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La « belle époque » de l’élan capitaliste - 6ème partie : la « philosophie de la vie » de Dilthey et Bergson

Le vitalisme est au cœur de la réflexion bourgeoise. Deux philosophes vont établir une base idéologique : Wilhelm Dilthey et Henri Bergson (Friedrich Nietzsche et Georges Sorel en établissant un style).

Grand-croix de la Légion d’honneur, Prix Nobel en 1927, statistiquement l’auteur le plus donné au baccalauréat, Henri Bergson est la figure de proue de l’idéalisme français.

Charles Péguy, l’écrivain réactionnaire qui a été son disciple, résume ainsi sa manière de voir les choses :

« La méthode bergsonienne revient essentiellement à remonter vivement une pente, et à la faire remonter vivement à l’homme et à l’esprit. Dans le sens où le cartésianisme a consisté à remonter la pente du désordre, dans le même sens le bergsonisme a consisté à remonter la pente du tout fait… Il y a certainement dans le bergsonisme comme un acharnement qu’il n’y a pas dans le cartésianisme... »
(Note sur M. Bergson et la philosophie bergsonienne).

Henri Bergson est en fait l’équivalent français de Sigmund Freud en Autriche et de Friedrich Nietzsche en Allemagne. Lui aussi s’intéresse à la conscience, seulement ses réponses à lui sont adaptées, non pas à la déchéance de l’Autriche et à la culture viennoise décadente apocalyptique, ou bien à l’Allemagne mobilisée pour rattraper son absence de colonies, mais bien à la France bourgeoise, celle qui a su écraser la Commune et maintenir bien haut le drapeau de la propriété privée.

Henri Bergson s’intéresse donc à des questions philosophiques abstraites, idéalistes : où se conservent les souvenirs et comment se forment-ils ? L’âme survit-elle au corps ? La télépathie fonctionne-t-elle ? Quel est le mécanisme du rêve ? Quelle est la valeur philosophique du mysticisme ? Quelles sont nos habitudes mentales ?

La bourgeoisie française a mis en avant, avec Henri Bergson, sa version « nationale » de l’irrationnel, qui pour des raisons historiques est très différent de l’irrationalisme allemand. Il est à ce titre essentiel de voir que le seul véritable penseur communiste en France, Georges Politzer, d’origine hongroise, est le principal critique du bergsonisme.

Georges Politzer, dans L’obscurantisme au 20ème siècle, où il critique le théoricien nazi Alfred Rosenberg, rattache même ce dernier à Henri Bergson :

« Parlant à l’académie des sciences morales et politiques, le 21 janvier 1919, M. Bergson, le philosophe antirationaliste qui vient de mourir, disait à propos de la guerre de 1914-1918 : D’un côté, c’était la force étalée en surface, de l’autre la force en profondeur.

D’un côté, le mécanisme, la chose toute faite qui ne se répare pas elle-même ; de l’autre, la vie, puissance de création qui se fait et se refait à chaque instant.

Alors la force en profondeur, la vie, la puissance de création, c’était l’impérialisme français.

M. Rosenberg (qui aime décidément les auteurs non aryens) accomplit une fois de plus "une révolution scientifique comme la découverte de Copernic il y a 400 ans" et recopie Bergson. »

Georges Politzer a bien constaté que René Descartes amène à Karl Marx, si l’on abandonne pas le matérialisme, qu’on ne sombre pas dans une vision bourgeoise « mécanique ». Il a bien vu qu’Henri Bergson est à l’opposé le théoricien par excellence de la France bourgeoise postérieure à la Commune de Paris, la France réactionnaire de la petite propriété et de la franc-maçonnerie, la France du positivisme, et que par conséquent il était logique que les idéologues fascistes puisent allègrement dans Henri Bergson.

Henri Bergson opposait en effet « intelligence » et « intuition ». L’une de ses grandes notions est la force vitale créatrice profonde. Henri Bergson considère que :

« il y a déjà quelque chose de quasi divin dans l’effort, si humble soit-il, d’un esprit qui se réinsère dans l’élan vital, générateur des sociétés qui sont génératrices d’idées. »

L’intuition est au coeur de l’irrationnel. L’irrationalisme de l’époque impérialiste a besoin de liquider la réalité. En France, Henri Bergson en est le principal artisan, la figure métaphysique – catholique, l’inventeur de la « philosophie de la vie » à la française.

Il affirme que le temps tel qu’il est défini par la science est insuffisant et qu’il faut valoriser la « durée » telle qu’elle est comprise par la conscience. Ce qui compte n’est donc pour cet idéalisme pas seulement la réalité, mais aussi et surtout « autre chose ». Selon Henri Bergson,

« Il y a des choses que l’intelligence seule est capable de chercher, mais que, par elle-même, elle ne trouvera jamais. Ces choses, l’instinct seul les trouverait ; mais il ne les cherchera jamais. »

C’est la base de l’irrationalisme de l’époque impérialiste : d’un côté, le sens pratique pour la réalité matérielle (ce qu’Henri Bergson appelle « intelligence »), de l’autre l’irrationalisme pour la conscience (ce qu’il appelle « intuition »). Pour Henri Bergson

« L’intelligence, dans ce qu’elle a d’inné, est la connaissance d’une forme, l’instinct implique celle d’une matière. »

On a ici un vitalisme à la française. Henri Bergson est le Friedrich Nietzsche français. Le point culminant de cet irrationalisme est alors logiquement l’« élan vital », que Henri Bergson définit comme « force créant de façon imprévisible des formes toujours plus complexes » – ce qui est exactement la prétention de l’impérialisme, car celui-ci prétend être « génial », être porté par les « génies ».

Henri Bergson explique cela très clairement :

« Quant à l’invention proprement dite, qui est pourtant le point de départ de l’industrie elle-même, notre intelligence n’arrive pas à la saisir dans son jaillissement, c’est-à-dire dans ce qu’elle a d’indivisible, ni dans sa génialité, c’est-à-dire dans ce qu’elle a de créateur.

L’expliquer consiste toujours à la résoudre, elle est imprévisible et neuve, en éléments connus ou anciens, arrangés dans un ordre différent. L’intelligence n’admet pas plus la nouveauté complète que le devenir radical. C’est dire qu’ici encore elle laisse échapper un aspect essentiel de la vie, comme si elle n’était point faite pour penser un tel objet. »

Le romantisme de l’époque impérialiste consiste précisément en cet irrationalisme consistant que le « devenir radical » n’est pas saisissable par la pensée – c’est-à-dire par la théorie, c’est-à-dire par le Parti Communiste, par la Pensée synthétisant la réalité, en tant que reflet du mouvement dialectique de la matière éternelle.

Pour Henri Bergson, la réalité est à la fois matière et esprit, nous apparaissant comme « perpétuel devenir ». Henri Bergson est en fait à l’origine d’une métaphysique moderne, séparant l’âme et le corps :

« L’intelligence est caractérisée par une incompréhension naturelle de la vie. C’est sur la forme même de la vie, au contraire, qu’est moulé l’instinct. Tandis que l’intelligence traite toutes choses mécaniquement, l’instinct procède, si l’on peut parler ainsi, organiquement. Si la conscience qui sommeille en lui se réveillait, s’il s’intériorisait en connaissance au lieu de s’extérioriser en action, si nous savions l’interroge et s’il pouvait répondre, il nous livrerait les secrets les plus intimes de la vie. »

Henri Bergson est le théoricien de la « philosophie de la vie », forme idéaliste de l’époque impérialiste, dans le cadre du capitalisme en France. Voilà pourquoi Georges Politzer lui a consacré un document fameux en son époque, La fin d’une parade philosophique : le bergsonisme.

Georges Politzer critique évidemment l’idéalisme d’Henri Bergson, mais à l’époque il était clair de ce que représentait Henri Bergson.

Lorsque Geroges Politzer dit :

« La philosophie de M. Bergson a toujours été l’alliée zélée de l’Etat et de la classe dont il est l’instrument »

il répond directement à ce qu’est Henri Bergson politiquement, comme lorsque ce favori de la bourgeoisie dit de manière chauvine :

« Le rôle de la France dans l’évolution de la philosophie moderne est bien net : la France a été la grande initiatrice, et elle est restée perpétuellement inventive, semeuse d’idées nouvelles. Ailleurs, sans doute, ont surgi également des philosophes de génie ; mais nulle part, il n’y a eu, comme en France, continuité ininterrompue de création philosophique originale. Ailleurs, on a pu aller plus loin dans le développement de telle ou telle idée, construire plus systématiquement avec tels matériaux, donner plus d’extension à telle ou telle méthode ; mais bien souvent les matériaux, les idées, la méthode étaient venus de France, peut-être sans que l’on gardât la mémoire de leur authentique origine. »

Georges Politzer a, avec son analyse, mené l’étude d’Henri Bergson d’un point de vue communiste, suivant les principes léninistes de la polémique contre les ennemis du peuple. Il le critique non pas simplement théoriquement, mais pour ce qu’il est politiquement, pour ce à quoi il sert.

Henri Bergson a été le théoricien du « droit » français contre la « force » allemande, et c’est en ce sens qu’il devait être critiqué, non pas abstraitement, mais concrètement. L’oeuvre d’Henri Bergson est un mélange de métaphysique et de psychologie, sa fonction est anti-matérialiste à l’époque du matérialisme historique et dialectique, et voilà pourquoi Georges Politzer ne s’est pas contenté de critiquer le bergsonisme, il l’a replacé dans son époque et il l’a évalué comme étant exactement la philosophie des classes dominantes avant qu’elles ne passent dans le camp du fascisme.

Georges Politzer constate que :

« Il faut maintenant à la bourgeoisie des poètes et des penseurs qui organisent directement ses mots d’ordre, qui soufflent directement la flamme de sa rage. La langue des intellectuels devra lécher directement les fusils, les mitrailleuses, les canons. Les "intellectuels" eux-mêmes devront cracher des obus, expirer des gaz et, qui sait, accoucher d’avions, ou de sous-marins. Ils devront être aux côtés de la jeunesse bourgeoise que le fascisme organise pour la dictature blanche. Ils devront promener devant ses yeux toutes les traditions et toutes les valeurs inhumaines et sanguinaires. »

Il est intéressant de voir que justement en Allemagne, le philosophe Wilhelm Dilthey se situe strictement parallèlement à Henri Bergson.

Wilhelm Dilthey (1873-1911), qui est pratiquement inconnu en France, est le principal lien entre le romantisme allemand et le vitalisme de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle, dont les principales figures sont Henri Bergson et Georges Sorel en France, Friedrich Nietzsche et Georg Simmel en Allemagne, Sigmund Freud en Autriche, Filippo Tommaso Marinetti et Benito Mussolini en Italie.

La philosophie de la vie de Wilhelm Dilthey est directement née contre la pensée de Georg Wilhelm Friedrich Hegel, elle est très exactement son pendant irrationnel : là où Karl Marx reprendra Georg Wilhelm Friedrich Hegel, la « philosophie de la vie » inverse toutes les valeurs hégéliennes, en allant encore plus loin que Emmanuel Kant dans l’idéalisme, en faisant basculer l’idéalisme bourgeois en irrationalisme fasciste.

La pensée de Wilhelm Dilthey est à la croisée de la philosophie, de la psychologie, de l’histoire et de la sociologie. Lui-même n’a jamais élaboré de distinctions pratiques entre ces domaines, voilà pourquoi sa pensée fut si influente, mais sa figure peu connue au-delà des théoriciens bourgeois, principalement en Allemagne où il reste une figure incontournable.

Mais Wilhelm Dilthey joue un rôle essentiel pour la pensée bourgeoise de toute l’Europe parce qu’il a permis sur le plan théorique l’apparition de tous les auteurs anti-matérialistes, mettant de côté la réalité matérielle pour considérer que ce qui est essentiel se passe purement et simplement à l’intérieur de l’être humain.

Si Friedrich Nietzsche a pu avoir du succès avec sa thèse néo-romantique d’un surhomme muni d’une volonté de puissance, si Sigmund Freud a pu mettre en avant un être humain consistant simplement en des « pulsions » associées à un « moi », c’est grâce à Wilhelm Dilthey, qui a donné ses « lettres de noblesse » à la « philosophie de la vie ».

Pour Wilhelm Dilthey, il n’y a en fait que des individus. Il n’y a pas de classe sociale, ni même de réalité matérielle. Sa pensée est ainsi strictement opposée au marxisme, première étape du marxisme-léninisme-maoïsme et déjà élaborée à cette époque. Cette période était de fait déjà caractérisée par la lutte des classes du prolétariat.

Partant de là, Wilhelm Dilthey a dû chercher un pendant aux classes sociales pour expliquer les mouvements historiques. Là est l’intérêt de Wilhelm Dilthey pour la bourgeoisie : il n’y a pas la négation de l’histoire, pas de grandes envolées lyriques comme en fera Friedrich Nietzsche, mais une lecture bourgeoise placide, pseudo-scientifique et en fait irrationnelle des phénomènes historiques.

Wilhelm Ditlhey a donc élaboré une nouvelle figure : celle de l’être « individuel », qui est seul au monde (et qui dans le vitalisme deviendra « inadapté », en permanence à la recherche de lui-même, de sa vie intérieure, etc.). Selon lui, tout individu forme une « unité de vie psychophysique », dont l’existence dépend de conditions sociales données. C’est le principe de la « philosophie de la vie ».

L’être humain n’est pas considéré à part, abstraitement, comme étant malgré lui en relation avec le monde et comme devant trouver (ou pas) un « modus vivendi », une manière de vivre avec les autres. C’est là est l’intérêt pratique pour la bourgeoisie soucieuse de mobiliser les éléments de sa classe tombés en décadence : pour Wilhelm Dilthey, l’être humain est forcément individuel et lié organiquement à la société.

C’est très exactement la pensée libérale dans sa version moderne et Benito Mussolini ne dira pas autre chose :

« L’État est l’absolu devant lequel les individus et les groupes ne sont que le relatif. Le libéralisme niait l’État dans l’intérêt de l’individu, le fascisme réaffirme l’État comme la véritable réalité de l’individu. »

Wlihelm Dilthey considère que le monde « extérieur » à l’individu n’existe que de la manière où l’individu non pas le perçoit, mais le « ressent ». Wilhelm Dilthey est le théoricien du monde comme « ressenti ».

La réalité n’existe que parce qu’elle « passe » dans la conscience de l’individu, elle se synthétise dans la conscience, dans la pensée de la personne. La « connaissance » est chez Wilhelm Dilthey un mélange de souvenir, d’introspection, de conceptualisation, de jugement, de rêve, d’intuition, de jugement, d’attention, de compréhension, etc. bref de l’« intériorité subjective ». C’est l’idéalisme du romantisme expliqué de manière « scientifique ».

Wilhelm Dilthey est ainsi le théoricien de l’irrationalisme et du subjectivisme. Si l’on suit Wilhelm Dilthey, la seule chose qui existe vraiment est l’individu, la réalité venant s’ajouter à l’individu, pour n’avoir de valeur qu’en étant « ressenti ».

C’est très précisément le socle de l’irrationalisme de type fasciste, qui est en fait un « historicisme » où l’individu, tel Conan le barbare, affronte la vie pour se réaliser lui-même, la réalité n’ayant de sens que par rapport à lui (d’où dans Conan le barbare, publié en 1932, l’existence de « réalités » se superposant : telle ethnie ayant tel Dieu, telle autre une autre vision du monde et un autre Dieu, le tout cohabitant, la magie côtoyant la force, le raffinement la brutalité, etc., ou bien la figure du personnage de bande dessinée Corto Maltese : « Avant tout, sache que je ne crois pas aux principes. Ce qui peut te sembler juste, pour moi peut être une erreur. Et ainsi, de morales il y en a plusieurs. » dans Sous le signe du Capricorne, etc.).

Wilhelm Dilthey explique ainsi que :

« La vie même, le fait de vivre, au-delà duquel je ne puis remonter, contient des enchaînements au contact desquels s’explicitent toute expérience et toute pensée. Voilà le point qui décide de la possibilité de la connaissance. C’est seulement parce que la vie et l’expérience contiennent tout l’enchaînement qui apparaît dans les formes, les principes et les catégories de la pensée ; c’est seulement parce que cet enchaînement peut être décelé analytiquement dans la vie et l’expérience – qu’il y a une connaissance de la réalité. »

Ainsi, selon la philosophie de la vie, il ne peut pas y avoir de « grandes théories », il faut s’appuyer sur la vie pratique menée par un individu consistant justement en une « conscience », c’est-à-dire le « vécu ». C’est comme si le monde n’existait que par chaque individu, chacun consistant en une sorte de demi-dieu. Tel Conan le barbare, l’individu de Wilhelm Dilthey vit dans le combat :

« La volonté, la lutte, le travail, le besoin, la satisfaction sont les éléments substantiels, qui reviennent toujours et constituent l’ossature des faits de pensée. »

Chez Wilhelm Dilthey, l’histoire a ainsi une dimension psychologique. De la même manière, Benito Mussolini expliquera que le fascisme, c’est « le refus de la vie facile », rejoignant clairement Wilhelm Dilthey pour qui

« Toute véritable conception du monde est une intuition qui naît de l’être-dans-la-vie. »

On retrouve la même dimension psychologique dans nombre de courants petit-bourgeois, tel l’anarchisme individualiste, nihiliste et « illégaliste » (« Dans un monde sans aventure, la seule aventure c’est de le détruire ») de la même époque.

La vie devient un phénomène non pas compris de manière matérialiste, mais de manière idéaliste, non pas en considérant qu’il y a des droits et devoirs (ainsi, par rapport aux êtres vivants et la planète), mais en s’octroyant des possibilités individuelles égoïstes.

Chaque individu, séparément mène « sa » bataille. Voilà pourquoi le fascisme peut prétendre mettre en avant simultanément plusieurs combats contradictoires (la « paix » entre les « ethnies » et en même temps l’expansionnisme et la guerre, le culte de la violence urbaine et en même temps le raffinement aristocratique, la fascination pour les drogues et l’alcool et en même temps l’attitude straight edge, etc.).

Le fascisme n’a pas besoin de programme – il est le programme, en tant que mouvement. Karl Marx disait que le communisme est le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses, et le fascisme se met en avant comme faux communisme, tourné non pas vers les masses mais vers une pseudo libération individuelle.

Voilà pourquoi Wilhelm Dilthey explique : « On ne peut traîner la vie devant le tribunal de la raison » : la vie est un horizon métaphysique, quelque chose d’incompréhensible, mais qu’on peut par contre décrire en s’appuyant sur l’histoire des faits et des phénomènes, voilà pourquoi il dit « Qu’est-ce que la Vie ! C’est l’histoire qui doit nous l’apprendre. Et celle-ci n’a pas d’autre élément que la vie. » La voie pour une interprétation « vitaliste » des événements était ouverte.

La pensée de Wilhelm Dilthey revient à nier la réalité matérielle, où se déploie la vie. Selon le marxisme-léninisme-maoïsme, les êtres humains sont vivants, mais ne vivent pas de manière abstraite en s’appuyant sur une « nature humaine » (qui, pour Wilhelm Dilthey, « est toujours la même »), bien au contraire : les êtres humains sont de la matière vivante, car la réalité, ce n’est pas la « vie » prise abstraitement, mais la vie en tant que mouvement : celui éternel de la matière en incessante transformation dialectique et allant au communisme.

Au moment où Wilhelm Dilthey exprime son nihilisme, Karl Marx et Friedrich Engels affirment le matérialisme dialectique.

jeudi 5 février 2015


La « belle époque » de l’élan capitaliste