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L’allusion de Gonzalo à Engels dans la question de la nécessité et du hasard historique, et la position de Marx

Dans l’article Gonzalo et la question de la pensée guide, la pensée en développement, la Guerre Populaire, nous avons vu que Gonzalo a parlé de la nécessité et du hasard historique en traitant de la question de savoir pourquoi un individu, et pas un autre, porte la pensée.

Voici ce qu’il a dit, précisément :

« Le fait que celui qui parle, soit devenu le chef du Parti et de la révolution, d’après les accords du Parti, est lié à la nécessité et à la contingence historique et bien évidemment, à la pensée Gonzalo.

Nul ne sait ce que la révolution et le Parti peuvent faire de chacun de nous et quand une telle chose se précise, ce qu’il faut uniquement, c’est assumer la responsabilité. »

Il est important de noter qu’ici, Gonzalo fait allusion à ce que disait Engels. Il est important de comprendre cela, parce qu’Engels parlait de la pensée en général, et en particulier des « grands hommes » et de leur rôle politique dans l’histoire.

En effet, si nous suivons Gonzalo, la « pensée » n’est pas passive, elle est toujours directement politique, révolutionnaire.

« Les hommes font eux-mêmes leur histoire, mais jusqu’ici pas avec une volonté générale suivant un plan d’ensemble, même lorsqu’il s’agit d’une société donnée et tout à fait isolée. Leurs efforts s’entrecroisent et, justement à cause de cela, dans toutes ces sociétés domine la nécessité dont le hasard est le complément et la manifestation.

La nécessité qui se fait jour à travers tous les hasards, c’est de nouveau finalement la nécessité économique. Ici il nous faut parler des soi-disant grands hommes.

Que tel grand homme et précisément celui-ci apparaît à tel moment, dans tel pays, cela n’est évidemment que pur hasard.

Mais supprimons-le, il y a demande pour son remplacement et ce remplacement se fait tant bien que mal, mais il se fait à la longue.

Que le Corse Napoléon ait été précisément le dictateur militaire dont la République française épuisée par ses guerres avait besoin, ce fut un hasard ; mais qu’en cas de manque d’un Napoléon un autre eût pris la place, cela est prouvé par ce fait que chaque fois l’homme s’est trouvé, dès qu’il était nécessaire : César, Auguste, Cromwell, etc.

Si c’est Marx qui a découvert la conception matérialiste de l’histoire, Thierry, Mignet, Guizot, tous les historiens anglais jusqu’en 1850, prouvent qu’il y avait tendance à ce qu’elle se fasse, et la découverte de cette même conception par Morgan prouve que le temps était mûr pour elle, et qu’elle devait être découverte.

Il en est de même pour tous les autres hasards ou prétendus tels de l’histoire. Plus le domaine que nous considérons s’éloigne du domaine économique et se rapproche du domaine idéologique purement abstrait, plus nous trouvons qu’il y a de hasards dans son développement, plus sa courbe présente de zigzags.

Mais si vous tracez l’axe moyen de la courbe, vous trouverez que plus large est la période considérée et plus vaste le domaine étudié, d’autant plus cet axe tend à devenir presque parallèle à l’axe du développement économique. »

Il est important de noter cette allusion de Gonzalo. Néanmoins, politiquement et aussi parce que c’est utile, nous devons citer Karl Marx. Une thèse révisionniste qui revient souvent est qu’Engels aurait ajouté quelques conceptions personnelles au marxisme.

Cette affirmation est fausse, et citons ici Karl Marx lui-même, expliquant le même concept même de pensée.

Dans une lettre de Septembre 1843, écrit à Kreuzenach, destinée à Arnold Ruge, notre grand maître explique :

« La réforme de la conscience consiste uniquement à rendre le monde conscient de lui-même, à le réveiller du sommeil où il rêve de lui-même, à lui expliquer ses propres actions.

Tout notre but ne peut consister qu’à faire en sorte que les questions religieuses et politiques soient formulées de manière humaine et consciente, comme c’est d’ailleurs le cas dans la critique de la religion chez Feuerbach.

Notre devise sera donc : réforme de la conscience, non par des dogmes, mais par l’analyse de la conscience mystique, obscure à elle-même, qu’elle se manifeste dans la religion ou dans la politique. On verra alors que, depuis longtemps, le monde possède le rêve d’une chose dont il lui suffirait de prendre conscience pour la posséder réellement. »

Quelle est la conscience du monde ? Bien sûr, c’est la pensée.

dimanche 14 avril 2013


Le matérialisme dialectique