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Jacques Grippa : Réponse à l’article de Jean Blume « Mao Tsé-toung et le mouvement ouvrier » − 1977

paru dans « La Voix du Peuple » de janvier 1977

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Le 18 novembre 1976,
Au Camarade Louis Van Geyt CIO P.C.B.
Av. de Stalingrad 18-20
1000 BRUXELLES.

Camarade,

Cette lettre concerne l’article de Jean Blume paru dans le numéro de novembre 76 des « Cahiers Marxistes ».

Il ne s’agit pas de reprendre ici point par point toutes les inexactitudes de ce texte, mais d’aborder à cette occasion quelques problèmes politiques.

Sur le fond de l’incohérent exposé sur « la pensée de Mao Tsé-toung », je retiens la glorification dans des termes relevant du culte de la personnalité, des phases des intrigues du « grand timonier » que l’on peut qualifier de révisionniste.

Pour Jean Blume, « rien de dogmatique, en effet, dans la façon dont il applique à son pays la théorie marxiste-léniniste », « la Longue Marche, chef d’œuvre d’art militaire », « maître dans l’art des alliances », « le mouvement ouvrier et les démocrates de chez nous doivent payer à Mao… un tribut de reconnaissance », « génie incontestable qui après avoir atteint un niveau universel, est redevenu un génie national », « pensée créatrice », « l’œuvre positive de Mao Tsé-toung reste, Le monde d’aujourd’hui porte sa marque ».

Passons sur cet aspect de ce genre d’apologie qui fait de la réussite matérielle momentanée, du pouvoir, de la puissance, la marque exclusive du « génie », de la « grandeur ».

En réalité une critique historique scientifique, marxiste-léniniste, du maoïsme implique la démythification de Mao, la ruine de la légende entretenue depuis 1966 par les réactionnaires et les révisionnistes d’un « Mao, père de la révolution chinoise », d’un « Mao fondateur et inspirateur exclusif du Parti Communiste Chinois », d’un « Mao, génie révolutionnaire d’un "nouveau" socialisme », d’un « Mao renouvelant génialement le marxisme-léninisme conformément aux conditions de notre époque et particulièrement de la Chine contemporaine », d’un « Mao, ultrarévolutionnaire opérant une révolution dans la révolution », d’un « Mao, vivifiant un marxisme-léninisme qui serait dépassé, devenu sclérosé ».

C’est le Parti Communiste Chinois, fondamentalement marxiste-léniniste à l’époque, qui tout entier, fut le guide et l’organisateur des pages glorieuses et victorieuses de la révolution chinoise, et pas le seul Mao.

En fait, il y a une trajectoire du maoïsme. Il y a jusqu’en 1958, des options acceptables parce que s’inscrivant dans le cadre des progrès de la phase nationale et démocratique de la révolution d’abord, de la phase socialiste ensuite, Puis il y a passage du maoïsme aux positions contre-révolutionnaires des dix dernières années, à l’intérieur à la fois anachroniques, autocratiques et subjectivistes ; en politique extérieure, bellicistes, antisocialistes, antisoviétiques, de collusion avec l’impérialisme américain, et avec les groupes les plus réactionnaires, voire fascistes.

C’est au départ, une formation largement imprégnée de conceptions « féodales » chinoises, caractéristiques de la paysannerie de ce pays, puis la « révolte », avec ce que ce terme peut contenir d’irrationalité et de tendances anarchistes, contre l’oppression et l’exploitation des paysans pauvres et moyens par les impérialistes étrangers et leurs alliés de la bourgeoisie réactionnaire à l’intérieur.

Avec son séjour dans la ville, au cours de sa jeunesse, c’est la rencontre de Mao avec d’une part le marxisme-léninisme, avec d’autre part le courant démocratique bourgeois de Sun Yat-sen et ses principes d’alliances, à l’intérieur avec le prolétariat et son Parti Communiste, à l’extérieur avec l’Union Soviétique, pays socialiste.

De l’ensemble de ces facteurs résultera sous le vocable de « sinisation du marxisme-léninisme », un assemblage idéologique farci d’incompatibilités et qui va s’écarter de plus en plus du socialisme scientifique.

J’ai dit que l’on pouvait affirmer les positions les plus contradictoires à partir de citations de Mao Tsé-toung.

Ainsi la politique de la tendance maoïste au sein du Parti Communiste Chinois sera jusqu’à la fin des années 50, zigzagante et finalement ouverte à des compromis d’autant plus acceptables par les marxistes-léninistes que Mao pouvait être considéré comme le représentant de la paysannerie chinoise.

Mais en 1958, et encore plus nettement en 1959, le maoïsme apparaitra comme un obstacle à la marche en avant du socialisme en Chine, Mao, en même temps qu’il ne peut plus se revendiquer d’une paysannerie engagée dans la voie du socialisme, connait l’échec. Au lieu de reconnaitre celui-ci, il prépare sa revanche. Ce sera le coup d’Etat d’aout 66, basé sur l’Armée dirigée par Lin Piao, et qui par manœuvre tactique, débordera le Parti Communiste Chinois par la « gauche », afin d’établir en réalité l’autocratie d’un Mao, revenant politiquement vers une origine imprégnée d’hostilité antiprolétarienne et de conceptions féodales.

Notre journal « La Voix du Peuple » avait commencé à dénoncer ce cours contre-révolutionnaire dès fin 1967.

C’est notamment cette évolution du maoïsme que je décris en détail, preuves à l’appui, et sur la base de mon expérience personnelle, dans un livre terminé fin de l’année passée, sous forme de chronique, tenue à jour depuis, et qui serait déjà en librairie depuis plusieurs mois n’étaient les obstacles que l’édition d’un pareil ouvrage rencontre dans notre démocratie bourgeoise.

C’est pourquoi il est faux de dire comme Jean Blume que « la pensée de Mao Tsé-toung est un alibi du gauchisme antisoviétique », En réalité, le maoïsme s’est servi en 1966/1968 d’un masque « ultra-révolutionnaire » pour camoufler un dessein contre-révolutionnaire qui depuis lors est apparu au grand jour.

Et il est assez secondaire pour un marxiste de déterminer dans quelle mesure l’homme (et non le surhomme) Mao fut dans cette dernière période, avec ses facultés déclinantes, le manipulateur ou le manipulé d’un clan, ou à la fois manipulateur et manipulé : l’essentiel est que les conceptions de Mao ont effectivement conduit à cette dégénérescence.

On en arrive alors à l’essentiel de l’article de Jean Blume. Car en fait, Mao y apparaît plutôt comme prétexte à se livrer à la glorification des trahisons révisionnistes passées de l’auteur, comme une plaidoirie en faveur du révisionnisme actuel.
Dans ce sens, il y a provocation politique de la part de Jean Blume à l’égard en Belgique des marxistes-léninistes qui sont dans et en dehors de votre Parti, ainsi que vis-à-vis de tous les autres progressistes et, au-delà de nos frontières, envers le mouvement communiste international et en général, des anti-impérialistes.
Jean Blume feint d’ignorer ce que signifie révisionnisme quand il dit « l’usage que le mouvement communiste a fait du mot révisionnisme en certaines occasions, a été plutôt néfaste », Et bien, voulez-vous savoir ce qu’est un révisionniste : observez Jean Blume et ses congénères, vous le saurez.

Car il faut de l’impudence pour traiter une grève d’un million de travailleurs d’ « aventure absurde » de « la grève solitaire » et d’oser qualifier de « bavardages » l’appréciation positive de l’ampleur du mouvement.

Soit dit en passant, mes camarades et moi, n’avons jamais employé l’expression « la grève du siècle » à propos du mouvement de 60/61, Car il y en eut d’une ampleur au moins aussi grande depuis 1900 et j’espère bien qu’il y en aura d’ici l’an 2000 de plus grandioses qui seront peut-être ceux de la transformation socialiste de la Belgique.

Mais au fait, ce n’est pas au moment de « la grande grève de 1960-61 prend fin » que Jean Blume prétendit la briser à Bruxelles, mais au début janvier 1961, alors que les secteurs FGTB en cause appuyaient le mouvement.

D’ailleurs, contrairement aux révisionnistes, la plupart des membres du Parti dans tout le pays avaient participé avec enthousiasme à la préparation et au déclenchement de la grève, et continuaient à être à la pointe de la lutte avec abnégation.

Ce n’est d’ailleurs là qu’un épisode de l’hostilité manifestée en toutes circonstances par les révisionnistes à l’égard des actions populaires d’envergure.

Jean Blume se vante encore de la trahison que ses semblables et lui perpétrèrent à l’égard du peuple congolais, Répugnant rappel, à l’intention des colonialistes belges et américains, du « loyalisme » révisionniste à l’égard de ceux-ci !

Et cette trahison révisionniste ne visait pas seulement la légitime lutte armée du peuple congolais, qualifiée par Jean Blume de « guérilla gratuite », et qui à certains moments fut sur le point de conduire à la victoire. Elle eut lieu aussi contre les gouvernements légitimes et progressistes de Lumumba en 1960 (comme l’avoue Jean Blume) et de Gizenga par la suite, les soulèvements accompagnés de guérilla et s’appuyant sur de vastes régions libérées, le tout appelé la « rébellion congolaise », n’intervenant que par après contrairement à la chronologie inexacte de Jean Blume.

De surcroît, l’outrage ainsi infligé par Jean Blume à la lutte armée du peuple congolais, est aussi, de fait une insulte à l’égard de la résistance armée 40-45, à l’égard aussi des peuples chinois, cubain, algérien, vietnamien, angolais et autres qui ont dû prendre les armes pour riposter à l’agression et pour se libérer de l’oppression.
Il serait fastidieux de stigmatiser toutes les calomnies que l’on retrouve à chaque ligne de cette partie de l’écrit de Jean Blume. N’en relevons que quelques-unes.
D’abord, l’amalgame opéré entre le réel infantilisme de certains groupes gauchistes et les positions s’inspirant du socialisme scientifique, du marxisme-léninisme.
Soit dit en passant, il peut être convenu qu’avec Jean Blume existe aussi un infantilisme révisionniste.

Par ailleurs, le marxisme-léninisme conséquent n’a jamais été ni gauchiste, ni dogmatique, ni sectaire, Il est connu que les marxistes-léninistes ont mené assez de « batailles » en Belgique contre ces déviations avant, pendant et après la guerre, pour que je n’aie pas à allonger cette réponse en les rappelant en détail.

Mais, conformément à une ligne de conduite fondamentale, les marxistes-léninistes se sont toujours dressés aussi contre les déviations opportunistes de droite, et ceci implacablement lorsqu’ elles viraient au révisionnisme et à la trahison.
Et lorsque le « gauchisme » maoïste révéla son visage réactionnaire et devint un grave danger, il fallait réagir avec non moins de force.

Alors que l’activité de Jean Blume et des révisionnistes est faite d’hostilité au marxisme-léninisme, à la raison d’être même d’un véritable parti communiste, et en fin de compte, à l’égard de la cause historique libératrice de la classe ouvrière, mes camarades et moi sommes accusés par ce personnage d’« hostilité à l’égard du Parti… et à l’égard du mouvement ouvrier lui-même ».

D’ailleurs, qui sinon une poignée de dirigeants passant de l’opportunisme de droite à celui de « gauche », pour sombrer ensuite dans le révisionnisme, sont responsables de ce que notre Parti, celui de Joseph Jacquemotte et de Julien Lahaut, ayant gagné à juste titre la confiance de larges couches populaires, n’ait pas résisté aux furieux assauts de la réaction et de ses commis en milieu populaire, et soit devenu déjà dans les années 50, une relativement petite organisation.

Et un article comme celui de Jean Blume, en donnant une image fausse du communisme, ne peut que faire du tort à notre cause.

Mais ce ne sont là que deux des nombreuses forfaitures que commirent à l’époque les révisionnistes contre les travailleurs de notre pays, contre le Parti auquel j’appartiens depuis 1930, contre les partis marxistes-léninistes, et en général contre les anti-impérialistes dans le monde.

Et alors on en vient à l’attaque forcenée contre l’activité marxiste-léniniste que mes camarades et moi avons menée au cours de ces années 60.

Et ainsi, on arrive au trucage de l’histoire du Parti par Jean Blume qui présente les divergences comme ayant été provoquées artificiellement par l’étranger, en l’occurrence chinois. Ce n’est là qu’une variante d’une vieille calomnie anticommuniste. Faut-il rappeler qu’au cours de la grève de 1960-61 dont parle Jean Blume, « La Libre Belgique » procéda aux mêmes types d’accusations, sauf que pour ce journal, j’étais « un agent de Moscou ».

La gazette en question fut d’ailleurs condamnée du fait des imputations contenues dans ledit article et je versai au Parti le montant de la réparation pécuniaire obtenue.
Mais voilà, pour Jean Blume, la « grève solitaire » d’un million faisait partie d’une offensive subversive de Pékin !

En fin de compte, Jean Blume ressuscite d’une curieuse façon la légende du « bolchévik au couteau entre les dents ». C’est dans la ligne de la réaction qui prétend que les actions populaires, la lutte de classe, seraient le résultat artificiel de manœuvres d’agents subversifs.

En réalité, des divergences apparurent à maintes reprises dans le Parti, avant, pendant et après la guerre. Et pour un marxiste, il n’y a pas lieu de s’en étonner.
Plus précisément, on peut dire qu’à part la période 1947-54 au cours de laquelle domina l’opportunisme de « gauche », c’est l’opportunisme de droite prenant naissance au cours même de la guerre, qui présenta un grand danger pour le Parti. Et cet opportunisme se systématisa et devint trahison révisionniste pratiquée par une poignée de dirigeants.

Tout cela débuta et suscita des tensions aiguës dans le Parti bien avant la polémique appelée à tort « sino-soviétique », et qui était un débat au sein du mouvement communiste international.

Ce sont d’ailleurs les révisionnistes de Belgique qui provoquèrent l’interférence de ce débat et de ce qui était jusque-là une discussion sur les problèmes de l’orientation politique fondamentale du Parti.

Car Jean Blume n’a qu’à s’en prendre à lui-même si l’étiquette de « khrouchtchéviens » fut appliquée aux révisionnistes de Belgique : ceux-ci à l’époque se sont suffisamment revendiqués − à tort ou à raison, c’est une autre question − de l’autorité de Khrouchtchev pour que dix ans après ils n’aient pas à s’indigner de cette dénomination.

Quant à l’appellation de « pro-chinois » ou « tendance Pékin », nous avons quant à nous toujours protesté contre son emploi par les politiciens bourgeois et révisionnistes qui tendaient par-là à cacher le caractère marxiste-léniniste de notre action décidée en toute indépendance pour nous présenter comme agents de l’étranger.

Dans le même ordre d’idées, je tiens à rejeter l’accusation d’antisoviétisme qui est de nouveau portée par Jean Blume à l’égard de nos positions. La critique que nous avons faite en son temps des erreurs de Khrouchtchev − et que celles-ci aient existé n’est plus nié aujourd’hui par les communistes, sauf semble-t-il par quelques révisionnistes à la Jean Blume − n’était de toute évidence pas de l’antisoviétisme, au contraire. Elle démontre que nous ne sommes pas des « suivistes ». Va-t-on nous reprocher d’avoir eu raison trop tôt ? Mais si on parlait plutôt de l’antisoviétisme dans lequel verse un certain révisionnisme ?

Et on en arrive à une autre provocation du billet de Jean Blume :

« La subversion "grippiste" fut pensée, préparée, organisée et financée au départ de Pékin ».

Une telle calomnie ne mérite que le mépris à l’égard de son auteur.

Puisque je suis personnellement pris à partie, je réponds que toute mon activité passée et présente, parce que marxiste-léniniste démontre suffisamment que je n’ai d’ordres à recevoir de quiconque pour en toute indépendance, savoir où est mon devoir de communiste qui est notamment d’être responsable devant la classe ouvrière de mon pays, dans le respect de la solidarité internationaliste et de sa plus haute expression, l’internationalisme prolétarien.

Si la prise de conscience anti-opportuniste fut particulièrement forte en Belgique, c’est que de tous les partis, c’était celui où le révisionnisme avait probablement été le plus loin dans la dégénérescence.

De surcroit, au début des années 60 dont parle Jean Blume, l’influence maoïste était au plus bas au sein du Parti Communiste Chinois, celui-ci ayant à l’époque des positions globalement correctes, marxistes-léninistes, et Mao se tenait, lui, pratiquement à l’écart de la polémique se déroulant dans le mouvement communiste international, tout occupé qu’il était à préparer le coup d’Etat contre son propre parti.

Quant à la subversion dans le Parti Communiste de Belgique, mon Parti, c’est une poignée de dirigeants révisionnistes qui y ont procédé sans aucun scrupule, quant au choix des moyens que tout démocrate ne peut que réprouver.

Cela a commencé par la mise devant le fait accompli de positions contraires aux aspirations les plus évidentes des travailleurs de notre pays, contraires aux décisions des assemblées et des congrès du Parti.

Cela continua par l’interdiction de poursuivre la discussion. Car, comme je l’ai constaté à l’époque, le débat était sur le point d’isoler le groupe révisionniste, de le battre politiquement.

Celui-ci répliqua par des exclusions arbitraires, décidées antidémocratiquement, antistatutairement. Le droit d’appel au Congrès nous fut même refusé. La responsabilité entière de la scission incombe incontestablement au groupe révisionniste. Et simultanément, celui-ci se livrait à de basses pressions économiques et autres.

Le caractère antidémocratique des attaques révisionnistes fut tellement odieux que même parmi ceux qui ne partageaient pas nos conceptions, beaucoup en furent indignés. Et d’autres, quoique d’accord avec nous sur le fond, ont préféré à l’époque, devant cette vague répressive, surseoir à la dénonciation du révisionnisme.
De plus, le même genre de manœuvres continue à être pratiqué actuellement par certains représentants révisionnistes dans les organisations unitaires de masse à l’égard de progressistes qui en font partie.

Il suffit de relire mon ouvrage « Marxisme-léninisme ou révisionnisme » publié en 1963 pour trouver la démonstration, preuves à l’appui, de ce qui est rappelé dans cette réplique à propos de ce début des années 60.

Il y a évidemment lieu de s’interroger sur les motifs qui ont incité Jean Blume à procéder actuellement à cette nouvelle attaque dont le contenu et la forme ne peuvent que discréditer encore plus son auteur.

Je pense qu’il y a à cela plusieurs causes. Tout d’abord, une mise au point.
Jean Blume, et d’autres avec lui, parlent de « grippisme ». En réalité, il y a en l’occurrence des militants s’efforçant de mettre en pratique dans les conditions de notre temps et de notre pays, les conceptions du socialisme scientifique, que nous appelons communément le marxisme-léninisme, ce qui n’est autre que d’adopter une attitude véritablement communiste.

Dans les organisations syndicales et politiques, et dans d’autres groupements, l’attitude correcte de ces militants leur attire la sympathie des autres participants, Et cela met mal à l’aise les suivistes de Jean Blume qui, dans ces mêmes organisations, indisposent par leurs manœuvres opportunistes et sectaires à la fois.
Il y a aussi le fait de l’action de ceux qui dans notre Parti sont restés authentiquement communistes, rendant précaire la position des révisionnistes.
Enfin, ceux-ci se rendent compte qu’ils sont en contradiction avec l’orientation générale du mouvement communiste international.

En résumé, l’article de Jean Blume apparaît comme une réaction d’affolement face aux perspectives d’échec du contre-courant révisionniste.

En conclusion, je vous demande de publier cette réponse, non seulement dans « Les Cahiers Marxistes », mais de la porter explicitement à la connaissance de tous les membres de votre parti.

Je demande aussi au Comité central de celui-ci de se prononcer sur l’article de Jean Blume : l’approuve-t-il ou non.

Vous comprendrez qu’il est important, non seulement pour les communistes, mais pour tout progressiste, de savoir quelle crédibilité il est possible de vous accorder après la parution de l’article de Jean Blume dans un organe contrôlé par votre organisation.

Et au-delà de cette péripétie, conscient de la volonté d’unité des communistes qui anime les membres de mon organisation et j’en suis persuadé la plupart de vos membres, ainsi que les nombreux militants que les difficultés rencontrées au cours des 25 dernières années ont découragés, je vous propose que soit menée une discussion franche et loyale relative aux principaux problèmes politiques du moment et de la perspective socialiste dans notre pays.

Je suis prêt quant à moi, à procéder à un échange de vues sur les modalités d’application d’une telle discussion qui pourrait être élargie éventuellement, le moment venu, à d’autres progressistes.

Avec mes salutations de communiste,
Jacques GRIPPA.

P.S. Ci-joint copie de la réponse au « Peuple » qui a reproduit des extraits de l’article de Jean Blume, Comme vous pouvez le constater, ce journal reçoit aussi la présente avec l’autorisation de la publier, si bon lui semble.

jeudi 18 novembre 1976


Parti Communiste de Belgique [Grippa]