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Jacques Grippa : du Vietnam à la Belgique... – 1970

[Document exprimant toute l’idéologie anti-maoïste de Grippa. En 1963, Grippa considère l’URSS social-impérialisme comme une force d’exploitation et d’oppression. En 1970, il la voit comme faisant partie du « camp socialiste »...]

L’odieuse agression impérialiste américaine au Sud-Est asiatique.

1954 : Les accords de Genève consacraient la victoire des peuples de l’Indochine dans leur lutte de plusieurs décennies contre l’intolérable domination des colonialistes qui avaient successivement occupé leurs pays.

Il était solennellement reconnu aux peuples vietnamien, laotien et khmer, leur droit à l’autodétermination, à l’indépendance, à la paix recouvrée.

Le peuple vietnamien, qui au nord passait de l’étape de la révolution nationale démocratique populaire à l’émancipation totale du peuple travailleur par la réalisation des tâches de la révolution socialiste, voyait aussi poindre la possibilité d’une prochaine réunification pacifique de sa patrie.

Mais l’impérialisme américain refusa de signer ces accords.

Et l’encre des signatures des participants à la conférence était à peine séchée que les impérialistes yankees, violant ces accords, passèrent à l’agression contre le peuple vietnamien.

D’envois d’armes et de « conseillers » − agents provocateurs de la C.I.A. et militaires fascistes −, pour tenter d’étayer le pouvoir chancelant des fantoches, à l’intervention massive des troupes américaines (atteignant finalement plus de 500.000 soudards), à la « guerre spéciale », puis à la « guerre locale », c’est la fuite en avant dans le crime, c’est l’escalade de l’agression impérialiste américaine qui se poursuit.

Les moyens correspondent à l’ignominie du but poursuivi. Le nom d’une localité du Vietnam du Sud − Song My − où des centaines de villageois − hommes, femmes, enfants, vieillards − furent sauvagement, odieusement massacrés par les brutes fascistes yankees, illustre sinistrement les méthodes criminelles de l’état-major américain. Des soldats américains, écœurés, ont fait éclater le scandale que le commandement militaire yankee et la Maison Blanche ont essayé de cacher pendant plus d’un an.

Mais en réalité, il n’est pas qu’à Song My que de telles horreurs ont été perpétrées.

Tout le Vietnam du Sud témoigne des crimes de guerre de l’impérialisme américain : camps de concentration dénommés « hameaux stratégiques » où est parquée la population civile des régions non encore libérées, tortures, exécutions sommaires, assassinats de tous ceux qui condamnent de quelque manière que ce soit les exactions des impérialistes américains et de leurs mercenaires (même simplement en paroles et par la non-violence) et qui tombent dans les griffes de la police fantoche et de la C.I.A., cette nouvelle Gestapo, bombardements des villes et des villages libérés, utilisation de bombes à fragmentation et à billes, incendies au napalm provoquant d’atroces et meurtrières brûlures, guerre chimique détruisant les récoltes et entraînant de graves troubles génétiques pouvant provoquer des malformations dans la descendance, emploi de gaz toxiques.

Mais rien ne peut abattre l’héroïque peuple du Vietnam du Sud luttant pour sa juste cause : la guerre populaire de salut national inflige défaite sur défaite aux colonialistes américains, à leurs acolytes d’Australie, de Corée du Sud, et d’ailleurs, et à leurs fantoches. La plus grande partie du territoire du Vietnam du Sud est libérée.

Cependant c’est dans la nature même de l’impérialisme américain que de chercher à échapper à la défaite en étendant l’agression. Car ce régime politiquement et économiquement ébranlé, ce colosse aux pieds d’argile, a lié son sort, sa précaire survie, à des rêves de domination mondiale, à la guerre d’agression pour le plus grand profit du capital financier.

Ce furent les féroces bombardements des populations civiles de la République Démocratique du Vietnam. Ce faisant, l’impérialisme américain n’a fait qu’étendre le champ de ses défaites ainsi que le prouve l’hécatombe d’avions militaires yankees abattus au Vietnam du Nord.

Le peuple vietnamien − uni, dans le Front de la Patrie, autour du gouvernement de la République Démocratique du Vietnam et du Parti des Travailleurs du Vietnam au Nord, dans le glorieux Front National de Libération et autour du Gouvernement Révolutionnaire Provisoire du Sud − en luttant victorieusement pour libérer le Sud, défendre le Nord, réunifier sa patrie, pour chasser du sol de son pays les agresseurs impérialistes yankees-nazis, mène un combat d’importance historique et mondiale.

Mais l’impérialisme américain, refusant obstinément de tirer les leçons de ses défaites préludant à sa défaite finale, viole alors les accords de Genève de 1962 sur le Laos et déclenche une nouvelle « guerre spéciale » dans ce pays.

Mais là aussi c’est un nouvel échec pour les impérialistes américains.

Pour s’en venger, ceux-ci, depuis des mois, procèdent chaque jour à mille raids aériens meurtriers sur les régions libérées du Laos, au cours desquels tout être humain à découvert est désigné comme cible à abattre par les aviateurs yankees.

Le peuple du Laos, uni autour du bloc d’alliance de lutte comprenant le Front Patriotique Lao et les Forces Neutralistes Patriotiques Lao ne se laisse pas intimider par ce terrorisme et a de nouveau libéré les territoires que les impérialistes américains et les mercenaires fantoches avaient momentanément occupés.

L’administration fantoche de Vientiane est politiquement complètement isolée. Elle est en plein désarroi et sur le point de s’écrouler malgré l’appui yankee.

Mais déjà un autre complot est ourdi par Nixon, son administration et la C.I.A. Au Cambodge, le 18 mars 1970, les félons Lon Nol et Sirik Matak perpètrent un coup d’Etat destiné à faire basculer le pays dans le camp impérialiste américain.

La suite est connue : débordée par la résistance populaire qui en quelques semaines libère la plus grande partie du territoire cambodgien, la clique de Lon Nol-Sirik Matak appelle ses maîtres au secours allant ainsi au-devant de leurs vœux.

Et c’est ainsi que les troupes américaines et fantoches sud-vietnamiennes font massivement irruption au Cambodge, pillant et massacrant tout sur leur passage.

Mais, bien loin d’abattre la force du combat populaire par cette nouvelle extension de la guerre, l’impérialisme américain décuple la haine à son égard. Les peuples de l’Indochine renforcent partout leur lutte anti-impérialiste et soudent plus solidement encore leur fraternelle solidarité.

L’impérialisme américain et ses fantoches sont aux abois ...

Dans le monde...

La puissante vague de protestations qui a déferlé dans le monde et aux Etats-Unis mêmes contre cette cynique escalade de l’agression impérialiste américaine, montre que les peuples comprennent l’importance, la nécessité pour leur propre avenir, d’apporter un soutien plus résolu encore aux peuples de l’Indochine.

C’est que l’impérialisme américain est l’ennemi numéro un de tous les peuples

C’est que l’impérialisme américain prépare une troisième guerre mondiale qui ne pourra être évitée que si les peuples lui infligent une défaite décisive avant qu’il ne puisse mettre ses plans à exécution.

Car l’extension de la guerre dans le Sud-Est asiatique s’inscrit dans une longue série d’agressions menée par l’impérialisme yankee dans le monde.

Ainsi l’Etat fantoche dit d’Israël, instrument de l’impérialisme américain, a fait de la Palestine une colonie où la discrimination raciale et la torture sévissent. L’Etat sioniste a privé la nation palestinienne du territoire de sa patrie. Il a commis d’innombrables crimes comme le symbolise Deir Yassine, l’Oradour du Moyen-Orient.

Il a poursuivi sa politique expansionniste, a perpétré plusieurs agressions contre les pays arabes voisins, en a occupé des territoires et ne cesse de se livrer contre eux à des provocations, à des bombardements, à des actes de guerre.

Intervention armée encore des impérialistes U.S. à Saint-Domingue.

Contre Cuba socialiste, ce fut la tentative d’étranglement par le blocus, brisé en fait principalement grâce à la solidarité du camp socialiste. Ce sont en permanence les provocations et l’envoi de commandos de gangsters entraînés aux Etats-Unis.

Après l’échec de leurs attaques contre la République Populaire Démocratique de Corée dans les années ’50, les impérialistes américains et leurs fantoches ont poursuivi constamment des opérations de harcèlement, d’espionnage et de provocations, sur le 38° parallèle, dans les eaux territoriales et dans l’espace aérien de la Corée socialiste.

L’intervention impérialiste yankee a aussi fréquemment pris la forme de coups d’Etat, conçus, préparés, organisés, aidés par la C.I.A. et exécutés par des fantoches fascistes.

Il en a été ainsi en 1953 lorsque Mossadegh voulut nationaliser les pétroles iraniens.

Ce fut le cas en 1954 au Guatemala, lorsque Arbenz voulut nationaliser les entreprises de l’« UNITED FRUIT COMPANY » établies dans le pays, et construire une centrale électrique concurrente du monopole américain de l’électricité implanté dans le pays.

Il en fut de même en Indonésie, où l’infâme clique Suharto-Nasution-Malik a plongé le pays dans un bain de sang, a massacré des centaines de milliers de communistes et autres patriotes, et en s’appuyant sur les couches réactionnaires, celles de la bourgeoisie compradore, des propriétaires fonciers et des potentats féodaux locaux, a livré à nouveau ce pays à l’exploitation par les colonialistes, yankees en tête.

En avril 1964, la C.I.A. établit, par un coup d’Etat militaire, un régime fasciste au Brésil.

Ce n’est d’ailleurs pas qu’au Brésil, mais dans presque tous les pays d’Amérique Latine que d’innombrables tortures sont pratiquées contre quiconque tombe dans les griffes des polices des gorilles à la solde de Washington.

Faut-il rappeler aussi l’agression colonialiste américano-belge qui eut lieu contre les territoires alors libérés du Congo, la répression sanglante contre le peuple congolais et la mise en place du fantoche Mobutu.

Les fascistes portugais, eux-mêmes vassaux de l’impérialisme américain, ont le soutien de celui-ci dans leurs sales guerres colonialistes contre les patriotes du Mozambique, de l’Angola et de la Guinée.

Il en va de même pour les racistes d’Afrique du Sud.

Ainsi les U.S.A. constituent le bastion principal du colonialisme actuel. C’est là la conséquence inéluctable de leur nature impérialiste, de la loi de la recherche du profit maximum qui règle les actes de la classe dominante capitaliste.

C’est en fonction de cette loi que l’oligarchie financière yankee tend à s’approprier le monopole, et de l’exploitation colonialiste, et des sources de matières premières du monde capitaliste.

Pour ne prendre qu’un exemple, la moitié de la production mondiale capitaliste de pétrole brut se trouve aux mains de la finance américaine.

L’exploitation du pétrole du Moyen-Orient procure aux sociétés américaines un taux de profit de plus de 75 %.

Mais ces sources de super-bénéfices, résultant d’une surexploitation directe, et révélée par les statistiques officielles, ne sont pas les seules.

Il y a aussi les super-profits qui résultent des termes inégaux des échanges commerciaux. Des Etats-Unis − et d’autres pays impérialistes industrialisés − s’écoulent des marchandises vendues à haut prix avec super-bénéfices, et des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine viennent vers les Etats-Unis et d’autres pays impérialistes, des produits agricoles et minéraux « achetés » à bas prix, ces termes inégaux d’échange aggravant encore la surexploitation éhontée des travailleurs de ces pays.

Dans les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine, se trouvant sous la coupe de l’exploitation colonialiste et néo-colonialiste, se situent seulement 9 % de la capacité de production des entreprises manufacturières du monde capitaliste, et 4,4 % de la capacité de production en métallurgie. Les six septièmes de leurs exportations sont constitués par des produits bruts et les deux tiers de leurs importations par des produits manufacturés.

Cinquante-cinq pays exportent un seul type de produits agricoles ou minéraux : la monoculture ou la mono-industrie constituent un des moyens employés par le colonialisme ou le néo-colonialisme pour tenter de maintenir des nations entières dans un état de dépendance.

Le capitalisme monopoliste d’Etat, en particulier aux Etats-Unis, contribue au renforcement de l’exploitation des pays assujettis, notamment par les programmes de prétendues aides économique et militaire, par les « prêts » d’Etat et autres « alliances pour le progrès ». C’est ainsi que les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine totalisent plus de trente milliards de dollars de prétendues dettes à l’étranger, dont 40 % aux U.S.A. Le règlement de ces dettes leur coûte plus de 5 milliards de dollars par an.

L’exploitation des deux cents millions de travailleurs d’Amérique Latine − dont deux tiers sont des « discriminés raciaux » − procure chaque année des milliards de dollars de bénéfices au capital financier américain, au prix d’un paupérisme qui cause la mort de plus de cinq mille personnes par jour.

C’est par d’innombrables autres canaux aussi que des superbénéfices sont drainés clans les coffres-forts des grandes sociétés capitalistes américaines. Rappelons par exemple la fabrication sous licence qui finit par faire des entreprises qui la pratiquent, des succursales des firmes américaines, sans que celles-ci aient à investir un cent.

Par ailleurs, les filiales des sociétés américaines absorbent 25 % des exportations des U.S.A. et le fret américain est souvent imposé dans les transactions avec ce pays : voilà encore des domaines où le diktat yankee se solde en super-bénéfices.

La vente de matériel de guerre américain, imposée notamment par les traités militaires auxquels adhèrent les vassaux des U.S.A. draine vers les coffres-forts des magnats américains d’autres bénéfices plantureux, bénéfices sur le sang versé par des travailleurs, bénéfices payés par le labeur de travailleurs.

L’impérialisme américain a encore mis en œuvre une nouvelle forme de rapine. Ses vassaux adoptent le dollar comme équivalent à un trente-cinquième d’once d’or et acceptent le blocage de sa convertibilité par divers artifices, alors que l’inflation monétaire et l’inflation du crédit ont atteint des proportions gigantesques aux U.S.A.

L’impérialisme américain finance ainsi à peu de frais − au prix de papier-monnaie − ses investissements à l’étranger, ses « aides » intéressées et ses entreprises d’agression, en pillant en réalité les pays dont les gouvernements sont des instruments de cette vassalisation.

Et ce sont encore une fois les peuples travailleurs des pays satellites de l’impérialisme américain qui font les frais de, ces opérations, eux qui volent leur niveau de vie se dégrader par la montée en flèche du coût de la vie qu’entraîne cette inflation galopante.

Le camp socialiste, là où le prolétariat a pris le pouvoir et construit la société nouvelle, bastion de la lutte anti-impérialiste et de la révolution prolétarienne mondiale, est évidemment aussi une cible pour les visées de l’impérialisme américain. Combien celui-ci souhaiterait la destruction de ces pays socialistes, et faire tourner la roue de l’histoire cinquante-trois ans en arrière.

Seule la puissance de ce camp socialiste, sa vigilance, la peur aussi de la riposte des peuples qui refuseraient de se battre, pour les intérêts impérialistes contre les peuples frères libérés de l’exploitation et de l’oppression capitalistes, font que jusqu’à présent l’impérialisme américain n’a pas osé déclencher la troisième guerre mondiale. Néanmoins celui-ci a tenté aussi de provoquer la subversion contre-révolutionnaire dans des pays socialistes, comme ce fut le cas − mais en vain − en Hongrie en 1956 et en Tchécoslovaquie en 1968.

Et ici il faut parler des événements affligeants qui se déroulent en Chine depuis 1966, et qui font trop bien le jeu de l’impérialisme américain pour que celui-ci n’y ait prêté main forte, comme d’ailleurs nous en avons certaines preuves : c’est ainsi qu’un agent américain nommé Rittenberg joua un rôle de premier plan, avec d’autres « experts » étrangers, dans la subversion contre-révolutionnaire qui notamment renversa la direction communiste, marxiste-léniniste de la radio et de la presse.

La victoire de la révolution chinoise, dirigée par le glorieux Parti Communiste Chinois, consacrée en 1949 par la proclamation de la République Populaire, la défaite des impérialistes américains et de leurs fantoches sur le continent, les victoires de la construction socialiste en Chine, avaient soulevé l’enthousiasme des peuples du monde entier qui y avaient vu, à juste titre, non seulement la libération nationale et sociale d’un grand peuple, mais aussi une modification radicale du rapport des forces à l’échelle mondiale en faveur de la révolution prolétarienne.

Mais une clique contre-révolutionnaire représentant la bourgeoisie, les technocrates de l’armée et de l’économie, les propriétaires fonciers, renversa, en août 1966, la dictature du prolétariat en en détruisant ses organes, démantela le glorieux Parti Communiste Chinois et le réduisit à la clandestinité, passa à la dissolution de la Jeunesse Communiste, interdit les syndicats ouvriers, désarma les milices populaires, décapita l’armée de sa direction marxiste-léniniste, fit occuper les usines et les communes populaires par cette armée devenue anti-ouvrière.

Sur tout cela la presse bourgeoise de nos pays, d’abord surprise par l’allure gauchiste, apparemment ultra-révolutionnaire de la phraséologie utilisée par les factieux qui s’emparaient ainsi du pouvoir en République Populaire de Chine, comprit vite la véritable nature contre-révolutionnaire de ce complot et bientôt le présenta sous un jour favorable.

Notre propos n’est pas aujourd’hui de démonter les slogans anti-marxistes-léninistes de la prétendue « révolution culturelle » − qui fut en réalité une contre-révolution sur tous les fronts perpétrée par la petite clique qui usurpe actuellement le pouvoir en République Populaire de Chine. Nous nous limiterons à montrer que l’impérialisme américain a adapté sa stratégie mondiale à cette nouvelle situation.

Ainsi, cette clique contre-révolutionnaire qui sévit en République Populaire de Chine et que nous qualifions à juste titre de néo révisionniste, désigne l’Union Soviétique, le camp socialiste comme étant un ennemi, et même l’ennemi principal : elle rejoint ainsi le chœur anticommuniste de la réaction mondiale.

Ces faux anti-impérialistes se démasquent aussi lorsque, non seulement ils refusent de prendre part à l’unité d’action du camp socialiste pour la solidarité avec le peuple vietnamien et les autres peuples du Sud-Est asiatique, mais encore font obstacle à l’aide venant des pays socialistes.

Ils proclament cyniquement leur soutien aux tentatives de subversion dans le camp socialiste, comme c’est le cas notamment à l’égard de ces ultra-révisionnistes de Tchécoslovaquie qui voulaient faire basculer leur pays dans le camp des impérialistes américains.

Les partenaires commerciaux privilégiés des néo-révisionnistes de Chine sont les trusts du Japon et de la République Fédérale Allemande, ces fidèles alliés de l’impérialisme américain.

Par ailleurs, les mercenaires à l’étranger de ce groupe contre-révolutionnaire, se proclamant gauchistes, « maoïstes », servent les intérêts de la réaction par leurs actes aventuristes, par leurs attaques haineuses contre le principe même de l’existence des organisations ouvrières, par leurs agressions contre les partis et organisations communistes authentiquement marxistes-léninistes, à tel point que dans certains cas, il s’agit visiblement de provocations policières.

En fait donc, ceux qui usurpent actuellement le pouvoir en République Populaire de Chine font le jeu de l’impérialisme américain.

Mais le peuple chinois qui a connu naguère la libération nationale et sociale, les succès du socialisme, résiste, lutte courageusement contre la clique néo-révisionniste et pour rétablir la démocratie populaire, en dépit de la terreur contre-révolutionnaire dont il est victime.

L’impérialisme américain vise à la domination mondiale. Aussi ses entreprises internationales ne se limitent-elles pas à l’exploitation et l’oppression colonialistes et néo-colonialistes des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine, à entreprendre des provocations, des subversions et des agressions contre les pays socialistes : les pays capitalistes industrialisés sont aussi l’objet de ses convoitises. L’impérialisme yankee veut qu’ils se soumettent à ses ordres, qu’ils participent largement aux frais et aux sacrifices sanglants dus à la préparation et à l’exécution de ses agressions.

Il a trouvé généralement dans ces pays capitalistes industrialisés une oligarchie financière collaborante et docile qui a accepté la subordination dans l’espoir de sauvegarder ses privilèges de classe contre la poussée des mouvements révolutionnaires de libération nationale et du mouvement ouvrier révolutionnaire de leurs pays. Il y a trouvé aussi des collaborateurs, des laquais et des fantoches politiques.

C’est ainsi qu’au nom de la « défense » du monde « libre » contre le communisme, en fait de la défense du système capitaliste contre le peuple, s’instaure le contrôle économique, politique et militaire des pays capitalistes industrialisés par l’impérialisme américain.

Les pactes militaires, tels l’OTAN et l’OTASE, les bases militaires de ces pactes, les dispositifs économiques favorisant l’impérialisme des U.S.A., les privilèges lui accordés, sont des instruments de cette véritable colonisation.

Le Marché Commun (la C.E.E.) constitue également un des moyens de l’assujettissement économique et politique lié d’ailleurs à l’occupation militaire.

Des milliers de firmes américaines ont créé des filiales en Europe : la mise en œuvre de la C.E.E. a considérablement encouragé ce processus d’établissement en Europe de succursales américaines constituées la plupart du temps d’entreprises de sous-traitance.

En Belgique l’on peut dire que la plus grande partie des investissements nouveaux dans les industries en expansion sont sous contrôle américain, même si la plus grande partie de ces capitaux proviennent des subsides du capitalisme d’Etat et de la sous-traitance bancaire des trusts « belges », la part américaine étant d’ailleurs constituée, comme nous l’avons dit, par du dollar-papier.

Par les films, par les bandes dessinées, par les journaux enfantins, par la presse vendue, par les radios et les télévisions, par les partis politiques à son service, l’impérialisme américain fait pénétrer son idéologie de gangstérisme fasciste.

L’impérialisme américain constitue un néofascisme. Aussi ses ingérences comprennent-elles la fascisation du régime des pays soumis à son contrôle.

Les ambassades américaines, la C.I.A., disposent de vastes réseaux d’agents et contrôlent les appareils d’Etat. Les fonctionnaires de l’OTAN − qui dispose de son propre appareil policier international − sont aussi autant d’agents de l’impérialisme américain. Toutes ces opérations, quoique « légalisées » par des gouvernements laquais de l’impérialisme américain, n’en constituent pas moins des actions de haute trahison.

En Grèce, en 1967, c’est conformément à un plan, appelé « Prométbée », établi par l’OTAN, qu’avec l’aide de la C.I.A., les colonels fascistes établissent une hideuse, particulièrement répugnante dictature contre le peuple grec afin de tenter de museler l’aspiration de celui-ci à l’indépendance nationale, à se retirer du bloc agressif de l’OTAN et à rétablir les libertés démocratiques. Il existe aussi une liaison incontestable entre l’instauration de cette dictature fasciste et les visées agressives de l’impérialisme américain contre les peuples arabes et les pays socialistes.

L’impérialisme américain a pris la relève de Hitler. Il est l’ennemi numéro un des peuples du monde entier. C’est pourquoi la solidarité internationale des peuples dans la lutte commune contre l’impérialisme américain est une nécessité historique qui garantira leur victoire, leur libération à l’échelle mondiale. Le front uni mondial anti-impérialiste des peuples triomphera !

En Belgique notamment...

En Belgique notamment, la colonisation économique, politique et militaire par l’impérialisme américain est évidente. Ce n’est pas par hasard que le SHAPE, le commandement suprême de l’organisation militaire de l’OTAN, s’est installé sur notre territoire.

C’est qu’il s’y est trouvé des gouvernements successifs de trahison nationale particulièrement serviles.

Les bases américaines − dont certaines sont atomiques − de Bierset, Elsenborn, Ligneuvilie, Chièvres, Klein Brogel, Florennes, Zeebrugge et autres lieux, épaulées par les bases de la Bundeswehr, héritière de la Wehrmacht hitlérienne, à Arendonck et à Baronville, font partie de l’immense réseau de plus de 3.300 bases militaires, réseau d’agression contre les peuples, que l’impérialisme américain a établi dans plus de nonante pays.

Les avions stratégiques yankees, porteurs d’engins atomiques sillonnent notre ciel, et les navires de l’impérialisme américain et de ses alliés, notamment les sous-marins à fusées « Polaris » relâchent dans nos ports.

Ainsi les forfaitures des gouvernements bourgeois successifs − qu’ils soient P.S.C.-P.L.P. ou P.S.B.-P.S.C. −, ont fait de notre pays une base logistique des agressions américaines dans le monde.

Dès le début de l’agression U.S. au Cambodge, Harmel, ministre des Affaires étrangères − en réalité ministre des Affaires américaines en Belgique − a fait une déclaration qui cautionnait ce nouveau crime de Nixon.

L’exploitation capitaliste, aggravée encore par la colonisation économique, entraîne une dégradation des conditions de vie des travailleurs. L’avenir de l’économie du pays de plus en plus dépendante de l’impérialisme américain, doit inspirer les plus grandes appréhensions.

Face aux nombreuses contradictions qui ébranlent le système capitaliste et son Etat bourgeois unitariste, les politiciens au service du régime rencontrent des difficultés croissantes à imposer au peuple travailleur, les exactions résultant de la rapacité de l’oligarchie financière et de la trahison nationale. C’est pour cette raison que certains d’entre eux songent à abandonner les méthodes réformistes de domination de la bourgeoisie, à en finir avec la « démocratie parlementaire » et rêvent d’installer une forme ou l’autre de dictature fasciste.

Ce n’est pas que pour la Grèce qu’il y a un plan « Prométhée » de l’OTAN !

Les candidats « hommes-forts-providentiels » à la Spaak, à la Vanaudenhove du P.L.P., à la Vanden Boeynants du P.S.C. ou à la Simonet du P.S.B. attendent le moment propice pour mettre leurs plans à exécution avec l’appui de la gendarmerie, de l’armée, de la police, le tout sous le patronage de l’OTAN et de ses services secrets.

Leur besogne a été préparée de longue date par les gouvernements successifs de trahison nationale qui n’ont cessé de développer l’appareil répressif de l’Etat bourgeois, de procéder à la fascisation du régime. Ce sont les restrictions toujours plus nombreuses à l’exercice des libertés démocratiques. Ce sont les différentes lois antigrèves votées par des gouvernements à participation socialiste. C’est la gendarmerie dotée d’autopompes, de grenades à gaz, de tanks et d’hélicoptères, ouvertement équipée pour la guerre civile contre le peuple.

Ce sont les violations toujours plus flagrantes de la Constitution bourgeoise et notamment les abandons de souveraineté nationale. Ce sont les interdictions des manifestations anti-impérialistes, progressistes. Ce sont les perquisitions et arrestations illégales, c’est la férocité de la répression anti-ouvrière lors des mouvements revendicatifs, répression allant jusqu’à l’assassinat froidement prémédité de travailleurs.

Ce sont les manœuvres antiguérilla sous l’égide de l’OTAN, où les miliciens représentant la résistance furent l’objet de sévices et de tortures.

Ce sont les projets du ministre Seghers visant à créer une division des services spéciaux de « lutte contre la subversion », et à permettre de décréter la mobilisation, la militarisation des journalistes.

Ce sont les brutales intrusions des forces répressives de la gendarmerie ou de la police dans les usines contre des mouvements de grève tels que ce fut le cas à CITROEN-FOREST, à KALORIK-SCHAERBEEK, à MICHELIN...

C’est la violence de la répression policière à l’égard des étudiants de l’U.L.B. manifestant contre les provocations des fascistes belges, amis des colonels grecs.

Dans les usines et à l’université, il s’agit en fait de la part de la réaction, de véritables manœuvres de guerre civile, de répétitions générales, afin notamment d’éprouver quelle serait la résistance populaire en cas de coup d’Etat fasciste.

Les divers aspects d’un même combat.

Face à ces attaques du capital financier belge et de ses maîtres américains sur plusieurs fronts, la classe ouvrière, les masses populaires ripostent.

Ces combats populaires sont convergents.

Ils frappent l’ennemi commun, l’ennemi principal de classe, l’impérialisme américain. Ils visent par conséquent aussi les exploiteurs de la haute finance « belge », collaboratrice de l’impérialisme yankee, et les politiciens bourgeois à leur service.

Pour être victorieux, ces combats populaires impliquent que soient implacablement dénoncés les opportunistes de droite ou à phraséologie gauchiste, les tenants de la collaboration de classes, quelle qu’en soit la forme, tous ceux qui tentent de replâtrer le régime.

Affirmons notre soutien au peuple vietnamien et aux autres peuples du Sud-Est asiatique par des actions diverses telles que des manifestations de solidarité, la récolte de médicaments et de fonds.

Exprimons notre solidarité avec le peuple palestinien, avec les pays socialistes, avec tous les peuples qui s’opposent aux visées, aux agressions de l’impérialisme américain.

Ce sont là des devoirs sacrés !

En aidant ainsi ces peuples, ces travailleurs, nos frères de combat, nous contribuons à hâter la fin de l’impérialisme avec son cortège de tares, de crimes, de crises, de misère, de guerres et autres catastrophes inhérentes à ce régime basé sur l’exploitation et l’oppression de l’homme par l’homme.

Rappelons-nous toujours que la lutte de classes se mène dans chaque pays et à l’échelle internationale.

Le combat de la classe ouvrière, des masses populaires de chaque pays est partie intégrante du processus de la révolution prolétarienne mondiale.

Lorsque les travailleurs − ouvriers, paysans pauvres et moyens, intellectuels prolétarisés − luttent contre la dégradation de leur niveau de vie, pour leurs revendications immédiates, ils portent ainsi des coups au capital financier et indirectement ils apportent aussi un soutien aux autres peuples en lutte contre l’impérialisme ayant comme chef de file le néo-fascisme américain.

Ce faisant, en ripostant aux incessantes attaques du capital, les travailleurs s’organisent, élèvent le niveau de leur conscience politique, renforcent leur capacité de lutte, deviennent capables de mener des combats de plus grande envergure, d’un niveau toujours plus élevé.

Le peuple travailleur se dresse contre la trahison nationale des possédants rapaces, contre la colonisation économique, politique, militaire du pays par l’impérialisme américain.

Il exige que soit chassé le SHAPE et que la Belgique quitte l’OTAN, cet instrument de l’impérialisme américain et de ses agressions dans le monde.

La classe ouvrière, classe révolutionnaire conséquente, qui représente et défend les intérêts supérieurs de la nation, et qui porte en elle l’avenir de celle-ci, est capable d’unir autour d’elle les autres couches de la population laborieuse dans un vaste front uni populaire.

Elle lève pour ce faire le drapeau des revendications du travail.

Elle lève le drapeau de l’autodétermination des trois peuples de Belgique - le peuple flamand, le peuple wallon, le peuple de Bruxelles, par la conquête du fédéralisme à trois et de l’indépendance nationale.

Elle lève le drapeau de la défense des libertés démocratiques. Elle lève le drapeau de l’internationalisme prolétarien, de la solidarité anti-impérialiste des peuples : du Vietnam à la Belgique, un même mot d’ordre : U.S. GO HOME !

La perspective socialiste de notre combat anti-impérialiste.

Les communistes, à l’avant-garde de ces luttes, proclament ouvertement que les objectifs finaux de ce combat populaire, démocratique et national, ne trouveront à notre époque leur pleine réalisation que grâce à la révolution socialiste.

Il ne suffit pas de s’en prendre aux conséquences du mal : il faudra l’extirper radicalement.

A un certain stade de la lutte, se posera en effet inéluctablement la question du pouvoir, qui sera tranchée par la destruction de l’Etat policier bourgeois et par l’instauration de la dictature du prolétariat destinée à briser la violence contre-révolutionnaire de l’oligarchie financière, de ses laquais et de ses sbires.

Cette dictature du prolétariat sera en même temps pour le peuple travailleur, la démocratie la plus large exercée par ses comités de représentants, travailleurs eux-mêmes, révocables et n’ayant aucun privilège.

Cette démocratie populaire assurera une participation effective, directe et toujours plus approfondie de tous les travailleurs à l’élaboration de toutes les décisions importantes prises selon les principes du centralisme démocratique.

Elle réalisera les tâches de la révolution socialiste, sur les fronts politique, économique, scientifique et technique, idéologique et culturel.

Le peuple travailleur procédera notamment à la nationalisation, c’est-à-dire dans ces conditions, à la socialisation, des grands moyens de production et d’échange, en assurant du même coup la possibilité de procéder à la planification socialiste de la production. Ainsi pourront se développer, dans les meilleures conditions et au maximum, les forces productives en vue de la satisfaction des besoins collectifs et individuels, des besoins de la société et de chacun de ses membres.

La victoire du socialisme à l’échelle mondiale supprimera toutes les causes des guerres.

Au cours de l’étape historique de la construction du socialisme, sera créée la base matérielle et technique du communisme et se réalisera la révolutionnarisation de la conscience des êtres humains, s’émancipant totalement, se réalisant complètement.

Le communisme inscrira alors sur ses drapeaux : DE CHACUN SELON SES CAPACITÉS, A CHACUN SELON SES BESOINS !

Les dures luttes actuelles contre l’exploitation et l’oppression, contre l’impérialisme américain et ses séides, constituent la voie conduisant à la libération nationale et sociale.

L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, PEUPLES ET NATIONS OPPRIMES, UNISSEZ-VOUS !

Juin 1970.

vendredi 26 juin 1970


Parti Communiste de Belgique [Grippa]