qu’au printemps 1947 fut arrêté un agent de l’UDBA, boiteux, d’environ 45 ans, qui colportait des allumettes et du hachiche. Quand nous savons qu’en Grèce les Anglais, outre les autres moyens qu’ils employaient pour corrompre le peuple, employaient aussi le hachiche, nous pouvons voir la liaison étroite entre de tels envois d’agents de l’UDBA et du 2e Bureau et le travail de l’Intelligence Service.

Depuis juillet 1948 un envoi d’agents mandatés en plus grand nombre commença qui avaient comme centre non plus seulement les mouvements des monarcho-fascistes — comme c’était le cas auparavant, pour que soit camouflé leur rôle disloquant — mais ouvertement, l’espionnage et le travail de scission dans la DSE Leur lieu de contact sur les différents points de la frontière et dans les villages libres de la Macédoine augmentaient.

Les agents qui étaient arrêtés par nos troupes répandaient sans vergogne et d’une façon provocante qu’ils travaillent les uns pour l’UDBA, les autres pour le 2e Bureau de l’armée yougoslave (il y avait même un antagonisme entre ces deux services, qui rappelait l’antagonisme entre les différents services de l’Intelligence Service anglais).

Rien qu’en juillet-août 1948 six de ces agents furent arrêtés.

Au début, pour ne pas donner lieu à des protestations hypocrites, nous les renvoyions là d’où ils venaient, mais cela les rendaient trop impertinents et nous fûmes obligés de nous comporter différemment envers eux. Il est à noter, que, depuis longtemps déjà, les services de l’EMBA et du 2e Bureau, à Skopje, faisaient signer à tous les Macédoniens ou autres démocrates qui par hasard se réfugiaient à Skopje, sous la contrainte ou la menace, des déclarations qui disaient :

« Je m’engage à tenir au courant le camarade... ou autre personne qu’il m’indiquera, sur tout ce que je vois et entends au dépens du P.C.Y. et de l’Etat. Si je n’accomplis pas cette mission, je serai déféré en justice... »

Ils faisaient aussi signer de telles déclarations aux membres du Parti Communiste de Grèce qui par hasard et tout à fait provisoirement se trouvaient à Skopje. Chacun peut comprendre quelle relation il peut y avoir entre une telle action et la solidarité communiste entre Partis frères. Les agents qui arrivaient maintenant, après juillet-août 1948, apportaient des ordres tels que : Organiser dans la région macédonienne libre un réseau d’agents au dépens de la DSE et du pouvoir populaire.

Avoir régulièrement des rapports sur la force de notre armée, sur les routes, les ponts, les ravins, les endroits fortifiés, la composition de la population, sur ceux qui travaillent dans lé pouvoir populaire, sur ce qu’ils y font, etc.

Un chapitre spécial du questionnaire écrit concerne des renseignements relatifs au siège du Haut-Commandement et du Gouvernement Démocratique Provisoire, à la force de la garnison, aux conditions de circulation dans cette région, etc...

Sur ce point les questions ne diffèrent point des questions que reçoivent de la part des officiers américains, anglais et monarcho-fascistes les espions qui sont envoyés de l’autre côté du front. Une autre tâche qu’on donne aux agents est de développer le travail de scission dans la N.O.F. et d’encourager et organiser des désertions vers la Yougoslavie.

Tout cela ressort non seulement des aveux des agents, mais aussi des questionnaires écrits que nous avons capturés et que le toupet de l’impunité faisait les agents porter sur eux. L’instruction qu’ils reçoivent avant de partir pour la Grèce Libre est : « Les Grecs vous massacreront tous, vous, Slavo-macédoniens. Ils se moquent de vous, il ne vous accordent pas vos droits, ils vous ont trahit etc. ».

Et, bien sûr, ils insultent les cadres du Parti Communiste de Grèce ainsi que les cadres Slavo-macédoniens politiques et militaires conscients. Au village Megali Sterna, ont été arrêtés par un détachement de la DSE les agents Jean Vogiatsis et Jean Pétroulis.

Tous les deux étaient d’anciens déserteurs de la DSE Ils étaient armés de fusils automatiques anglais Sten et habillés en pantalons, godillots, chemises, blouses anglais de l’U.N.R.R.A..

A l’instruction ils ont avoué qu’en Yougoslavie, où ils avaient fui, ils avaient été soignés et des officiers de l’UDBA les avaient approché en leur disant : « Ici c’est bien, vous recevez de l’argent, nous avons du cinéma, du football, etc. Pour qui iriez vous vous battre ? Zachariadis vous a vendu, etc. »

Plus tard un homme de l’UDBA les arma, les habilla et les envoya en Grèce en leur disant : « Par-tout il y a la lutte. Actuellement vous allez travailler pour le Parti. Vous direz que vous êtes des combattants de la DSE pour faire votre travail, mais faites attention de ne pas tomber entre les mains de la DSE ».

Et il y a beaucoup de tels exemples. Caractéristique de l’hypocrisie des traîtres de Tito est aussi l’incident suivant : En décembre 1948 nous avons arrêté deux agents, Gallios et Gounaris. Pour mettre fin à cette sale affaire, nous avons avisé le P.C.Y. que nous avons arrêté deux agents qui disent qu’ils ont été envoyés par des officiers yougoslaves et nous demandions qu’ils nous répondent si vraiment ils ont été envoyés par leurs gens. La réponse fut négative.

La clique de Tito n’avait pas le courage d’avouer qu’elle -envoyait des agents en Grèce.

Mais les aveux des deux agents étaient clairs et l’un d’eux avant d’être exécuté, insultait et maudissait Tito et ses amis, qui les avaient poussé à la trahison pour les abandonner après.Du point de vue de l’identité des buts entre les agents de Tito et les agents des monarcho-fascistes, il est aussi significatif que beaucoup d’agents de Tito entretenaient en même temps des relations avec des officiers américains ou anglais ou monarcho-fascistes.

Certains agents organisaient des désertions tantôt vers la Yougoslavie, tantôt vers les monarcho-fascistes. « Ou à Florina, ou à Tito, c’est actuellement la même chose » disaient-ils aux candidats déserteurs.

Nous avons beaucoup de tels exemples, surtout dernièrement par un réseau d’agents qui ont été arrêtés dans la région de Boufi. Une certaine Stavroula Simou p. ex. travaillait à la fois pour le compte des monarcho-fascistes et pour le compte de l’UDBA par l’entremise d’un agent appelé Doissinis qui venait régulièrement de Skopje et qui fut arrêté dernièrement.

Les provocateurs yougoslaves concentraient spécialement leur attention à la question de l’organisation de désertions.

Quand ils virent que les combattants et les combattantes Slavo-macédoniens étaient attachés à la politique du Parti Communiste de Grèce et que les efforts de leurs agents de diviser le mouvement chez les Macédoniens avaient manifestement fait faillite, tant par l’intervention à tentes du P.C.G. que par le ralliement ides Macédoniens dans le Parti et leurs organisations, alors la clique de Tito considéra l’organisation de désertions comme le moyen le plus commode.

Bien sûr, notre lutte est dure du point de vue des souffrances, des privations, des sacrifices.

Tout le peuple macédonien participe comme un homme dans cette lutte et a donné et donne tout pour elle.

La clique de Tito pensait que si, dans les privations et l’âpreté de la lutte, elle jetait, par ses agents, des mots d’ordre qui engourdiraient le peuple, qui refroidiraient son enthousiasme et si, en même temps, elle cultivait chez lui l’idée qu’en allant en Yougoslavie chacun trouverait des soins et ferait aussi son devoir comme patriote macédonien — vu que « Zachariadès a trahi » — elle pourrait avoir des résultats.

Et ce travail sournois commença systématiquement et avec persistance.

Les mots d’ordres défaitistes étaient abondamment jetés (nous ne pouvons pas tenir le coup à l’Amérique, nous n’avons pas à manger, nous serons tous tués, etc.) et en même temps les solutions étaient toutes prêtes : l’affaire des Macédoniens c’est d’aller en Yougoslavie, où ils trouveront tous les soins et là ils seront prêts à descendre pour unir la Macédoine de l’Egée à la Macédoine du Vardar.

Ce travail devint plus systématique quand arrivèrent en Yougoslavie quelques cadres de la N.O.F. corrompus et en faillite.

La clique Colisefski — Ambos embrassa ces éléments en faillite et nomma même l’un d’eux, Gotché, Sous Secrétaire au Ministère de la Providence Sociale et tous ensemble, en étroite collaboration, ils développèrent le travail de dissolution.

Il est vrai qu’au début quelques combattants sont tombés victimes de leur propagande et ont déserté vers la Yougoslavie. De même, partirent des habitants des villages près de la frontière, organisés par des agents. Et avec eux quelques éléments lâches qui se sont sauvés sur la planche traîtresse que leur tendaient les provocateurs.

Tous ces déserteurs trouvaient asile et soins en Yougoslavie, ils furent placés dans des postes et devenaient des agents de la clique de Tito.

Même les cadres les plus responsables du P.C.Y. ne nient pas qu’on donne asile aux déserteurs. Quand en février dernier, une délégation du Parti Communiste de Grèce et de la N.O.F. posa ouverte-ment à Colisefski-Ambos et à un représentant du C.C. du P.C.Y. la question de cette tactique de trahison et de dislocation, ils répondirent cyniquement que la constitution de la Yougoslavie accorde asile à des fugitifs politiques. Et par des fugitifs politiques ces traîtres entendent les déserteurs d’une lutte antifasciste.

De la même façon que l’Angleterre et l’Amérique donnent asile à tout le choeur des traîtres, à toute sorte de Mikolaitchik et autres.

Le général de Tito, Jobo Capétchich disait dernièrement au cours d’un entretien privé : « Nous recevons et nous donnons asile à des déserteurs de la DSE ».

Et pour modérer l’impression que firent ces aveux, il ajouta : « nous gardons seulement les déserteurs que des raisons politiques et des divergences politiques ont fait déserter ». Seule une créature corrompue de Tito pourrait parler des « divergences politiques », qui justifient la trahison et la désertion.

Cependant, indépendamment de cela et indépendamment du fait que ce sont eux-mêmes qui organisent les désertions, nous avons des exemples concrets où des gardes frontières Yougoslaves suivant évidemment des ordres, ne font pas seulement la propagande ouverte de la désertion à des combattants de la DSE, mais prennent aussi par la force quelques-uns et les amènent à l’intérieur du pays, où l’UDBA les contraint à rester là et devenir des agents et des espions.

En voilà quelques exemples : Le 28-3-49 des gardes frontières yougoslaves ont arrêté un commandant de la DSE qui les approcha.

Quand le sous-lieutenant de la DSE, le commissaire politique de la compagnie.

Cestas Djiocas en fut renseigné, il se rendit avec deux autres combattants au poste de garde et demanda qu’on mit en liberté le combattant en question. Au heu de cela, les yougoslaves arrêtèrent aussi le sous-lieutenant avec les deux combattants et les envoyèrent tous au siège de la compagnie. Là, on leur dit que personne d’eux ne rentrerait plus en Grèce, car « la Yougoslavie se reconstruit et a besoin d’eux pour les mettre au travail. La Grèce est en guerre, tandis que la Yougoslavie est une Démocratie Populaire ».

Le 2 avril on les envoya à l’instruction à Monastir.

Là, la Sûreté demandait au sous-lieutenant Djiocas quelles étaient les leçons qu’il faisait à sa compagnie comme commissaire politique, sur Tito, comment il voit la DSE, Tito, etc. Le 4 avril on l’amena à Skopje et après deux jours dans un camp. Là, le secrétaire du camp, l’agent connu de l’UDBA, Mitsos Tarpofski l’aborde et lui proposa de « rester en Yougoslavie, de se marier et de travailler pour la reconstruction ».

« Ici il y a reconstruction, beaucoup à manger et pas de guerre comme en Grèce ».

Le 23-4-49 les combattants Tsounis Jean, Miscas Christo et Sindis Geor-ges se rendant en mission de Kaimaktchalan à Paicos, perdirent leur chemin à un point près de la frontière yougoslave à cause de la neige abondante et touchèrent ainsi le territoire yougoslave. Les soldats yougoslaves qui les virent, les arrêtèrent et les amenèrent par force au siège de la compagnie.

Là, le capitaine leur déclara que « ceux qui désertent les rangs de la DSE et viennent en Yougoslavie sont les meilleurs gens et combattants et vous n’allez plus rentrer en Grèce ». Le 27-4-49 Soultana Nascova membre du C.E. du CA.C. de l’A.F.G. (front antifasciste des femmes slavo-macédoniennes), Ivan Nitsef, Maria Samarentsova et Traianca Georgieva, cadres de la N.O.F. du département de Pelli se rendaient de Katmaktchalan à Paicos.

Marchant dans la neige, les pluies et la tempête, ils perdirent leur chemin et tombèrent un peu dans le territoire yougoslave. Comme ils s’étaient arrêtés un moment tâchant de s’orienter des gardes yougoslaves arrivèrent et leur ordonnèrent de les suivre au siège de la compagnie.

A leur négation, les gardes yougoslaves chargèrent leurs armes, mirent en joue et leur ordonnèrent de livrer leurs armes. Les Macédoniens refusèrent en disant : « Tuez-nous ici, nous ne venons pas, ni ne livrons nos armes ». L’incident dura plus de trois heures.

On ligota Soultana Nascova et par force on les amena tous au siège de la compagnie. Le 1er mai on les amena il Skopje ; là, on les jeta en prison où vint les visiter un officier qui leur demanda s’ils insistent de rentrer. Ils déclarèrent que bien sûr ils insistent, et, lui, leur promettra qu’ils seraient laissés libres d’aller où ils veulent.

Cependant le lendemain matin on les transporta par camion dans un camp.

Là on leur prit tout ce qu’ils avaient avec eux, des livres, des journaux, des notes, etc., on les interrogea sur leur travail en Grèce, on leur demanda comment le peuple macédonien voit la lutte de la DSE, etc.

Ces exemples ne sont pas uniques. On voit que le travail de dislocation devenait toujours plus provocant, plus effronté. Les derniers mois on faisait aux candidats déserteurs la propagande de la nécessité de prendre avec eux leurs armes et de se battre s’il y avait lieu contre les gardes de la DSE De cette façon, quelques déserteurs prirent avec eux aussi de chevaux et d’autres articles de la DSE et d’autres livrèrent même des batailles à des gardes de la DSE avant d’être arrêtés.

Il est à noter que du côté des monarcho-fascistes avait aussi dernièrement lieu une propagande de désertion pour la Yougoslavie. On a arrêté des agents du monarcho-fascisme au moment où ils prêchaient à des combattants la fuite vers la Yougoslavie.

Il est évident que la source de ces deux efforts est une et la même.

D’ailleurs les agents des deux côtés le disent : « Ou vers Florina, ou vers la Yougoslavie. C’est actuellement la même chose ». Cette solidarité des agents se révéla dernièrement par la fuite de 5 officiers de l’armée monarcho-fasciste du camp des prisonniers, qui allèrent en Yougoslavie. Il s’agissait de 5 gredins monarcho-fascistes qui avaient été faits prisonniers dans la bataille de Naoussa.

Parmi eux se trouvait aussi le commandant de la Sûreté de Naoussa.

Ces 5 officiers partirent en Yougoslavie avec les instructions d’agents de Colisefski et avec leur aide. Naturellement, la clique de Tito n’a pas soufflé mot sur l’asile que, conformément à leur constitution, a été accordé à des hommes qui se sont enfuis des mains de la DSE pour des « raisons politiques », mais le fait reste cependant et il est irréfutable.

De tout ceci, il appert clairement que la clique de Tito depuis l’année dernière jusqu’à cette année a de plus en plus ouvertement, de plus en plus honteusement suivi sa politique hostile envers notre mouvement et a fait tout ce qu’elle pouvait pour l’affaiblir et le briser, en pleine concordance avec les efforts des monarcho-fascistes et des impérialistes anglo-américains. Tout cela, ce sont des faits, des aveux, des documents que personne ne peut contester.

LE TRAVAIL DE DISSOLUTION DANS LA N.O.F.

Ce fut toujours la politique de la clique de Tito d’arracher la Macédoine de l’Egée et de l’annexer à la Macédoine du Vardar dans les cadres de la Yougoslavie. Il tâchait toujours d’utiliser les organisations des Macédoniens de l’Egée à ces propres buts chauvinistes. C’est pour cela qu’il organisa certains cadres de la N.O.F. comme ses agents et les faisait signer des déclarations comme quoi ils travailleraient pour le compte du P.C.Y..

Cependant, depuis le mois de juillet 1948 le travail de dislocation, de sape et de trahison prenait un caractère de plus en plus effronté.

En août 1948 le premier Plénum du C.C. de la N.O.F. destitua à l’unanimité le président de la N.O.F. Kéramidjief, pour activité fractionniste qui se faisait sous les directives de Colisefski-Ambos et Cie et leur ordonna d’entreprendre du travail militaire dans la DSE Kéramidjief, un élément corrompu et lâche qui a collaboré étroitement avec les fascistes bulgares à Sofia et prenait part comme enseigne aux défilés fascistes de Filof, déclara aussitôt, là, devant le Plénum, que ses nerfs sont à bout, qu’il est pris de peur quand il entend des avions et qu’il demande à subir un traitement.

Il trompa ainsi le Parti et déserta à Skopje.

Là bas, la clique de Colisefski le reçut ainsi que ses semblables à bras ouverts, les mit à des postes d’État et les mit à vomir un tas d’ordures contre notre mouvement. Aux réfugiés on semait des mots d’ordre défaitistes, on cultivait la haine contre la direction de notre recrutement et on répandait les mots d’ordre chauvinistes de la clique de Tito.

On leur disait que nous, ici, nous assassinons les Macédoniens, qu’il y a un ordre d’un chef militaire de massacrer tous les enfants macédoniens, que les Macédoniens sont méconnus, etc.

Quand au mois de février 1949 une délégation de la N.O.F., avec un représentant du Parti Communiste de Grèce, se rendit à Skoplje et tâcha de persuader ces déserteurs de rentrer et d’abandonner leur œuvre de trahison, eux, ayant l’appui de la clique Colisefski, répétaient à la délégation les mêmes calomnies, ils déclaraient qu’ils n’ont aucune confiance en le Parti Communiste de Grèce et mettaient pour rentrer des conditions par lesquelles ils demandaient prendre dans leurs sales mains la direction de la N.O.F. et des troupes macédoniennes.

Relativement à la décision du 5e Plénum du C.C. du Parti Communiste de Grèce sur la question macédonienne, ils déclarèrent qu’elle n’est pas suffisante et qu’ils doivent être libres de faire la propagande de l’annexion de la Macédoine de l’Egée à la « démocratie populaire » de la Macédoine du Vardar (Yougoslavie).

Quand on leur a dit que cela ne leur sera jamais permis, l’un d’eux répondit : « C’est-à-dire vous nous défendez de parler de notre patrie ». Des membres de la délégation demandèrent à Colisefski-Ambos de définir leur attitude envers ces types. Colisefski-Ambos, en pures trotskistes, sous des phrases ultra-révolutionnaires, restèrent au fond solidaires avec eux, ils refusèrent de cesser leur activité et renvoyèrent la délégation à Belgrade.

En même temps ils défendirent à la délégation d’avoir le moindre contact avec les réfugiés macédoniens.

A Belgrade la même réponse fut donnée, couverte des mêmes phrases ultra-révolutionnaires.

Et Kéramidjief, Gotché, etc. continuèrent, avec l’appui entier maintenant et la direction de Colisefski, etc., l’organisation des désertions, l’envoi d’agents.

Ils continuèrent à contaminer notre mouvement à un tel point que les réfugiés macédoniens eux-mêmes s’indignèrent et les insultèrent en leur disant de s’en aller au diable. En vérité, les résolutions du 5e Plénum du C.C. du Parti Communiste de Grèce avaient soulevé un grand enthousiasme chez les réfugiés, que Kéramidjief et Cie, cherchaient en vain d’étouffer. Dans quelques cas la clique de Colisefski employa aussi la police pour réprimer des manifestations patriotiques des Macédoniens.

Ainsi p. ex. en mars 1949 dans le groupe des réfugiés de Gacovo, sur l’ordre de Colisefski et de ses amis, on est allé dissoudre le groupe.

Le groupe refusa, les jeunes demandaient rentrer chez eux et ce fut seulement par l’intervention de la police que le groupe fut dissout.

Ce fut aussi le cas dans le groupe de Croussévlié. La « thèse » politiques du groupe traître des déserteurs Kéramidjief etc., est que tous les Macédoniens qui aujourd’hui luttent dans la DSE sont des traîtres, que le devoir national des Macédoniens est actuellement d’aller en Yougoslavie, sauf si le Parti Communiste de Grèce accepte de livrer le mouvement à ces traîtres, agents des provocateurs de Tito.

Cela est aussi dit dans une lettre qu’ils ont envoyée au mois de mai au C.C. au Parti Communiste de Grèce, qui est un vrai document d’attitude contraire à l’esprit du Parti, de dévergondage, de mensonge et d’effronterie, écrit — c’est clair — par Colisefski et ses amis.

Nous pensons que, même s’il n’y avait aucune autre preuve et s’il n’y avait pas tant de documents qui montrent la trahison de la clique de Tito, le seul fait qu’ils ont reçu à bras ouverts cette bande de vauriens, qu’ils ont nommé Getché Sous-Secrétaire au Ministère de la Prévoyance Sociale et qu’ils les dirigent dans leur activité criminelle, suffit pour montrer la profondeur de leur trahison.

TRAVAIL DANS LES COMMUNAUTÉS DES RÉFUGIES.

Il y a cependant tant de documents qu’on ne sait par où commencer. Prenons leur attitude envers les émigrés politiques de Boulkès. Comme l’on sait, à Boulkès habitent environ 4.000 émigrés politiques, surtout des vieillards, des invalides et des enfants.

Depuis juillet 1948 les provocateurs yougoslaves ont commencé à faire plus intenses leurs attaques contre la communauté.

Sous le prétexte que le président du conseil municipal n’avait pas mis le portrait de Tito dans un petit magasin du village — ce qui était une pure provocation — ils le chassèrent du village et l’expulsèrent. Petit à petit les provocations se dirigeaient contre toute la communauté. Ils approchaient des membres du groupe et leur disaient de s’en aller et de devenir leurs agents.

Ainsi firent-ils avec un certain Cosmidis, dont ils firent un agent qu’ils mirent calomnier, provoquer et menacer le groupe. Quand ils pensèrent que ces préparations étaient suffisantes ils firent leur attaque ouverte au mois de juin.

Le 12 juin 1949 ils envoyèrent une soi-disant commission de contrôle, qui défendit la sortie du village, prit des mesures sévères sur la circulation, elle compta les habitants et fit un contrôle de toute la propriété de la commune qui était faite à la sueur des habitants.

Ils ont tâché de semer le mécontentement chez les habitants contre le Bureau, ils appelaient les habitants à partir, ils leur disaient que le Bureau les exploite et en gèneral faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour dissoudre la commune.

Ce n’est pas de leur faute si les habitants, dans leur totalité, fidèles à leur Parti et à leu-direction, se rallièrent autour du Bureau.

Tout cela évidemment, eut lieu au nom de « l’internationalisme » de la « lutte antifasciste » et de la « solidarité » envers notre mouvement, comme osent le proclamer sans vergogne les trotskistes de Belgrade. Ils sont allés jus-qu’à traîner devant les tribunaux des membres de la commune et ce ne serait point étonnant de voir les cachots de Rankovitch recevoir aussi de militants honnêtes de la Grèce, des vieillards, des vieilles femmes et des invalides.

Dans un autre groupe d’émigrés ils obligeaient les réfugiés de signer des déclarations qu’ils resteront trois ans en Yougoslavie dans le but de les avoir en main.

D’autres militants, qui, pour diverses raisons, se sont trouvés en Yougoslavie, furent confinés, laissés à jeûne, on leur prit toutes leurs affaires et on les chassa d’une façon grossière, après avoir essayé de les persuader que le Parti Communiste de Grèce a trahi et qu’ils doivent devenir des agents. P. ex. le colonel-major Guiousa dit le 21 mai à un camarade : « Les vôtres ont livré les armes, les monarcho-fascistes arriveront prochainement à la frontière, les vôtres vous ont trahis ».

Un autre disait : « Ne vois-tu pas les propositions , de Vichinsky ? On vous a trahi. » Et on les menaçait que s’ils ne signaient pas une déclaration comme quoi ils resteraient en Yougoslavie on les mettrait en prison. La même tactique fut suivie vis-à-vis des enfants, qui, l’année passée, s’étaient réfugiés en Yougoslavie

Chez eux aussi on commença des intrigues, des provocations, des renvois d’instituteurs. A la fin ils envoyèrent des parents d’enfants, qui eux aussi étaient des émigrés, créer sous différents prétextes ridicules. des histoires, en présence des enfants, dans la colonie d’enfants, de façon à bouleverser ces derniers et dissoudre les colonies.

Ils cultivent chez les enfants l’idée qu’ils vivront en Yougoslavie pour couper tout lien avec notre mouvement. Du moment que dans toutes les démocraties populaires l’éducation des enfants se trouve entre les mains du Gouvernement Démocratique Provisoire et que tous les enfants, grecs et macédoniens, sont élevés dans l’esprit de l’amour de leur patrie, dans leur langue maternelle, grecque ou macédonienne dans l’esprit de notre mouvement, en Yougoslavie — exploitant le fait qu’ils sont tous des enfants macédoniens — on s’efforce de les détacher de leur patrie et d’en faire des instruments pour les visées chauvinistes de la clique de Tito.

INTELLIGENCE AVEC LES MONARCHO- FASCISTES ET LES IMPÉRIALISTES

Chaque jour qui passait depuis juillet 1948 appelait une nouvelle preuve que la clique de Tito est depuis longtemps devenue une agence des impérialistes. Au début elle s’efforça de couvrir sa trahison par des phrases gauchistes. Sur la question grecque, pour les raisons que nous avons mentionnées au commencement, on était obligé de faire plus d’attention. Elle fut, cependant, obligée d’abandonner ici aussi les apparences.

Les impérialistes la serraient de près d’éclaircir son attitude. Déjà en novembre dernier « I’Economist » de Londres définissait la ligne de la politique anglaise. Il écrivait le 20 novembre 1948 : Mais les conditions économiques pour de meilleures relations sont cependant relativement peu sérieuses en comparaison aux exigences qui doivent être formulée sur la politique extérieure de Tito.

Il faut employer les éléments les plus nationalistes de l’entourage de Tito pour les faire accepter l’idée de l’intérêt commun qu’ont la Yougoslavie et la Grèce vis-à-vis de l’expansionnisme bulgare et albanais (!)...

Ce mot d’ordre aura un retentissement... Dans le meilleur des cas il accélérera une évolution souhaitée de la politique yougoslave et rendra service à l’allié de l’occident — la Grèce — qui se trouve dans la situation la plus critique ».

L’orientation fut donc donnée à Tito par les impérialistes : Sauver la Grèce monarcho-fasciste qui se trouve dans une situation critique.

Comme on le verra, Tito a obéi. En février 1949, à l’occasion de la conférence des suppléants des 4 ministres à Londres sur le traité de paix avec l’Autriche, Bebler se rendit à Londres et eut une longue conversation avec Bevin qui, comme l’écrivait le « Nettes Osterreich » de Vienne, se déroula sur la base de la traditionnelle politique anglaise qui vise à la réconciliation entre la Yougoslavie et la Grèce.

Ces mêmes jours Tsaldaris arriva aussi à Londres, et comme il parait, eut, lui-aussi, une conversation avec Bebler qui fut gardée secrète. Les journaux monarcho-fascistes publièrent à l’époque la nouvelle qu’une réconciliation entre Belgrade et les puissances occidentales est probable.

Le voyage de Bebler a en tout cas apporté des résultats. Tsaldaris l’avoua quelques jours après, lorsque à l’inauguration de l’Isthme de Corinthe, il dit au correspondant du « Daily Mail » en montrant Paul Glücksburg : « Vous le voyez, cet homme-là ? Dans quelque temps il sera avec Tito ». Il est vrai que Tsaldaris fut réprimandé par Bevin pour sa bêtise, mais l’aveu reste.

A la même époque le fils de Tsaldaris appelait, dans les « Kairi » les Serbes à se battre aux côtés des Grecs contre les andartès grecs.

D’ailleurs une série d’événements ont montré que les instructions de Bevin ont été suivies. Les provocations contre notre mouvement devinrent plus fréquentes, les journaux yougoslaves cessent de parler de notre mouvement, les réseaux des agents se multiplient. Au mois de mai ont lieu les attaques ouvertes contre des combattants grecs et macédoniens qui se trouvent en Yougoslavie.

En juin a lieu l’attaque contre la communauté de Boulkès. Le 4 juillet à 11 h30 le colonel major, commandant du 516 bataillon de l’armée monarcho-fasciste avec des officiers américains et anglais se rencontre avec des officiers yougoslaves et dans une atmosphère « très amicale » sont résolues toutes les questions.

Bientôt l’armée monarcho-fasciste traverse la frontière yougoslave et attaque par derrière nos troupes. Comme l’on sait, l’agence « Tanjug » s’est empressée de démentir cette rencontre.

On a même osé faire du chantage à des blessés de la DSE pour les obliger à témoigner en faveur des titistes : juste de la même façon que le monarcho-fascisme et la commission Balkanique font chanter les combattants blessés de la DSE faits prisonniers pour les contraindre à appuyer leurs provocations. Mais voilà que le 21 juillet vient la Commission Balkanique elle-même révéler d’autres rencontres encore avec des officiers supérieurs yougoslaves, indépendamment du fait que fidèle à son rôti, elle veut donner un doux caractère à la rencontre.

Le fait c’est que l’accusation de l’agence « Grèce Libre » s’est prouvée vraie et le démenti du « Tanjug » une tromperie. C’est même très caractéristique et vraiment touchant de voir combien la Commission Balkanique montre de finesse en constatant pour la première fois des violations des frontières par les monarcho-fascistes rendant ainsi, en gentleman pur sang la « compréhension » que montrent les traîtres yougoslaves.

Et les événements se succèdent avec une rapidité formidable. La clique de Tito demande un emprunt aux Américains pour renforcer un peu ses finances, en faillite à cause de la trahison.

Mais le temps où elle demandait de ne pas être « mise dans une situation difficile », est révolu.

En ces jours difficiles les impérialistes ont ouverte ment besoin de Tito. Ils lui demandent, pour lui accorder 100 millions de dollars, de prendre ouvertement position contre notre mouvement. La radio d’Ankara l’a dit le 26-6 et le correspondant du « New-York Herald Tribune » l’a câblé de Belgrade le 30-6. Et Tito, « au lieu de la faire après avoir reçu l’emprunt », écrit le « Times »... « l’a faite à l’avance ».

Le 10 juillet à Pola, Tito parle sur la nouvelle d’une rencontre d’un officier yougoslave avec un officier monarcho-fasciste et dit : « Je suis convaincu que personne, jusqu’aujourd’hui n’a vu une plus grande canaillerie, une plus grande infamie, qui n’a pas sans doute été inventée par les Grecs, mais par quelqu’un ailleurs ». Maintenant que la Commission Balkanique révèle beaucoup d’autres choses on peut juger qui a fait « la plus grande canaillerie et la plus grande infamie ».

Tito a donc trouvé l’occasion de faire une attaque infâme contre notre mouvement, de seconder la propagande monarcho-fasciste, qui tâche de persuader le monde qu’elle a fini avec les andartès, et de déclarer qu’il fermera la frontière. Ici aussi il est prouvé être un imposteur vulgaire. Car le 7 juillet, conformément à ce qu’a annoncé la Commission Balkanique et que Tito n’a pas démenti, l’officier supérieur yougoslave a déclaré que la frontière est fermée.

A la question si cela est aussi valable pour les andartès il a catégoriquement répondu : Oui.

Et après cela, Tito déclare, en trompant le peuple, qu’il fermera la frontière.

L’ambassadeur de Tito part aussitôt de Pola, va à Belgrade, se rencontre tout de suite avec l’ambassadeur américain et lui annonce les déclarations de Tito : « Donc maintenant vous pouvez nous donner les dollars ». Dans trois jours le théoricien de Tito, Djilas, parlant à Monténégro, lance une nouvelle attaque contre notre mouvement et l’U.R.S.S., en déclarant que « les propositions de l’U.R.S.S. ont découragé les combattants de la DSE et ont coupé toutes les perspectives de la lutte libératrice du peuple grec. Ceci au moment même où les propositions de l’Union Soviétique ont été reçues avec enthousiasme tant par la DSE que par tout le peuple de la Grèce, car elles expriment son désir d’un paix juste et démocratique.

Il faut rappeler que le monarcho-fascisme tâche ce dernier temps de faire croire que le moral de la DSE est tombé, qu’il a fini avec elle et qu’il n’en reste que quelques foyers près de la frontière albanaise et bulgare, pour le nettoyage desquels il a besoin d’une aide armée internationale.

Le monarcho-fascisme et ses maîtres espèrent par cette finasserie rencontrer moins de réaction dans l’O.N.U. que s’ils disaient la vérité, que c’est seulement par des troupes étrangères qu’il y a d’espoirs de soumettre le peuple de Grèce. Et la clique Tito vient renforcer le monarcho-fascisme dans la provocation. Maître commun, commune manifestation des laquais.

Personne ne peut sous-estimer combien était sérieux ce coup au dos que fut la trahison ouverte de Tito. Cependant les impérialistes et leurs agents d’Athènes et de Belgrade se trompent s’ils croient que notre peuple, qui a traversé jusqu’à présent tant des difficultés indicibles fléchira parce qu’il est frappé ouvertement et dans le dos par une clique traîtresse. Toute la DSE entend avec indignation les insultes de Tito et de Djilas.

Cette trahison renforce encore plus sa veloute. du vaincre. Ce sont les provocateurs de Belgrade qui ont plus à craindre de cette trahison. Car elle les démasque plus encore aux yeux des peuples de la Yougoslavie et tout d’abord aux yeux des communistes.

Le processus de la décomposition du régime traite et de la résistance populaire contre lui sera accéléré par cette nouvelle trahison ouverte. Il est des saletés qu’aucune démagogie ne peut couvrir. L’attitude traitresse de Tito envers nous est du nombre. Nous l’avons payée déjà longtemps et nous la payons aussi aujourd’hui avec beaucoup de difficultés.

Nous les surmonterons cependant comme nous avons surmonté les anciennes Et nous avons la satisfaction que nous rendons un service aux peuples de la Yougoslavie, qui indubitablement, méritent un sort meilleur à celui que leur a imposé la clique des traîtres et des agents qui leur est assise sur le dos.

lundi 20 mars 2017


Le KKE et la démocratie populaire