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Intentions perfides et procédé méprisable − 1974

Critique du film antichinois tourné par Antonioni et intitulé « La Chine », publiée dans le Renmin Ribao, le 30 janvier 1974

Depuis le jour où le drapeau rouge à cinq étoiles fut hissé sur la place Tien An Men, et que fut proclamée la naissance de la Chine nouvelle, les diverses forces politiques du monde ont adopté des attitudes différentes à l’égard des transformations sociales, aussi gigantesques que profondes, intervenues dans notre pays et des grandes réalisations de notre édification socialiste. Des centaines de millions de révolutionnaires et de nombreux amis étrangers ont exprimé leur admiration et leur sympathie, tandis qu’une poignée de réactionnaires manifestaient une peur extrême et une haine implacable. Il s’agit là d’un phénomène que suscite inévitablement toute grande révolution, hier comme aujourd’hui, en Chine comme ailleurs.

Le film antichinois « La Chine », tourné par le metteur en scène italien Antonioni et projeté depuis l’année dernière dans certains pays occidentaux, traduit les sentiments de haine farouche que dans le monde actuel une poignée d’impérialistes et de sociaux-impérialistes éprouvent envers la Chine nouvelle. La sortie de ce film constitue un grave incident antichinois et une insolente provocation contre le peuple chinois.

C’est au printemps de 1972 qu’Antonioni vint en Chine comme notre hôte. Caméra au poing, il a visité Pékin, Changhaï, Nankin, Soutcheou et le district de Linhsien. Cependant, par son voyage en Chine, il ne visait nullement à mieux comprendre la Chine, encore moins à développer l’amitié entre les peuples chinois et italien, mais, hostile au peuple chinois, il a profité de cette occasion pour recueillir spécialement, par des procédés douteux et méprisables, des matériaux destinés à calomnier et à attaquer la Chine pour parvenir à des fins inavouables.

Ce film de trois heures et demie ne rend compte ni des choses nouvelles, ni de l’atmosphère et de la physionomie nouvelles de notre grande patrie, mais il a réuni une masse considérable de scènes et d’images malignement déformées pour attaquer les dirigeants de notre État, diffamer la Chine nouvelle socialiste, calomnier notre Grande Révolution culturelle prolétarienne et déshonorer notre peuple.

Tout Chinois ayant un peu d’amour-propre national ne peut manquer d’exprimer la plus vive indignation après avoir vu ce film. Tolérer qu’un tel film dupe les gens à travers le monde reviendrait à justifier la propagande réactionnaire destinée à déshonorer délibérément le peuple chinois ; ce serait capituler devant la provocation antichinoise de la réaction internationale. Pour relever le défi qu’elle lance au peuple chinois, nous devons dénoncer et stigmatiser à fond l’essence contre-révolutionnaire de ce film. C’est maintenant une lutte sérieuse qui mérite une grande attention sur le front idéologique et politique.

I

Dans sa présentation, le réalisateur dit :

« Nous ne comptons pas faire de commentaires sur la Chine, mais nous voulons seulement commencer à observer ses divers visages, sa manière d’être et ses habitudes ».

C’est un mensonge pur et simple. Chacune des séquences de ce prétendu « documentaire » comporte bel et bien un commentaire, mais c’est un commentaire politique des plus perfides, ajouté en recourant à des procédés artistiques réactionnaires, pour calomnier et noircir la Chine, un commentaire politique qui dirige sans scrupule et sans fard son hostilité contre la Chine, le communisme et la révolution.

Le film commence par des vues de la place Tien An Men, à Pékin. Cela semble très naturel, mais en fait, cet arrangement sert la trame réactionnaire de l’ensemble du « documentaire ». Le commentaire du film dit :

« Pékin est le centre politique et révolutionnaire de la Chine », « la République populaire a été proclamée ici à Tien An Men », « et ici sont passées les vagues de gardes rouges en marche pour la révolution culturelle ».

Puis, « quittant Tien An Men », le film emmène les spectateurs « observer » la Chine, c’est-à-dire, voir ce que la révolution chinoise a, en fin de compte, apporté au peuple chinois, c’est alors qu’apparaissent sur l’écran une série de séquences réactionnaires qui bafouent la Chine nouvelle. Si le film a été ainsi conçu et composé, c’est tout simplement pour concentrer les attaques sur la révolution dirigée par le Parti communiste chinois. Maudire la révolution, nier la révolution, combattre la révolution, telle est l’essence de ce film.

Le film réactionnaire « La Chine » nie totalement et efface carrément les grandioses réalisations accomplies par notre pays sur les divers fronts de son édification socialiste, pour faire croire qu’il n’y a guère de différence entre la Chine nouvelle et socialiste d’aujourd’hui et l’ancienne Chine semi-féodale et semi-coloniale d’hier.

Quand Antonioni présente aux spectateurs Changhaï comme une « grande ville industrielle », c’est dans le but précis de dénigrer l’industrie socialiste de notre pays.

Changhaï possède de nombreuses entreprises modernes de grande envergure, mais c’est une évidence que le réalisateur du film ne veut pas voir : c’est à dessein qu’il a recueilli des vues disparates d’équipements rudimentaires et d’opérations effectuées à la main. Chacun sait que sur les rives du Houangpou se dressent des chantiers navals capables de construire des cargos de 10.000 tonnes et que des long-courriers chinois mouillent dans ce fleuve ; or, dans l’objectif d’Antonioni, les grands cargos ancrés sur le Houangpou sont tous des bâtiments étrangers, et ne sont chinoises que de petites embarcations de bois.

Adoptant ouvertement une position impérialiste, le réalisateur de ce film dit que l’industrie de Changhaï « n’est pas née d’aujourd’hui », que « la grande métropole a été entièrement établie par le capital étranger au cours du siècle dernier », qu’après la Libération, « les industries créées à la hâte sont un peu meilleures que les grands ateliers artisanaux », et que « la plus grande raffinerie de pétrole de Changhaï est aussi une usine pauvre qui a été mise sur pied avec du matériel presque de rebut ».

N’est-ce pas là chanter de manière flagrante les « mérites » de l’agression perpétrée contre la Chine par les impérialistes au XIXe siècle et s’évertuer à déprécier les grands succès obtenus par notre peuple dans le développement de son industrie en comptant sur ses propres forces ? Par des procédés des plus méprisables, le film présente des images qui ridiculisent le peuple travailleur. On perçoit bien la sinistre intention de l’auteur : il tente d’insinuer que si Changhaï, la principale ville industrielle de Chine, est telle qu’on la voit sur l’écran, qu’est-ce que cela doit être dans le reste du pays !

Antonioni présente aux spectateurs le district de Linhsien comme la « première région montagneuse socialiste de Chine », dans le but précis de déformer l’aspect de nos campagnes socialistes. Le canal « Drapeau rouge », célèbre tant en Chine qu’à l’étranger, passe en un clin d’œil. On ne voit ni le spectacle imposant qu’offre cette « voie lactée artificielle » ni la prospérité de ce district qui a transformé la nature.

L’écran montre à satiété des parcelles de terre dispersées çà et là, des vieillards solitaires, des animaux exténués, des maisons délabrées … Il étale avec ostentation la « pauvreté des paysans » du district de Linhsien, qualifie un village de montagne d’« abandonné et désert » et s’évertue à enlaidir une école primaire rurale. Antonioni déclare sur un ton hargneux :

Dans la Chine d’aujourd’hui, « nous serions naïfs de vouloir découvrir un ’paradis’ rural ». N’est-ce pas là une calomnie grossière qui fait des campagnes chinoises libérées il y a plus de vingt ans un enfer sur terre ?

Le film discrédite et noircit, dans de nombreux domaines, l’édification socialiste de notre pays. De l’urbanisme au planning familial et aux jardins d’enfants, en passant par la vie quotidienne du peuple, la culture et l’éducation, les sports et la santé publique, rien n’y échappe.

Le film ignore complètement les immenses changements intervenus dans la physionomie des villes de notre pays. Pékin, prétend l’auteur, « est toujours une ville ancienne », avec ses habitations « simples et d’une austère pauvreté », et son « urbanisme décevant » ; Soutcheou « est peu différente de ce qu’elle devait être au temps de ses lointaines origines » ; et la seule transformation dans l’aspect de Changhaï, c’est que les bâtiments, construits autrefois dans les concessions par les « empires économiques occidentaux », « sont aujourd’hui des bureaux administratifs ».

L’auteur fait tout pour nier l’amélioration sensible des conditions de vie du peuple chinois, et il dit que « les habitants de Pékin semblent pauvres, mais pas misérables ». C’est à la bienveillance de monsieur le metteur en scène que nous devons de n’être pas considérés comme misérables.

Cependant, son intention réelle est de se moquer de nous en nous traitant de « pauvres ». En ville comme à la campagne, ne s’est-il pas mis en quatre pour faire la chasse aux images susceptibles de faire croire que les gens sont « mal vêtus » et font un « travail éreintant », et de répandre la calomnie que partout en Chine, on rencontre des « pauvres » ? Et tous ces propos sont débités sur le ton des seigneurs impérialistes !

La description de la Chine d’après la Libération donnée par Antonioni − celle d’une Chine peinte sous les couleurs les plus sombres, sans rien qui vaille et impuissante en tout − n’a d’autre but que de laisser aux spectateurs le soin de tirer cette conclusion réactionnaire : la Chine n’aurait pas dû faire la révolution.

Il attaque les communes populaires, disant qu’elles ont connu des « désillusions ». Il profère des absurdités selon lesquelles la Grande Révolution culturelle prolétarienne « a mis sens dessus dessous le système de production », et n’a laissé intacts que « peu » de monuments historiques légués par les anciens. Il va même jusqu’à projeter des séquences montrant des exercices de taikikiuan (boxe traditionnelle chinoise), en proférant le mensonge que les « nouveaux dirigeants » veulent « abolir » cette « tradition ancienne ». Bref, aux yeux du réactionnaire Antonioni, le système socialiste de la Chine n’est pas bon, la révolution chinoise est un gâchis, la seule issue étant de faire marche arrière et de restaurer l’ancien régime. Cela révèle pleinement le vrai visage contre-révolutionnaire de cet Antonioni, qui se prétend de « gauche ».

II

En vue de diffamer la révolution chinoise et d’attaquer notre système socialiste, Antonioni s’est évertué à enlaidir d’une façon intolérable l’image du peuple chinois et sa physionomie morale. Il tente, par l’intermédiaire du film, d’accréditer cette fiction : la révolution n’a pas changé le statut du peuple chinois, ni ne l’a émancipé sur le plan moral. Ce dernier ne manifesterait donc aucun enthousiasme pour le système socialiste.

Le monde entier constate que le peuple chinois, qui s’est déjà levé, a connu de grands changements quant à sa physionomie morale. « Le peuple travailleur de Chine porte-t-il encore les marques de son ancien esclavage ? Nullement, il est devenu le maître ». Dans notre pays, « jamais les masses n’ont été aussi enthousiastes, jamais leur combativité et leur moral aussi élevés ».

Mais Antonioni, lui, montre dans le peuple chinois une foule ignorante, idiote, coupée du monde, aux visages tristes et anxieux, sans énergie, sans hygiène, aimant boire et manger, bref, une masse avachie. Il a dû se creuser la cervelle pour défigurer le peuple chinois en montrant différentes expressions des gens : ceux qui boivent dans les salons de thé, se rendent au restaurant, tirent leur charreton, se promènent dans les rues. Il n’épargne même pas une femme aux pieds bandés dont il filme la démarche. En mal d’images, il a même montré dans le film comme on se mouche et comme on va aux waters.

Dans le district de Linhsien, Antonioni pénètre inopinément dans un village de montagne, et sa caméra se fixe sur les gens. Quand ceux-ci s’opposent à cette façon d’agir, il juge calomnieusement leurs réactions prétendant qu’ils sont « surpris et apeurés », qu’ils « sont souvent pétrifiés et sans mouvement ». Avec « son orgueil d’Européen », Antonioni essaie par tous les moyens de noircir le visage du peuple chinois. C’est insulter grossièrement le peuple chinois désormais debout.

Plus odieux encore, Antonioni a recours à des phrases insidieuses et à des allusions pour montrer subrepticement aux spectateurs que le peuple chinois est soumis à l’oppression morale, qu’il a l’esprit tourmenté, qu’il est mécontent de l’état de choses actuel. Commentant le plan du salon de thé du temple Tchenghouang, à Changhaï, il introduit cette remarque fallacieuse :

« L’atmosphère semble ici bien bizarre ! On est fidèle au présent alors qu’on pense au passé. » L’auteur dit « fidélité au présent » par antiphrase. En fait, il calomnie le peuple chinois en suggérant que son soutien à la nouvelle société est forcé et n’est pas sincère. Antonioni ne fait-il pas comprendre, à maintes reprises, que le peuple chinois n’a pas de liberté ? D’un ton ironique, il va jusqu’à dire que les discussions des ouvriers ne sont que des « répétitions monotones » et non « de vraies discussions ». Il dénigre les chansons « politiques » par lesquelles les enfants chinois rendent hommage au président Mao et au Parti communiste, en affirmant qu’incompatibles avec leur candeur et leur grâce, elles ne peuvent venir du fond du cœur.

La « prudence » des gens, prétend-il encore, « rend leurs sentiments et leurs souffrances presque imperceptibles ». D’après Antonioni, le peuple chinois, mécontent de son sort, endure de grandes « souffrances » mais n’ose le montrer. Totale absurdité ! Dans notre Etat socialiste de dictature du prolétariat, le peuple est maître de sa propre destinée. Il y règne une atmosphère politique pleine de dynamisme et d’entrain. Les larges masses populaires jouissent d’une démocratie authentique et elles ont l’esprit on ne peut plus serein. Antonioni veut profiter de toute occasion pour susciter parmi le peuple chinois du mécontentement à l’égard de la Chine nouvelle et du système socialiste.

C’est peine perdue. Ceux qui « souffrent » ne sont qu’une poignée de réactionnaires qui tentent vainement de restaurer en Chine la dictature des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie compradore. Quand il dit que le peuple chinois « pense au passé », c’est d’autant plus une calomnie. Qui « pense au passé » ? Le peuple chinois voue une haine implacable à ce « passé », à ces siècles de démons pris de danses sauvages. Il n’y a que les impérialistes et leurs agents en Chine qui pensent toujours à leur « paradis » perdu et qui, nuit et jour, rêvent de ramener la Chine à l’état semi-féodal et semi-colonial. Cependant, on ne saurait faire tourner à rebours la roue de l’Histoire. Car elle écrasera quiconque s’y essaiera.

III

Antonioni a adopté des procédés on ne peut plus réactionnaires et ignobles pour réaliser son film.

En ce qui concerne le choix des scènes et le montage, il n’a guère filmé ce qui est bon, nouveau et progressiste, ou bien, s’il a pris quelques images de ce genre, c’était pour la frime et pour les couper après coup. En revanche, sa caméra a été friande de scènes médiocres, anciennes et rétrogrades, qu’il prenait sous tous les angles et sur lesquelles il s’attardait complaisamment.

Tout au long de ce film, on ne voit ni une machine-outil neuve, ni un tracteur, ni une école convenable, ni un chantier de construction en plein essor, ni une récolte abondante… Néanmoins, il a consacré maints panoramas et gros plans aux séquences qui, à son avis, pouvaient servir à calomnier la Chine et son peuple, quelle que fût leur durée.

En filmant le grand pont de Nankin sur le Yangtsé, magnifique pont moderne, il a choisi exprès des angles très mauvais donnant l’impression d’un pont tortueux et branlant. Et pour le ridiculiser, il introduit l’image de pantalons qui sèchent en contrebas du pont. Mais le pire, c’est la description de la place Tien An Men. Le film ne donne pas une vue générale de cette place imposante et ôte toute majesté à la porte Tien An Men, si chère au cœur du peuple chinois. Inversement, l’auteur n’épargne pas sa pellicule pour filmer des groupes compacts de gens sur la place, avec des images tantôt éloignées tantôt rapprochées, tantôt de face, tantôt de dos, ici un grouillement de têtes, là un enchevêtrement de pieds. Il fait délibérément de la place Tien An Men une foire en pleine pagaille. N’y a-t-il pas là une volonté d’insulter notre grande patrie ?

Pour ce qui est du montage, les images semblent se succéder en désordre et sans lien, passant du coq à l’âne, mais en réalité, l’assemblage est malintentionné. Par exemple, le réalisateur présente d’abord aux spectateurs des statues d’argile, qui sont exposées au musée du Palais souterrain d’un des treize tombeaux des Ming, et évoquent l’oppression dont fut victime le peuple travailleur sous la dynastie des Ming ainsi que sa résistance, pour montrer combien était misérable la vie des paysans de l’époque.

Puis, changement de séquence : sur l’écran apparaît un groupe de jeunes étudiants qui se rendent à la campagne, la pelle à l’épaule, pour participer au travail manuel. Ensuite, c’est la Commune populaire de l’Amitié sino-albanaise. Par un plan montrant une paysanne qui, pendant le travail, essuie son visage trempé de sueur, le réalisateur souligne que « le travail quotidien dans les champs est très pénible », et il proclame qu’il n’y a pas de « paradis » dans les campagnes chinoises.

De toute évidence, il veut, par-là, insinuer que le sort des paysans chinois d’aujourd’hui n’est guère meilleur que celui des paysans de la société féodale d’il y a plusieurs siècles.

Pour ce qui est de la lumière et des couleurs, le film est également très mauvais. L’éclairage de la majeure partie du film est sombre, et les tons ternes dominent.

Ainsi, les eaux du Houangpou semblent recouvertes d’une brume épaisse, les rues de Pékin tamisées de lumière grise, les villages de montagne du district de Linhsien laissés dans l’ombre. Bref, de nombreuses scènes donnent une impression de misère, de désolation, de tristesse, de froideur.

Plus odieux encore, le réalisateur utilise même l’accompagnement musical pour répandre ses calomnies. Bien qu’il n’ait présenté aucune vue extraite de nos pièces modèles révolutionnaires, il se laisse aller à la raillerie en se servant de certains passages chantés de ces pièces. Ainsi, lorsque Kiang Choueiying, héroïne de l’opéra « Ode à Longkiang » [1], chante :

« Relève ta tête et redresse ton buste », on voit sur l’écran un porc qui secoue la tête. Un service intéressé a révélé que ce montage est truqué. C’est une injure délibérée dirigée contre nos pièces modèles révolutionnaires, une attaque contre notre révolution dans le domaine de la littérature et de l’art. C’est le comble de la perfidie !

L’hostilité d’Antonioni envers le peuple chinois est également confirmée par ses activités en Chine pendant le tournage. Dans sa présentation, il ne cache pas que beaucoup de vues ont été prises à la manière d’un espion. Il admet, non sans satisfaction, avoir « bravé l’interdit pour filmer en cachette » un bâtiment de guerre chinois sur le fleuve Houangpou et « camouflé sa caméra » pour « tourner par surprise des images de la vie courante » dans l’avenue Wangfouking à Pékin. Il se plaint qu’« il n’était pas facile de se déplacer avec une caméra dans l’avenue Tsienmen ».

Et pourquoi cette difficulté ? Parce qu’il se comportait en voleur. D’ailleurs, il ne s’en est pas tenu là : pour fabriquer des images noircissant le peuple chinois, il en est venu à proposer, lors de sa visite à la Commune populaire de l’Amitié sino-albanaise à Pékin, que des membres de la commune simulent une bagarre pour la filmer. Une autre fois, il a demandé à la foule de changer d’habits selon son goût, sans quoi il refusait de filmer. Ce tournage à la sauvette, forcé et frauduleux.

IV

L’apparition sur la scène internationale du film antichinois « La Chine » n’est absolument pas un fait fortuit et isolé, mais s’inscrit dans un contexte international.

Depuis ces dernières années, nous constatons une situation toujours meilleure en Chine comme dans le monde.

La ligne révolutionnaire du président Mao pour les affaires étrangères a remporté de nouvelles victoires, toujours plus éclatantes, et l’influence internationale de notre pays s’accroît de jour en jour. Les complots de l’impérialisme et du social-impérialisme visant à isoler et à subvertir la Chine ont subi des échecs ignominieux. Cependant, nos ennemis ne sauraient se résigner à leur défaite en Chine. Attaquer la révolution chinoise, calomnier la Chine nouvelle socialiste, c’est pour eux une mise en condition de l’opinion publique en vue d’une restauration contre-révolutionnaire en Chine et de sa régression à un Etat colonial et semi-colonial.

Tout le monde sait que la clique des renégats révisionnistes soviétiques est le champion et le grand patron des activités antichinoises sur l’arène internationale. De Khrouchtchev à Brejnev, ils ont fait feu de tout bois pour calomnier et attaquer le peuple chinois.

Selon eux, les Chinois sont si pauvres qu’ils doivent se contenter comme repas d’une maigre soupe prise dans une marmite commune, et n’ont même pas de pantalons à se mettre. Ils ont allégué qu’en Chine la Grande Révolution culturelle prolétarienne avait causé « de nouveaux dommages » aux forces productives, que le peuple chinois était « exténué », « plongé dans une grande misère », et qu’il menait « une vie enrégimentée », etc.

Mais toutes ces diffamations stupides ne font que révéler le visage odieux des renégats révisionnistes soviétiques, sans qu’ils puissent en retirer le moindre bénéfice. Dans le monde d’aujourd’hui, leurs mensonges antichinois n’ont plus guère d’audience. C’est justement dans cette situation que, sous couvert d’« objectivité » et de « véracité », le film réactionnaire d’ Antonioni vient mystifier les gens. Il a lui aussi recouru aux élucubrations contenues dans les rumeurs et les calomnies des révisionnistes soviétiques et s’est essayé à jouer un rôle que la propagande antichinoise des révisionnistes soviétiques ne pouvait jouer.

Mais en fin de compte, Antonioni n’a fait que reprendre à son compte cette propagande qui a déjà fait faillite.

Après le lancement de « La Chine », ce film antichinois d’Antonioni, l’American Broadcasting Company l’a acheté au prix de 250.000 dollars pour le projeter sur les écrans américains. Certains l’ont vanté, qualifiant ce film réactionnaire de « passionnant ». Le spectre de Dulles, semble-t-il, hante encore certains éléments impérialistes américains. La sortie du film antichinois d’Antonioni répond donc aussi à leurs besoins.

Antonioni est Italien, mais il ne représente en rien tous ces millions d’Italiens qui éprouvent des sentiments amicaux envers le peuple chinois. S’opposer à la Chine, le peuple italien n’y consentira jamais. En tournant pareil film antichinois, Antonioni est allé complètement à l’encontre des aspirations des peuples italien et chinois à renforcer leurs relations amicales.

Le peuple chinois a toujours préconisé l’élargissement des échanges amicaux avec les peuples des divers pays et le renforcement de leur compréhension mutuelle. Au cours de ces échanges, nous n’avons jamais forcé les autres à accepter nos points de vue. Nous avons souligné plus d’une fois que la Chine était un pays socialiste encore en voie de développement.

Bien que nous ayons obtenu de grands succès dans la révolution et l’édification socialistes, nous n’avons jamais nié qu’il existait encore chez nous, dans notre marche en avant, des insuffisances, des phénomènes rétrogrades et réactionnaires, et qu’il fallait continuer la révolution.

Le président Mao nous a mis constamment en garde contre le chauvinisme de grande puissance. Les critiques que nos amis de divers pays font à notre travail sont les bienvenues. Mais quiconque, tout en se prétendant un ami, se livre en réalité à d’ignobles activités antichinoises pour s’attirer les bonnes grâces de l’impérialisme et du social-impérialisme, animés d’une haine farouche envers la Chine, nous le dénonçons à fond pour le priver de tout crédit qui lui permettrait d’abuser les gens.

C’est seulement en agissant de la sorte qu’on peut favoriser la compréhension mutuelle et les échanges amicaux entre les peuples.

Le film antichinois d’Antonioni nous apprend qu’à l’heure actuelle où prévaut une situation excellente, tant sur le plan national qu’international, il nous faut continuer à garder un esprit lucide, ne jamais oublier qu’il existera toujours au monde des forces hostiles au peuple chinois et que se poursuit une lutte aiguë et complexe. Cette réalité est indépendante de la volonté humaine.

Cependant, qu’elles s’opposent à la Chine n’a rien de terrible. Les chantres antichinois, qu’ils soient de grands ou de petits personnages, quels que soient les armes et les moyens auxquels ils recourent, ne font tous que soulever une pierre pour se la laisser retomber sur les pieds.

Le peuple chinois avancera avec courage et d’un pas ferme dans la voie du socialisme. Tout comme l’a dit il y a longtemps notre grand dirigeant, le président Mao :

« Que les réactionnaires de l’intérieur et de l’extérieur tremblent devant nous ! Ils peuvent bien dire que nous ne sommes bons ni à ceci ni à cela ! Le peuple chinois, grâce à ses efforts persévérants, parviendra d’un pas assuré au but qu’il s’est assigné. »

Renmin Ribao du 30 janvier 1974


[1L’« Ode à Longkiang » est un opéra de Pékin à thème révolutionnaire contemporain, qui tire son sujet de l’édification socialiste dans la campagne chinoise est en soi la manifestation d’un grand irrespect et d’un immense mépris envers le peuple chinois.

mercredi 30 janvier 1974


Les documents de 1974