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L’attaque contre le maoïsme du CPI(ML) – Red Star – 2012

Red Star (étoile rouge) est l’organe du Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) - CPI(ML), une organisation assumant le marxisme-léninisme et Mao Zedong, mais rejetant le maoïsme et le Parti communiste d’Inde (maoïste).

Le CPI (ML) est l’une des importantes organisations de l’ICOR (Coordination internationale des partis et organisations révolutionnaires), une « internationale » construite autour du Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD), violemment anti-maoïste.

Dans le numéro 26 - Mars 2012 de Red Star, on peut lire un article intitulé « Nos différences avec la tendance maoïste : genèse et contradiction actuelle. » Cet article est une agression ouverte du PCI (maoïste), mais pas seulement : il attaque aussi les maoïstes dans les pays impérialistes.

Pour cette raison, une réponse est ici nécessaire, en particulier lorsque nous pouvons voir que le CPI (ML) aide la contre-révolution dans la diffusion d’une interprétation totalement fausse de ce qu’est le maoïsme.

La raison pour laquelle le CPI (ML) fait cela est vraiment facile à comprendre. Le CPI (ML) est un parti révisionniste rejetant le matérialisme dialectique. Pour cette raison, Mao Zedong est considéré comme seulement un bon théoricien qui a aidé à comprendre d’une meilleure façon le marxisme-léninisme dans certain domaines.

Pour cette raison également, le CPI (ML) écrit d’une manière fausse l’histoire du mouvement communiste indien des années 1960. En effet, le véritable CPI (ML) de l’époque de son fondateur Charu Mazumdar avait une ligne qui était la même que celle des communistes en Chine sur l’Inde (qui est résumée dans le célèbre « Tonnerre printanier »).

Le CPI (ML) - Red Star a besoin d’effacer cette partie de l’histoire, expliquant ainsi que les différences entre les marxistes-léninistes sont venus par la suite, dans les années 1970. Et comme il est révisionniste, il explique que l’Inde a « changé », qu’elle est maintenant sous une domination « néo-coloniale. » Ce qui est le même point de vue que l’URSS a eu sur l’Inde dans les années 1970.

C’est une leçon de base de l’histoire que, dans les années 1960-1970, les révisionnistes ont considéré les pays opprimés comme étant sous une domination néo-coloniale, ce qui signifie qu’une alliance était recherchée avec une « bourgeoisie de gauche. »

Au contraire, les forces anti-révisionnistes ont expliqué que les pays opprimés étaient des semi-colonies, ce qui signifie que la bourgeoisie était trop faible et qu’une nouvelle révolution démocratique était nécessaire, détruisant la colonne féodale qui permettait à la situation d’exister ainsi.

Quand on sait cela, il est facile de voir que le CPI (ML) - Red Star assume le point de vue révisionniste. Comment est-il venu à cela ? Principalement grâce à hoxhaisme : l’hoxhaisme explique que les pays opprimés sont des pays capitalistes. Un ancêtre principal du CPI (ML) - Red Star - le CPI (ML) - Red Flag - a eu un point de vue sur l’Inde à moitié hoxhaiste à moitié révisionniste. Il était pour cette raison proche de partis comme « Bolsevik Partizan » de Turquie / Kurdistan du Nord.

Pour le CPI (ML) – Red Star aujourd’hui, comme pour le CPI(ML) - Red Flag hier, l’Inde est un pays capitaliste soumis par l’impérialisme - une néo-colonie.

Pour cette raison, l’article « Nos différences avec la tendance maoïste : genèse et contradiction actuelle. » n’est pas sérieux quand il dit :

« Après que le CRC-CPI (ML) ait été réorganisé en CPI (ML) – Red Flag en 1987, les pourparlers d’unité et d’activités conjointes au niveau du front de masse avec eux se sont encore renforcé.

Au cours des années 1991-1994, trois séries de pourparlers d’unité de haut niveau ont eu lieu avec le PWG [Groupe Guerre Populaire, en fait le CPI(ML) Guerre Populaire] qui ont finalement échoué en raison de différences sur l’approche (a) quant à la néo-colonisation et les changements qui s’opèrent dans les rapports de production sur le front agraire soumis à elle, (b) quant à la théorie des trois mondes, (c) quant au style bolchevique de construction du parti, (d) quant à la construction d’organisations de classe / de masse et (e) quant à l’utilisation de toutes les formes de lutte, alors que le PWG s’en tenait à des positions sectaires, y compris d’assumer la lutte armée comme seule forme de lutte. »

Voir les choses comme cela est purement pragmatique - technique, il s’agit d’une pure négation de la question idéologique. Ce qui nous amène ici à la raison de cet article.

Le CPI (ML) - Red Star répand le mensonge comme quoi le « maoïsme » est une invention de Lin Piao. Mais, comme le Parti communiste d’Equateur (reconstruction) l’a noté dans un article récent, le linpiaoisme a promu une guerre populaire mondiale dont les villes sont les pays impérialistes, et non pas la Guerre Populaire dans un pays opprimé comme stratégie révolutionnaire.

La guerre populaire dans un pays opprimé a été promu par la Chine rouge elle-même, pas par Lin Piao. C’est pourquoi le CPI (ML) - Red Star prétend défendre Mao Zedong, mais en fait rejette la position de la Chine rouge, ce qui est clair lorsque l’article explique :

« Mais avec la publication du livre : Vive la victorieuse Guerre Populaire par Lin Biao en 1966, une ligne sectaire a commencé à dominer en Chine, qui a été « agitant le drapeau rouge pour détruire le drapeau rouge. » Tout en prétendant arborer la Révolution culturelle, elle a, en utilisant l’armée, supprimé le soulèvement de masse se développant comme une partie de celle-ci sur la base de l’appel de Mao.

Dans le cadre de la lutte des classes tortueuse se développant dans cette période, la justesse de l’enseignement léniniste, selon lequel les déviations de droite et de gauche sont les deux faces de la même pièce et en fin de compte servent tous deux les impérialistes et leurs laquais, était prouvé une fois de plus.

Ce livre caractérisait l’État et la société dans tous les pays asiatiques, africains et latino-américains comme semi-coloniaux et semi-féodaux, semblable à la Chine pré-révolutionnaire.

Il a commencé à prétendre que l’ère du léninisme, l’ère de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne qui était arboré par les forces marxistes-léninistes jusque-là, était terminée, et qu’avait émergé une nouvelle ère « d’effondrement total de l’impérialisme et de victoire du socialisme à l’échelle du monde entier », avec la Pensée Mao Zedong comme marxisme-léninisme de l’ère nouvelle.

La voie chinoise de la guerre populaire, que Mao et les dirigeants du PCC avaient expliqué à plusieurs reprises jusque-là comme une pratique qui s’est développée dans les conditions uniques de la Chine, a été mise en avant comme la ligne stratégique applicable pour tous ces pays.

Après le soulèvement de Naxalbari, le Quotidien de Pékin a publié l’article : Tonnerre printanier sur l’Inde, défendant cette ligne.

Bien que cet article a donné beaucoup d’enthousiasme aux Communistes Révolutionnaires (CR) en Inde, qui étaient en lutte contre la ligne néo-révisionniste de la direction du CPI (M) [Parti Communiste d’Inde (Marxiste)], il contenait une approche qui niait les conditions concrètes de se développant dans les pays d’Asie-Afrique-Amérique latine soumis à la néo-colonisation imposée par le camp impérialiste dirigé par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. »

Le problème ici n’est pas seulement que le CPI (ML) - Red Star assimile linpiaoisme et le maoïsme authentique, mais aussi qu’il introduit le concept de « néo-colonisation », utilisé dans une interprétation traditionnellement révisionniste.

Cela est nécessaire pour le CPI (ML) - Red Star afin de prétendre que l’Inde n’est plus semi-colonial et n’a donc pas besoin de la Guerre Populaire, et l’objectif pour lui est de nier que la révolution de Nouvelle Démocratie doit être faite.

Lorsque le CPI (ML) - Red Star explique de manière erronée que le maoïsme est le linpiaoisme qui considère que la lutte armée est la seule lutte, le but est de nier que la révolution doit être totalement dirigée par le parti révolutionnaire.

Le CPI (ML) - Red Star est un parti « syndicaliste révolutionnaire », il a la même ligne que les faux maoïstes que nous appelons centristes, comme le « Parti communiste maoïste d’Italie. »

En effet, ce que dit l’article pourrait être écrit par le « Parti communiste maoïste d’Italie » :

« Alors, même lorsque le prolétariat et les masses se révoltent aux États-Unis ou en Grèce ou en Italie ou ailleurs, les maoïstes dans ces pays ne sont intéressés qu’à laisser passer le temps, spéculant sur comment démarrer là-bas la guerre de guérilla.

Ils ne parviennent pas à analyser la façon dont les soulèvements populaires ont éclaté en Afrique du Nord et en Asie occidentale et ce que devrait être l’approche des forces communistes à leur égard.

En dépit de la poursuite de l’intensification de la monopolisation de l’agriculture à la suite de la deuxième génération de la révolution verte, apportant de vastes changements dans le domaine agricole en Inde, ils l’appellent encore semi-féodal et maintiennent encore que la contradiction principale est celle entre le féodalisme et les masses du peuple.

Ils répètent mécaniquement que la résolution de cette contradiction résoudra toutes les contradictions et conduira à conquête du pouvoir politique. »

Il est après logique que le CPI(ML) Red Star soutient le prachandisme comme une adaptation intelligente, et que le « Parti communiste maoïste d’Italie » a fait de même.

D’où vient cette conception révisionniste ?

De la non-compréhension que la révolution n’est pas un processus mécanique, mais l’insurrection de la matière : la matière en mouvement donne naissance au Parti qui mène le processus en conformité avec les besoins de la matière en transformation.

Comme la « guerre de guérilla » signifie modifier la matière de la plus haute manière, alors, logiquement, c’est ce qui intéressent le plus les communistes.

De la même manière, le CPI (ML) - Red Star n’a pas du tout compris ce que voulait dire que le maoïsme dit qu’un pays est semi-féodal semi-colonial. Un pays opprimé peut avoir un capitalisme bureaucratique fort, qui est la principale force - mais cette force ne peut pas exister si la campagne n’est pas féodale, parce que l’impérialisme a besoin d’un capitalisme local faible ce, qui ne peut être que si la campagne est paralysée à ce niveau.

L’impérialisme a besoin de l’aspect semi-féodal le plus, car il affaiblit le développement de la société, parce que les composants réactionnaires idéologiques sont plus forts, parce que les éléments démocratiques sont attaqués par lui, etc

C’est pourquoi l’aspect semi-féodal est l’aspect principal, même si le capitalisme bureaucratique peut être vraiment fort !

Et le CPI (ML) - Red Star ne peut pas dire, comme les hoxhaistes le prétendent d’habitude, que l’idéologie féodale en Inde n’est qu’un simple reste du passé !

Et l’article est ridicule quand il dit que :

« Il est systématiquement en train de transformer et d’intégrer le secteur agricole au système international du capital financier. »

Parce que c’est la preuve que l’aspect semi-féodal domine, même si il y a une modernisation ! Il n’y a pas de secteur capitaliste agraire, mais un capitalisme d’en haut, dans le style des Junkers en Allemagne historiquement, comme la Colombie ou aujourd’hui selon l’UOC (MLM).

C’est ce que le CPI (ML) - Red Star ne comprend pas, parce que sa ligne est révisionniste, son approche totalement populiste.

Le CPI (ML) - Red Star arbore la « ligne de masse », comme les centristes le font, disant que les maoïstes ne « font rien. »

Mais en réalité, les maoïstes font la synthèse du noyau rouge de la révolution : la pensée révolutionnaire qui sera utilisé par les masses d’un pays comme l’arme idéologique pour se changer eux-mêmes et le pays où elles vivent.

C’est la véritable « ligne de masse » - et non le « syndicalisme révolutionnaire » et le populisme !

dimanche 4 mars 2012


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